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Présentation

Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)


C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."


Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.


Que serais-je sans vous ?


 

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Bord de mer | 29 avril 2007

Elle était seule sur scène.

Salle comble. Sièges étroits. Chaleur étouffée. L'ami Mathieu à ma droite, sur son strapontin et le mal aux fesses.

Elle était seule avec cette mélopée violonée et ces mots de Véronique Olmi qui coulaient, qui roulaient comme des vagues. Qui parlaient de crachin, de pluie, de froid. Qui en parlaient toujours plus loin...

...Paupières qui tombent. Tête qui vacille sur un cou devenu lâche. A la manière de ces méduses échouées et léchées de vaguelettes. Puis une vague plus grosse, ma tête qui roule une fois pour toutes. Coeur qui bat. Incohérence des images de la demi veille laissant enfin leur place à celles contées en face, sous les projecteurs. Poids de cet excellent "Rouge de terre" s'étant fait plus léger. Fatigue s'étant laissée récupérer. Je suis là Magali Pinglaut. Je t'écoute.

Elle était seule, posée sur ces planches inégales. Les pieds de biais avec son reflet sur le mur à jardin et des évanescences bleutées sur le fond de scène. Sobre. Beau.

Elle était seule avec nous en face. Nous racontait son voyage vers la mer. Cette mer qu'elle voulait offrir à ses deux petits gars. Cette contradiction entre le passage des instants rêvés aux instants vécus.

Puis soudain, sans crier gare, des tréfonds d'une âme dépouillée par le sommeil : les larmes. Des deux yeux, avec ses hoquets qu'on s'évertue à taire, ses reniflements que l'on contient. Les larmes. Jusqu'à la fin. Jusqu'au noir. Jusqu'au silence. Silence qui dure. Mais qu'on voudrait éternel. Qu'on ne voudrait pas voir rompre. Comme le plus sincère des hommages. Comme la quintessence de tous les applaudissements. Mais c'est bien connu, un public c'est poli et convenu. Alors les mains frappent. Longtemps.

Je ne vais pas en dire plus. Il ne faut pas en dire plus. Il faut le voir. Ou l'entendre. Ou le lire. Car ce texte n'a pas été écrit pour le théâtre. Ce qui le rend un peu littéraire. Et ce qui n'est pas pour me déplaire parce que les mots, j'aime. 

Puis Mathieu et moi avons retrouvé un peu de ce "Rouge de terre" là-dessous, dans le bar du théâtre, dans le ventre du Poche... quand elle est arrivée. Comédienne.

Elle était seule avec son sourire partout. Elle attendait des amis qui devaient la rejoindre. Venus de loin.

Elle était seule avec son verre de blanc, son blanc de ciel, et elle a parlé de Bruxelles, de politique, de ces trucs qu'on dit quand on doit dire des choses. Puis ils sont venus. Puis ils sont partis.

C'est un peu après qu'il a surgi. Livide et les lèvres serrées. Furieux et la menace ardente. Il avait surpris des propos qu'il avait mal interprétés et jugés irrévérencieux. Prétextant son statut de technicien du spectacle que nous venions de voir et auréolé de machisme, il nous accusa d'ivresse (ce que nous ne pûmes contester) et nous enjoignit au départ. Le barman (ainsi qu'il se disait lui-même, et fort sympathique d'ailleurs) n'y comprit rien. Et nous pas davantage. Après force palabre l'autre s'est excusé. Mais sans y croire. Simplement parce qu'il était minoritaire.

En tout cas je vous le dis : tant de paranoïaque susceptibilité, ça fait peur. Et mine de rien, ça vous griffe une bonne soirée.

Publié par libou à 21:07:54 dans puits à coq | Commentaires (2) |

Baromètre | 29 avril 2007

"Le dynanisme meurt avec ses illusions."

Publié par libou à 17:19:28 dans carnet d'autrefois | Commentaires (2) |