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Le net et la poésie... et des rencontres poétiques dans le monde "réel" | 19 mai 2008

J'aime bien regarder la fréquentation du site et les échanges suscités par les blogs... Et je vois que l'on parle au final peu sur Internet. On regarde, on fragmente, on accumule, on "zappe", on consomme, l'essentiel étant d'aller vite. C'est le signe des temps. Je persiste à défendre en littérature la lenteur, la maturation, le long terme... Et j'en reviens encore au constat que la littérature, si tant est que je puisse modestement me considérer comme un écrivain, est incompatible avec certains moyens techniques modernes... C'est dommage...

Pour ne pas parler pour ne rien dire, je rends ici hommage à la belle initiative de Michel Dunand qui a invité Jacques Ancet à la Maison de la poésie à Annecy mercredi 14 mai. Un public de fidèles lecteurs a pu entendre et apprécier une voix discrète, non dépourvue d'émotion. Belle soirée autour de Jacques. 

Philippe ROSSET

Publié par ROSSET à 19:22:21 dans Des mots et des jours, chroniques poétiques | Commentaires (0) |

Patience | 22 février 2008

Chers amis,

Merci pour votre fidélité et votre patience ! Je ne peux malheureusement pas mettre à jour ce blog autant que je le voudrais, mais sachez qu'il continue ! Et puis il n'est pas mauvais non plus de résister au zapping permanent et à l'écume des jours !

A la fin du mois, mon deuxième recueil, "Saxifrages",  sera publié. J'en ai relu les dernières épreuves. Emmanuel Malherbet en a assuré la postface. J'en reparlerai.

Je vais me lancer dans un nouveau recueil, accompagnant un peintre d'aujourd'hui. Titre provisoire : "Parchemins de sable". Pour explorer une problématique qui me tient à coeur, les "correspondances" entre poésie, peinture et musique. Là encore, j'en reparlerai.

A bientôt,

Philippe ROSSET

Publié par ROSSET à 15:14:51 dans Des mots et des jours, chroniques poétiques | Commentaires (0) |

"Saxifrages", publication en 2008 | 20 août 2007

Mon nouveau recueil sera publié au début de l'année 2008 par les éditions ALIDADES. Titre révélé en avant-première : Saxifrages

  N'hésitez pas à laisser vos impressions et vos commentaires.

Je vous livre un extrait de ce recueil résolument tourné vers la montagne.

 

Pas loin. Une ambiance bleue transparente mais au-dessus de vous, pas devant vous. Une tiédeur entourée de froid. Toujours ce souffle plus bas qui arrache les glaces. Une marche dans ce jour sans lumière. Un ciel de cendre qui donne la lourdeur d'exister. Là, une gentiane. Plus loin, le dernier arbre d'un territoire enfoui. Vous n'êtes plus chez vous. Vous n'avez jamais été chez vous. Il vous le fait comprendre par son rire glacé. Comment va-t-il vous rejeter ? En prenant son temps.

Publié par ROSSET à 23:52:52 dans Des mots et des jours, chroniques poétiques | Commentaires (0) |

Baudelaire, bien sûr... | 30 mars 2007

Je continue à évoquer mes grands poètes personnels... Avant Rimbaud, Baudelaire, bien sûr... Que le jeune Arthur adorait ("un Dieu", disait-il). Avec Baudelaire, la poésie devient picturale, musicale, sensuelle... Tout se correspond. Ses poèmes en prose sont magnifiques, comme celui que je reproduis aujourd'hui.  Lisez et vous verrez aussi que Baudelaire pense au Lorrain, dont j'ai parlé dans un précédent billet... Il y a du Baudelaire dans la peinture du Lorrain, comme il y a du Lorrain et du Gauguin dans la poésie de Baudelaire.

Je salue les nouveaux internautes qui viennent de tous pays rendre une petite visite à ce blog. Qu'ils n'hésitent pas à laisser des messages, y compris dans leur langue ! Bonjour à Israël, à la Turquie, à la République Tchèque, à la Grèce, à la Roumanie !

 

 

Un hémisphère dans une chevelure


Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.

Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.

Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.

Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.


Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris.

Publié par ROSSET à 17:24:30 dans Des mots et des jours, chroniques poétiques | Commentaires (0) |

Poésie russe : hommage à St Pétersbourg | 16 mars 2007

Un peu de poésie russe aujourd'hui. Pour qui connaît un peu Pétersbourg, le poème de Pouchkine "Le Cavalier de Bronze" est un appel au voyage, un bel hommage à l'oeuvre de Pierre le Grand. 

 

 


Je t'aime, ville, oeuvre de Pierre
j'aime ta sévère harmonie,
le cours majestueux du fleuve,
le granit qui revêt ses rives,
l'entrelacs des grilles de fonte,
la claire pénombre sans lune
de ces nuits porteuses de rêves
où, sans allumer ma lampe
dans ma chambre je lis, j'écris,
où je vois clairement les masses endormies
des rues vides et, scintillant là-haut
la flèche d'or sommant l'Amirauté;
où, sans laisser l'ombre nocturne
s'attarder sur les cieux dorés,
un crépuscule chasse l'autre,
laissant moins d'une heure à la nuit.

J'aime de tes âpres hivers
le grand gel dans l'air immobile
et la course en traîneau sur l'immense Néva
et le rose éclatant au visage des filles
et le bruit et l'éclat et la rumeur des bals
et, régal des soupers de garçons,
la mousse écumant dans les coupes
et le punch aux flammèches bleues.

Alexandre Pouchkine
Extrait du cavalier de Bronze
 

Publié par ROSSET à 14:16:58 dans Des mots et des jours, chroniques poétiques | Commentaires (0) |

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