Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Quel spectacle fascinant que ces squelettes retrouvés au milieu d'une étendue désertique.
Qu'est ce qui un beau jour peut pousser un homme à se mettre en marche. Quitter son activité, sa vie et partir. Simplement en posant un pied devant l'autre, tout droit et sans s'arrêter. Sans manger ni boire. Partir sans fuir, juste pour répondre à l'appel impérial de la lumière. Apparue soudain dans toute sa clarté et son évidence ; dans son unicité et sa totalité. Marcher jusqu'à ce que son corps ne soit plus corps. Marcher sans pensée et sans envie.
Comme celui qui plongerait pour nager jusqu'à cette lumière qui danse sur la berge opposée. Sans se soucier ni de la distance, ni de la température de l'eau. Nager parce que soudain, pour une obscure raison, il est enfin temps.
Marcher, nager, tout entier tendu vers cette nécessité.
Puis être saisi par les limites de son corps, par la réalité du froid et des courants. Continuer avec la même foi sans même prendre conscience de ces pieds qui trainent, de cette tête qui tourne, sans ressentir l'engourdissement de ses membres, le ralentissement de son coeur. Continuer avec une espérance et une certitude intactes, sans douleur parce qu'il y a cette lueur qui, bien qu'encore trop loin pousse maintenant à l'intérieur. Parce qu'il y a cette lueur qui te remplit du médium.
Puis tomber vers le sol comme on tomberait vers le ciel. Puis sombrer dans le liquide comme on se découvrirait des ailes. Puis mourir comme on passerait la porte d'un palais. Puis mourir comme on perdrait le poids de sa matière.
Glisser dans l'apparence d'un échec vers la réussite absolue. Sans atteindre la lumière mais touché par elle. Insister comme auparavant, mais dans l'immatérialité.
Quel spectacle fascinant que ces cadavres remontés dans les filets d'un pêcheur.
Et qui sourient...
Publié par libou à 23:29:19 dans Pets dans l'eau | Commentaires (2) | Permaliens
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