Je suppose que maintenant que je n'ai plus 22 ans ma vie va prendre un sens nouveau, plus grave peut être.
Je ne veux pas changer, je n'ai jamais voulu, pourquoi je devrais?
Je veux rester légère, comme une bulle, rester moi, dans ma bulle. Continuer d'écrire cette vie qui en définitive est la mienne. J'ai lutter mais je n'y peux rien, c'est bien ma vie.
Parfois je me sens comme prisonnière de mon esprit, de mon corps. Envie d'en sortir, de me découvrir, envie de rêver et d'oublier.
Est ce que je suis la seule à le ressentir?
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Mr le directeur m'a appelé pour me donner un rendez-vous professionnel et me demander ce que D'd devenait « professionnellement ». Quand j'ai entendu ces mots je me suis pris deux années de cauchemars dans le visage. C'est fou après tout ce temps il arrive encore à me filer des claques. Plus physiquement parce qu'il ne pourrait pas m'approcher mais par l'intermédiaire des autres. Les autres qui relaient la douleur, qui semblent faire ce qu'ils peuvent pour le souvenir ne s'efface pas, pour que la douleur ne disparaisse pas. Depuis deux ans je me bats, je me cache, j'évite, je rase les murs pour qu'on oublie. Comme si le fait que le monde autour oublie signifiera qu'il ne s'est rien passé et que je peux oublier aussi. Et à chaque fois, à chaque fois que je crois que ça y est, que je fais enfin pouvoir sortir la tête de l'eau et me considérer sans avoir envie de vomir il y'a toujours quelqu'un qui me la replonge, au plus profond des abysses. Et en plus je viens de me rendre compte qu'ils ne se rendent pas forcément compte du coup que ça va me porter. Ça ne change rien, je les hais, je les hais tous autant qu'ils sont, je voudrais qu'ils crèvent tous. Je les voudrais écorchés baignant dans leur sang, détruits meurtris comme le spectacle qu'ils aiment tellement contempler. Comme moi. Si tout le monde crève il n'y aura plus aucun regard pour me replonger dans ma honte. Mes restes. Parfois je rêve, j'ai recommencé à rêver ; hier dans mon rêve il était là. Et comme chaque fois dans mes rêves j'essaie de faire ce que je n'ai jamais eu le courage de faire, le frapper aussi ou au moins me défendre et pas seulement me protéger des coups. Mais ça ne sert à rien parce que la réalité fini toujours par l'emporter.
Ce qui me fait le plus mal c'est que malgré tout ce que j'ai été avant, avant j'étais quelqu'un j'étais digne et j'étais fière. Je réussissais. Tout ce dont on se souviendra c'est de moi, de cette chose ? je ne peux pas croire que c'était moi. Il m'arrive encore d'en douter. Se décomposer à vue d'œil, une loque. Comment ? pourquoi ? je voudrais que quelqu'un m'explique.
Publié par misscordelia à 19:45:07 dans Ma vie par moi | Commentaires (0) | Permaliens
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