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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Si loin en mer | 26 novembre 2009

Si loin en mer, fanée (pétales), et les poissons qui font la ronde autour de ta tige de campanule tandis que je m'enivre de ton absence, imagine cela : assis sur un nuage au milieu du désert - les chrysanthèmes frissonnent dans le vent tiède, les dunes au loin ressemblent à des tombes dont chacune doit contenir une part de toi, de ton âme, de ton souffle, les ruines de ta part belle - ...est-ce que je rêve ? Voici l'hiver. Tu n'as toujours pas regagné la rive, tu nages sur le dos, tu t'amuses follement tandis que je m'obstine à reconstituer ton visage à travers ces brumes tenaces qui forment un écran propice à la réverbération de ton aura. Tes seins en forme de clairons sonnent le ralliement des causes perdues. Le frémissement de ton voile et l'éclat de ton diadème sur ma peau... Si loin en mer... Mon aéronef s'est fracassé contre un récif. Oh tous ces ciels vers tous les horizons au fond desquels tu te lovais comme un serpent d'air chaud... Je suis assis sur un rocher au milieu de ... (est-ce que je puis encore ressentir quelque chose ?) ... Pelote de laine accrochée à un vieux clou. Morceau de ferraille que le vent du nord fait tinter. J'aime cette vie. Nous irons tous au purgatoire. Maman m'appelle de la fenêtre de sa demeure idéale : il est l'heure de te coucher, il est l'heure... L'écho de la voix de maman... Les yeux, le front, les confitures de maman... Tandis que tu coules à pic. Au fond du jardin. Quand je serai vieux, j'aurai des antennes comme les chiens errants et les écrevisses. Ma tête a rebondi trois fois sur le bord du ciel avant de s'immobiliser près d'une fleur qui danse et je poursuis ma course effrénée à travers toutes les (pages blanches...)

Vital Bender

Publié par libou à 11:54:05 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Il y a loin entre Corcelles et Kinshasa | 24 novembre 2009

Mercredi 28 octobre.
5h du matin, le réveil sonne, le zombi se lève, se rase en diagonale, se douche de haut en bas ; le voilà prêt à prendre la tangente. La voisine zombi monte également dans la voiture, destination gare d'Yverdon. Kinshasa semble bien loin, dans un autre monde. Tout cela est irréel. Dans le train la Suisse s'est levée pour se mettre gentiment au travail, mais elle n'est pas encore réveillée.

Le ciel est dégagé, la terre vue du ciel est toujours aussi belle, la main de l'homme semble avoir disparu. Le brouillard serpente le long du Rhône ; et puis bien plus tard, la frontière franco-belge facile à repérer : il y a deux centrales nucléaires qui recrachent les seuls nuages de l'horizon. Les cheminées sont comme deux kerns des temps modernes qui nous balisent un futur proche et radieux. (Avez-vous déjà remarqué qu'on ne construit jamais les centrales en plein milieu d'un pays mais toujours près d'une frontière ? Regardez sur le Rhin ! C'est par esprit de solidarité ; si ça pète, on partage avec le voisin.)

La Belgique apparaît enfin, comme un immense patchwork de champs dans une belle gamme de terre grise et rouille. Sur l'écran des télévisions suspendues au-dessus de nos têtes défilent des paysages belges aux couleurs de vieilles cartes postales décaties. De mornes plaines verdâtres ou grisâtres ou encore des mines à ciel ouvert ou des voitures circulant sur des boulevards dans des villes à vous faire exploser le taux de suicide par habitant. Et d'ailleurs, par une âme qui vive sur ces images. On a pensé à une initiative du ministère du tourisme, ou à une blague belge ou peut-être encore à de l'art contemporain.

Thierry Crozat

A suivre...

Publié par libou à 22:51:43 dans Kinstrata | Commentaires (0) |

stylex | 23 novembre 2009

Mon style est souffrant et non pas l'instant.
Le style dépasse et étouffe le coeur.
Je voudrais une poésie où l'invisible beauté intérieure
dépasserait la lisible beauté des vers et des rythmes.

Publié par libou à 13:11:16 dans carnet d'autrefois | Commentaires (2) |

C.F. Ramuz : Jean-Luc persécuté | 21 novembre 2009

Mon périple ramuzien continue avec son troisième roman.
Il se présente plutôt sous forme de nouvelle. De par sa chronologie respectée et aussi de par l'homogénéité de sa thématique. Dans Jean-Luc persécuté il n'est question que de Jean-Luc.
Mais pour moi c'est surtout son premier récit ayant le Valais pour décor. Et pas n'importe lequel. Puisque Jean-Luc a sa maison à Lens, ma commune d'origine.
Étonnamment ce ne sont point mes mémoires réelles qui servirent de décor mais celles des images sépia de l'époque. Il y avait trop de goudron et de crépi dans ma mémoire pour qu'elle ne fût point anachronique. Mais si mes images sont brunies et marquées d'empreintes multiples et inconnues ça reste néanmoins un voyage généalogique, une investigation darwinienne.
Son récit est époustouflant d'efficacité. Et toujours cette impardonnable façon de nous conter une tragédie avec la légèreté qu'on emploierait à décrire l'avènement du printemps. Avec ces mots d'une simplicité si déroutante qu'ils nous prennent droit aux tripes. Ramuz sait s'adresser à ce petit enfant qui est en nous. C'est lui qu'il va caresser et mordre. Mais toujours avec la tendresse et le détachement des choses ordinaires. Puisque finalement en parlant d'un aspect de la vie, on ne fait non plus rien d'autre que de parler de la vie.

Publié par libou à 14:22:41 dans lité-raclure | Commentaires (0) |

la belle et la bête de Cocteau à boire (sans soif) | 20 novembre 2009

Ernst Krenek pour deux raisons. La première parce que comme novembre son atonal travail a cette capacité de me balancer dans des états émotionnels contradictoires, tantôt dans le ping de l'angoisse, tantôt dans le pong de l'exaltation. La deuxième, et bien que cela n'ait rien à y voir, en référence à la Belle et la Bête de Cocteau. J'ai revu le film hier soir. Mais comme il s'agissait d'une version que j'avais téléchargée et que comme vous le savez on ne sait jamais vraiment ce que l'on télécharge le résultat n'était point accompagné de l'univers sonore de Georges Auric mais de celui de l'opéra composé en 1995 par Philip Glass. Musique d'une insistance un peu pesante à mon goût. Lors de sa création, le visuel était projeté avec ses sous-titres. Mon film en était exempt. Autant dire que s'il avait été chanté en Chinois je n'aurais pas fait la différence. Vous imaginez bien ma frustration, quelque peu remédiée aujourd'hui par quelques glanages de ci de là de par le web. Car que d'ambiguïté perdue sans les remarquables dialogues de Cocteau. Ambiguïté sans doute pas étrangère à l'étrangeté, au succès et à la pérennité du film. Principalement pour la figure de Belle. Évidemment l'interprétation est curieuse aujourd'hui, d'un mélo un peu comique. Mais l'équivoque des répliques ouvre des abîmes dans notre inconscient collectif de la femme-fille-mère-prude-dévergondée. Une Belle amoureuse de son bel Avenant mais qui sacrifie son amour au nom du père. Aurait-elle pu sans ce même esprit de sacrifice aimer la Bête au delà de sa laideur ? Ainsi son amour était-il véritablement désintéressé ? Même ses soeurs cupides et égoïstes auraient pu pour d'autres raisons éprouver de l'amour pour cette Bête-là... Bizarrerie qui tendrait davantage à démontrer que dans tout amour, c'est avant tout celui de soi qu'on cherche à travers l'autre.
A part ça, l'esthétique est splendide. Je repense à cette course de Josette Day (la Belle) à travers les couloirs et les escaliers du château. Ils sont rendus dans un ralenti qui par les mouvements de ses étoffes nous donne un sentiment d'envol... poétique.

Et là je suis bien content de voir que ce post est bientôt suffisamment long pour pouvoir évincer la dernière partie de mon titre. A boire. De Marion Vernoux. Avec Edouard Baer et Emmanuelle Béart. On m'avait conseillé ce film il y a deux ans quand je devais interpréter un alcoolique. Heureusement que je ne l'ai pas regardé avant qu'il ne soit plus que trop tard. C'est une comédie et ça justifie peut-être cet effet caricature. Pas à mes yeux. Ce film ne raconte plus rien. Il ne parvient même pas à faire rire. Ce qui est un peu dommage pour une comédie. Je pourrais m'en désoler quelques lignes de plus mais heureusement Cocteau a atteint mon quota. :-)

Publié par libou à 15:55:20 dans cinémoi | Commentaires (0) |

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