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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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L'Orestie d'Eschyle par Isabelle Daccord | 08 février 2008

M'y prends à nouveau au dernier moment. Me laisse avoir par les exigences du sprint final. Mais cette fois on y est. Je crois qu'on peut dire que ce n'est pas vraiment une pièce facile à accoucher. C'est même au forceps qu'on lui a extrait la tête de l'eau. Mais là on y est. Ce soir c'est la première. Puis c'est parti pour une longue série de représentations dont vous trouverez tous les détails sur le site des Osses .

Donc l'Orestie d'Eschyle, quelque peu rajeuni par Isabelle Daccord. Car depuis 2500 ans le théâtre a un peu bougé. La plus ancienne pièce qui nous soit parvenue. En fait il s'agit de trois pièces : Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Dans la première on assiste à la vengeance de la mère qui trucide gaiement son mari de retour vainqueur de la guerre de Troie parce qu'il a sacrifié à la guerre leur fille Iphigénie. Dans les Choéphores c'est leurs enfants, Oreste et Electre qui massacrent leur mère et son amant pour venger le père. Et dans le dernier volet, on assiste à l'avènement de la justice moderne, inaugurée par Athéna, qui libère les enfants du poids de la culpabilité.

L'avènement de la démocratie qui s'oppose à la loi des pulsions en somme.

Ce qui fut délicat dans sa confrontation à la scène c'est justement les trois tons bien propres à chacune des trois parties. Trouver une unité. Et que celle-ci résiste sur toute la distance. Souvent quand nous pensions avoir résolu un résistance, une nouvelle découlait du changement effectué et tout l'équilibre s'en voyait bouleversé. Tout était à recommencer.

Je ne sais pas si c'est la tragédie d'une manière globale ou l'Orestie en particulier mais théâtralement, pour moi, je crois bien que c'était une expérience essentielle. Très heureux d'avoir été confronté à ça...   

Publié par libou à 14:51:59 dans puits à coq | Commentaires (7) |

Psaume IX | 05 février 2008

Tout cet appel à la violence, à l'intolérance, ne peut trouver une source temporelle. Je ne peux comprendre tous les champs de bataille qui parsèment la Bible, cet adversaire irrémédiablement souillé, jamais assez mort, que dans un théâtre intérieur. C'est en admettant l'existence du pôle négatif et du combat qu'il sait perdu d'avance mais qu'il mène quand même qu'on peut imaginer une lutte impitoyable, l'autre restant toujours lui-même, dans un rôle attribué dès le départ.

Et je crois que cet ennemi, cette redoutable force malfaisante que l'on doit vaincre pour y établir la loi de Dieu, la terre de Dieu, est celle qui balance notre âme. Celle qui, connaissant sa défaite certaine, accepte son attribution jusqu'au bout.

Où la figure du rebelle trouve-t-elle alors autant de séduction ? Est-ce dans son opposition au conformisme, à l'habitude, au pharisaïsme ? Puisqu'il est évident que nous ne vivons pas dans un monde parfait, où situer le révolté dans une promiscuité aux valeurs bouleversées, à la violence glorifiée ? Et si Dieu n'était pas là où les hommes l'ont mis ? Est-il exact de se soulever contre ce qui n'est pas Dieu ? Est-il exact de courber l'échine devant ce qui n'est pas Dieu ?

Méfions-nous de ceux qui ont raison quand la raison se heurte aux sentiments. Rien ne nous dit qu'ils n'ont pas tort et que dans ce monde surformaté leur raison ne nous éloignerait pas de nous-mêmes.

Publié par libou à 13:56:40 dans psaum-ades | Commentaires (2) |

Celle qui pénétra | 04 février 2008

 

Celle qui pénétra en même temps que moi dans cette forêt de têtes (que la foule était silencieuse ce jour-là !), je la défie de me reconnaître ici, je la défie de soutenir mon regard à travers ces tentures végétales dont le frémissement me rappelle celui d'une robe qu'on ôte à minuit sous une lampe terne et l'embarras d'un corps qui ne sait déjà plus comment s'offrir. Corps ? S'offrir ? L'image se dédouble à nouveau. Une seconde vitre éclate. La Mort compte à rebours, compte... etc... C'est peut-être elle qui s'est faufilée en même temps que moi à l'intérieur de cette foule, à l'intérieur de cette vitre terne ? C'est peut-être elle... qui a transpercé le ventre du chat sur la commode où se découpaient aussi les contours d'un visage surgissant d'hypothétiques éclats de vie ou de verre ? Elle qui, hier, dans le soleil couchant, aura fait frissonner ces tentures. Elle qui, à la fin d'un jour, rend plus indicible l'heure, et cruelle cette clarté qui s'obstine. 

Vital Bender 

Publié par libou à 11:46:32 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

crawl Leçon I | 31 janvier 2008

 

Etre amoureux c'est cesser de s'estimer responsable du bonheur de l'autre...

Publié par libou à 20:22:31 dans Pets dans l'eau | Commentaires (2) |

Au sommet d'un escalier | 31 janvier 2008

 

Au sommet d'un escalier monumental, une femme attend que décline cette brûlure qu'elle a, là, et qui commence toujours par une sorte de fulgurance oblique, dans le lointain. Elle attend une heure comme des promesses sur pattes qui ont déjà tourné l'angle de la rue et dont le trottinement fou la happera tantôt dans un spasme. Elle n'attend rien. Dans le fond, elle sait qu'elle n'attend plus rien. Elle ne fait pas partie des trois créatures évoquées précédemment . Peut-être les a-t-elle seulement effleurées dans un moment de profonde absence ou peut-être aura-t-elle été l'une d'elles dans une autre vie, dans une autre dimension ? Autre approche de la jouissance... L'image se dédouble. Derrière la vitre éclairée obliquement par le feu. Le balai, rouge. Le chat. La commode. Le reflet d'une autre femme à l'intérieur de la vitre qui semble crier. La vitre crie. Hurle. Vole en éclats. Le feu n'a pas de source (pas de sexe) et les éclats de verre crient encore en saignant comme des éclats de moire, des éclats de vie. La femme se penche, récupère les morceaux de son reflet. Elle non plus n'a pas de sexe (pas de source). Elle sourit, empoigne le balai (rouge) en écartant les jambes. Le chat la surveille du coin de l'oeil. La femme suffoque. Elle croit qu'elle étouffe, mais c'est son chat, l'oeil noir et rond de son chat, le poil, les moustaches de son chat, le rire saccadé de son compagnon d'insoutenable conscience. Sur la commode, une photographie. Sur la photo, un visage. Sur ce visage, un masque. Le masque de celui qu'elle aime. "Mon Dieu !" s'écrie-t-elle. Ce n'est pas une femme, c'est une mouche. "Bzzz..." fait la mouche. Le chat la gobe. Le manche du balai la transperce de part en part. Conscience d'une autre vie, d'une autre réalité. Le sang coule bleu sur les fuchsias et sur ce parterre vitré qui ne retient aucun reflet sinon celui d'un improbable (feu ?...) cri - femme - couches - horizon de pierres, pluie de pierres, encore une journée qui s'achève : piètre consolation etc... etc... 

Vital Bender 

Publié par libou à 00:52:37 dans Demain avant de naître | Commentaires (2) |

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