La Cimade est une organisation non gouvernementale qui accueille, oriente et défend les demandeurs d'asile, les réfugiés et tous les migrants. Nous organisons des permanences d'accueil pour accompagner les migrants dans leurs démarches administratives et juridiques. Témoins de leurs situations, des injustices et des inhumanités, nous intervenons dans la cité pour alerter, conscientiser et mobiliser. Nous aspirons à la socièté fraternelle du "Vivre Ensemble".
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Par Charlotte
Rouault | Etudiante en science sociale
historique | 26/05/2008 | 11H40
Cinq salariées ont entamé vendredi une grève et occupent le siège de la société de nettoyage Manet, au 138, rue du chemin vert, dans le XIe arrondissement de Paris. Dans la continuité du mouvement de grève des sans papiers qui a débuté le 15 avril, ces femmes ont décidé qu'elles aussi avaient leur place dans la lutte.
Difficile de se mobiliser lorsqu'on travaille dans l'aide à la personne et le nettoyage. Dispersées sur différents chantiers ou isolées chez des particuliers, les femmes sans papiers travaillent dans des secteurs où il est plus compliqué de s'organiser. Mais vendredi, certaines d'entre elles ont pris la décision d'attaquer de front leur patron, en espérant que cette initiative donnera du courage aux autres travailleuses.
Sur le trottoir, des grévistes et des soutiens distribuent des tracts et appellent les passants à signer la pétition pour la régularisation des sans papiers. Beaucoup s'arrêtent, posent des questions, entrent dans le local pour saluer les femmes. Des voisins apportent à manger et promettent de revenir tous les jours. Une militante de la CGT explique:
"Cette entreprise emploie plus de 200 personnes, principalement des femmes, dont beaucoup sont certainement sans papiers. Pour l'instant, elles sont cinq grévistes et il y a un homme aussi, qui travaille dans la boîte depuis un an. Nous espérons que d'autres nous rejoindront."
"Le patron est notre frère, qu'on ne peut pas lui faire ça"
Hier, quelques personnes se sont rendues dans un hôtel où travaillent des employées de la société afin de les informer et de les encourager à rejoindre la lutte. Mais le message est difficile à faire passer, raconte Mariam:
"Les autres employées ont peur d'entrer en grève. Elles nous répondent que le patron est notre frère, qu'on ne peut pas lui faire ça. Mais un frère n'exploite pas. Parcequ'on est comme des esclaves."
"On travaille de 9 heures à 15 heures si on est rapide, sinon ça peut aller jusqu'à 19 heures. Normalement, on a deux jours de repos par semaine, mais le patron nous appelle souvent pour faire des remplacements. Nous, on veut travailler tous les jours car on est mal payées."
Société de sous-traitance hôtelière, Manet garantit à ses clients "du personnel qualifié" et propose "une amplitude de travail variable en fonction des besoins". En l'occurrence pas de ceux de ses employées, dont le salaire se fixe lui aussi "à la carte", tout comme les horaires.
Pour une moyenne de 100 heures de travail par mois, elles sont payées 400 euros, et au maximum 700 euros. Brandissant fiches de paie et contrat de travail, Mariam et Fanta dénoncent ces conditions: "
"On note sur une feuille toutes les heures qu'on fait. On fait plus d'heures que ce qui est écrit sur la fiche de paie. Pour sept heures de service, on est payé pour trois heures."
"Le patron est déjà en train de nous remplacer, il a embauché quatre nouvelles personnes."
Mariam travaille avec une fausse carte à son nom:
"Au Mali on m'a mariée avec un vieux, c'est pour cela que je suis venue ici rejoindre ma mère."
Ici, comme sur les autres sites occupés, le patron nie avoir été au courant de la situation irrégulière de ses employées. Et pourtant, affirme Mariam, "il sait":
"Une dame travaille avec trois noms... Au début, je travaillais avec les papiers d'une autre femme mais le patron m'a dit qu'elle était trop âgée et il m'a demandé d'autres papiers...
Il y a quelques jours, je me suis fait mal au dos. J'ai dit au patron que je ne pouvais pas travailler, il m'a répondu qu'il allait me virer. C'est pour ça qu'il fallait que la grève commence vite: il faut agir. S'il le faut, on sera encore là en 2040."
Pour toutes ces femmes exploitées et isolées, le revenu modeste octroyé par le patron reste vital et la grève est une perspective difficile à envisager:
"Le patron est déjà en train de nous remplacer, il a embauché quatre nouvelles personnes. Il fait croire que le bureau est fermé pour éviter que les autres employé(e)s nous rencontrent. Il a passé des coups de fil pour les dissuader de nous suivre."
Celles qui se sont lancées dans le mouvement se sentent fières, fières d'avoir pris la parole et aujourd'hui de pouvoir dire leur situation à qui leur prêtera une oreille.
"Le patron habite au-dessus, mais nous on s'en fiche, on va danser. Demain c'est mon anniversaire."
Publié par groupe.cimade63 à 00:05:24 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
Le MRAP exprime son
indignation devant l'attitude de l'Assemblée Nationale qui , hier 22
mai, dans le cadre du projet de loi sur la réforme des Institutions,
est restée sourde aux amendements de la Gauche et du Nouveau Centre
visant à accorder le droit de vote aux étrangers des pays tiers.
L'exigence du droit de vote et d'éligibilité pour les résidents
extracommunautoaire
Pour le MRAP, cette mesure est discriminatoire dans la mesure où ce rejet des étrangers ayant établi leur résidence à long terme en France détonne au regard du droit de vote dont bénéficient ces mêmes étrangers dans de nombreux autres pays de l'Union Européenne. IL constitue une discrimination civique injustifiable,à la veille de la présidence française de l'Union européenne.
La majorité gouvernementale signe là son obstination à refuser de reconnaître le résident extracommunautaire comme un sujet de droit et de dignité en lieu et place d'un immigré « jetable » et corvéable à merci.
Le MRAP attend de l'ensemble des parlementaires attachés à l'équité dans la citoyenneté à faire de cette exigence, essentielle à la modernisation de notre vie démocratique, une condition Sine qua non du vote, à la majorité des 3/5èmes des suffrages exprimés, de la réforme de la Constitution.
Paris, le 23 mai 2008
--
Secrétariat de Direction
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
43 bd Magenta - 75010 Paris - http://www.mrap.
Publié par groupe.cimade63 à 00:00:26 dans ALERTE : La République dégénère ! | Commentaires (0) | Permaliens
Le projet de directive retour, tel qu'il a été dernièrement modifié et adopté par le COREPER (Comité des représentants permanents) le jeudi 22 mai est encore plus inquiétant que la version telle qu'elle avait été amendée par le Parlement Européen en septembre dernier.
En effet, les trois points que nous avions déjà soulignés (détention pouvant atteindre 18 mois, détention des mineurs accompagnés et interdiction de retourner sur le territoire européen pendant cinq ans) restent inchangés mais des nouveautés apparaissent :
- la détention et l'éloignement des mineurs isolés sont désormais permis par ce texte.
- Les migrants illégaux peuvent être renvoyés dans leur pays d'origine mais aussi vers un pays de transit même s'ils n'ont aucun lien avec ce pays.
- Les possibilités de départ volontaire sont extrêmement réduites : le délai pour un départ volontaire peu être réduit à sept jours.
- Les Etats membres n'ont pas d'obligation de fournir une aide juridique gratuite.
Ce texte qui va être présenté en tant qu'amendement unique par le rapporteur Weber doit donc être soumis le 18 juin au Parlement Européen afin que les parlementaires procèdent au vote.
Le vote d'un amendement de rejet est difficilement envisageable, les groupes majoritaires au sein du Parlement étant le PPE et l'ADLE ; par contre, d'après les informations des assistants des parlementaires, le PSE et les Verts, et certainement la GUE, vont proposer des amendements à ce projet de directive.
Deux scénarios sont alors envisageables :
Ce sont donc les libéraux qui vont faire pencher la balance contre l'adoption de la directive. En effet, même si le groupe ADLE a pris position en faveur d'une adoption de ce projet, les parlementaires au sein du groupe sont très divisés à ce sujet.
Il faut donc continuer à nous mobiliser contre ce projet de directive. Nos mobilisations antérieures ont déjà réussi à faire reculer le vote mais maintenant que la date du vote est arrêtée, la société civile doit montrer son désaccord vis-à-vis de ce texte et plus largement contre une Europe forteresse.
Une campagne de lettres aux groupes politiques et députés européens a été lancée, et d'autres initiatives (manifestations, cercles de silence) sont nécessaires avant le 18 juin.
Les Etats membres approuvent des règles communes d'expulsion
22.05.08 | A.F.P. 17h14
Les pays européens ont approuvé jeudi un projet de loi instaurant des
règles communes pour l'expulsion et le bannissement des sans-papiers de
leurs territoires, a annoncé la présidence slovène de l'UE.
Le texte est le fruit d'un compromis entre les Etats membres de l'Union
européenne et les eurodéputés.
Le projet de loi, qui devra encore être validé par les ministres de
l'Intérieur des 27 et voté en juin au Parlement européen, contraint les
autorités nationales à choisir entre légaliser le séjour des clandestins ou
les expulser.
Selon ce texte, le départ d'un sans-papiers, appelé pudiquement
'éloignement'
résistance, il pourra être forcé et obligatoirement assorti d'un
bannissement du territoire de l'UE pendant cinq ans. Les enfants sont
également concernés.
En cas d'expulsion forcée, les autorités pourront décider de la détention
des clandestins pour une période maximale de six mois, pouvant dans certains
cas être prolongée jusqu'à 18 mois, notamment en cas de risque de fuite ou
en raison de retards pour obtenir des pays tiers les documents nécessaires.
'Cette directive (loi européenne) répond au besoin d'avoir des règles
communes pour le retour avec la transformation de l'Europe en une zone sans
frontières intérieures dotée d'une politique d'immigration commune', a
précisé jeudi le Conseil de l'UE dans un communiqué.
'Les décisions qui seront prises dans le cadre de cette directive le seront
au cas par cas et sur la base de critères objectifs', a insisté le Conseil.
'La détention ne sera autorisée que lorsque d'autres dispositions moins
coercitives n'auront pu être utilisées et nécessitera un ordre écrit
indiquant les motivations'
Publié par groupe.cimade63 à 23:52:05 dans EUROPE | Commentaires (0) | Permaliens
L'Union européenne, dans son ensemble, s'apprête à renforcer sa lutte contre l'immigration clandestine. Mercredi 21 mai, les ambassadeurs des vingt-sept Etats membres étaient réunis pour tenter de trouver un accord sur le projet de directive visant à harmoniser les normes d'expulsion des migrants illégaux.
Cette "directive retour" doit en principe être soumise le 4 juin au Parlement européen et le 5 juin au conseil des ministres, pour une adoption en première lecture. En l'état actuel, ce projet, qui fait encore l'objet d'intenses débats, autorise une durée de rétention jusqu'à 18 mois et instaure une interdiction de revenir en Europe pendant cinq ans.
Au cours de la présidence française de l'Union, au second semestre 2008, le président Nicolas Sarkozy entend aussi parvenir à la signature d'un "pacte européen sur l'immigration" qui engagerait notamment les Etats membres à "renoncer aux régularisations massives et collectives" et à renforcer le contrôle des frontières de l'UE. D'un pays à l'autre, les politiques migratoires restent cependant encore très variables, et évolutives, au regard de la culture et de la conjoncture.
La France a depuis 2003 érigé en priorité la lutte contre l'immigration clandestine. Depuis lors, le gouvernement se fixe chaque année un objectif chiffré d'expulsions. Passé d'un peu moins de 10 000 en 2002 à 25 000 en 2007, celui-ci est chaque année revu à la hausse, bien que se révélant de plus en plus difficile à atteindre. Aussi la France a-t-elle adopté, entre 2003 et 2007, trois nouvelles lois visant à renforcer les outils de lutte contre l'immigration clandestine (évaluée entre 200 000 et 400 000 personnes) et à substituer une "immigration choisie" (professionnelle qualifiée) à "l'immigration subie" (familiale et illégale). Opposée à toute régularisation massive, la France a régularisé en 2006, sous la pression de la société civile, 6927 parents d'enfants scolarisés.
Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste, un temps accusé de laxisme, met désormais l'accent sur la répression. Les autorités disent "éloigner" un clandestin toutes les huit minutes (plus de 63 000 en 2007). Le ministre de l'immigration, Liam Byrne, a récemment lancé un plan visant à accélérer le rythme des reconduites à la frontière. Le programme prévoit l'accroissement de 60 % du nombre de places en centres de rétention ainsi que le renforcement des contrôles aux frontières nationales (le Royaume-Uni ne fait pas partie de l'espace Schengen). Londres compte mettre en place progressivement la carte d'identité, sujet très controversé dans le pays, et la prise d'empreintes digitales pour les demandeurs de visa. Un nouveau système d'"immigration à points", visant une immigration "choisie", est en cours d'application.
En Allemagne, l'immigration clandestine constitue un délit passible d'une amende ou d'une peine d'emprisonnement jusqu'à un an. Pour lutter contre l'immigration illégale (évaluée entre 100 000 et un million de personnes), la police allemande a multiplié ces dernières années les contrôles à l'intérieur du pays. Toutefois, depuis 2007, une législation permet de régulariser certains immigrés en situation irrégulière. Il s'agit d'étrangers dits "tolérés" dont la procédure d'expulsion a été suspendue pour diverses raisons. 14 750 "tolérés" sur les 154 780 existants ont déjà été régularisés.
En Espagne, le temps des régularisations massives est révolu. La conjoncture économique a convaincu le gouvernement Zapatero d'adopter des mesures répressives à l'encontre de l'immigration clandestine (évaluée entre 300 000 et 800 000 personnes). Si les étrangers d'Europe, d'Amérique latine et du Maroc continuent d'être nombreux à venir chercher du travail, les autorités luttent surtout contre l'arrivée des sans-papiers d'Afrique subsaharienne. En 2007, les rapatriements se sont élevés à 55 938 6 % de plus qu'en 2006 et l'arrivée des sans-papiers par mer s'est réduite de 54 %.
Publié par groupe.cimade63 à 23:50:20 dans EUROPE | Commentaires (2) | Permaliens
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Lundi 19 mai 2008, un jeune Africain s'est jeté du haut du Palais des
Congrès de Montpellier.
Sensee Kanneh faisait partie d'un groupe de neuf jeunes réfugiés
libériens qui, fuyant la guerre civile au Liberia en juin 2003, sont
montés à bord du dernier bateau à quitter le port de Monrovia. Ils sont
arrivés à Sète mais auraient sûrement préféré se retrouver dans un pays
dont ils parlaient la langue. Pour Sensee c'était la deuxième fuite en
bateau. A 15 ans il s'était retrouvé seul dans la foule des réfugiés
qui cherchaient un refuge au Ghana.
Sensee a eu la chance de se voir reconnaître le statut de réfugié par
l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) fin
2006, après 3 ans et demi de galère.
Malgré l'aide de ses amis, Sensee peinait à trouver sa place dans la
société française dont il restait toujours un peu en marge. Sensee,
c'était cette histoire d'une enfance et d'une adolescence au coeur
d'une guerre civile interminable, une histoire de traumatismes sans
doute insurmontables.
Mais Sensee, c'était aussi un garçon, d'une vingtaine d'années,
attachant, avec ses rêves naïfs de rappeur pour dire sa fierté d'être
libérien, pour dire ses croyances, son désir et son mal de vivre.
Sensee, c'était la fuite en avant. « I fly and I fall down, down. Je
vole et je tombe, tombe. »
Ce lundi 19 mai les personnes présentes sur la terrasse du Corum n'ont
pu rien faire pour le retenir.
Par sa mort, Sensee vient durement nous rappeler que ces étrangers,
toujours soupçonnés de n'être que des « sans papiers », sont des
personnes, des hommes, des femmes, des enfants qui connaissent la
souffrance de l'exil. En ce moment où on ne parle et ne voit que
chiffres d'expulsions, elle nous somme d'affirmer la nécessité criante
de dénoncer toutes les atteintes aux injonctions du droit d'Asile dans
nos pays, en France comme en Europe.
La CIMADE Montpellier
Publié par groupe.cimade63 à 23:47:14 dans ACTIONS de SOUTIEN | Commentaires (0) | Permaliens
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