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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Michael Haneke : Le ruban blanc | 07 novembre 2009

Après le tohu-bohu  des publicités et des bandes annonces, le générique s'affiche sans musique enserrant la salle dans une torpeur gênée. Les croqueurs de pop corn ne s'intéressent pas au ruban blanc. Ils préfèrent l'artillerie lourde des productions hollywoodiennes. Ou alors ils ont sagement posé leur gobelet pour une occasion plus discrète. C'est à dire 2h30 plus tard après un tout aussi muet générique de fin.

La couleur est très vite donnée : un noir et blanc épuré rendant aussi bien l'époque que l'ambiance. Epoque pré-première guerre mondiale dans un village quelconque du nord de l'Allemagne encrassé pour toute ambiance dans la pesanteur d'un féodalisme tenace et d'un protestantisme étouffant. Rien ne manque : sévices tolérés voire recommandés par une éducation aussi intransigeante qu'injuste, inceste, mépris, humanité bafouée par la loi du plus fort. La seule qui prévaut en fin de compte. Dont les premières victimes sont les plus faibles, d'abord les plus pauvres et au bout de la chaîne évidemment les enfants. La peur règne omniprésente, entretenue par une cascade d'humiliations reproduites d'échelons en échelons du sommet au bas de l'échelle des privilèges.
Mais aux tréfonds de l'âme la haine sourd et cherche un exutoire. Le plus communément elle se retourne contre soi-même. Ce qui arrange et huile les rouages de cette société corrompue. Mais parfois aussi elle se reproduit vers l'extérieur par l'intermédiaire de ce seul langage qui semble connu : la violence.
Aucune respiration. Aucune transcendance possible ici. Haneke voulait dans ce film interroger les mécanismes qui ont nourri le fond humain nécessaire aux deux guerres. Et c'est conduit avec une intelligence et une finesse telles que le tout ne suscite que des questions. Rien n'est élucidé. Même pas les drames qui ponctuent l'intrigue. Si bien que c'est un film auquel on repense. Des indices nous apparaissent par la suite tant sur l'enquête policière que sur la misère d'une époque. Un chef-d'oeuvre.

Tous ces ravalements ont trouvé leur euphorique libération dans l'extrême violence des guerres mondiales. Que se passera-t-il quand le sud actuel, exploité, humilié et tu recrachera la haine qu'il accumule de décennies en décennies ?

Publié par libou à 13:42:11 dans cinémoi | Commentaires (0) |

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