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63è | 28 janvier 2008

 

Hier, le monde commémorait le 63è anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau par l'armée rouge. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous faire un cours d'histoire à ce sujet mais je vais profiter de l'occasion pour rappeler les deux affaires qui ont beaucoup fait parler les journaux polonais à ce sujet depuis l'année dernière.

 

En avril dernier, il y eut d'abord un énorme scandale autour du pavillon russe. Il faut savoir que dans le camp d'Auschwitz, plusieurs bâtiments ont été attribués à différents pays, l'organisation de l'exposition et son contenu y étant ainsi laissés à leur appréciation.

Suite aux cérémonies d'il y a trois ans, le Conseil international d'Auschwitz qui supervise le musée a décidé d'harmoniser les données présentées par les différents pays. A cette occasion, ils ont remarqué des divergences, notamment à propos des habitants de l'Ukraine et de la Biélorussie occidentales qui sont considérés tantôt comme des citoyens soviétiques, tantôt comme des citoyens polonais. La Russie s'est ainsi retrouvée accusée de vouloir s'accaparer des victimes polonaises...

 

L'autre affaire est purement nominative: en juin 2007, la Pologne a enfin obtenu que le camp change de nom. Désormais son titre officiel est "Auschwitz-Birkenau" avec le sous-titre "camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945)". C'est vrai que les Polonais avec lesquels j'en ai parlé à l'époque se disaient toujours choqués par l'utilisation de l'expression "camp polonais". Pour eux, cela ne signifiait pas une précision géographique mais une implication gouvernementale.

 

 

Pour ma part, j'ai eu l'occasion de visiter le musée, en tout cas le camp d'Auschwitz.

Comme tout le monde, j'ai pris en photo la porte d'entrée avec son inscription "Arbeit macht frei" et les barbelés... C'est tout... ensuite l'appareil photo me semblait indécent.

Comme tout le monde, j'ai regardé avec émotion les piles de lunettes, cheveux, chaussures et valises.

Comme tout le monde, j'ai imaginé la vie sur place et des scènes de torture dans les bâtiments consacrés.

 

Mais contrairement à beaucoup de monde, j'en suis ressortie déçue (et un peu honteuse de l'être). Ayant baigné depuis très jeune dans les livres parlant du sujet, racontant mille anecdotes et montrant toutes sortes de photos, les bâtiments d'Auschwitz I, en brique et sur deux étages (à droite sur la photo), ne correspondaient pas du tout à l'image mentale que je m'étais construite de tout ça. En sortant (n'ayant pas eu le temps de voir Auschwitz II), je n'avais pas l'impression d'avoir visité ce lieu dont j'avais tant entendu parler... Ce qui me rassure (et me console un peu), c'est que depuis j'ai parlé avec d'autres personnes qui ont ressenti la même chose, pour les mêmes raisons...

 

 

 

Publié par gladje à 23:52:07 dans confiture | Commentaires (3) |

29-01-2008  23:03  29-01-2008 23:03
tout à fait d'accord  De  gladje identité certifiée Sujet:  tout à fait d'accord Url: [Liens]
Quand je pense "camp de concentration nazi", je visualise ces baraques en bois. Et là, ce n'était pas ça...
29-01-2008  20:13  29-01-2008 20:13
Autre explication peut-être  De  Zeb  Sujet:  Autre explication peut-être
je me suis rendue dans 2 camps allemands, Buchenwald et Auschwitz-Birkenau. Le petit camp de Buchenwald, avec ses marques au sol de batiments, et sa petite taille, m'a finalement fait beaucoup plus d'effet qu'Auschwitz... j'ai pleuré pendant toute la "visite"... Pour auschwitz, peu d'émotions au final... Peut-être le camp 2 est-il plus proche de l'image qu'on en a (des baraques plutôt que ses batiments rouges, les rails, la grande entrée, les quais ou se faisait le tri....)
28-01-2008  00:01  28-01-2008 00:01
Décallage  De  Papyves identité certifiée Sujet:  Décallage Url: [Liens]
Je pense que ta réaction est tout à fait normale et que ces lieux ne parlent vraiment qu'à ceux qui y ont été incarcérés. Nous autres en avons gardé une image personnelle construite au travers de nos lectures. L'imagination est plus libre quand on n'est pas bridé par la froideur de la réalité observée hors du contexte.

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