LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 05.06.08 |
14h19 Mis à jour le 05.06.08 | 14h20
Les ministres
del'intérieur des vingt-sept pays de l'Union européenne ont approuvé,jeudi 5
juin, un projet de loi très controversé instaurant des règlescommunes pour
l'expulsion des sans-papiers vers leurs pays d'origine,lequel doit maintenant
être avalisé par le Parlement européen.
Après trois années de négociations
ardues sur la 'directive retour', la nouvelle législation contraint les
autorités nationales à choisir entre légaliser le séjour des 'sans-papiers', ou
les expulser. Il prévoit que le départ d'un sans-papiers, appelé pudiquement
'éloignement', devra se faire sur une base volontaire. Maisen cas de résistance,
il pourra être forcé et obligatoirement assortid'un bannissement du territoire
de l'UE pendant cinq ans. La détention ne doit être utilisée qu'endernier
recours.
L'UE fixe à 18 mois ladurée maximale de détention des immigrés
illégaux avant leur expulsion: un maximum de six mois, dans un premier temps,
pouvant être prolongéde 12 mois dans certaines circonstances, par exemple le
manque decoopération du pays d'origine du migrant qui refuserait d'accepter
sonretour. L'UE adopte ainsi la norme en vigueur en Grande-Bretagne et
enAllemagne, au grand dam des défenseurs des droits de l'homme quiprotestaient
contre ce projet jugé très dur, la durée maximale de ladétention n'étant par
exemple en France que de 32 jours. Les paysmembres seraient cependant autorisés
à maintenir une durée de détentioninférieure à dix-huit mois, seuls les huit
pays où la durée dedétention est supérieure à ce seuil ou qui n'ont pas de règle
fixedevront adapter leur législation. Mais les défenseurs des migrantscraignent
que la directive n'incite les Etats membres à s'aligner surla durée maximale
prévue par l'accord.
ASSISTANCE JURIDIQUE OBLIGATOIRE
Letexte fixe en
outre à cinq ans l'interdiction de pénétrer à nouveau surle territoire de l'UE
et prévoit que les enfants peuvent également êtredétenus, mais pendant une durée
aussi brève que possible. Lors desnégociations qui ont précédé l'accord, les
députés européens ontobtenu de rendre obligatoire une assistance judiridique aux
personnesexpulsées, lesquelles ont un droit de recours contre la
décisiond'expulsion. L'Allemagne et plusieurs autres Etats membres
voulaientrendrecette assistance facultative.
Les défenseurs des droits
del'homme ont appelé le Parlement à rejeter cette législation lors de lasession
plénière à Strasbourg du 16 au 19 juin. Les députésconservateurs la soutiennent,
mais les socialistes, de même que lesécologistes et les communistes, y sont
opposés sous sa forme actuelle.
Cet accord est dans l'esprit de la
politique qui devrait être menée par la France lorsqu'elle prendra la présidence
de l'UE le 1er juillet. Nicolas Sarkozy qui veut parvenir à un 'pacte sur
l'immigration', a fait de l'unification de la politique européenne en matière
d'immigration, une de ses priorités.
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