La Cimade est une organisation non gouvernementale qui accueille, oriente et défend les demandeurs d'asile, les réfugiés et tous les migrants. Nous organisons des permanences d'accueil pour accompagner les migrants dans leurs démarches administratives et juridiques. Témoins de leurs situations, des injustices et des inhumanités, nous intervenons dans la cité pour alerter, conscientiser et mobiliser. Nous aspirons à la socièté fraternelle du "Vivre Ensemble".
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Communiqué de presse - 28 octobre 2009
Projet de loi de finances 2010
La crise de l'accueil des demandeurs d'asile passée sous silence
La coordination française pour le droit d'asile (CFDA) lance un cri d'alarme aux pouvoirs publics et aux parlementaires face à la crise de l'accueil des demandeurs d'asile en France.
Au moment où le ministre Eric Besson se félicite de l'accueil des demandeurs d'asile, partout en France, des centaines d'entre eux sont à la rue. A Angers, Bordeaux, Cergy, Metz, Paris, Calais ou Tarbes, ces personnes sont contraintes de dormir dehors ou de squatter des bâtiments vétustes en dépit des obligations de la France de leur garantir des conditions d'accueil décentes, obligations pourtant rappelées régulièrement par les juridictions compétentes à l'occasion de condamnations répétées de l'Etat . Ces conditions de vie ont notamment pour conséquence une dégradation importante de l'accès aux soins et du suivi du traitement des personnes malades.
Cette nouvelle crise de l'accueil des demandeurs d'asile, similaire à celle du début des années 2000, a plusieurs causes :
1. une hausse du nombre des demandes d'asile (+ 20% par rapport à 2008), due notamment à la persistance des violations des droits de l'Homme dans le monde ;
2. un dispositif d'accueil engorgé dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) (près de 5000 personnes en attente d'une entrée) en dépit du caractère restrictif des critères d'admission et des pressions financières exercées sur les centres pour en « sortir les personnes indues », les réfugiés et les déboutés, sans solution digne et sans travail social ;
3. une régionalisation improvisée de l'admission au séjour, sans moyen supplémentaire pour les préfectures devenues seules compétentes en région, ce qui aboutit à multiplier les obstacles pour déposer la demande d'asile (numerus clausus, exigences illégales, délais de plusieurs semaines pour la prise en compte de la demande);
4. un démantèlement du dispositif de premier accueil, avec le remplacement de plates-formes départementales d'accueil existantes par des plates-formes régionales dont les budgets seront minimaux et les missions d'accompagnement réduites à un enregistrement dans le logiciel dn@ et à une orientation vers des associations caritatives ou vers le 115 pour l'hébergement d'urgence.
Le projet de loi de finances 2010 , bien qu'en hausse de 12% pour l'asile, passe cette crise sous silence et fait ressortir une augmentation des crédits manifestement insuffisante pour permettre à la France d'honorer ses obligations :
1. le budget de l'OFPRA est en augmentation de 5% et celui de la CNDA stagne alors qu'il leur est demandé de réduire les délais d'instruction. Il est à craindre que cela se réalise au détriment des garanties de procédure ;
2. seules 1000 nouvelles places de CADA seraient créées en 2010, ce qui ne permettra pas de satisfaire les besoins constatés ;
3. les crédits d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile sont stables (30 M€) alors qu'ils étaient déjà très nettement sous dotés. Pour répondre aux obligations de la France et aux condamnations des juridictions administratives, il faudrait pour le moins tripler ce montant ;
4. malgré un montant plus réaliste, les crédits alloués pour le versement de l'allocation temporaire d'attente (ATA) sont encore sous évalués et son montant ne permet pas aux demandeurs d'asile de survivre ;
5. les crédits inscrits au budget de l'Etat pour l'accompagnement social sont réduits de 5,1M€ en 2008 à 500 000 € ; si le financement des plates-formes régionales d'accueil est transféré à l'OFII, cela se fait sans aucune visibilité, au risque de démanteler le dispositif de premier accueil.
Contact presse :
Gérard Sadik : 06 21 37 40 52 / gerard.sadik@cimade.org
LA CFDA rappelle que, dans son manifeste de mai 2007 « 10 conditions minimales pour que l'asile soit un droit réel », elle recommandait que :
? les conditions d'accueil doivent être assurées dès la première démarche de demande d'asile et pendant toute la procédure ; qu'elles doivent être au moins conformes aux exigences minimales de la directive du 27 janvier 2003 relative aux conditions d'accueil des demandeurs d'asile et d'un niveau respectant la dignité de chaque personne, et permettre de vivre dignement (atteignant au moins l'équivalent du RSA, avec prise en compte de la composition familiale et du mode d'hébergement) ;
? le système français d'hébergement pour les demandeurs d'asile, caractérisé par la liberté de choix du mode d'hébergement (soit individuel, soit collectif en CADA), doit être maintenu. Pour que ce choix soit réel pour tous les demandeurs, un accompagnement spécifique doit être garanti et doit être accessible dans chaque département, y compris outre mer ;
? il faut également que les frais de procédure soient pris en charge par l'Etat (traduction de documents, frais de transport, aide juridictionnelle revalorisée) et que les aides financières et l'accès à l'assurance maladie soient assurés pour tous les demandeurs d'asile ;
La Coordination française pour le droit d'asile rassemble les organisations suivantes :
ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), Act-Up Paris, Amnesty International - section française, APSR (Association d'accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France), CAAR (Comité d'aide aux réfugiés), CASP (Centre d'action sociale protestant), La Cimade , Comede (Comité médical pour les exilés), Dom'Asile, ELENA France, FASTI (Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés), Forum Réfugiés, France Terre d'asile , GAS (Groupe accueil et solidarité), GISTI (Groupe d?information et de soutien des immigrés), LDH (Ligue des droits de l'homme), Médecins du Monde, MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), Association Primo Levi (soins et soutien aux victimes de la torture et des violences politiques), Secours Catholique (Caritas France), SNPM (Service National de la Pastorale des Migrants), SSAE (Soutien, Solidarité et action en faveur des émigrants)
La représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés en France et la Croix Rouge Française sont associées aux travaux de la CFDA.
Les membres associés suivants sont signataires: Association Montgolfière, A.A.D.A Mulhouse, Coordination du droit d'asile Hautes Pyrénées, Coordination Sarthoise pour le Droit d'asile. FEP, FNARS, Toits du Monde Orléans.
i/ La directive européenne N°2003/9 du 27 janvier 2003 sur les conditions d'accueil des demandeurs d'asile dispose que les Etats doivent fournir en toute circonstance des conditions de vie digne.
ii/ Dans une ordonnance du 17 septembre 2009 (CE, 17 septembre 2009, N°331950), le Conseil d'Etat a considéré que le préfet « doit, aussi longtemps que [l'étranger] est admis à se maintenir sur le territoire en qualité de demandeur d'asile et quelle que soit la procédure d'examen de sa demande, lui assurer, selon ses besoins et ses ressources, des conditions d'accueil comprenant le logement, la nourriture et l'habillement". Il considère que "lorsque les capacités de logement normalement disponibles sont temporairement épuisées, l'autorité administrative peut recourir à des modalités différentes de celles qui sont prévues, c'est pendant une période raisonnable, aussi courte que possible, et en couvrant les besoins fondamentaux du demandeur d'asile". Par une ordonnance du 20 octobre 2009, le Conseil d'Etat a considéré que les personnes placées sous procédure Dublin II avaient les mêmes droits.
iii/ Seuls les demandeurs d'asile admis au séjour sont éligibles à l'entrée dans un CADA. Les personnes sous convocation du règlement Dublin et celles dont la demande d'asile a été placée en procédure dite « prioritaire » ne peuvent y accéder. En 2008, seul un tiers des personnes éligibles ont en fait pu y accéder.
iv/ Programme N° 303 relatif à l'immigration et l'asile. Les crédits de la CNDA sont rattachés au programme Conseil et contrôle de l'Etat (programme N°165).
v/ L'allocation temporaire d'attente est versée au demandeur adulte admis au séjour, dont la demande est en cours d'instruction et en attente d'une place en CADA. Son montant de 10,54€ par jour est insuffisant pour satisfaire les besoins fondamentaux des personnes.
Publié par groupe.cimade63 à 15:16:48 dans ASILE | Commentaires (0) | Permaliens
IMMIGRATION – Les associations dénoncent une volonté de «faire passer un charter pour quelque chose d’humain»...
Publié par groupe.cimade63 à 17:10:12 dans POLITIQUE d'IMMIGRATION | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.afrik.com/breve17616.html
Selon un rapport du Fonds international du développement agricole rendu public mardi, les travailleurs africains à l’étranger envoient chaque année de l’ordre de 40 milliards de dollars à leurs proches restés au pays. 30% à 40% de cet argent serait destiné aux zones rurales, précise All Africa. Les dirigeants du G8 se sont engagés en juillet à L’Aquila (Italie), à réduire de moitié d’ici 5 ans les frais de transfert, qui s’élèvent aujourd’hui à environ un quart de la somme totale. - Jeudi 22 Octobre - 16:09
Publié par groupe.cimade63 à 17:09:07 dans DEVELOPPEMENT | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par groupe.cimade63 à 11:29:27 dans EUROPE | Commentaires (0) | Permaliens
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/22/80-des-sans-papiers-arretes-sont-relaches/
Immigration - la gestion des centres de rétention administrative peut encore être améliorée. Le titre du rapport d’information que le sénateur (UMP) Pierre Bernard-Reymond vient de rendre public, au nom de la commission des finances du Sénat, avait de quoi intriguer.
Sa lecture a de quoi laisser pantois. On le sait : les forces de l’ordre arrêtent de plus en plus de sans papiers. Ce que l’on ne sait pas, c’est que paradoxalement, plus on en arrête, moins on en expulse…

Le sénateur évoque tout d’abord la “forte hausse de près de 90%” du nombre d’interpellations entre 2003 et 2008, avant de constater, dans le même temps, un “effondrement du taux d’exécution des mesures d’éloignement forcé prononcées, passé de 62,1 % en 2002 (10.067 éloignements forcés effectifs pour 16.406 prononcés) à 19,4 % en 2008 (19.724 éloignements réalisés pour 101.539 prononcés) : moins d’une mesure d’éloignement forcé sur cinq est aujourd’hui effectuée“.

La raison de cet “effondrement” ? La “forte augmentation du nombre d’interpellations” (sic), du fait de la politique du chiffre instaurée au ministère de l’Intérieur…
Or, et dans le même temps, les “retenus” ne sont souvent pas “reconduits” parce que ceux qui sont “retenus” par les forces de l’ordre sont tout simplement :
Le rapport dresse également le tableau des taux de “retenus” effectivement “éloignés“, CRA (centre de rétention administrative) par CRA. Où l’on apprend qu’il vaut mieux être “retenu” à Paris, Bobigny, Rouen, Plaisir ou au Mesnil-Amelot, qui dénombre moins de 30% d’éloignements effectifs, qu’à Lyon, Coquelles, Metz, Hendaye, Geispolsheim ou Nice, qui dépassent les 50%, la palme revant au CRA de Perpignan, qui dépasse quant à lui les 80% de “taux de retenus effectivement éloignés“.
Voir aussi ce passage du rapport de Pierre Bernard-Reymond (les passages “grassés” ne le sont pas par moi, mais par le sénateur UMP)…:
D. LE BILAN CHIFFRÉ DE LA POLITIQUE DE RÉTENTION
Comme l’indique le tableau ci-dessous, l’objectif de doublement du nombre d’étrangers reconduits, fixé en 2003, a été atteint dès 2006.
Les chiffres globaux des mesures d’éloignement exécutées, en apparence satisfaisants, masquent toutefois une diminution du nombre de retours forcés depuis 2006 ainsi qu’un effondrement du taux d’exécution des mesures d’éloignement forcé prononcées, passé de 62,1 % en 2002 (10.067 éloignements forcés effectifs pour 16.406 prononcés) à 19,4 % en 2008 (19.724 éloignements réalisés pour 101.539 prononcés) : moins d’une mesure d’éloignement forcé sur cinq est aujourd’hui effectuée. Cette évolution résulte de la forte augmentation du nombre d’interpellations.
Par ailleurs, le nombre de retenus dans les CRA effectivement reconduits, hors retours volontaires, a baissé depuis 2006 : 16.909 en 2006, 15.170 en 2007 et 14.411 en 2008. La France se trouve donc dans une situation où le nombre de retenus augmente fortement alors qu’ils sont de moins en moins nombreux à être effectivement reconduits, la remise en liberté étant de loin la situation la plus fréquente des retenus non reconduits.
Il conviendrait de renforcer la sensibilisation des services interpellateurs sur la qualité des procédures précédant la rétention et de garantir la présence, qui fait en général défaut, d’un représentant de l’Etat devant les juridictions. En effet, leur absence explique en partie que 40 % des retenus libérés le soient par décision de justice.
Il conviendrait également d’améliorer les relations avec les pays étrangers afin d’obtenir plus systématiquement les laissez-passer consulaires (LPC) nécessaires pour reconduire un étranger dans son pays. En effet, 30 % des remises en liberté le sont pour défaut d’obtention d’un LPC, ce taux étant en forte augmentation.
Enfin, les statistiques relatives aux taux de reconduite semblent biaisées par le fait que les préfectures placent prioritairement en rétention les étrangers qui pourront faire l’objet d’une mesure d’éloignement effective. Si cette politique se justifie par l’inutilité de placer en rétention les étrangers qui ne seront pas reconduits, il conviendrait toutefois de trouver des solutions pérennes pour les étrangers de facto non reconductibles (absence de documents de voyage, appartenance aux nationalités les moins coopératives pour la mise en oeuvre des mesures d’éloignement, etc.).
Publié par groupe.cimade63 à 11:22:15 dans ALERTE : La République dégénère ! | Commentaires (0) | Permaliens
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