Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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M'y prends à nouveau au dernier moment. Me laisse avoir par les exigences du sprint final. Mais cette fois on y est. Je crois qu'on peut dire que ce n'est pas vraiment une pièce facile à accoucher. C'est même au forceps qu'on lui a extrait la tête de l'eau. Mais là on y est. Ce soir c'est la première. Puis c'est parti pour une longue série de représentations dont vous trouverez tous les détails sur le site des Osses .
Donc l'Orestie d'Eschyle, quelque peu rajeuni par Isabelle Daccord. Car depuis 2500 ans le théâtre a un peu bougé. La plus ancienne pièce qui nous soit parvenue. En fait il s'agit de trois pièces : Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Dans la première on assiste à la vengeance de la mère qui trucide gaiement son mari de retour vainqueur de la guerre de Troie parce qu'il a sacrifié à la guerre leur fille Iphigénie. Dans les Choéphores c'est leurs enfants, Oreste et Electre qui massacrent leur mère et son amant pour venger le père. Et dans le dernier volet, on assiste à l'avènement de la justice moderne, inaugurée par Athéna, qui libère les enfants du poids de la culpabilité.
L'avènement de la démocratie qui s'oppose à la loi des pulsions en somme.
Ce qui fut délicat dans sa confrontation à la scène c'est justement les trois tons bien propres à chacune des trois parties. Trouver une unité. Et que celle-ci résiste sur toute la distance. Souvent quand nous pensions avoir résolu un résistance, une nouvelle découlait du changement effectué et tout l'équilibre s'en voyait bouleversé. Tout était à recommencer.
Je ne sais pas si c'est la tragédie d'une manière globale ou l'Orestie en particulier mais théâtralement, pour moi, je crois bien que c'était une expérience essentielle. Très heureux d'avoir été confronté à ça...
Publié par libou à 14:51:59 dans puits à coq | Commentaires (6) | Permaliens
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