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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Dans l'assiette de ma mère (1) | 06 juillet 2007

La nourriture est une expression très étrange et non des moindres dans la relation mère-enfant. Et qui se construit jour après jour, patiemment, au fil des années. Pierre après pierre. Pour prendre ces aspects de forteresse intouchable, imprenable, pouvant abriter quelque prince charmant.

Et sans doute occupe-t-elle une place tout aussi abstraite et brumeuse que celles des contes séculaires dans les méandres de notre inconscient. Parce qu'elle va chercher très loin ses fondations. Dans ces instants insouciants bercés aux vagues placentaires où déjà par le lien ombilical la mère officiait à sa tâche alimentaire.

Dans la phase d'émancipation adolescente, c'est d'ailleurs l'aspect qui souvent reste intouché le plus longtemps. Du moins chez les garçons. On se bat pour sortir plus tard, avec qui on veut, habillé comme on veut... Mais durant toutes ces crises libertaires nous mangeons toujours les plats de maman. Annulant ainsi nos efforts d'indépendance en garantissant à la mère, à défaut des insignifiants pets externes, sa mainmise sur le cycle interne et intime. La mère qui peut, avec condescendance, observer les vaines gesticulations de sa progéniture tout en concoctant plats et potions. Rappelez-vous cet humour douteux qui mettait en scène le mari qui, goûtant aux mets de sa femme, regrettait ceux de sa mère. Servage accompli en bonne et due forme. Femmes, prenez vos marmites à votre cou et fuyez aussitôt cet homme-là ! :-)

La situation semble sensiblement différente chez les filles qui connaissent un nombre plus considérable de cas d'anorexie. Volonté de trouver sa place de femme et de mère en rejetant ce gavage identitaire ? Pour mieux gaver à son tour ? De qui on s'est construit avec peine ?

En fait l'anorexie n'a peut-être rien à voir avec une identification aux canons de beauté, mais juste à une désidentification à la mère.

Car dans l'assiette de sa mère il y a avant tout sa mère. Comme au temps nombriliste c'est d'elles-mêmes que nos mères nous nourrissent. C'est le maintien des traditions, de la famille, qu'elles nous servent à table.

Nous nous croyons généreusement nourris alors que nous sommes mangés.

Nous avions dévotement cru au prince charmant pour constater, effarés, que, comme dans les contes, un château pouvait aussi bien cacher un ogre.

Publié par libou à 00:11:25 dans cot-cot-idien | Commentaires (13) |