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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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L'oeil d'Oedipe

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Jonathan Littell Les bienveillantes | 07 novembre 2008

 

Erynies lâchées aux trousses d'Electre et Oreste après que celui-ci ait réglé la justice au talion à coups de poignard bien sentis dans le giron de leur môman.

Démons intérieurs et indomptables exacerbés par le cadre d'une époque déroutée dans la démesure des possibles offerts par les ombres de l'âme humaine.
Ceux de Maximilien Aue, intellectuel galonné SS qui a marqué de ses semelles les hauts lieux du front de l'Est pour terminer de les user à Berlin où se concluent la guerre et le roman. Car il s'agit bien d'un roman, d'une fiction partiale et, quoique très bien documentée, nullement historique ni exhaustive. Je le souligne car en lisant un bout de tout ce qui s'écrit au sujet de ce travail de ci de là des pages web, je trouve qu'il fait l'objet de critiques bien injustifiées.
Evidemment sa vision est partielle. Evidemment il ne propose pas d'analyse politique discursive. Evidemment il n'éprouve point de remords, celui-ci est expulsé dans la personnification des Bienveillantes. Evidemment il n'apporte pas de réponse. C'est le récit autobiographique d'un personnage imaginaire.
Et quelle virtuosité ! Quels trilles époustouflants ! Quels prodigieux moments de pure inspiration exprimée avec justesse et profondeur.
Pourtant je ne trouve pas qu'il s'agit là d'un écrivain de mots, d'un styliste. Et peut-être n'écrira-t-il plus. Peut-être a-t-il tout dit. Peut-être une oeuvre exprime-t-elle l'Oeuvre. Et grand bien lui fasse car pour moi Elle se suffit à elle-même. 
Pourtant j'ai laissé ce livre à plusieurs reprises et une fois pour plusieurs mois, écoeuré et épuisé aux environs de la millième page de l'édition de poche. Mais la puissante impression qu'il me laisse ne m'autorise qu'un détail de vraisemblance romanesque. Pour le reste, ce texte ébranle et questionne, nourrit et révolte, lasse et exalte, dégoûte et émerveille. Que demander de plus ?

La question de la mémoire m'a taraudé tout au long du récit. Les détails sont si nets, les noms retrouvés dans leur grande majorité, les faits reportés dans une chronologie et une précision d'horloger. Comme le héros nous le dit, il a reconstitué le puzzle de ce passé à l'aide des documents historiques, mais tout de même, la mémoire est si volatile, si trouble, si lacunaire et traîtresse : le rêve s'introduit dans la réalité et avec les années on ne sait plus très bien où se situe la limite. On ne sait plus de quels moments et quels lieux certains faits, même marquants, doivent être rapprochés. Je serais bien en peine de me souvenir de tous les moments où j'ai vomi, même le plus récent et je vomis moins souvent que le héros. Maximilien Aue se souvient pratiquement de tout. Et il aborde ses mémoires cinquante ans après les faits.

Ces descriptions si précises destinées à toujours davantage concerner, impliquer le lecteur ont eu sur moi l'effet inverse. Leur trop grande clarté rendait invraisemblables les événements.  

Publié par libou à 21:05:25 dans lité-raclure | Commentaires (0) |

Automne | 06 novembre 2008

 

Il est des gens pour qui rien ne recommence jamais mais pour qui tout meurt à nouveau.

Publié par libou à 17:55:58 dans carnet d'autrefois | Commentaires (0) |

Ceci n'a pas été dit | 05 novembre 2008

Ceci n'a pas été dit
ceci flotte
comme une plume
comme de la buée
ceci n'a pas de sens
si ceci avait un sens
nous serions tous à nous fouiller le ventre à pleines mains
à boire notre sang dans un dé à coudre
à ramper dans la poussière.

Ceci n'est pas un poème
c'est un frissonnement de bas de femme
une concentration d'heures passagères
de silence et de rêve
de pays perdus.
Renaître alors
fouiller le sol avec son groin
briser les ferrures
bouter le feu aux drapeaux
aux consciences.
Demain...
Bientôt...

Vital Bender

Publié par libou à 17:15:17 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |

Psaume XII | 04 novembre 2008

 

Je ne crois pas qu'il soit possible de mentir tout en étant fidèle à soi-même.


Sans même penser à celui qui se sert du mensonge pour arriver à ses fins mais simplement à celui qui y est poussé pour éviter des ennuis. Et j'écarte ici les ennuis qui seraient conséquence de premiers mensonges ou de cachotteries : ils sont les fruits d'actions réalisées en totale intention, que leur moteur fut la manipulation, la lâcheté ou la facilité.
Là ma prémisse ne fait aucun doute.


Je voudrais juste m'intéresser aux mensonges de fond, d'opinions, de convictions, voire de confession puisque c'en est encore d'actualité.
Faut-il rester d'une couleur, de la couleur qu'on a choisie, même au prix de sa vie ? Conserver sa foi la corde au cou ? Ou est-il possible de mentir pour sauver sa peau même si par là on trahit ouvertement sa préférence ? Et ce même en argumentant qu'il ne s'agit que d'une trahison de forme ; se recouvrir d'une peinture neuve en conservant sa sienne intacte en dessous ?


C'est à cet instant que se pose la question de la foi. Qu'en est-il ? S'agit-il d'un manteau que l'on porte pour se protéger du froid ou pour éblouir son entourage ? A partir de quel instant la foi devient-elle orgueil ? A partir du moment où elle nous a rendus bourreaux évidemment. Mais à partir du moment où elle nous permet de devenir victimes, nos convictions valent-elles davantage que celles de nos bourreaux ?


En ne tenant compte que de morale, il n'est pas possible de mentir et rester fidèle à soi-même. Seulement tout n'est pas si simple. Tout se nuance car tout est unique et nous ne pouvons plus le nier après l'effondrement des systèmes utopiques qui ont réduit cette réalité. Et il en va de même pour ce capitalisme qui ne nous propose que des manteaux d'apparat.

L'impératif logique catégorique est sans doute l'équivoque. Et ce paradoxe n'est-il pas à l'image de nos vies dont la confrontation seule permet la maturation ?

Publié par libou à 13:47:57 dans psaum-ades | Commentaires (1) |

Implications | 03 novembre 2008

 

On se détermine des buts,

puis on en découvre les destinations.

Publié par libou à 10:19:28 dans Pets dans l'eau | Commentaires (0) |

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