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Expliquer la littérature ? | 25 avril 2007

On peut aimer ou détester les prix Goncourt. Mais j'ai bien aimé la réponse du dernier Goncourt. A une époque où l'on aime tout expliquer, par tyrannie de la transparence, il se refuse, comme je me refuse, à livrer des "clés" d'interprétation sur son oeuvre. La posture anti-explicative peut être aussi perçue comme une posture médiatique (un anti-Nothomb ?), mais on touche là à un vrai problème...

Sage attitude... Concevrait-on Baudelaire critiquant la critique, éditant un fascicule d'explication de ses "Phares" ? Verrait-on Rimbaud écrire depuis l'Afrique des lettres commentant son oeuvre, expliquant ses "Illuminations", corrigeant les interprétations des critiques ?

On me pose parfois la question des "clés" autobiographiques de mon écriture... Le poncif n'est pas loin. On ne pourrait écrire qu'à partir de sa vie et de ses "choses vues". Peut-être. Ou peut-être pas. Que Lamartine ait en effet demandé "ô Temps suspends ton vol" ou que ce soit une figure de Poète extérieure, que Rimbaud ait évoqué Londres ou Florence dans ses "Ponts", tout cela ne n'intéresse pas. Un écrivain n'a pas à s'expliquer sur ses écrits. Il les laisse. C'est à travers les lecteurs que le sens prend forme. L'auteur n'a pas à faire de dessins. Il écrit. Parfois dépossédé par son écriture, alors l'auteur naît. Je vous laisse lire donc la fin de la réponse de J. Littell qui dit ce que je dis :

"C'est vrai, au cours de la rédaction des Bienveillantes,
certaines choses m'ont dépassé, elles m'ont échappé, mais je n'ai rien
à répondre là-dessus. Je me refuse à expliciter. La littérature,
justement, c'est ça.”

Publié par ROSSET à 17:03:00 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) |

Une femme poète romantique | 17 avril 2007

Un auteur méconnu. Une femme de lettres, romantique, qui plus est. Une femme appréciée de Baudelaire. Il s'agit de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) qui a exploré les voies de la sensiblité et de l'engagement, notamment lors de la révolte des canuts à Lyon. Le poème ci-dessous est lyrique à souhait, mais son écriture et sa voix méritent une (re)lecture de nos jours.  

  

Une lettre de femme

Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;
J'écris pourtant,
Afin que dans mon coeur au loin tu puisses lire
Comme en partant.

Je ne tracerai rien qui ne soit dans toi-même
Beaucoup plus beau :
Mais le mot cent fois dit, venant de ce qu'on aime,
Semble nouveau.

Qu'il te porte au bonheur ! Moi, je reste à l'attendre,
Bien que, là-bas,
Je sens que je m'en vais, pour voir et pour entendre
Errer tes pas.

Ne te détourne point s'il passe une hirondelle
Par le chemin,
Car je crois que c'est moi qui passerai, fidèle,
Toucher ta main.

Tu t'en vas, tout s'en va ! Tout se met en voyage,
Lumière et fleurs,
Le bel été te suit, me laissant à l'orage,
Lourde de pleurs.

Mais si l'on ne vit plus que d'espoir et d'alarmes,
Cessant de voir,
Partageons pour le mieux : moi, je retiens les larmes,
Garde l'espoir.

Non, je ne voudrais pas, tant je te suis unie,
Te voir souffrir :
Souhaiter la douleur à sa moitié bénie,
C'est se haïr.

Publié par ROSSET à 23:29:20 dans Amis poètes... | Commentaires (0) |

Une revue parle des Trahisons du crépuscule ! | 03 avril 2007

http://autre.sud.free.fr/revue/Bienvenue.html

 La revue "Autre Sud" vient de publier dans son dernier numéro une note de 2 pages sur mon premier recueil. C'est toujours très agréable de voir les autres commenter ses écrits. J'en suis honoré.

Publié par ROSSET à 23:54:53 dans Trahisons du crépuscule | Commentaires (0) |

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