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On peut aimer ou détester les prix Goncourt. Mais j'ai bien aimé la réponse du dernier Goncourt. A une époque où l'on aime tout expliquer, par tyrannie de la transparence, il se refuse, comme je me refuse, à livrer des "clés" d'interprétation sur son oeuvre. La posture anti-explicative peut être aussi perçue comme une posture médiatique (un anti-Nothomb ?), mais on touche là à un vrai problème...
Sage attitude... Concevrait-on Baudelaire critiquant la critique, éditant un fascicule d'explication de ses "Phares" ? Verrait-on Rimbaud écrire depuis l'Afrique des lettres commentant son oeuvre, expliquant ses "Illuminations", corrigeant les interprétations des critiques ?
On me pose parfois la question des "clés" autobiographiques de mon écriture... Le poncif n'est pas loin. On ne pourrait écrire qu'à partir de sa vie et de ses "choses vues". Peut-être. Ou peut-être pas. Que Lamartine ait en effet demandé "ô Temps suspends ton vol" ou que ce soit une figure de Poète extérieure, que Rimbaud ait évoqué Londres ou Florence dans ses "Ponts", tout cela ne n'intéresse pas. Un écrivain n'a pas à s'expliquer sur ses écrits. Il les laisse. C'est à travers les lecteurs que le sens prend forme. L'auteur n'a pas à faire de dessins. Il écrit. Parfois dépossédé par son écriture, alors l'auteur naît. Je vous laisse lire donc la fin de la réponse de J. Littell qui dit ce que je dis :
"C'est vrai, au cours de la rédaction des Bienveillantes,
certaines choses m'ont dépassé, elles m'ont échappé, mais je n'ai rien
à répondre là-dessus. Je me refuse à expliciter. La littérature,
justement, c'est ça.
Publié par ROSSET à 17:03:00 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
http://autre.sud.free.fr/revue/Bienvenue.html
La revue "Autre Sud" vient de publier dans son dernier numéro une note de 2 pages sur mon premier recueil. C'est toujours très agréable de voir les autres commenter ses écrits. J'en suis honoré.
Publié par ROSSET à 23:54:53 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
Chers amis internautes, curieux de passage, amateurs de poésie,
Merci à tous : vous avez franchi la barre des 1000 connexions sur mon blog "Lyre la Poésie". C'est beaucoup ! Merci à vous. Je salue avec beaucoup de fraternité tous les internautes de France mais aussi tous nos amis citoyens du monde : je sais qu'on a consulté mon site depuis le Japon, le Congo, le Canada, la Suisse, la Turquie, le Maroc, le Luxembourg... Ces connexions internationales me réjouissent. La République des lettres n'a pas de frontière !
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur mes écrits, je dirais qu'ils se résument pour le moment à un premier recueil paru fin 2006. Son titre : Trahisons du crépuscule. Editions ALIDADES. Je me permets d'en refaire un peu de publicité et je vous en livre un nouvel extrait. Vous pouvez commander ce recueil en remplissant et en envoyant un bon de commande à Alidades, Evian-les-Bains.
http://perso.orange.fr/alidades.librairie/
Philippe Rosset
Trahisons du crépuscule
avec une postface de Jacques Ancet
alidades, collection 'Échafaudage',
12,5 x 21 cm, 44 pages, cahier, 5,00 , ISBN 978-2-906266-69-8
Un premier recueil est toujours un aboutissement ; pas seulement un départ. C'est une déprise et celui-ci n'y échappe pas, travaillé qu'il est de ce que l'auteur a fait sien, ouvert qu'il est à ce que cherche la voix qui parle. C'est dans cet écart que ces premiers textes s'affirment, au sens fort ; naissance et hommage à l'écriture. Mais la démarche n'est en aucun cas de pure abstraction : le proche, le ressenti font venir en écho d'autres voix, elles-mêmes intériorisées. Et de là naît, dans la réminiscence, un espace ouvert à toutes les possibilités.
http://assoc.orange.fr/alidades.librairie/commande.htm
Voici deux poèmes du recueil, l'un plutôt sombre, l'autre plus lumineux. Je vous laisse le soin de me livrer vos impressions...
A bientôt sur "Lyre la Poésie",
Philippe ROSSET
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LARMESJe te dois mes larmes. La blancheur de la croix de
pierre répétera sans varier que tu as préféré me laisser au
bord des routes.
Les flots taris du sourire croupissent dans la moisissure
des caves. Tout est perdu d'avance mais la plaie redonne
la vie.
La pluie seule sur mon visage m'a rappelé tes larmes.
Toi aussi tu sais que les routes du ciel sont impraticables.
Les larmes ne connaissent pas d'écluse. Un jour je
reviendrai là-haut et je trouverai les verts pays cachés derrière
les arbres. Alors nous recommencerons à marcher.
Pour l'instant, je me lève à peine.
CONCORDE
Les coquillages pétrifiés de la colonne jaune m'invitent
à prendre la mer. Bien loin, cueillant l'acanthe et la
caroube, ramassant les sables flétris d'une Antiquité tardive,
je verrai le bleu des eaux.
Alors, le fronton m'appellera vers les âges perdus et
j'arpenterai la route des dalles. L'odeur des pins résonnera
longtemps en moi et je ramasserai encore les amphores
de l'allée de pierre. - Encore une fois pour soutenir la
mémoire aiguë des tessons oubliés qui percent l'âme.
Publié par ROSSET à 15:17:59 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
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AUJOURD'HUI POEME N°77 janvier 2007_____________________________ Mais Emmanuel Malherbet nous a aussi communiqué le livre de Philippe Rosset intitulé trahisons du crépuscule publié aux éditions Alidades, échafaudage dont la teneur est plus grave :Dorés par le soleil, corps pressé de mûrir; ils s'élançaient sur les pavés, sans trébucher. Sûrs de leurs visages, ils connaissaient tout des forêts, des pierres, des voûtes. La connaissance du sentiment peut manquer. À deux, munis d'épis et de faucilles, ils savent encore apprendre et osent enfin aimer. C'est leur issue. C'est leur antidote contre les ravages de la poussière. |
Publié par ROSSET à 23:51:15 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
La lecture d'un poème laisse parfois le sentiment tenace d'une gratuité verbale sinon verbeuse qu'une seconde lecture vient à peine dissiper... Le poème ne dit rien, ne parle pas, ne réveille pas ! Il est là, on n'y peut rien. Ecriture automatique ? Inspiration ? Travail flaubertien lettre après lettre ? Le mystère de l'éclosion est là et la trahison est toujours garantie : sans cesse le mot qui naît sur la page excède l'intention. Et le poème est là. Alors les esprits étroits de l'immédiate rentabilité du sens - il en est en économie comme en littérature - viendront toujours dire, comme la "mère Rimbe" à sa géniale progéniture "qu'est-ce que ça veut dire ?" . Le jeune voleur de feu disait alors : "ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens". Mais on sait aussi qu'il existe des "limites de l'interprétation", selon Umberto Eco.
La question du sens se pose dès lors qu'on aborde des poèmes qui semblent se refuser à nous, soit par paresse, soit par torpeur, soit parce que nos âmes n'ont pas trouvé la "fréquence" du poème, comme une radio dont on percevrait les bruits sans en comprendre le sens. Alors le mieux est de laisser résonner le poème, de ne pas vouloir le brusquer, de refuser précisément ce qui nous agace parfois dans ce monde : le "tout cuit", le prédigéré, l'immédiatement dicible.
Alors j'aimerais que les lecteurs du poème inaugural des "Trahisons" puissent me dire ce que le poème peut dire, sans avoir peur de me trahir !
Publié par ROSSET à 23:39:55 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) | Permaliens
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