Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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La nuit fut épaisse et sans rêve.
L'espace intime s'était ramassé. Auparavant ses frontières n'avaient pas de limite et pouvaient s'étaler jusqu'aux retranchements obscurs, jusqu'à ces lieux humides et sombres où les vies qui s'y trouvent se suffisent à elles-mêmes et peuvent se développer - et parfois de manière grotesque - dans le confinement discret mais prégnant de leur micro-climat.
Quatre autres personnes partageaient mon dortoir. Elles m'ont reçu avec toute l'hospitalité des honnêtes gens, m'offrant le partage de leur pitance. La soirée fut agréable avec ces tâtonnements polis de ceux qui ne se connaissent pas et qui ne peuvent se fuir. Ça m'a distrait de mes préoccupations habituelles. Oedipe dut interrompre son remue-ménage intime.
Après un petit déjeuner et les évaluations méréorologiques partagés, ils optent pour une promenade dans les bas. Ils voulaient tenter le Trubelstock mais il est vrai que le temps n'est pas engageant.
Moi j'ai toujours ce projet du Mt-Bonvin. Je sais que la neige s'obstine dans toutes les rides de sa face... En y ajoutant le temps et la longue course de la veille, je me résous à remettre cette escapade à des conjonctions plus favorables.
En outre mes invités improvisés m'ont annoncé la venue d'un groupe de huit personnes pour la nuit prochaine.
Une fois seul, j'hésite grandement à rester. Travailler me sera impossible. Rester pour rester me paraît absurde. En plus je déteste les derniers jours. On n'a jamais envie de commencer quelque chose puisqu'on estime que ça n'en vaut pas la peine ; on est déjà ailleurs tout en étant encore là. Si je m'en vais aujourd'hui, si je prends mon dernier jour par surprise je le déjoue.
Mon sac est vite prêt. Un coup de balai, et voilà.
Publié par libou à 12:27:05 dans Oedipe Horn | Commentaires (0) | Permaliens
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