Au 1
er janvier 2005,
les 59 000 immigrés présents en Auvergne représentent 4,6 %
de la population des ménages. Quatre sur dix ont acquis la nationalité
française. Région de faible immigration, l'Auvergne accueille
majoritairement des ressortissants de l'Union européenne, un immigré
sur trois vient du Portugal. Au sein de la population immigrée, hommes
et femmes sont désormais aussi nombreux. La population immigrée demeure
plus âgée en Auvergne qu'au niveau national. Malgré un niveau
de formation en progression, les actifs immigrés sont davantage exposés
au risque de chômage et restent surreprésentés dans les emplois peu
qualifiés.
Marie-Odile DELAVEAU, Vincent VALLÈS, INSEE
Haciba CHAÏB, ACSÉ
Sommaire
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Un immigré est une personne venue s'installer en France en ayant une nationalité étrangère. Au 1
er janvier
2005, l'Auvergne compte 59 000 immigrés. Ils représentent 4,6 %
de la population des ménages. Cette part est similaire à celle
enregistrée en 1999 (4,3 %). Elle est inférieure de près de la moitié à
celle constatée en France métropolitaine (8,0 % en 2005).
L'Auvergne
se situe au 15e rang des 22 régions métropolitaines pour la part
des immigrés dans la population. En 2005, l'Auvergne regroupe 1,2 %
de la population immigrée de l'hexagone contre 1,3 % six ans
auparavant. La région connaît aujourd'hui une progression du nombre
d'immigrés deux fois plus faible que celle observée au niveau
national.Dans la population des ménages auvergnats, les immigrés sont
4 200 de plus qu'en 1999. Entre 1999 et 2005, leur nombre a augmenté
annuellement de 1,2 % contre 2,4 % pour l'ensemble de la population
immigrée métropolitaine. Seule la population immigrée de la Corse,
de la Lorraine et du Nord-Pas-de-
Calais a augmenté moins vite qu'en Auvergne.
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Deux immigrés sur cinq ont acquis la nationalité française
Parmi
la population immigrée auvergnate, 24 200 personnes ont acquis
la nationalité française. Ainsi, quatre immigrés sur dix ont choisi
de devenir français. Cette part est identique à l'échelon national.
La propension à devenir français est étroitement liée à la durée
d'installation sur le territoire. Parmi les immigrés installés en
France depuis moins de 20 ans,28 % ont acquis la nationalité française,
tandis que cette part s'élève à 48 % pour les immigrés résidant en
France depuis plus longtemps. Après 40 ans de présence, cette
proportion atteint 65 %. Ainsi, les Italiens et les Espagnols issus
des vagues d'immigration anciennes ont acquis la nationalité française
deux fois sur trois. En revanche, les immigrés d'origine turque,
arrivés en Auvergne au début des années quatre-vingt, ne sont que 21 %
dans ce cas.
Par ailleurs, le pays d'origine des immigrés joue
également sur leur choix de devenir français. Ainsi, un ressortissant
portugais sur trois a acquis la nationalité française. En revanche,
40 % des natifs des pays du Maghreb ont fait ce choix.
Les immigrés en Auvergne en 2005
| Nationalité regroupée |
Auvergne |
France métro. |
Part des nouveaux arrivants |
| Ensemble |
Part |
Auvergne |
France métro. |
| Source : INSEE - Enquêtes annuelles de recensement 2004 à 2006 |
| Ensemble |
59 000 |
100,0 % |
100,0 % |
12,2 % |
13,2 % |
| Europe |
35 900 |
60,9 % |
41,8 % |
7,6 % |
12,9 % |
| Union européenne à 27 |
33 800 |
57,3 % |
38,1 % |
6,8 % |
11,7 % |
| dont Portugal |
18 500 |
31,3 % |
12,1 % |
2,4 % |
4,5 % |
| Espagne |
5 000 |
8,5 % |
5,9 % |
1,6 % |
4,8 % |
| Italie |
3 400 |
5,8 % |
7,5 % |
2,6 % |
4,1 % |
| Afrique |
14 700 |
24,9 % |
40,7 % |
15,7 % |
12,1 % |
| Maghreb |
12 000 |
20,4 % |
30,0 % |
11,4 % |
10,4 % |
| Afrique sub-saharienne |
2 000 |
3,4 % |
7,5 % |
37,8 % |
19,8 % |
| Asie |
6 600 |
11,2 % |
13,9 % |
20,1 % |
13,4 % |
| dont Turquie |
3 500 |
5,9 % |
4,6 % |
9,6 % |
10,8 % |
| Amérique, Océanie |
1 800 |
3,0 % |
3,5 % |
47,1 % |
29,2 % |
Les immigrés en Auvergne en 2005 (suite)
| Nationalité regroupée |
Auvergne |
Part des Français par acquisition |
Part des femmes |
Âge moyen (en années) |
| Ensemble |
Part |
| Source : INSEE - Enquêtes annuelles de recensement 2004 à 2006 |
| Ensemble |
59 000 |
100,0 % |
41,0 % |
50,0 % |
47,7 |
| Europe |
35 900 |
60,9 % |
41,8 % |
51,2 % |
53,5 |
| Union européenne à 27 |
33 800 |
57,3 % |
42,0 % |
50,9 % |
54,2 |
| dont Portugal |
18 500 |
31,3 % |
34,1 % |
48,4 % |
51,2 |
| Espagne |
5 000 |
8,5 % |
76,0 % |
53,6 % |
61,6 |
| Italie |
3 400 |
5,8 % |
67,6 % |
48,8 % |
64,6 |
| Afrique |
14 700 |
24,9 % |
41,4 % |
47,1 % |
41,9 |
| Maghreb |
12 000 |
20,4 % |
39,9 % |
45,9 % |
44,1 |
| Afrique sub-saharienne |
2 000 |
3,4 % |
49,5 % |
52,0 % |
31,8 |
| Asie |
6 600 |
11,2 % |
36,3 % |
48,7 % |
35,5 |
| dont Turquie |
3 500 |
5,9 % |
20,0 % |
47,7 % |
37,1 |
| Amérique, Océanie |
1 800 |
3,0 % |
40,0 % |
54,6 % |
28,1 |
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Une immigration récente limitée
Entre 2000 et 2005,
7 200 immigrés se sont installés en Auvergne. La région a accueilli 1 %
des immigrés nouvellement installés en France métropolitaine, soit
la part la plus faible des régions françaises avec le Limousin et
la Corse. En 2005, les immigrés installés depuis cinq ans représentent
0,6 % de la population des ménages auvergnats. Cette part est
inférieure de plus de la moitié à celle enregistrée pour la métropole.
Elle place l'Auvergne au 18e rang des 22 régions de métropole.
En
Auvergne, parmi les pays d'origine des nouveaux immigrants, ceux
de l'Europe sont, comme au niveau national, les plus largement
représentés. Toutefois, la part des ressortissants de l'Union
européenne reste inférieure de trois points à celle constatée au niveau
métropolitain (38 % contre 41 %). L'Auvergne se distingue par
une moindre représentation de l'immigration britannique.
À l'inverse,les ressortissants néerlandais, aussi nombreux en Auvergne que les Britanniques,sont
nettement plus représentés que dans les autres régions françaises. 8 %
des nouveaux immigrés auvergnats sont originaires des Pays-Bas, soit
une proportion plus élevée de six points par rapport au niveau national.
Traditionnellement,
l'Auvergne était une terre d'accueil pour les Portugais. Cette
caractéristique se vérifie encore : ils sont toujours surreprésentés
parmi les nouveaux arrivants. Le nombre de Portugais nouvellement
installés est équivalent à celui des Britanniques oudes Hollandais.
Après
les Européens, les ressortissants des pays du Maghreb (Algérie, Maroc
et Tunisie) sont les plus nombreux à s'être installés récemment en
Auvergne.Ils représentent 19 % des nouveaux immigrés. Ils sont
toutefois moins représentés qu'au niveau national où leur part atteint
24 % des nouveaux immigrants.
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Six immigrés sur dix originaires d'Europe
Forte
d'une importante arrivée de travailleurs portugais dans les années
1970, la population immigrée auvergnate se caractérise par une part
élevée de ressortissants européens. En Auvergne, près de six immigrés
sur dix (57 %) sont nés dans un pays de l'Union européenne, contre
quatre sur dix (38 %) sur le territoire métropolitain. Avec
une communauté de 18 500 personnes, les immigrés d'origine portugaise
sont les plus représentés. Ils représentent ainsi 31 % de l'immigration
en Auvergne et 51 % de l'immigration d'origine européenne. Avec
les régions Limousin, Poitou-Charentes, Lorraine et Alsace, l'Auvergne
se situe parmi les cinq régions françaises où les ressortissants
d'origine européenne sont surreprésentés au sein de la population
immigrée.
L'immigration en provenance de l'Afrique ou de l'Asie est de moins
grande ampleur en Auvergne qu'au niveau national. En 2005,
les 14 700 immigrés d'origine africaine représentent 25 % des immigrés
contre 41 % en métropole. L'essentiel de l'immigration africaine est
originaire du Maghreb : 5 900 personnes viennent du Maroc,
5 100 de l'Algérie et 1 000 de la Tunisie.Les 6 600 personnes venues
d'Asie s'installer en Auvergne représentent 11 % de la population
immigrée dans la région, contre 14 % dans l'hexagone. Pour moitié,
cette immigration est originaire de Turquie. Depuis la fin des années
1990, la Chine participe aussi fortement à l'apport d'immigrés en
Auvergne. Enfin, la présence du groupe Michelin attire en Auvergne
des ressortissants des pays où sont implantées les usines du groupe,
notamment des Américains et des Brésiliens.
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Un équilibre hommes-femmes
Le passage d'une
immigration de travail, essentiellement masculine, à une immigration
bénéficiant d'une politique de regroupement familial au milieu
des années 1970 a conduit à une plus forte augmentation
de la population immigrée féminine. Depuis 1974, en Auvergne,
les femmes immigrées sont aussi nombreuses que les hommes. En 2005,
les femmes sont ainsi majoritaires parmi les immigrés résidant en
France depuis moins de trente ans, mais minoritaires parmi ceux arrivés
depuis plus longtemps.
Parmi les immigrés originaires du Maghreb, de Turquie ou du Portugal, les femmes restent moins nombreuses que les hommes.
L'immigration
en provenance de ces pays, motivée au départ par des raisons
économiques, s'est poursuivie à un degré moindre dans le cadre du
regroupement familial.
En revanche, parmi les immigrés issus
des vagues récentes d'immigration, venus en famille à la suite
d'événements politiques (Asie du Sud−est) ou pour passer une partie
de leur retraite (Europe du nord), les femmes sont majoritaires. Pour
les pays européens d'immigration plus ancienne (Espagne, Pologne),
les femmes sont désormais largement majoritaires en raison du
vieillissement de cette population et de la plus forte mortalité
des hommes.
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Moins de jeunes et plus de seniors qu'au niveau métropolitain
Pour
la plupart, les immigrés sont arrivés en France après l'âge de 15 ans
et leurs enfants nés en France sont comptés parmi les résidents non
immigrés. La pyramide des âges de la population immigrée a donc
une forme particulière : sa base s'élargit progressivement, puis
les classes d'âge deviennent moins nombreuses à partir de 40 ans.
Les immigrés sont ainsi moins nombreux avant 15 ans et aux âges élevés
(5 % d'entre eux ont moins de 15 ans et 8 % ont atteint 75 ans ou
plus). L'âge moyen de la population immigrée est de 47,7 ans en
Auvergne, deux ans et demi de plus que la moyenne d'âge de l'ensemble
de la population immigrée en France métropolitaine.
En Auvergne,
18 % de la population immigrée a moins de trente ans, contre 23 % en
moyenne dans les autres régions métropolitaines. Plus de la moitié
(56 %) a entre 30 et 59 ans. Les immigrés de ce groupe d'âge
représentent 6 % de la population des ménages auvergnats. Cette
proportion est nettement inférieure à celle de la métropole où elle
atteint 11 %. En 2005, l'Auvergne compte parmi les régions où la part
des immigrés de 60−74 ans est très importante. Avec 19 % de personnes
dans cette tranche d'âge, elle se situe au même niveau que les régions
Provence−Alpes−Côte d'Azur et Languedoc−Roussillon. La part
des 60−74 ans n'atteint que 15 % au plan national. Les personnes
de 75 ans ou plus représentent 8 % de la population immigrée contre 7 %
dans l'hexagone. Les migrations récentes ne compensent pas les effets
d'un vieillissement accentué des migrants plus anciens. Les populations
immigrées se différencient sensiblement par leur âge selon
leurs origines, ce qui reflète l'ancienneté des courants migratoires.
Pour les populations immigrées d'origine italienne, polonaise et
espagnole, l'âge moyen se situe au−dessus de 60 ans. A contrario,
les populations immigrées venues du Maroc, d'Amérique, de Turquie et
d'Afrique sub−saharienne sont en moyenne relativement jeunes (en deçà
de 40 ans).
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Une population immigrée de plus en plus diplômée
Pour
l'ensemble de la population, qu'elle soit immigrée ou non, le niveau
de formation s'élève au fil des générations. Ainsi, de 1999 à 2005,
le pourcentage d'immigrés sans diplôme ou n'ayant que le certificat
d'études primaires a baissé de 61 % à 57 % pour ceux qui ont fini
leur formation initiale. En 2005, 60 % des femmes immigrées sont sans
diplôme contre 54 % des hommes immigrés. La baisse de la part
des immigrés non diplômés s'explique notamment par un effet
« génération ». Ainsi, au 1er janvier 2005, quatre personnes
immigrées sur dix âgées de 15 à 29 ans ont un niveau d'études
correspondant à l'école primaire, contre près de sept immigrés sur dix
parmi ceux âgés de 60 ans ou plus. De même, la part des détenteurs d'un
baccalauréat ou d'un diplôme de l'enseignement supérieur est de 38 %
parmi les jeunes immigrés de 15 à 29 ans, contre 10 % pour les immigrés
ayant plus de 60 ans. C'est donc essentiellement chez les jeunes que
le niveau de formation a le plus progressé.
Si,en 2005,les immigrés
de 30 à 49 ans sont nettement plus nombreux que les non-immigrés de ces
âges à ne posséder qu'un certificat d'études primaires (39 % contre
17 %), cette part a reculé de six points depuis 1999. Plus le niveau
de diplôme augmente, plus l'écart se réduit entre les immigrés et
l'ensemble de la population des ménages auvergnats. Ainsi,
la proportion d'immigrés de plus de 15 ans ayant le baccalauréat (9 %)
ou un diplôme du supérieur (12 %) se rapproche de celle
des non-immigrés (respectivement 15 % et 18 %).À ce niveau
de diplôme,hommes et femmes se retrouvent quasiment à égalité :
respectivement 21 % et 22 % ont au moins un diplôme équivalent
au baccalauréat.
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Un faible taux d'activité chez les femmes immigrées
En
Auvergne, un peu moins de 30 150 personnes (soit 54 % des immigrés
de 15 ans ou plus appartenant à un ménage) sont actifs, c'est-à-dire
qu'ils ont un emploi ou qu'ils en recherchent un. Ce taux d'activité
est légèrement inférieur à celui de la population non immigrée pour
laquelle il s'élève à 56 %. L'écart entre les deux populations est
surtout dû à une population féminine immigrée qui se porte moins sur
le marché du travail que la population féminine non immigrée. En
Auvergne, 46 % des femmes immigrées de 15 ans ou plus sont actives
contre 51 % des non-immigrées. À l'inverse, il existe peu
de différences entre les populations masculines (61 % contre 62 %).
Le
taux d'activité des femmes immigrées en Auvergne est aussi plus faible
que celui enregistré en France métropolitaine (51 %). Cet écart
s'observe uniquement chez les plus jeunes : de 15 à 29 ans, 43 %
des immigrées sont actives en Auvergne contre 50 % en moyenne dans
les autres régions métropolitaines. Les jeunes immigrées sont moins
présentes sur le marché du travail en Auvergne car elles sont plus
souvent étudiantes. Avant trente ans, 36 % des immigrées en Auvergne
poursuivent des études, soit six points de plus que la moyenne
nationale (30 %).
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Un taux de chômage plus faible que la moyenne nationale
En
2005, la part des actifs au chômage est plus importante dans
la population immigrée qu'elle ne l'est pour les autres Auvergnats :
respectivement 17 % et 10 %. Toutefois, en Auvergne, les immigrés sont
moins souvent à la recherche d'un emploi que dans les autres régions
françaises. En France métropolitaine, 21 % des actifs immigrés se sont
déclarés au chômage lors du recensement. En Auvergne comme dans
les autres régions, les femmes immigrées sont plus touchées par
le chômage que les hommes. En 2005, le taux de chômage des femmes
immigrées est de 23 % contre 11 % pour les non−immigrées. Chez
les hommes, l'écart de taux de chômage est moindre : 13 % pour
les immigrés et 8 % pour les non-immigrés.
Parmi les immigrés,
les jeunes, quel que soit leur sexe, ont le plus de difficultés à
trouver un emploi. Le taux de chômage des 20 à 29 ans est ainsi de 45 %
chez les femmes et de 23 % chez les hommes. Pour cette même classe
d'âge, il est de 19 % chez les femmes non immigrées et de 15 % chez
les hommes. Par ailleurs, l'écart mesuré entre le taux de chômage
des immigrés et celui des non-immigrés s'avère globalement constant,
quel que soit l'âge chez les hommes. En revanche, il se réduit
progressivement après 39 ans chez les femmes.
En 2005, parmi
les actifs immigrés en provenance d'Espagne ou du Portugal, moins
de 8 % se déclarent au chômage. Cette part atteint 12 à 15 % pour
les vagues d'immigration plus récente en provenance de Belgique,
Hollande ou Grande-Bretagne. En revanche, parmi les immigrés du Maghreb
ou de Turquie, plus de 30 % des actifs se déclarent au chômage. En
2005, en Auvergne, près de la moitié des immigrés au chômage (48 %) est
originaire du Maghreb ou de Turquie, alors que ces mêmes pays ne
représentent qu'un quart de l'immigration.
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Des emplois plus souvent précaires
En 2005, en
Auvergne, un peu moins de 25 000 immigrés occupent un emploi : parmi
eux, 89 % sont salariés. Les conditions d'emploi des immigrés sont, en
moyenne, moins favorables que celles de l'ensemble de la population.
Ainsi, 18 % des immigrés salariés sont employés sur la base d'un
contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim, contre moins de 15 %
pour l'ensemble des salariés non immigrés de la région.
Cette
précarité de l'emploi diffère beaucoup selon le pays de naissance. Si
parmi les salariés immigrés d'origine espagnole, portugaise ou
italienne, moins de 13 % ont un emploi temporaire, cette proportion
dépasse 24 % quand ils sont nés dans un pays du Maghreb. C'est pour
les plus jeunes que la situation sur le marché du travail est la plus
difficile : 42 % des salariés de 15 à 29 ans sont en CDD ou en intérim.
Cette proportion est plus importante que celle de l'ensemble des jeunes
salariés auvergnats qui sont 36 % à occuper un emploi temporaire.
La part des immigrés non salariés, indépendants et employeurs (11 %),
est inférieure de trois points à la moyenne régionale (14 %). Un peu
plus de 2 700 immigrés exercent une activité non salariée,
principalement dans le commerce de détail, la construction et
le secteur de l'hôtellerie−restauration.
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Plus d'ouvriers, moins de cadres
Sur le territoire
auvergnat, les personnes originaires du Portugal, des pays du Maghreb
ou encore de Turquie sont celles qui se positionnent le plus sur
le marché du travail. Les actifs immigrés, quel que soit leur pays
de naissance, sont plus souvent ouvriers qu'au niveau national : 41 %
pour l'Auvergne, 33 % en France métropolitaine. En contrepartie,
la part des immigrés occupant un poste d'employé et surtout de cadre
est plus faible en Auvergne. Dans la région, 14 % des immigrés ayant
un emploi exercent une profession de cadre intermédiaire et 9 %
de cadre supérieur, contre respectivement 16 % et 13 % en France
métropolitaine.
Pour dix actifs immigrés ayant un emploi, on compte
six hommes pour quatre femmes. Dans la région, les immigrés constituent
5 % de la population masculine ayant un emploi. Leur présence est
particulièrement forte dans le secteur de l'industrie du caoutchouc et
des plastiques où ils occupent 12 % des emplois et dans la construction
avec 11 % des emplois.
Ils sont aussi assez présents dans l'industrie métallurgique (7 % des emplois) et le secteur de l'hôtellerie-restauration
(9 %). Sur 100 hommes immigrés qui ont un emploi,33 travaillent dans
le secteur des services, 31 dans l'industrie, 25 dans la construction,
les autres dans les commerces et le secteur agricole. Les femmes
immigrées représentent 4 % de l'ensemble des femmes qui ont un emploi
dans la région. Huit femmes immigrées sur dix travaillent dans
le tertiaire.C'est dans le secteur de la santé et de l'action
sociale qu'elles sont les plus nombreuses. Elles sont surreprésentées
dans les services domestiques auprès des particuliers (18 %
des emplois), ainsi que dans le secteur de l'hôtellerie-restauration (8 %).

Les immigrés en Auvergne en 2005
INSEE Auvergne la Lettre n° 51
Juin 2008
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Cette étude est le fruit d'un partenariat entre la Direction régionale
de l'Agence pour la Cohésion Sociale et l'Égalité des chances (ACSÉ) et
l'INSEE.
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