Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Celle qui pénétra en même temps que moi dans cette forêt de têtes (que la foule était silencieuse ce jour-là !), je la défie de me reconnaître ici, je la défie de soutenir mon regard à travers ces tentures végétales dont le frémissement me rappelle celui d'une robe qu'on ôte à minuit sous une lampe terne et l'embarras d'un corps qui ne sait déjà plus comment s'offrir. Corps ? S'offrir ? L'image se dédouble à nouveau. Une seconde vitre éclate. La Mort compte à rebours, compte... etc... C'est peut-être elle qui s'est faufilée en même temps que moi à l'intérieur de cette foule, à l'intérieur de cette vitre terne ? C'est peut-être elle... qui a transpercé le ventre du chat sur la commode où se découpaient aussi les contours d'un visage surgissant d'hypothétiques éclats de vie ou de verre ? Elle qui, hier, dans le soleil couchant, aura fait frissonner ces tentures. Elle qui, à la fin d'un jour, rend plus indicible l'heure, et cruelle cette clarté qui s'obstine.
Vital Bender
Publié par libou à 11:46:32 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
Etre amoureux c'est cesser de s'estimer responsable du bonheur de l'autre...
Publié par libou à 20:22:31 dans Pets dans l'eau | Commentaires (2) | Permaliens
Au sommet d'un escalier monumental, une femme attend que décline cette brûlure qu'elle a, là, et qui commence toujours par une sorte de fulgurance oblique, dans le lointain. Elle attend une heure comme des promesses sur pattes qui ont déjà tourné l'angle de la rue et dont le trottinement fou la happera tantôt dans un spasme. Elle n'attend rien. Dans le fond, elle sait qu'elle n'attend plus rien. Elle ne fait pas partie des trois créatures évoquées précédemment . Peut-être les a-t-elle seulement effleurées dans un moment de profonde absence ou peut-être aura-t-elle été l'une d'elles dans une autre vie, dans une autre dimension ? Autre approche de la jouissance... L'image se dédouble. Derrière la vitre éclairée obliquement par le feu. Le balai, rouge. Le chat. La commode. Le reflet d'une autre femme à l'intérieur de la vitre qui semble crier. La vitre crie. Hurle. Vole en éclats. Le feu n'a pas de source (pas de sexe) et les éclats de verre crient encore en saignant comme des éclats de moire, des éclats de vie. La femme se penche, récupère les morceaux de son reflet. Elle non plus n'a pas de sexe (pas de source). Elle sourit, empoigne le balai (rouge) en écartant les jambes. Le chat la surveille du coin de l'oeil. La femme suffoque. Elle croit qu'elle étouffe, mais c'est son chat, l'oeil noir et rond de son chat, le poil, les moustaches de son chat, le rire saccadé de son compagnon d'insoutenable conscience. Sur la commode, une photographie. Sur la photo, un visage. Sur ce visage, un masque. Le masque de celui qu'elle aime. "Mon Dieu !" s'écrie-t-elle. Ce n'est pas une femme, c'est une mouche. "Bzzz..." fait la mouche. Le chat la gobe. Le manche du balai la transperce de part en part. Conscience d'une autre vie, d'une autre réalité. Le sang coule bleu sur les fuchsias et sur ce parterre vitré qui ne retient aucun reflet sinon celui d'un improbable (feu ?...) cri - femme - couches - horizon de pierres, pluie de pierres, encore une journée qui s'achève : piètre consolation etc... etc...
Vital Bender
Publié par libou à 00:52:37 dans Demain avant de naître | Commentaires (2) | Permaliens
Dans la solitude, ce n'est pas le fait d'être seul qui est pénible, mais celui de ne pouvoir en partager l'expérience...
Publié par libou à 20:49:27 dans Pets dans l'eau | Commentaires (4) | Permaliens
Trois femmes dans un fauteuil de neige brodent le napperon des heures perdues.
L'une regarde le ciel avec ses cheveux qui tombent sur ses genoux joints comme pour une prière.
Son buste s'infléchit : illusion de sombrer dans un sommeil de pierre en plein jour illusion...
tout cela (et tout le reste) a-t-il encore un sens ?
Les deux autres créatures - elles occupent si peu d'espace -
ne sont que des émanations spectrales qui s'ennuient.
"Si nous pouvions saisir un jour le fond de la pensée des pierres..."
se disent-elles en traversant à l'aveuglette des pans de murs factices.
"Mais nous ne faisons déjà plus partie du commun des mortels..." concluent-elles dans un soupir. Sanglot. Idée fixe. Coincée entre deux cloisons étanches. Rayonnement en forme de fleur de chapeau. Remonter l'escalier à reculons ou mourir... - dernière cigarette - cyanure et primevère etc...
Vital Bender
Publié par libou à 15:35:32 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
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