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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Mais aucune page ne restera indéfiniment vierge | 08 juillet 2009

Mais aucune page ne restera indéfiniment vierge.
Les chevaux piaffent d'impatience à divers points de cet horizon quadrillé
et dans une marge fictive
et dans chaque petit carreau
brille
une constellation d'yeux porcins.
Le poète écarquille les yeux
allume une cigarette
fronce les sourcils
écarte le voile
et la bouche béante
contemple le monde réel.
Il ne respire plus par lui-même.
Chaque palpitation de son corps
correspond à celle du cosmos
qu'il sent fluer en lui
et cette union sacrée
le rend fou.
Une odeur tenace de mégots et d'apparences fumigènes
l'oblige à réintégrer sa carcasse.
Le poète crache un noyau de cerise sur le bitume
soupire profondément
se frotte les yeux en songeant à des formes rétrospectives au-dessus des toits
derrière des ruines
des tentures.
Il a faim.
L'ombre à l'orée de son cou devient jaune.
Il se tâte la carotide.
Sa bouche tète un sein (cafetière renversée)
le chat fait un mouvement brusque
la photo sur le mur dissimule une éclaboussure de cervelle humaine (ou végétale).
Ce qui fut plus jamais ne sera :
cette perspective profonde
le ballet des sirènes (des sorcières)
tout cela et tant de rêves dissous
dans l'acide du temps.
Le poète simule un cri de femme anogarsmique
qui fait sursauter le chat
et siffler la cafetière.
Le sapin de Noël est tout sec
il faudra songer à le brûler
songer à faire un enfant
à écouter le tam-tam des heures creuses contre les tempes
songer à tous ceux à toutes celles
à qui personne ne songe...
Le poète pour qui la femme
n'est qu'un objet virtuel...

Vital Bender

Publié par libou à 21:21:26 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) |