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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)

C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."

Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.

Que serais-je sans vous ?


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Psaume X | 20 mars 2008

Comment parler de Dieu sans vouloir y croire ?

Comment aborder de façon pragmatique un sujet non empirique ?

Si je tente une réflexion sur la foi, je suis obligé d'admettre que je crois, de me laisser envahir par l'éducation chrétienne de mon enfance. Je suis obligé, en premier postulat, d'admettre Ton existence. Une fois ce postulat admis, je ne peux plus agir comme s'il ne l'était pas. Je ne peux ramener un texte où Tu es considéré comme réel à un ergotage qui Te nierait.

Si je m'inspire des psaumes, je ne peux qu'écrire une "lettre à Dieu" car les questions demeurent toujours et les hypothèses sont nombreuses.

D'ailleurs je crois que ce que j'ai fait jusqu'à maintenant n'est pas bien différent d'un semblable soliloque. 

Publié par libou à 18:01:59 dans psaum-ades | Commentaires (2) |

Nous avions convenu d'une heure | 19 mars 2008

Nous avions convenu d'une heure ardente indicible une heure
à inscrire en lettres de sang sur les murs de notre sommeil
et nous voici tous deux roulant tanguant sur cette mer de mots
dans un silence rempli d'électrochocs.
Nous avions convenu de matins sans oxydation
où la dérive du coeur et celle des yeux convergent vers un pôle dont le clignotement nous fait passer du jour à la nuit au jour dans la même seconde.
Afin que nous puissions revivre
nous hâter sans nous reconnaître
vers la source des syllabes
et nous perdre en route
nous perdre encore et encore
- la source des pierres des oiseaux -
afin que nous nous acheminions côte à côte
vers la genèse fulgurante de ce poème.
Silence ! oh silence !
la vie refait surface
à la lisière de la page blanche ! ...

Vital Bender 

Publié par libou à 20:06:15 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Mat | 18 mars 2008

Je ne sais pas bien si nos occupations de mortels sont davantage destinées à profiter de notre incarnation humaine ou au contraire à éviter d'y penser...

Publié par libou à 21:06:55 dans carnet d'autrefois | Commentaires (4) |

Un ciel en forme d'abat-jour | 14 mars 2008

Un ciel en forme d'abat-jour (à l'intérieur de sa pensée constituée d'une superposition de visages plus ou moins chers) pivote lentement en direction d'un avenir incertain (globe lumineux derrière un voile de fumée), ce globe se met à tourner sur lui-même de plus en plus vite, dissipant ces brouillards, ces visages, ce ciel, et toute cette pénombre poisseuse qui nous incite toujours à croire qu'une femme nous attend en haut d'un escalier monumental, alors que c'est au fond d'un puits (avec autour du cou un collier de serpents qui s'ennuient). L'homme secoue sa tête creuse et se verse à boire, renverse le verre sur la tête de son voisin de régiment ou de palier qui se contente de sourire pour ne pas enfreindre la loi rouge du silence, et vice versa. S'ensuit un instant de stupeur - valse sulfureuse, atmosphère de fin des temps qui se prolonge jusqu'à l'aube (une lueur par-ci par-là), un dictaphone qui fuit à travers des rangées de crânes, un éclair jaillit d'une bouche, d'une orbite, déjà l'odeur de soufre et plus tard l'appel rauque d'un enfant sous des gravats, de vieux arbres en couronne dont la détresse tourne court. Un homme, toujours le même (il n'a plus de tête) remplit son verre en pleurant sur des visages qui fondent comme de la cire.

Vital Bender 

Publié par libou à 15:46:29 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

No country for old men | 12 mars 2008

Quel bonheur de retrouver les frères Coen après les égarements qui ont suivi les petits chefs-d'oeuvre qui les ont fait connaître. Se laisser embarquer dans le rythme de leur long métrage est pure délectation.

Si les premiers rôles sont remarquablement portés, les seconds rôles ne sont pas étrangers au plaisir ressenti. C'est un film d'acteurs, un film qui laisse la place de choix au jeu. Les plans sont lents, au rythme chaud de cette Amérique profonde, à la frontière mexicaine. Il est tout imprégné de la torpeur de ces vies engoncées dans un quotidien que presque rien ne peut bouleverser. Les héros sont atypiques. Ce ne sont pas eux qui créent l'intrigue mais l'intrigue qui se sert d'eux. Et de fait ils sont humains... trop humains... vulnérables. Seul le plus déshumanisé saura peut-être survivre.

Si les dialogues, taillés de telle sorte qu'ils nous appellent à des visionnements répétés, trainent derrière eux questions existentielles, ils ne s'embarrassent pas de morale. Ce qui ne rend pas le film amoral. Bien au contraire. Il porte une morale libérée du juste et du faux. Une morale à la hauteur de notre complexité, à la recherche de notre place en ce monde.

Que de tels films n'apparaissent pas davantage dans les salles obscures ?! 

Publié par libou à 18:50:43 dans cinémoi | Commentaires (2) |

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