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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Solitude | 28 décembre 2007

Ca s'est reproduit.

Mais c'est bien connu, ça se reproduit vite les cafards. Et quand d'un coup de talon on pense s'en être débarrassés, la progéniture est déjà en voie de relève.

Hier soir, c'était la deuxième de La Grande Peur dans la montagne. Adapté du roman de Ramuz et franchement brillamment mis en musique par Jean-Claude Broccard.

Je n'en avais pas parlé avant le 17 parce que les deux soirées étaient complètes de longue date.

Donc hier soir rebelotte de pelotte de vide là au creux du dedans. De ce vide énorme que rien ne paraît devoir combler. De ce vide sans prise, sans aspérité. Juste ce vide tristesse. Juste cette tristesse vide. Sûrement pas tout à fait sans raison mais magnifié par la chute de tension, par le relachement de la pression, par le devoir accompli. L'adrénaline, le contrôle, le don puis le retour à soi. Soi face à soi quand le public quitte la salle. Soi face à soi dans les congratulations. Soi face à soi dans le tintement des verres. Soi face à soi dans cet alcool sans goût et sans effet.

Et tellement trop face à soi qu'on préfère la solitude tant ce soi s'absente des autres, de tout, de la vie. Tant ce soi nous dépasse et nous isole.

Alors j'y suis retourné, dans cette salle vide, pour tenter de mesurer la profondeur du gouffre. Le laisser m'envelopper tout entier. Et pleurer peut-être.

Même pas.

Alors j'ai continué parce qu'il m'en fallait encore, il fallait plus de profondeur, il fallait continuer à forer. Et j'ai trouvé un bar dans ma sacoche. Un bien sordide, bien joyeux de cette joie des autres avec juste un ivrogne, un turc bien saccagé, un vieux millionnaire sur le renvoi, un patron sans dignité, un "je fus" plein de ce qu'il n'est plus, un écumeur planétaire de terrains de golf, un miroir à solitude.

Et je m'y suis miré.

Mais, il m'en fallait encore. Et j'ai poussé la porte d'une pseudo disco à musique sans âme et sans sens, à musique rythme et creuse. Une pseudo disco avec ses serveuses peinturlurées et ses serveurs gominés. Une pseudo disco pleine de ces désespérés qui s'ignorent et qui gigotent, de ces mains qui se baladent, de ces solitudes qui mijotent.

Et j'ai chargé tout ça dans mon gouffre.

Puis lourd de tout ce vide, je me suis mis à léviter. Tout doucement d'abord de sorte qu'on ne me remarque pas.

Dans la position foetale d'une posture assise, j'ai glissé au-dessus du bar, au-dessus du gel et du mascara et j'ai tourné, sur moi-même, dans le tourbillon de mon gouffre, dans l'oeil du cyclone, dans le soleil vert de mon plexus.

J'ai tourné.

J'ai tourné.

J'ai tourné.

J'ai décidé que je marcherai droit dans la nuit glacée qui m'attendait. Dehors.

Même pas.

Publié par libou à 16:23:46 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) |