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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Beduars (1) | 14 novembre 2009

Janvier quelconque d'une année oubliée.
Comme deux battants à la cloche de son manteau ; ses pas sonnent sa course nocturne. Fidèle à son propre rendez-vous, il dérange les nuées à la rencontre de son ombre. Il tourne au coin de la rue du Bourg et au loin la silhouette un peu fantomatique de la passerelle se dévoile pudiquement.
Le crissement d'une allumette rompt le rythme de sa marche. Des lampadaires postillonnent la nuit de leur frêle halo mais leur indécence contribue encore davantage à l'envoûtante ambiance que créent déjà les rues trépassées.
Accoudé sur le rebord, sa cigarette éclaire un peu son visage à chaque aspiration. Des images défilent sans légende et sous lui le courant les emporte au loin. Il ne cherche pas à les retenir, sa volonté s'est éteinte et il s'abandonne à leur jeu. Marie, Yvan, l'usine, sa fille, Capri. Tout renaît puis meurt aussitôt, bousculé par d'autres vestiges. Toute sa vie, ses réussites, ses maîtresses, ses joutes. Les souvenirs revisitent son passé et rejettent tout instantanément. Il avait pourtant eu de la chance, il avait su prendre les risques qui s'imposaient. Aujourd'hui il est riche. Jacqueline suit ses traces. Enfin ; il est de ceux qu'on envie. ./.

Publié par libou à 13:18:47 dans poêt rerie | Commentaires (0) |

Jour 0 (1) | 12 novembre 2009

"Diamcoupe".
C'est l'inscription qui figurait sur la camionnette qui me précédait sur la route du centre Vipassana de St-Imier. Et bien évidemment, quand on a décidé de s'enfermer 10 jours dans un lieu dont la seule chose que l'on sait c'est qu'on méditera, qu'on mangera végétarien, qu'on ne boira d'alcool ni ne fumera, on espère en une révolution profonde de notre être et de nos fonctionnements. On espère une compréhension neuve, un éclairage salutaire, la fin de ces répétitions dont on constate chaque retour avec le désappointement comme seule défense.

Ainsi, quand on se doute bien que rien de très folichon ne nous attend - dans le sens où rien qui ne vienne d'ailleurs que de soi, que d'en soi (et que même en ce cas écrire n'est pas permis.) - une appellation comme "Diamcoupe" est du plus prometteur des augures. Et c'est tout rempli d'allégresse et d'espoir que j'ai franchi les portes du centre suisse.
Du thé et quelques fruits nous attendaient au moment des inscriptions. Aux postures contrites des premiers présents, je me suis alors souvenu d'une dernière règle : éviter le contact, qu'il soit par le regard ou la parole. Ainsi tout est bel et bien dirigé vers l'application la plus optimale du principe Vipassana.
Qui se traduirait pas "Vision pénétrante".
Comme je le disais plus tôt, il s'agira de se couper de l'extérieur pour pénétrer son intérieur, puisque finalement, si l'extérieur nous est accessible c'est par le biais de notre intérieur. Et nous ne pouvons y échapper. Toutes nos expériences passent d'abord par nous, par notre filtre. Ainsi si nous ne nous connaissons pas nous ne pouvons connaître la réalité.
Ce qui est d'une imparable logique.
Mais comment se connaître ? Vipassana semble pouvoir en apporter une méthode, libre de tout dogme et de toute autre pratique religieuse. Un méthode simple et infaillible.
Et c'est pourquoi je suis là. ./.

Publié par libou à 15:37:03 dans LaViePasseAnna | Commentaires (2) |

Oui ? | 10 novembre 2009

 

Le langage n'est qu'un sondage comparatif et intéressé.

Publié par libou à 14:49:31 dans carnet d'autrefois | Commentaires (0) |

Il était une fois à Verbier (3) | 09 novembre 2009

Publié par libou à 11:18:13 dans puits à coq | Commentaires (2) |

Part de nuit | 08 novembre 2009

Part de nuit, part de rêve... Part de toi. Qui m'est due et que je revendique. Comme je revendique la poussière. L'enfer... Ou le paradis recomposé pour tes beaux yeux. Toute la douleur humaine concentrée en une seule secousse. Le cycle des départs, des retours. La tendre frénésie des heures qui gouttent, qui n'achèveront jamais leur chute (à quoi bon ?). Si tu te manifestes, la saison se retrousse comme une vieille peau et je me transforme en chouette que l'on clouera au-dessus d'un porche usé par tant de pas humains que...(je ne sais plus...) Part de raison ou de déraison. Part de folie douce entre ces murs dont j'ai perdu conscience. Démon ! Oh magie des rubans qui s'enroulent autour de tes cuisses entrouvertes là-bas... magie des longs serpents de lune qui se déroulent de ton pubis aux étoiles... J'ai faim ! Ma bouche tète un sein de morte sur une grève couverte de petits poissons. Tout ce qui appartient à ce corps me nourrit et me nourrira ma vie durant jusqu'à ce que je devienne moi-même aussi raide que ce crustacé sur le sable ardent à travers les rétines de la mort. Qu'est-ce que cette garce de vie nous apporte sinon cette fièvre, sinon cet état grumeleux de cette vie passagère à la Vie rompant avec ce cycle des retours et des non-retours et des saisons fanées et des bruines, oh saisons dont je ne puis parler sans un pincement au coeur, oh visages condamnés à s'éteindre comme des lucioles dans cette part de jour que je n'ai jamais songé à revendiquer (mais qu'est-ce que vivre ?) quand je vois tant de corps se lever et poursuivre leur pérégrination coûte que coûte... quand toutes ces morts se refermeront comme des huîtres sur des perles plus incertaines que l'essence même de nos vies et de nos morts successives... Je me retourne. Tu es là. Faite de jour et de nuit. Faite de vies et de morts acquises et revendiquées. Rien ne change. Rien n'est immuable. J'ai appris à te regarder sans baisser les yeux. Part d'enfance et de source. Part de moi-même plus précieuse que ma propre vie...

Vital Bender

Publié par libou à 23:31:50 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

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