Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Voilà, je suis au mi-huitième jour de ma cure de désintox au riz complet. Plus qu'un repas aujourd'hui et c'est fort heureux car si psychiquement je taille des bavettes avec Pantagruel en personne, physiquement c'est le Sahara. Mon corps a perdu tout goût à l'aliment et subit les écoeurements provoqués par la remarquable fertilité de mon imaginaire. Car si je rêve de tout, mon estomac s'offense de chacun de mes imaginaires festins.
Je dois bien constater avec amertume que l'alignement souhaité entre le corps et l'esprit s'effectue avec des écarts majeurs. Mon corps s'est détourné des plaisirs de la table alors que mon esprit se délecte dans la représentation des plats de mes vacances passées et même lointaines, des restaurants visités de ci de là, des expériences personnelles les plus réussies...
Les premiers jours, Valaisan oblige, c'est au fromage que mes fantasmes accordaient leur primeur, puis dès le cinquième, leur faveur fut davantage prêtée à la viande rouge, grillée à point et saupoudrée d'herbettes aromatiques... Besoin corporel ? Simple délire cérébral ?
En tout cas, il fut fort intéressant de passer au crible obligé tous mes comportements compulsifs autour de la nourriture. Je savais déjà à quel point il m'était difficile de résister à la convivialité d'un premier verre de vin. Celui-là même qui invite à la désinhibition induite par les suivants. Mais dans le cas présentement vécu, j'ai pu répertorier toutes les manies et habitudes et aussi menus plaisirs, compensatoires ou gratifiants, instaurés au fil des années et autour desquels s'organise mon emploi du temps.
Et c'est ainsi que je me demande si ce genre de cure ne serait pas idéale pour toute personne désireuse d'arrêter de fumer (par exemple). La limitation d'un aspect essentiel et encore davantage inscrit que la dépendance en question pourrait détourner l'attention du curiste. Ou comment soigner un moindre mal par un mal plus grand... Quoique je craigne fort qu'une fois le rythme antérieur repris, tout le reste revienne avec encore davantage d'insistance.
Quant à moi, je compte bien retrouver une alimentation aussi variée qu'avant. Parce que merde on ne vit qu'une fois et que mon corps est pour moi bien davantage une merveille à sensations qu'un synonyme de discipline et de rigueur. Avec plus de mesure cependant. Car je ne peux nier me sentir plus léger, moins engorgé et, mais je ne parierais pas là-dessus, il me semble bien que ma cornée soit plus blanche qu'il y a deux semaines...
Publié par libou à 14:49:38 dans cot-cot-idien | Commentaires (6) | Permaliens
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