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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Le spectre de nos amours | 20 septembre 2009

Le spectre de nos amours sous son voile flottant
danse pour mes yeux et pour les yeux des humains
incompréhensibles humains
qui ne savez déceler au-delà de cet horizon de teinture morte
l'éclat de ce visage et cette bouche et le cri de cette bouche qui prend l'eau.
Le spectre de toute une vie
nos amours comblées incomblées
auxquelles nous attachions au bout du compte si peu d'importance.

Vital Bender

Publié par libou à 12:14:37 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Jour VIII (2) | 19 septembre 2009

Le sentier sinue à même la falaise, si bien que des ponts de bois et des échelles y ont été disposés. Parfois le vertige est saisissant.
Car si je parle de sommets comme le Trubelstock, le Rothorn, le Mt-Bonvin ou le Schwartzhorn, il ne faut guère s'imaginer de parois à escalader. Il n'y a aucune prouesse alpine dans mes excursions. Et si, comme pour le Rothorn je prends des risques, ce n'est en aucun cas l'indice d'une maîtrise mais bien celui d'une ignorance doublée d'une inconscience.
La cabane est plus spacieuse que celle des Violettes. Il s'y trouve d'ailleurs pas mal de promeneurs. Je déduis à leurs accoutrements qu'il doit surtout s'agir de touristes. Sans doute en provenance de Loèche pour un café ou un casse-croûte. Comme moi en somme.
Ils y servent du "café-mélange". Un café sur lequel flotte un iceberg de crème chantilly. Je craque encore pour une salade de fruits tout aussi généreusement ensevelie sous une avalanche de chantilly. Crème qui m'aura pesé tout le retour, et sans doute trop en rupture par rapport à mon régime d'altitude qu'elle s'est exprimée en terribles maux de ventre qui ne m'auront quitté qu'à force d'expulsions bruyantes, odoriférantes, prolongées et répétées. Quand on habitue notre corps à une nourriture saine et équilibrée, il ne supporte plus aucun écart. Heureusement que je suis seul.
Le Schwartzhorn offre un panorama magnifique et je suis bien content de m'être offert le détour nécessaire à son sommet malgré un épuisement palpable et des intestins en révolution. Finalement ma course tranquille fut la plus longue de toutes.

En approchant de la cabane, une fumée de cheminée m'indique que je ne serai pas seul ce soir...

Publié par libou à 14:51:15 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

Ce qu'il faut d'ombre | 18 septembre 2009

Ce qu'il faut d'ombre bleue et blanche d'ombre diaphane tout de même
pour masquer ce visage poupin
surgi d'une fente de la terre.
On ne voit que lui sur cette plaine
lui et son reflet d'émail
sa carapace de malheurs sans précédent.
Il appartenait à un homme sans doute
ce visage cet accident de terrain
à un homme ou à un être incorporel
à quelqu'un qui crut être et n'a jamais été
qu'une craquelure sur une plaine aride
qu'une courbe de niveau mal définie
dans un ciel à l'abandon.

Vital Bender

Publié par libou à 12:42:48 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Il était une fois à Verbier (1) | 17 septembre 2009

Tentative de publication d'images. Ce que je n'ai jamais su faire par ce biais-là.

Donc ce sont des photos de la sortie des Artpenteurs à Verbier cet été. Nous avions déposé notre chapiteau à la Chaux à 2200m d'altitude le temps de deux représentations. Trois étaient prévues initialement mais la dernière dut être annulée.

C'était pour la reprise de Peer Gynt que nous avions tourné jusqu'à Avignon une année plus tôt.

Ces photos me plaisent et si elles ne donnent pas vraiment d'idée du spectacle, je trouve qu'elles laissent un bon goût de l'aventure.

Masque de l'Homme

Masque du fondeur de boutons.

Tous deux en attente du départ.

Lui aussi d'ailleurs.

J'en parle même pas.

Mais j'en croise les mousquetons.

Le pour et le contre.

Le jour et le contre.

Le roi des trolls prêt au départ.

 

Publié par libou à 12:23:12 dans puits à coq | Commentaires (0) |

Jour VIII (1) | 16 septembre 2009

Ça y est. Ça sent la fin ; le retour à la vie. Enfin à l'autre vie. Celle mêlée de vies. Celle qui n'est plus uniquement dépendante des éléments naturels. Celle qui exige une participation active de notre part. Celle qui ne se contente pas d'un regard extérieur et contemplatif. Celle où un rôle doit être tenu, est attendu. Celle où les conséquences débordent de notre seule bulle.
Rêves cette nuit de ces choses que j'étais venu oublier mais dont le témoin est resté éveillé, là dans ce fleuve, dans ce lac au-delà de cette source où je suis venu boire.
Il s'agira d'en conserver la pureté le plus longtemps possible.
Peut-être qu'en la choyant il est possible de la rendre plus abondante que toute l'eau des mers...
Pour l'instant c'est l'inverse qui s'est produit.

Le ciel paraît dégagé. Les articulations des genoux signalent la sollicitude à laquelle elles sont soumises par une inflammation engourdie.
Je me dis que ça s'atténuera dans l'effort. En attendant le Mt-Bonvin encore trop enneigé, je suis irrésistiblement poussé vers le Schwarzhorn. Le sommet n'est pas moins haut mais comme je prétends y accéder par les chemins balisés je me dis que ça ira.
La neige est encore bien abondante les 500 derniers mètres de dénivellation et mes chaussettes sont trempes avant le col quelque 100 mètres au-dessous du sommet. Le col redescend sur la Lämmerenhütte au-dessus de Loèche-les-Bains. A mon portable il est 13h et la cabane est indiquée à 1h30. Si je ne traîne pas, je serai de retour pour 20h au plus tard. Je ne résiste pas à l'idée d'un café et me lance.

Publié par libou à 12:16:34 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

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