Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Les temps sont proches où les pierres, toutes les pierres de toutes les saveurs réintégreront nos bouches comme des morceaux de pain noir. Toutes les pendules se détacheront des murs. Je vois un nez à la devanture du ciel (ou du caniveau), un nez perforé d'aiguilles à tricoter des mots sans affectation, des mots... qui s'attardent et devraient voler en éclats au bout de ces rues en trompe l'oeil, je sens des pierres - ce sont encore des mots ! - se bousculer au fond de ma poitrine et je crache, je crache... un caillot d'oiseaux multicolores... puis tout un flot de pendules qui se mettent à sonner l'heure du jugement dernier, je dois avoir l'air con avec mes oreilles en bois d'acajou et mes viscères entortillés autour de mon cou sans fin à l'intérieur duquel monte et descend d'un bout du jour à l'autre un ascenseur vide et tout déglingué. Silence puis : cliquetis d'aiguilles d'horloges tricotant l'absence de toute bien-aimée à travers un nuage de plumes roses comme les mains du nourrisson que j'étais encore tout à l'heure.
Je vois une lame se lever dans la nuit, un éclair traverser mon corps, j'assiste à cette scène, il n'y a pas de purgatoire, un tonneau roule sur la pente, une ombre se glisse entre les feuilles, peut-être atteindrons-nous cette côte (si elle existe). J'entends le chant des ventre vides et des terreurs nouvelles, tempo morne qui s'agrippe à des saillies de jour, et je vois, oh je vois... des mains de femmes si belles que l'eau jaillit du sol entre les pierres.
Vital Bender
Publié par libou à 22:28:54 dans Demain avant de naître | Commentaires (0) | Permaliens
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