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Jacques Ancet | 13 février 2007

Jacques ANCET fut mon professeur d'Espagnol pendant 2 ans. Il m'a appris la rigueur et la beauté de la traduction. Il est poète, essayiste, traducteur, notamment d'une magnifique et brûlante Nuit obscure de Jean de la Croix aux éditions Poésie/Gallimard.

Il m'a fait l'immense honneur de postfacer mon premier recueil de poèmes fin 2006.

Je le remercie pour tout ce qu'il m'a apporté, littérairement et humainement.

Pour en savoir davantage sur Jacques Ancet, sa poésie, ses oeuvres, quelques liens utiles :

 SON BLOG : http://www.blogg.org/blog-55642.html

 SON SITE :http://perso.orange.fr/jacques.ancet/

 UN ENTRETIEN SUR LA TRADUCTION : http://pretexte.club.fr/revue/entretiens/entretiens-traducteurs/entretiens/jacques-ancet.htm

UNE PAGE BIO-BIBLIOGRAPHIQUE : http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=594&PHPSESSID=f99b3ad2e49efc65dc7e898c29995a71

 

Publié par ROSSET à 00:31:07 dans Amis poètes... | Commentaires (0) |

Mots de bienvenue | 13 février 2007

Amis lecteurs, amateurs de poésie,

Soyez les bienvenus sur mon blog. En peu de mots, je souhaite vous accueillir sur cet espace dédié à la poésie, pas seulement la mienne, mais aussi celle des autres. Au-delà, je veux que cet espace nous permette d'échanger de vraies impressions sur la littérature, d'hier et d'aujourd'hui.

A bientôt sur "Lyre la poésie" !

Philippe ROSSET

Publié par ROSSET à 00:16:59 dans Présentation | Commentaires (0) |

Trahisons du crépuscule | 13 février 2007

Philippe Rosset

Trahisons du crépuscule
avec une postface de Jacques Ancet

Alidades, collection 'Échafaudage',
12,5 x 21 cm, 44 pages, cahier, 5 euros, ISBN 978-2-906266-69-8

Un premier recueil est toujours un aboutissement ; pas seulement un départ. C'est une déprise et celui-ci n'y échappe pas, travaillé qu'il est de ce que l'auteur a fait sien, ouvert qu'il est à ce que cherche la voix qui parle. C'est dans cet écart que ces premiers textes s'affirment, au sens fort ; naissance et hommage à l'écriture. Mais la démarche n'est en aucun cas de pure abstraction : le proche, le ressenti font venir en écho d'autres voix, elles-mêmes intériorisées. Et de là naît, dans la réminiscence, un espace ouvert à toutes les possibilités.

Mousse

Là, débordant d'ombre et d'eau, elle attendait, se souvenant des dernières pluies, du nord, revenue de l'été. Approfondissant les ornières, elle se reflétait dans les dernières mares, comme attendant la pétrification des hivers.
Il s'approcha pour la toucher. Mouvement qui effleure et tâte ; révélation de l'humidité. Jamais il n'avait senti la vie du sol. Il caressa les souvenirs déraisonnables d'un printemps enfoui.
Alors tout clairement il vit les ors qui jouaient, les primevères pas encore funèbres, les coucous au goût sucré et au bulbot vert ; il sentit de nouveau l'herbe pousser en dedans ou en dessous.

Il abandonna l'automne pour regagner les villes.

Publié par ROSSET à 00:10:56 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) |

Jacques Ancet parle de mon premier recueil | 12 février 2007

Trahir la trahison
(par Jacques ANCET, postface de Trahisons du crépuscule)

     La voix qui parle ici, quitte quelque chose. Avant tout, peut-être, ces voix dont elle vient et d'abord celle d'un Rimbaud et celle d'un Trakl dont on entend encore les échos et dont elle recueille l'entêtant  chromatisme: « La goutte dorée terminait le chemin. La flaque bleutée saigna de l'amour. Un filet de diamant coulait dans le lit des rivières. L'ascension s'abîma dans la rigole ». D'où ce ton aujourd'hui pour nous intempestif et qui, justement, nous fait dresser l'oreille. On écoute. C'est tout un passé qu'abandonne cette voix : celui d'un certain expressionnisme fin de siècle associé aux images lumineuses d'une Antiquité rêvée : « Parmi les figuiers, au-delà des mers et du ciel, il a marché le long des murs éboulés. Il a senti de près le temps écroulé. Il a touché l'âpre senteur des heures antiques ». Il y a là comme le rêve d'une éternité qui s'éloigne, la chute d'un paradis perdu (« Tant de ruines dans un monde neuf ») sans doute marqués par la distanciation du « il » et l'usage insistant des temps du passé. Et, bien entendu, par les larmes : « Il pleura, et la larme rendit hommage au crépuscule du minéral ».
     Pareille nostalgie, pourtant, s'accompagne d'une assurance inattendue. Car cette voix est sûre d'elle-même, malgré ses tâtonnements. Elle a le sens de la formule et de la vision : « En plein jour il a vu déjà la trahison. Les astres comme lui ne mentent guère au zénith ». Tout empreinte du crépuscule de ce dont elle peine à se déprendre, elle fait signe, en même temps vers quelque chose qui pourrait bien être une autre lumière : « Moi – trahi par le crépuscule, je me réfugierai dans la chaleur de l'aube, désormais certain de trouver la foi ».
     Foi dans la vie ? Dans l'ouverture du temps et du monde ? Ce que cette voix cherche elle l'ignore. Mais c'est cela qui l'aimante. Et c'est ce qu'on aime en elle : ce retournement qui la pousse, en lui donnant forme dans ces poèmes, à quitter la fascination de l'autrefois -- à trahir la trahison, puisque, nous est-il dit au terme de ce parcours, « La trahison trahie dit une vérité sur l'homme. »

Publié par ROSSET à 23:42:20 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) |

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