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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Jour X (2) | 14 octobre 2009

Je comptais décrire mon travail sur Oedipe puisque c'est pour cette raison que je me trouvais là.

En fait ce n'est point tout à fait exact ; je ne comptais rien du tout. Surtout pas m'imposer ce genre d'exercice. Je n'y avais même pas pensé à vrai dire. Et quand l'envie d'écrire se fit sentir j'ai imaginé que ça se rattachait à ma recherche mais je me suis vite rendu compte que je n'avais aucune envie de parler d'Oedipe.
D'ailleurs j'aurais été bien incapable de partager les états qui m'ont traversé. Et de tous les ingrédients de cette soupe oedipienne, je ne sais pas lesquels seront identifiables au final. Il y aura forcément un pourcentage de chacun des éléments chaque soir mais peut-être aussi dans des proportions différentes. Il y aura aussi ce qui précéda ce séjour et qui a déjà pris corps. Il y aura encore ce qui s'ajoutera d'ici le 29 octobre.
Quel privilège de pouvoir tremper son personnage à tant de bains différents. D'avoir ce temps-là. Bien qu'il le mérite. Il nous accompagne depuis si longtemps qu'il constitue notre mémoire collective. Y penser m'excite et m'effraie. Il me paraît y avoir encore tant à faire, tant à être.
Bref, j'ai rapidement réalisé que je ne voulais pas livrer le processus d'un résultat qui m'échappe. Et ce au quotidien : Je vise un objectif et trouve une direction. A l'énigme de cette Sphinx-là la réponse est une nouvelle énigme, non moins pertinente que la précédente.
Oedipe devra être appréhendé dans sa totalité et non au travers des parties qui le composent. Finalement c'est là la possible magie du théâtre.

La tenue de ce journal m'a amusé. Oedipe Horn n'est peut-être pas terminé. J'espère pouvoir le prolonger de quelques excursions sporadiques. Il y a toujours le Mt-Bonvin et le Tothorn qu'il me faut réaliser avant la fin de l'année... même si je sais qu'il sera difficile de trouver des plages tant cette année est professionnellement riche.
Ce journal me rappelle un autre que je m'étais proposé de tenir l'an passé. A peu près à la même période j'avais suivi un cours de méditation Vipassana de dix jours. Je suis curieux de voir ce qu'il en reste rétrospectivement. Ca sera "LaViePasseAnna". Qui par une coïncidence malhonnête est le prénom de ma mère.

Publié par libou à 21:51:37 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) |

Mon amour... | 12 octobre 2009

Mon amour...
(C'est peut-être la première fois qu'un poème commence par ces mots : mon amour...
c'est peut-être aussi la dernière...)
Il est encore trop tôt.
Les mots sont bien trop friables.
Les mots sont des débris d'écorces
flottant à la surface de nos désirs.
A la surface de nos sentiments refoulés.
Ce paysage a la fièvre.
Je marche à l'aveuglette.
Mon amour... Je marche... Où es-tu ?
Il se peut que tu ne te souviennes de moi qu'à travers cette apparence de ruines de formes de profils sans relief.
Il se peut que je ne me souvienne de toi qu'à travers l'oscillation de ton éloignement.
Il se peut...
Mais la parole n'est qu'une reproduction d'organes à vif.
Un leurre tendre...
La parole nous cloue à des poteaux de circonstances.
Et tu es là vulnérable éternelle.
J'ai tracé autour de toi ce cercle à l'intérieur duquel je ne puis pénétrer qu'au mépris de ton chant et de ta raison.
Au mépris de ta liberté.
Mon amour...
Mais j'ai déjà trop parlé.
Retour à la parole unie.
La parole avant sa dispersion.
Qui est aussi ce chant.
Mais saison fugace.
Ma liberté.
Mon amour...
Te dire : tu es déjà si loin.
Ou l'écrire seulement...
Entre deux sanglots.
Entre deux cris de joie.
Ou de stupeur.
Entre deux piétinements fous.
Sous la lune ronde.
Au fond d'un puits tari.
Sous le soleil au zénith...
Au fond des choses mortes.
Au fond des cassures.
A l'intersection de tous les rayons éclatés.

Vital Bender

Publié par libou à 23:44:01 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

C.F Ramuz : Journal | 11 octobre 2009

Le journal de Ramuz au chevet de mon sommeil et l'envie de vous livrer ce texte du 19 juillet 1897. Il n'avait publié encore aucun roman. En fait ce salopard (c'est purement admiratif et affectueux mais je précise quand même tant je connais le contemporain goût du scandale.) n'avait que 19 ans quand il écrivait ça ; texte dominical par excellence et d'un panthéisme d'une modernité sans âge. C'est un peu long mais je me charge de le taper, vous n'aurez qu'à le lire :-).

C'est toi âme universelle, inconnue au profane, c'est toi que j'adore. Je t'ignorais aussi et tu me fus révélée par miracle. Alors mon passé d'erreur m'est apparu plus sombre et j'ai regretté le temps perdu à errer misérablement loin de toi dans les ronces au flanc des abîmes.
Le soir tombait comme une tunique de deuil sur la chair rosée de l'horizon et j'allais méditant sur la faiblesse humaine, sur l'ignorance originelle de l'homme et je voyais se dresser autour de moi, comme un mur de ténèbres, le mystère de l'insondé. Je relevai la tête. Le décor était changé. La nuit était venue, les étoiles remontaient une à une à la surface bleue de l'éther. Et soudain, brutalement, la pensée me vint que cet univers capricieux et changeant n'était qu'une création de mon esprit, mobile comme lui, que c'était moi qui créais ces couchers de soleil et ces nuits étoilées. Et la vérité me baisa au front. Et je compris que mon âme mesure toute-puissante n'était qu'une de tes incarnations, Grande Âme Universelle. Je compris que la matière n'est qu'une chimère, qu'un mirage que l'âme évoque sans s'en douter et presque malgré elle et dès lors je me sentis libre et je me sentis heureux.
L'Âme Universelle est infinie. Elle exista toujours elle existera toujours. Elle peut tout, car elle est unique et tout ce qui existe en dehors d'elle est issu d'elle. Parfois dans le sommeil dont nous sommes enveloppés un coin du ciel bleu se découvre. Alors à nos yeux ravis se montre un monde inconnu où tout est immatériel où rien n'est que le rêve, un monde sans contour ; comme flottant dans le brouillard. Et nos âmes alors, incarnations de la Grande Âme Universelle prennent soudain un courage nouveau à voir ce phare d'espérance briller au ciel de leur enfer.
C'est mon seul esprit qui donne aux êtres qui m'entourent cette forme charnelle, qui blottit les âmes dans une matière irréelle. Alors l'âme se sent emprisonnée, elle ne peut se servir de ses ailes et elle se méconnaît elle-même et l'homme, incertain, s'en va, en aveugle trébuchant aux cailloux.
Or l'erreur est à ce point ancrée dans nos âmes que la vérité nous semble le mensonge. L'erreur est éternelle. Qu'importe. Liés par ses chaînes, obligés de part ta volonté, Âme Universelle, d'obéir à ses lois, subissons sans nous plaindre le joug qu'elle nous impose. Nous savons que tout est faux autour de nous que tout est illusion, mais connaissant la source de tout et sachant quelle est notre nature, nous nous rions des nécessités de notre existence apparente.
La Grande Âme a voulu faire passer ses incarnations par tous les degrés de la nature humaine. Plongés au plus profond de l'abîme nous remontons peu à peu par degrés successifs jusqu'au sommet étincelant, jusqu'à rentrer pour toujours au sein bienfaisant de notre Mère où tout est délices et joies. La mort n'est que l'ascension bénie d'un des échelons de la grande échelle que nous gravissons péniblement. Et l'Âme féconde, toujours créatrice, ne s'épuisera jamais. Toujours de nouvelles âmes sortiront de ses flancs et toujours les âmes anciennes, ayant souffert et ayant lutté rentreront dans son sein. Et c'est un spectacle magnifique que cette ascension lente vers ce but de lumière où tendent tous les efforts d'où nous sommes issus.
Grande Âme Universelle sois bénie. Tu t'es révélée à moi et, depuis ce jour, je me sens heureux. Je sens que la vie a une raison d'être, qu'il est bon d'accomplir sa tâche au jour le jour, de peiner, pour mériter un jour le sort sublime auquel sa Volonté nous destine. C'est par ce beau soir de Juillet alors que mon âme comme tant d'autres torturée par l'incertitude se révoltait et saignait, c'est par cette belle nuit d'étoiles que tu m'as parlé et que j'y ai cru.

Publié par libou à 15:43:55 dans lité-raclure | Commentaires (0) |

Un dernier pour la route | 10 octobre 2009

Parfois des chansons qu'on entend tous les jours et qui passent sans qu'on veuille les affubler d'un particulier s'imposent tout à coup différemment. Elles se trouvent l'ornement d'une paire de guillemets.
Un fond qu'on trouvait insistant nous voyage soudain l'émotion. Une mélodie écoeurante comme des céréales au vin blanc nous surprend en accompagnement, le menton frondeur et un collier de dents dégagé de leurs lèvres. Pire même : avec l'idée que les infranchissables montagnes de la vie ont l'aspect d'inoffensives collines.

Ou plutôt il est des jours où on a laissé son costume de chair au pied du lit. Où on a l'âme à vif. Où pas plus tard que trop tard on a laissé notre résistance en miettes sur la moquette. La mienne je l'ai laissée sur celle du cinéma où je vis projeté le film cité en titre. La dernière fois qu'un truc pareil m'était arrivé c'était devant Gomorra. Le problème c'est qu'on ne s'en rend pas compte tout de suite. Ça nous travaille en douceur, en toute discrétion. C'est plus tard, avec des comportements comme celui décrit plus haut, qu'on réalise l'ampleur de l'impact.

Ce film est une merveille de sobriété. Ce qui est le comble du paradoxe pour un film qui parle d'alcoolisme. Le rôle principal est d'éloquente justesse mais ce serait faire préjudice aux autres que de le nommer tant tout le monde sert ses personnages avec finesse.

J'ai eu une fine trouille dans une des premières scènes quand le héros qui pénétrait dans le centre de désintoxication croisa une jeune fille. Cette scène m'alarma d'une odeur d'eau de rose à venir. Heureusement il n'en fut rien. La jeune fille revint bien mais... shht ne livrons aucun des multiples filons de l'objet.

Puisque c'est avant tout un film sur la blessure. Sur l'être humain. L'être en vie. Sur les moyens qu'on met en place pour étouffer ce spleen, là, tout au fond. Comme un corps étranger que nous aurions si bien recouvert de "bonne" terre et que nous aurions fini par oublier. Mais qui nous pourrirait de l'intérieur, corromprait cette pourtant si "bonne" terre. Pour qu'elle ne garde du mal qu'une souillure qui aurait perdu son nom.

Il y a bien les caméras à l'épaule utilisés pour les flash back éthylés qui auraient pu m'impatienter mais pour un film comme celui-là j'aurais passé bien pire.

Publié par libou à 21:38:29 dans cinémoi | Commentaires (8) |

Hips | 09 octobre 2009

Ce n'est que soûl que mes "illuminations" méritent d'être écrites.

Mais malheureusement plus d'être lues.

(Je devais probablement être soûl quand je l'ai écrite celle-ci.)

Publié par libou à 23:53:26 dans carnet d'autrefois | Commentaires (5) |

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