Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Faudrait comme pour mon précédent cinémoi suffisamment m'étendre sur un premier film pour ainsi éviter d'avoir à parler du second (quoique ça se soit fait par hasard). Je pourrais aussi en rayer un de mon intention. Il n'a jamais été question de causer de tout ce que je vois. Suffisamment de contraintes en ce bas monde pour savoir éluder celles qu'on peut éviter. Mais je trouve intéressant de poser ces deux objets face à face. Tous deux usent à qui mieux mieux des procédés numériques. Le premier pour réinventer un univers, le second pour accroître son réalisme eschatologique. Le premier pour servir un scénario, le second pour le rendre caduque.
Terry Giliam nous emmène dans une écriture alambiquée, échafaudée selon les procédés du conte mais où tout ne se résout pas de façon aussi linéaire. Les pistes se brouillent au fil du récit. Et il met à mal les rassurantes classifications hollywoodiennes : d'un côté les gentils et de l'autre les autres. Il fissure tant et si bien les apparences qu'il ne reste rien de bien ragoûtant au niveau des motivations des protagonistes. Chacun semble bien être le résultat de sa volonté, de son ambition ou de son passé. La liberté ne resterait que dans sa capacité à gagner son indépendance. Un soupçon d'innocence me paraît résister chez le jeune apprenti du Docteur, sincèrement épris de sa fille. Au final le récit est dense et multidimensionnel, tout imprégné de cette folie caractéristique du réalisateur.
Si Terry Giliam peut parfois rendre sa musique un peu surchargée, Roland Emmerich par contre, ne joue que de deux cordes de tout son instrument. La sensationnelle et la sensible. Et s'il maîtrise la sensationnelle nous enfonçant indolents dans nos fauteuils où tous ces effets visuels nous écoeurent jusqu'aux baillements, la sensible est d'un quitch insupportable. J'ai ri à chaque effusion pour être aussitôt saisi de gêne vis à vis des comédiens. Comment jouer ça sans être risible ? Comment ne pas être minuscule, autant dans son jeu que dans sa condition d'être humain devant cette masse d'événements extrêmes. Seul le journaliste indépendant a une attitude tragique vraisemblable (en versant dans la folie). Impossible de gagner un oscar dans un film catastrophe. A moins peut-être d'être un génie. Tout juste possible de sauver sa peau (de comédien j'entends).
Publié par libou à 14:48:13 dans cinémoi | Commentaires (0) | Permaliens
Mon amour est si dense
Qu'aucune lumière ne peut l'éclairer.
Publié par libou à 19:51:48 dans carnet d'autrefois | Commentaires (0) | Permaliens
Le poète regarde le ciel
Et il remarque qu'il est vert
Comme les yeux de cette femme
Le poète devine ses seins
Derrière l'étoffe que supporte
La pâleur de ses épaules
Le poète écarte les branches
Pour mieux voir le soleil
Pour mieux sentir sa chaleur
Et sans aile pour le porter
Sans amour pour le trahir
Lentement prend son envol
Pour mourir un peu plus haut
Pour mourir un peu plus beau
(Tableau de Jean-Pierre Fruit)
Publié par libou à 22:19:35 dans psaum-ades | Commentaires (0) | Permaliens
- Bonsoir mon ami ! Alors, on ne m'a pas l'air dans son assiette ! La conscience titille tes entrailles ?
Que je me sens soulagé tout de même. J'ai bien cru que je ne pourrais jamais te visiter. Tu semblais si bien te fondre dans toute cette indifférence... Bref, mieux vaut tard que jamais n'est-ce pas ?
Ainsi emporté par son enthousiasme railleur, il bouscule du coude notre homme qui d'évidence doute encore de la réalité de cette apparition. Enfin d'un hésitant "Qui êtes-vous ?" il s'enquiert de l'identité de son interlocuteur.
- Moi ?! s'étonne-t-il, mais je suis en vampire ! Ca se voit pas ? Un lointain cousin de ces amateurs de sang chaud qui ont fait notre réputation. Je ne suis néanmoins pas tout à fait de leur catégorie, une souche particulière en quelque sorte. Bien que je ne répugne pas à cette divine boisson, je ne la dérobe pas du cou de mes victimes mais suce simplement ce qui s'échappe inévitablement - ou presque - de chaque individu à un moment donné de son existence. En d'autre termes, je suis un Beduars.
Allons, ne me regarde pas ainsi ! Je ne te veux aucun mal. Je me contente seulement de celui que tu consens bien à te faire. Et celui-ci, crois-moi, se trouve alimenté à de nombreuses sources partout autour de toi. On peut même dire qu'il naît de la furieuse contradiction des éléments constitutifs de chaque être humain.
Plus ses paroles se déversaient, plus ses yeux s'illuminaient d'une jouissance savourée et mesurée. Sa taille semblait croître comme pour encore davantage écraser l'homme de son regard chargé de pesante ironie. ./.
Publié par libou à 13:42:40 dans poêt rerie | Commentaires (0) | Permaliens
Le matin du premier jour, je m'extirpai péniblement de mon duvet après une nuit où l'idée d'un réveil à 04h00 suffit à me garder à bonne distance d'un quelconque sommeil. Je remis la prévision d'une douche à de meilleures dispositions pour me traîner en somnambule jusqu'en salle de méditation. Nos places avaient été attribuées la veille ; les anciens méditants face à l'enseignant et les novices derrière eux. Je me calfeutrai sur le carré bleu de mon espace entre coussins et couvertures avec le brouillon espoir d'y créer un nid douillet.
Si je m'en souviens bien, car cela fait déjà plus d'un an - mais ce dont je suis sûr pour les jours suivants - c'est que lors de cette première heure de méditation on nous passe l'enregistrement de chants de S.N. Goenka puis de 05h30 à 06h30 nous avons une heure de méditation libre. Jusqu'au petit déjeuner. Mais peut-être aussi que ce premier jour on nous prodigua un enseignement d'introduction à la méthode. Introduction qui dure trois jours avant la pratique de Vipassana lui-même.
Quoi qu'il en soit celui-ci consistait à l'observation à chaque respiration des sensations provoquées par le passage de l'air à l'intérieur de nos narines sans se laisser distraire par aucune autre pensée. Evidemment, il ne suffit souvent même pas d'une minute pour que son esprit se mette à vagabonder. Au début on s'en rend compte très tôt et on tente de ramener son attention. Puis au fur et à mesure, sa concentration s'amollit et, en ce qui me concerne ce premier jour, non seulement ma concentration mais ma capacité à rester éveillé.
Publié par libou à 11:53:06 dans LaViePasseAnna | Commentaires (0) | Permaliens
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