Il est temps de changer ma présentation. (Pour ceux qui ne connaissaient pas la précédente c'est con ; elle était vraiment bien.)
C'est pas mal comme intro ça. Recyclable à l'infini. Et qui du coup me permet de me mettre dans la poche autant les écolos que les conservateurs. De plus ça laisse aux nouveaux venus un impalpable regret ; un douloureux sentiment, celui d'être né trop tard, ou pas vraiment au bon endroit, d'avoir manqué quelque chose ; et évidemment d'essentiel. Le truc qui fidélise son lecteur quoi : "J'ai loupé mon passé je réussirai mon avenir. Et c'est grace à cet homme que ça va se faire. Je le sens, je le sais."
Cela dit vous avez raison ! Je le pense en toute réciprocité.
Que serais-je sans vous ?
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Ça faisait bon temps que n'avais plus pu me débloquer de soirée cinéma. Vitus, film suisse était la bonne occas pour renouer avec le principe. Rien de tel qu'un peu de patriotisme pour se rassurer dans les grands moments de solitude.
L'histoire est plaisante. Ça verse parfois dans le sentimentalisme graisseux mais heureusement sans excès. Étant donné la thématique on aurait pu faire bien pire. Le scénario accroche tout du long et nous réserve son lot de revirements inattendus. C'est bien interprété dans son ensemble. J'ai eu parfois de la peine avec le Vitus pré pubère mais ai pu m'en accommoder sans trop de violence.
Par contre ai eu plus de difficulté à m'identifier au personnage de Vitus, à le trouver sympathique, à percevoir sa détresse. Ai constaté qu'il était plus délicat de se reconnaître en une figure humaine déshumanisée plutôt qu'en une figure non humaine humanisée. Je m'explique. Il y a grand nombre de films mettant en scène des monstres (la belle et la bête, le silence des agneaux, ou même spiderman tiens...) et il est plus évident d'appréhender quelqu'un par ses imperfections, ses failles, que par son côté lisse. Vitus souffre d'un trop de perfection, immensément doué, profondément bon... et, comme le film le mentionne explicitement, c'est cet excès qui rend sa présence en ce monde "imparfait" rugueuse et difficile. (Jusqu'au moment où il l'utilise à son avantage.) C'est là que le bât blesse, pour moi ce gosse manque de ce relief, de cette épaisseur qui puisse rendre un personnage attachant. Il était trop d'une pièce. Je crois que nous sommes faits de nos contradictions, de cette dualité qui se mesure et s'oppose en permanence. Et finalement c'est ça qui nous rend humain.
Peut-être que ça ne tenait que de la qualité de l'interprétation mais je ne pense pas. Il doit y avoir une conjugaison entre le jeu et l'écriture. C'est vrai qu'il y a des acteurs qui ouvrent des univers rien qu'en étant là et je pense que ceux-là peuvent se dégager de n'importe quelle écriture et sauver le pire des scénarios. On en a l'exemple dans ce même film avec Bruno Ganz. Il ouvre des mondes, il te file droit où ça touche seulement par la qualité de sa simplicité et de son humilité. Il nous donne qui il est. Et vrai : ça suffit. Moi, il ne me faut rien de plus.
Publié par libou à 14:51:43 dans cinémoi | Commentaires (1) | Permaliens
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