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J'ai passé une journée très bizarre, mais remplie de vide, finalement.
Je devais commencer à travailler à 8h, ce qui est déjà mauvais car ça a déjà tendance à me gâcher ma soirée du jeudi puisque je dois me coucher relativement tôt (dur, dur, les fins de semaine). Je me déplace donc, de petit matin, jusqu'au Sénat (ça, c'est censé vous impressionner) et là j'apprends que la salle que je devais utiliser n'est pas libre car réquisitionnée par des sénateurs (?) en pleine réunion. (OK, ils sont chez eux, mais quand même...) Et impossible de m'en trouver une autre (apparemment, il n'y a que trois salles là-bas). Bon, mon cours est annulé/reporté. Je commence à calculer si ça vaut la peine que je rentre chez moi avant le prochain ou si je vais plutôt squatter un café dans le centre, quand un de mes élèves (j'ai failli écrire " problèmes ", c'est un sacré lapsus...) me propose de visiter le bâtiment. Comme je suis plutôt curieuse de tout ce qui est " envers du décor ", je saute sur l'occasion. On s'est retrouvé à trois à se balader dans le dédale des couloirs du sénat et du " sejm " (parlement) pendant près d'une heure, à visiter l'hémicycle, les foyers et compagnie, à éviter les nombreuses caméras présentes pour cause de débat imminent et tout ça avec mon passe limité à un bâtiment du Sénat (mais, chuuuut, faut pas le dire)... Et on a fini le " cours " en cassant du sucre sur leurs supérieurs et en imaginant quels autres métiers ils pourraient faire. Les fonctionnaires polonais (ceux des bureaux) n'ont vraiment rien à envier à ceux de France...
Après une heure et demie de bavardage, je les abandonne pour aller à ma leçon suivante, qui est finalement elle aussi annulée... Fin de ma journée de travail... Heureusement, je suis quand même payée pour les cours annulés à la dernière minute, ça console un peu d'avoir passé deux heures hier à chercher des infos et des images sur internet, à me battre avec mon imprimante puis à faire du découpage, pour préparer des cours adaptés au thème de la journée (vendredi 13). Bah, ça pourra peut-être me resservir en juillet... Mais j'ai toujours en travers de la gorge d'avoir dû me lever à l'aube pour rien...
Je rentre chez moi et je croise dans la rue, comme souvent, des gens avec des bouteille d'eau de 5 litres, vides. Comme je cherche désespérément des containers pour le recyclage près de chez moi, j'enfile ma tenue d'espionne et je les suis patiemment en me disant qu'ils vont m'y conduire.
En fait pas du tout. Ils ont rempli leurs bidons à des robinets publics. D'accord, il y a un hôpital juste à côté, mais à ce que je sache, Varsovie n'est pas une ville thermale. Alors, dans un moment de folie et d'optimisme (j'écoutais des enregistrements d'une méthode de polonais depuis une heure), je me décide à demander à quelqu'un. Ma technique habituelle est de sélectionner les personnes plutôt jeunes en misant sur le fait qu'elles peuvent parler anglais. Mais là, la moyenne d'âge devait être de 70 ans. Bon,... la première dame à ressortir a l'air plutôt sympathique, je me lance et lui demande si l'eau est potable. Et là, comme d'habitude, je ne comprends pas grand chose. J'arrive bien à saisir quelques mots (comme " thé "), mais pas assez pour comprendre le sens général. Devant ma mine interrogative, elle reprend un peu plus calmement et avec un grand sourire " oui, c'est de l'eau pour boire, mais... " - magma de ch j z " sans chlore ". Ok. Enfin une info plutôt fiable et plutôt positive mais je sais toujours pas si je dois le faire bouillir avant de la boire ou pas... Si quelqu'un a des infos sur cette " source publique ", merci de m'éclairer. Et si je n'écris plus de note pendant une semaine, c'est que ma curiosité aura été plus forte que ma prudence...
Publié par gladje à 22:50:52 dans aventures | Commentaires (2) | Permaliens
J'attendais impatiemment le week-end de Pâques pour me reposer et finalement, je suis toujours aussi fatiguée et en plus j'ai mal à la tête et tout le temps froid. Dire que je moquais des Polonais qui était deux fois plus emmitouflés que moi cet hiver, et bien maintenant, il n'y a plus que les vieilles dames pour être aussi habillées que moi (manteau d'hiver et écharpe)... C'est mauvais signe, non ?
Au choix : je couve quelque chose et je vais être sur les rotules pendant quelques jours encore. Ou alors mes nerfs veulent me dire " stop ", me le font comprendre de cette façon et je vais être sur les rotules jusqu'au vacances (fin août)...
Pitié... une petite grippe...
Publié par gladje à 23:42:15 dans no futur | Commentaires (0) | Permaliens
Je répète à qui veut l'entendre, depuis quelques semaines, que je suis bien contente de ne pas être en France en ce moment et donc d'échapper à la surmédiatisation de la campagne électorale. C'est vrai, à distance, on est libre de s'informer ou non sur tout ça. Je n'ai que des chaînes polonaises et ma principale source d'information est internet, alors je suis pas mal limitée. Mais je suis quand même obligée pour mon travail de me tenir au courant ; ce que je lis le plus facilement et le plus souvent, ce qui parle le plus aux Polonais, ce sont les sondages.
Comme vous avez pu vous-mêmes vous en rendre compte, ils évoluent très rapidement et très souvent, la seule constante (de ce que je peux voir) étant la victoire de Bayrou s'il accède au second tour. D'où la question de mon titre : faut-il voter stratégiquement au premier tour (en faisant confiance aux résultats des sondages) ? Je traduis : ceux qui s'apprêtent à voter TSS (Tout sauf Sarko), n'auraient-ils pas intérêt à voter Bayrou dés le premier tour puisque lui seul a une chance de le vaincre ... ?
Comme quoi ces sondages, qui sont censés être purement informatifs, pourraient avoir une véritable influence sur les votes ...
Publié par gladje à 21:46:08 dans aventures | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai pas mal hésité pendant ces dernières semaines : profiter de ce week-end de trois jours et demi pour rentrer en France ou rester pour assister aux coutumes polonaises... Finalement, des événements indépendants de ma volonté m'ont aidée à choisir et vont me permettre de vous raconter mon " week-end de Pâques à Varsovie "....(y'a pas à dire, ça n'a pas le même charme que " week-end à Rome ")
Mission n°1 : trouver mon indic
Je connaissais déjà un peu les traditions avant, mais je n'avais pas trop envie de faire la touriste pendant tout le week-end, d'observer tout ça sans y participer et j'avais trop peur de faire des choses idiotes pour me lancer toute seule. Alors la première chose que j'ai faite a été de chercher un indic qui pourrait me guider pour traverser cette étape... Et tout a commencé à se compliquer : presque tous les Varsoviens (on pourrait généraliser aux Polonais en général) s'échappent pour ce long W-E et pour la campagne. Gloups... Je m'imaginais déjà, errant dans les rues désertes de la ville, à la recherche d'un œuf décoré... Finalement, j'ai trouvé une pauvre âme (à droite sur la photo), bloquée ici tout comme moi, et qui a accepté de relever le défi et m'a permis daccomplir cette première mission.
Mission n°2 : bénir le petit déjeuner de dimanche.
Les Polonais ont beau être très religieux et très pratiquants, le samedi de Pâques est quand même l'un des rares jours où ils se retrouvent à faire la queue devant les églises. Ce jour là est traditionnellement le jour de la bénédiction du repas saint du lendemain. Maintenant, on fait juste bénir un échantillon du petit déjeuner du dimanche : quelques œufs (peints uniformément ou décorés à la cire), du pain, du sel, de la saucisse, un petit agneau en sucre et d'autres choses selon les goûts. Et voilà, après un petit quart d'heure d'attente, tout le monde rentre dans un pièce, pose son panier sur un table et écoute religieusement (c'est le cas de le dire) un prêtre qui fait une courte messe (tout de même trop longue quand on ne comprend pas) puis bénit les paniers. Si on a de la chance, on est aussi arrosé d'eau bénite... Et voilà, c'est fait, mission accomplie.
Mission n°3 : manger chez des Polonais pour le dimanche de Pâques.
Mon contact polonais a proposé de me faire entrer dans le cœur du sujet en m'invitant chez ses parents pour le repas de dimanche midi. C'est ici que l'on quitte le champs des traditions pascales pour rentrer dans les traditions culinaires polonaises. C'est vrai que pour avoir demander à plusieurs personnes ces derniers jours, tout le monde a apparemment ses propres habitudes pour le dimanche, il n'y a pas de repas traditionnel. Au moins, j'ai mangé des vrais plats polonais, faits maison (c'est surtout ça qui est nouveau pour moi), et j'ai découvert que la générosité polonaise dans ce domaine n'est pas un mythe. Nous n'étions que quatre mais il y avait sur la table dix plats et j'ai dû manger de chaque. Au menu : bigos (choucroute polonaise), kluski, carottes, sauce champignons-abricots, porc fourré aux abricots, viande de volaille fourrée au fromage et aux légumes, frites (faites maison) et trois sortes de salade sans salade (poulet-ananas, poulet-oignons, salade russe aux petits légumes-mayonnaise). Avec une cuillerée de chaque, j'aurais eu de quoi manger pour la journée... Là où on voit que c'était spécialement préparé pour moi, c'est que je suis la seule à avoir mangé de tout et j'ai bien dû manger deux fois plus qu'eux. Il ne faut pas oublier les gâteaux qui accompagnent le café : Mazurek et gâteau au chocolat plus classique. Tout ça était vraiment délicieux, et heureusement car je le sens encore dans mon estomac. Mission accomplie mais à mes dépens.
Mission n°4 : rester sèche lundi.
Ça, c'est une mission qui peut paraître bizarre pour quelqu'un qui ne connaît pas les traditions polonaises. J'ai commencé à me douter de quelque chose en voyant dans les magasins, au rayon des chocolats de Pâques, des pistolets à eau. Alors, je veux bien que l'on se sentait vraiment au printemps ces derniers jours mais quand même... ça me semblait un peu exagéré, surtout vendu en lot avec un lapin en chocolat... Et puis, on m'a expliqué : Le lundi de Pâques est appelé " Smigus-Dyngus " ou encore " Lany Poniedzialek " ce qui signifierait " lundi mouillé ". La tradition veut que ce jour-là, on arrose ses proches voire un peu tout le monde et surtout les filles (à qui c'est censé porter chance). Bon, là, j'hésite encore : rester chez moi au sec ou sortir observer ça avec mon parapluie ? Pourrai-je aller jusqu'au bout de cette mission ? ... Tadada ... Suite au prochain épisode ....
Publié par gladje à 21:54:28 dans Choc des cultures | Commentaires (0) | Permaliens
Je pense que pour presque tous les Polonais, cette date a une signification très forte. Il n'y a qu'à voir l'ambiance spéciale dans la ville pour marquer le deuxième anniversaire de Jean-Paul 2... La ville avait organisé sur plusieurs jours toute une série d'événements, principalement des concerts ou des messes. Mais c'est évidemment lundi que le principal se passait.
Tout d'abord, sur la place Defilad (au pied du palais de la culture), il y a eu un spectacle rejouant la Passion de Jésus (pas celle pour Marie-Madeleine mais l'autre). Ca avait l'air très intéressant avec des chants, des images sur écrans géants, des lectures de textes et des marionnettes. Malheureusement mon médiocre niveau de polonais et la disposition de la scène (un autre bâtiment presque en face) ont cassé ma (faible) motivation.
Alors finalement je suis allée sur la place Pilsudskiego (près de la tombe du soldat inconnu). J'y étais déjà passée dans l'après-midi et il y avait déjà des installations: un emplacement réservé pour un grande croix (cf photo ci-dessus), une grande photo du pape, des stands de vente de bougies et des premiers secours - alcool et émotion ne font pas bon ménage...
Le soir, la place était évidemment remplie de monde et de bougies. Des écrans géants diffusaient le spectacle de l'autre place. Et à 21h37 les cloches de la ville ont sonné. Et là, pour moi, un grand moment de flottement: plus de 90% des gens autour de moi se mettent à genou pour prier... Je ne suis pas particulièrement religieuse mais je n'aime pas non plus choquer par mon comportement... Alors plutôt de rester debout (et d'en profiter pour faire des photos comme certains l'ont fait), j'ai fait le caméléon: A Rome, on fait comme les Romains, même si ici c'était plutôt un annexe du Vatican...
Après la minute de silence-prière de rigueur, les gens ont amené leurs bougies à l'emplacement réservé où de jeunes scouts les recueillaient ou, s'il n'avaient pas la patience de faire la queue, ils les ont disposées en croix plus ou moins grandes à tous les points de la place.
C'était finalement assez impressionnant de voir ces gens de toutes générations réunies dans un même élan, une même pensé, un mélange de regret et d'espoir. Le nombre de bougies était aussi assez impressionnant; certaines personnes en posaient 4 ou 5 et certaines étaient plutôt imposantes (sûrement un gros sacrifice financier à la base). Je suis partie au bout d'une heure, des gens attendaient encore pour poser leurs bougies, un groupe très mélangé (âge, look, niveau social) chantait des cantiques ou des chants scouts et les voitures avaient recommencé à rouler à 80 km/h ...
Publié par gladje à 18:40:52 dans no futur | Commentaires (0) | Permaliens
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