que voulez vous que je vous dise!!
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c'est lourding
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ZINEDINE Zidane's World Cup headbutt was sparked by vile insults about his mum, his religion and terrorism, it was claimed last night.
The furious French captain attacked Marco Materazzi after the defender allegedly sneered: "All Muslims are terrorist b*****s."
EXCLUSIF : POURQUOI ZIDANE A FAIT VOLER SON HAUT
L'insulte à la maman, appelée 'le terroriste' et 'b Musulman ***** d'Martin Fricker
ZINEDINE la Coupe du Monde de Zidane headbutt a été suscitée par les insultes abominables de sa maman, sa religion et terrorisme, il a été réclamé la nuit dernière.
Le capitaine français furieux a attaqué Marco Materazzi après que le détenteur a prétendument ricané : "tous les Musulmans sont b terroriste ***** s."
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Et les sources réclament que l'italien a même stigmatisé la maman algérienne Malika de Zidane "une prostituée".
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And sources claim the Italian even branded Zidane's Algerian mum Malika "a whore".
The player's cousin Rabah said Materazzi chose the "most vicious insult he could muster" to get his opponent sent off. A French football insider added: "If you insult Zidane's mother you are asking for trouble." Materazzi has denied all the allegations.
Publié par cmoijibe à 12:16:14 dans actu générales | Commentaires (0) | Permaliens
version PDF ici : http://vdedaj.club.fr/cuba/politiqu...
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LA POLITIQUE SEXUELLE DE REINALDO ARENAS : Mythes et Réalités sur l'Histoire de la Révolution Cubaine
traduction "il n'est jamais trop tard pour apprendre" par CSP
Par Jon Hillson 29 janvier 2001
http://www.blythe.org/arenas.html
"AVANT LA NUIT (BEFORE NIGHT FALLS)" -- avec Javier Bardem, Olivier Martínez, Andrea di Stefano, Johnny Depp, et Michael Wincott. Mis en scène par Julian Schnabel. Tiré de l'autobiographie de Reinaldo Arenas. Grandview Pictures, Fine Line Films, 2000.
LOS ANGELES - Les commentaires autour de "Avant la Nuit", le nouveau film de Julian Schnabel (...) ont débuté et n'ont pas encore atteint leur apogée. Le film a remporté le Prix du Jury l'année dernière au Festival du Film de Venise, et le prestigieux American Film Institute l'a nommé Film de l'Année. La vedette, Javier Bardem, reçut une nomination au Golden Globe pour son portrait du romancier et poète auto exilé cubain Reinaldo Arenas dans ce film tiré de son autobiographie éponyme. Il fut nominé pour le prix du meilleur acteur au Festival de Venise, ainsi qu'au National Board of Review, National Society of Film Critics, et Southeastern Critics et recevra probablement un Oscar.
Le film, le metteur en scène et l'équipe ont reçu quatre nominations au Independent Spirit Awards, le plus grand prix attribué aux films indépendants, et il figure parmi des dix meilleurs films pour plus de 50 critiques aux Etats-Unis.
Le critique de New York Times, Stephen Holden, dans un article sur le film, eut des propos qui auraient pu figurer en légende sur l'affiche : "par un portrait flamboyant," écrit-il, "et une mise en scène qui incorpore des extraits de l'ouvre de l'écrivain, la biographie de Julian Schnabel sur le poète et romancier exilé gai cubain Reinaldo Arenas le décrit comme une victime et un martyr de la révolution de Fidel Castro." David Ansen, de Newsweek, s'extasia sur "un lyrisme et une sensualité émouvante - une attaque dévastatrice contre le régime de Castro."
"Je ne connais pas grand chose à la politique," déclara Schnabel à "L.A. WEEKLY", mais " j'ai instinctivement senti que j'avais quelque chose en commun avec (Arenas) - et j'ai essayé d'être fidèle à sa pensée. A l'évidence, il s'agit d'une histoire latine - mais c'est une dénonciation du totalitarisme dans n'importe quel pays. C'est un film sur la tolérance."
En réalité, "Avant la Nuit" est une attaque éminemment politique, soignée et sophistiquée, contre la révolution Cubaine, trahie par le pouvoir dictatorial du tyran omniprésent Fidel Castro. Les erreurs grossières et les manipulations qui jonchent le film ne font que révéler le narcissisme du sujet principal, dont Schnabel est tombé si amoureux qu'il n'éprouve aucune réticence à embellir les faits, sans considération pour la réalité. Il serait toutefois trop facile de balayer ce film pour ces raisons là. "Avant la Nuit" pose de sérieuses questions sur la conduite de la Révolution Cubaine. Ces questions méritent une réponse.
Le film a été tourné à Merida et Veracruz, au Mexique, avec des insertions à partir de films d'archives. Schnabel fusionne ces images pour réaliser une ouvre luxuriante, d'une beauté à couper le souffle, esthétique, crue et émouvante - le tout pour créer un Arenas aseptisé. Et si le livre "Avant la Nuit" est une attaque contre la révolution, Schnabel trouve qu'il manque cependant de souffle dramatique. Pour y remédier, il insère quelques mensonges grossiers supplémentaires pour atteindre son objectif qui est de dénigrer tout ce que représente la révolution cubaine, passé et présent. Il n'y a rien d'original dans cette méthode qui ressemble à celle employée par Arenas, qui avait commencé le livre lorsqu'il se trouvait encore à Cuba et l'a terminé sur son lit de mort. (le livre "Avant la Nuit" fût publié en anglais trois ans plus tard). L'autobiographie d'Arenas raconte sa propre histoire ainsi que celle de Cuba, une histoire réinventée et reconstituée pour être en phase avec sa haine du gouvernement révolutionnaire - un sentiment qui n'a pas toujours partagé.
Javier Bardem, un acteur espagnol qui joue le rôle d'Arenas à l'age adulte et qui fait la voix "off" du film, s'empare du personnage avec un talent exubérant en une évidente sympathie. Il ressemble étrangement à l'écrivain, qui mourut ruiné dans un appartement de Hell's Kitchen. Ravagé par le SIDA, Arenas se suicida à New York en 1990. Sa "lettre d'adieu", envoyée et publiée par la presse US, exprimait "l'espoir que Cuba sera bientôt libre" et encourageait "le peuple cubain vivant en dehors du pays ainsi que ceux vivant sur l'île à continuer le combat pour la liberté". Sur le site Internet du film Avant la Nuit httphttp://www.before-night-falls.com/, la lettre est tronquée pour omettre "la seule personne" qui, selon Arenas, était "responsable" de son suicide - vous l'avez deviné : Fidel Castro.
Bardem comprend la politique qui est en jeu. Dans une interview au magazine INTERVIEW, il déclara qu'il était "très fier" du film parce que celui-ci "parlait de tolérance" et constituait une critique de "totalitarisme dans n'importe quel pays." Schnabel décrivit le "courage de Bardem pour jouer le rôle d'Arenas, un rôle qui illustre parfaitement l'intolérance de Castro" parce que l'acteur "est issu d'une famille de communistes."
Dans le même temps, les qualités techniques et artistiques du film le placent nettement au-dessus des films de série B. Le film est estampillé "produit par un Hollywood progressiste" ce qui prouverait de facto que le film n'est pas réactionnaire, mais simplement une étude sur l'indomptabilité de l'esprit humain.
Johnny Depp joue le rôle d'un travesti emprisonné et exécute une imitation d'un gardien de prison qui arrache une confession autocritique à un Arenas emprisonné, et demande au poète de faire une fellation sur le canon de son .45 automatique. Quelle importance que la scène soit le fruit de l'imagination de Schnabel ? Quelle importance que le gardien menace de faire "disparaître" Arenas s'il ne signe pas ses aveux, alors que le fait indéniable est - contrairement aux nombreux autres pays qui peuvent compter sur le soutien militaire et l'enseignement des techniques de torture des Etats-Unis - qu'il n'y a jamais eu de "disparitions" à Cuba ? C'est juste du Johnny Depp.
Sean Penn incarne un cameo, un paysan qui, contrairement à ses frères, ne rejoint pas les rebelles dans leur combat contre la dictature de Batista. Et Lou Reed et Laurie Anderson ont composé une musique originale qui évoque la musique cubaine, incluant des morceaux du légendaire Benny Moré. Vous voyez donc le tableau. Le public visé par le film n'est pas un public de droite, mais un public qui a, ou qui pourrait avoir, des sympathies pour Cuba.
"Avant la Nuit" reflète la vision d'Arenas sur "l'horrible" répression d'état, particulièrement contre les gays. Quelques brèves allusions sont faites sur l'influence des conseillers soviétiques, dont la présence symbolise la fin de l'élan original de la révolution. Des extraits de films d'actualité sur Fidel Castro - et les propos durs du dictateur illustrant des scènes de brutalités policières et militaires - alternent avec des scènes de trahisons et d'autocritiques humiliantes.
Dans un scène clé du film, on voit un groupe de personnages dans un appartement en train de regarder une déclamation à la télé, apparemment par le poète primé Heberto Padilla. (son arrestation en 1971 et sa confession publique sur sa tiédeur envers la révolution est une épisode sombre de la vie culturelle à Cuba.) La scène se termine avec une femme du groupe qui se suicide en se jetant par la fenêtre. Apparemment, elle faisait partie des écrivains et artistes politiquement incorrects cités par Padilla. Encore une invention de Schnabel.
Le temps se bouscule à chacune de ces scènes, qui s'enchaînent en faisant fi de tout contexte historique ou de toute réalité historique.
En premier lieu, les conditions qui ont provoqué la Révolution ne sont pas mentionnées, ou plutôt, servent uniquement à illustrer l'affirmation poétique d'Arenas selon laquelle "la splendeur de mon enfance était unique parce qu'elle était faite de pauvreté absolue mais aussi de liberté absolue ; à l'air libre, entouré d'arbres, d'animaux, d'apparitions." Voilà ce qui devrait constituer une bonne nouvelle pour les pauvres paysans dont l'expérience vécue de la surexploitation bucolique devait les convaincre de soutenir l'Armée Rebelle contre les armes, les tanks et les bombardiers de Batista.
Une scène brève où on voit un Reinaldo adolescent sauter sur un camion rempli de combattants triomphants à Holguín est censé apporter du crédit à l'affirmation d'Arenas selon laquelle il "avait rejoint la guérilla de Castro". Mais se laisser emporter par l'enthousiasme ambiant au moment de la victoire n'a pas grand chose à voir avec le fait de mener des actions de guérilla ou d'organisation urbaine - autant de choses qui coûtèrent la vie à 30.000 civils. Cependant, même cette courte scène de Schnabel est en contradiction avec les propres écrits d'Arenas.
Lorsque Arenas tenta de se faire enrôler par l'Armée Rebelle, on lui répondit - comme à tout le monde - qu'il devait se débrouiller pour obtenir une arme, en tuant un policier de Batista et en récupérant le sien. Arenas échoua dans sa mission, mais retourna dans les montagnes. Les guérilleros ne pouvaient pas le renvoyer chez lui à Holguín où l'attendaient une arrestation et des tortures certaines. Ils ont autorisé l'adolescent à rester. Arenas écrit qu'il prenait parfois ses repas chez sa tante qui vivait à côté. "Je n'ai jamais pris part à une bataille ; je n'ai jamais assisté à une bataille ; ces batailles étaient plus une légende qu'une réalité", affirme-t-il. Deux années de bataille révolutionnaire contre la tyrannie n'étaient, selon Arenas, rien de plus "qu'une guerre des mots".
Cependant, jusqu'en 1968, l'Arenas d'avant l'autobiographie était un défenseur ardant de la révolution. Il fut interviewé en tant que révolutionnaire et poète/écrivain largement respecté de la nouvelle génération, par Harry King, un journaliste socialiste vétéran qui passa trois mois à enquêter à Cuba pour le journal The Militant.
Les transformations sociales et économiques à Cuba - de la réforme agraire la plus grande de l'histoire des Amériques à la nationalisation des ressources aux mains des étrangers - toutes l'oeuvre d'une mobilisation populaire, sont totalement absentes du film. De la campagne d'alphabétisation historique, de la création des services médicaux ruraux, de l'abolition de la discrimination raciale institutionnelle, rien. Le public ne verra que le remplacement d'une tyrannie à peine mentionnée par une autre tyrannie - désormais dirigée, selon Arenas, par un "dictateur pire que Batista".
Les interventions hostiles de Washington provoquées par les changements révolutionnaires sur l'île - des bandes terroristes grassement financées jusqu'à l'invasion de la Baie des Cochons, la mise en place du blocus, et la soi-disant crise des missiles - ne trouvent aucun écho dans l'oeuvre de Schnabel (co-écrit avec Cunningham O'Keefe et Lazaro Gómez Carríles, un vieil ami d'Arenas).
La conclusion est évidente : l'ennemi du peuple Cubain se trouve à l'intérieur, porte une barbe et un uniforme militaire - et non pas aux Etats-Unis.
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Le bilan de la Révolution Cubaine sur les droits des homosexuels a été la cible d'une campagne de désinformation depuis des décennies. Des efforts ont déjà été déployés par les ennemis de Cuba qui voulaient profiter dans les années 60 et 70 des déficiences du gouvernement. Le summum fut atteint par le film documentaire "Conducta Impropia" de Nestor Almendros en 1984, qui est rempli d'inventions, de distorsions et de demi-vérités.
Mais la campagne a commencé à faiblir devant les changements significatifs qui se produisaient à Cuba. Ce changement fut symbolisé par la sortie du film de Tomas Gutierrez "Fraise et Chocolat" qui critiquaut les éléments dogmatiques au sein du Parti Communiste Cubain et s'attaquait aux préjugés anti-gays.
Malgré cela, on assiste à présent à la sortie "d'Avant la Nuit" qui ressemble à version plus branchée de "Conducta Impropia" - une tentative de rallumer la croisade anti-Cubaine. Sans surprise. Alors que les idéologues d'extrême droite nient purement et simplement les avancées irréfutables de la révolution, des opposants plus subtils du gouvernement Cubain ont longtemps critiqué la politique à l'égard des homosexuels pour lancer des attaques plus insidieuses. Cela rend service à la campagne de Washington contre Cuba - sur les soi-disant violations des droits de l'homme - une campagne qui a commencé dés le premier jour de la révolution et qui n'a jamais cessé depuis.
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L'extension des droits des gays cubains au cours de ces quinze dernières années - précédée elle-même encore quinze ans auparavant par l'abolition des contraintes imposées aux homosexuels - est un corollaire à Cuba à l'extension des droits des travailleurs. De plus en plus de tabous sont tombés sous l'impact de multiples débats et discussions sur des questions économiques, politiques et culturelles et qui touchent une population de plus en plus large.
Un retour sur ce processus est indispensable pour ceux qui voudraient comprendre et qui chercheraient des réponses aux questions soulevées par "Avant la Nuit", particulièrement s'ils sont intéressés par la question de l'homosexualité.
LA REVOLUTION CUBAINE APPORTE LA LIBERATION
La première révolution socialiste sur le continent américain avait crée un air de liberté sans précédent à Cuba. Des réformes radicales - du démantèlement de la police secrète de Batista à l'abolition des lois racistes - ont déclenché une explosion de créativité dans les arts, la culture, la musique et leur facilité d'accès pour la population. Puisque la priorité était donnée aux travailleurs et aux paysans pauvres, un mouvement de la libération de la femme fut crée. Il exposa la réalité et défia la légitimité de l'oppression des femmes, leur citoyenneté de seconde zone, et leur discrimination. La garde d'enfants devint un droit. Les lois rigides sur le divorce furent radicalement assouplies. En 1963, les lois interdisant l'avortement furent abolies, et le droit à la contraception fut institutionnalisé.
Biens que cette vague de changements ait eu un effet sur la vie des gays et lesbiennes, la Révolution Cubaine n'a cependant pas pris les mêmes mesures avant-gardistes que les Bolcheviks avaient prises dans les premiers mois de la Révolution Russe. En fait, il aurait été pratiquement impossible pour la nouvelle génération qui accédait au pouvoir en 1959 d'être au courant de ces changements.
LES MESURES AVANT-GARDISTES DE LA REVOLUTION BOLCHEVIQUE
En décembre 1917, le régime soviétique abolit les lois anti-homosexuels réactionnaires de la tyrannie tsariste. Cette mesure sans précédent fut le résultat d'un ensemble de mesures visant à émanciper les femmes. "La relation entre la loi Soviétique et le domaine sexuel est basée ,sur le principe que les exigences de la vaste majorité des citoyens doivent correspondre et être en accord avec l'état des connaissances de la science moderne," écrivit le Dr Grigorii Batkis, directeur de l'Institut Moscovite de l'Hygiène Sociale dans son livre de 1923, la Révolution Sexuelle en Russie.
"La législation soviétique se base sur le principe suivant," indique Batkis, "la non-ingérence absolue de l'état et de la société dans les affaires sexuelles privées, tant que personne n'est blessée et qu'aucune atteinte n'est portée contre les intérêts d'une personne - la législation soviétique traite (les pratiques homosexuelles) exactement comme les soi-disant relations "naturelles". Toutes les formes de relations sexuelles relèvent du domaine privé."
"la révolution (d'octobre) n'a rien gardé des anciennes lois despotiques et ouvertement antiscientifiques ; elle n'a pas suivi la voie de la législation réformiste bourgeoise qui, avec une subtilité juridique, préservait la notion de propriété dans le domaine sexuel et qui, en fin de compte, imposait un deux poids deux mesures à la vie sexuelle. De telles lois surgissent toujours en ignorant la science," expliqua Batkis. S'appuyant sur la théorie et la pratique bolchevique, il liait la libération de la femme à l'abolition de la notion capitaliste de propriété, et par conséquence, de la surexploitation des femmes.
"Aucune société au monde ne s'est jamais fixée de tels objectifs, et dont les problèmes n'ont jamais été confrontés à une révolution," écrivit Batkis.
RECUL CONTRE-REVOLUTIONNAIRE SUR LES DROITS DES GAYS
La contre-révolution dirigée par Staline qui aboutit à la bureaucratie réactionnaire à la fin des années 20 et au début des années 30 devait obligatoirement s'en prendre aux aspects les plus progressistes des lois Soviétiques pour consolider son pouvoir sans partage. Tandis que le régime conservateur renforçait ses privilèges en chassant les travailleurs du sphère politique, il disloquait les libertés artistiques et littéraires, reculait sur des conquêtes essentielles pour les femmes, et mettait en place une politique culturelle et sociale restrictive. Sur l'intervention personnelle de Staline, l'homosexualité fut criminalisée en 1934, prévoyant une peine de cinq ans de prison pour des actes entre adultes mâles consentants. En 1935, afin de renforcer encore plus les normes de la "famille nouvelle", le gouvernement interdit l'avortement, qui avait été légalisé dés les premiers mois de la Révolution.
Le célèbre romancier russe Maxim Gorki, réduit à l'état de complice littéraire auprès de la caste dirigeante, annonça dans un tract financé par l'état que "dans les pays fascistes, l'homosexualité, qui ruine la jeunesse, fleurit sans entraves ; dans un pays où le prolétariat a conquis avec audace le pouvoir social, l'homosexualité a été déclarée un crime social et sera sévèrement punie." Tout ceci était appelé à devenir la position "communiste" sur le sujet des gays - un pitoyable simulacre des préjugés réactionnaires capitalistes, drapés de rhétorique Marxiste.
La pseudoscience Stalinienne affirmait que l'homosexualité était une manifestation de la "décadence bourgeoise" et de "dégénérescence morale". Freud, qui enseignait que l'homosexualité était un phénomène sexuel naturel, fut banni. Lors des naissances multiples en URSS, les femmes se voyaient récompensées avec des médailles et de l'argent. Jusqu'en 1971, le nouvelle version de la Grande Encyclopédie Soviétique définissait l'homosexualité comme "une perversion sexuelle s'exprimant par une attirance contre-nature entre deux personnes de même sexe. Elle peut concerner les deux sexes. Le droit pénal en URSS, dans les pays socialistes et même certains états bourgeois, prévoient une punition pour homosexualité." Ceci, après que la révolte de Stonewall à New York en 1969 devint le point de départ du mouvement contemporain de la libération gay.
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C'est ce genre "d'orthodoxie" que les révolutionnaires cubains, qui ont grandi dans les années 50, ont connu lorsqu'ils se sont tournés vers le Marxisme, d'abord au sein du prosoviétique Parti Populaire Socialiste, qui ne s'engagea dans la révolution que dans la dernière année de la guerre révolutionnaire. Sa direction et plusieurs milliers de cadres composèrent une partie importante des différentes organisations révolutionnaires qui émergèrent lors de la conquête du pouvoir en 1959, jusqu'à la création du Parti Communiste Cubain en 1965. Ce processus aboutit à l'établissement de relations avec l'URSS, la Chine et le "mouvement communiste mondial". C'est à travers ce prisme déformant qu'ils analysaient la marche de l'histoire et prononçaient le mot de la fin aux débats en cours.
Pour arriver à une "conformité avec les conclusions de la science contemporaine," les jeunes révolutionnaires cubains devaient entreprendre le travail titanesque de débroussailler le "marxisme officiel" dans tous les domaines pour retrouver les idées et les expériences émancipatrices de la première époque du régime soviétique, dirigée alors par le Parti Bolchevique de Lénine. Tous ces débats riches, tous ces documents, toutes ces résolutions et analyses des événements étaient recouvertes par la chape de plomb de l'infaillibilité des commissaires représentants du "socialisme réel". Leurs instructeurs, leurs catéchismes et manuels - avec à l'aide de matraques et du bruit des bottes - ne souffraient aucune remise en cause, encore mois d'opposition.
Ignorant tout des positions les plus avancées et scientifiques tenues par les premières générations de révolutionnaires, les militants cubains émergèrent sur une scène internationale où l'homosexualité était sévèrement réprimée dans le soi-disant monde développé, considéré comme un tabou dans le tiers-monde et comme un crime contre-nature par ceux qui, au nom du communisme, tenaient les rênes du pouvoir dans le reste du monde.
LORSQUE LA REALITE S'IMPOSE A CUBA
Il est illusoire de croire que la révolution cubaine pouvait à cette époque surmonter seule de tels obstacles internationaux et historiques. De plus, certains - soit par ignorance, par démagogie ou les deux à la fois - identifiaient l'homosexualité masculine à la pornographie et à la prostitution, qui étaient endémiques à La Havane avant la révolution. Le sexe gay illégal faisait partie de l'industrie de la prostitution qui exploitait par ailleurs 100.000 femmes (sur une population de 6 millions) au service du tourisme, ce qui faisait de la Havane le plus grand bordel des Caraïbes. Et le business du sexe s'intégrait parfaitement aux entreprises de jeux, aux casinos et traffics de drogue qui ravageaient Cuba.
Il faudra du temps, et des luttes, pour démêler les contradictions entre le contenu profondément progressiste des changements apportés par les actions collectives du peuple cubaine, d'une part, et l'homophobie, d'autre part. Ce phénomène s'appuyait sur un mélange détonnant de machisme local (ancré dans les relations sociales et économiques du capitalisme colonial) et l'arriération culturelle qu'il produisait, (renforcée par une église réactionnaire et le mysticisme de l'église catholique) - le tout renforcé par la tutelle "scientifique" de Moscou.
Tout en reconnaissant qu'un "homosexuel" pouvait avoir "des idées politiques correctes", Fidel Castro déclara au journaliste Lee Lockwood en 1965 (interview publiée sous forme de livre intitulé "Castro's Cuba, Cuba's Fidel") "nous ne pensons pas qu'un homosexuel pourrait réunir les conditions et tenir la conduite indispensable pour être considéré comme un véritable révolutionnaire, un véritable communiste. Une déviation de cette nature entre en conflit avec l'idée que nous nous faisons d'un militant communiste."
"mais par-dessus tout," continua le dirigeant cubain, "je ne crois pas que quiconque ait une réponse définitive aux causes de l'homosexualité. Je crois qu'il faut examiner très soigneusement la question. Mais je serai franc et je dirai que les homosexuels ne devraient pas pouvoir accéder à des positions où ils pourraient exercer une influence sur des jeunes."
Le dirigeant cubain situa son argumentaire dans le contexte "des conditions dans lesquelles nous nous trouvons" - l'impact de la Baie Cochons et de la Crise des Missiles était encore présent - et la nécessité "d'inculquer à notre jeunesse un esprit de discipline, de lutte, de travail. Cette attitude peut ou ne pas être correcte, mais c'est notre sentiment."
UNITES MILITAIRES D'AIDE A LA PRODUCTION
En 1965, le gouvernement cubain inaugura les Unités Militaires d'Aide à la Production (UMAP), que le film "Avant la Nuit" mentionne pour parler de rafles anti-gays et d'emprisonnement. Les soldats cubains et la police y emmenèrent des milliers de "délinquants", depuis les gays et les lesbiennes jusqu'aux Témoins de Jehova, pour les faire travailler dans les champs et satisfaire à leurs obligations militaires tous ceux que le gouvernement considérait comme inaptes à intégrer l'armée régulière. Les tâches accomplies dans les UMAP consistaient essentiellement récolter la canne. Contrairement à d'autres initiatives du gouvernement, les media n'ont pas fait grand bruit autour des UMAP. Néanmoins, le programme provoqua une vague de protestations de l'Union Nationale des Artistes et Ecrivains (UNEAC), ainsi que d'importants alliés internationaux de la révolution.
Les Cubains interviewés en 1970 et 1971 par le pète Nicaraguayen Ernesto Cardenal dans son magnifique livre "In Cuba" ("à Cuba" - dédié au "Peuple Cubain et à Fidel") parlaient librement de l'opposition aux UMAP et plusieurs exprimèrent leur point de vue sur leur abolition en 1967. "J'y étais", raconte un jeune milicien, poète, à Cardenal, "non pas en tant que prisonnier, mais en tant que gardien. Oui, un gardien. J'ai vu l'envers du décor, mais nous ne faisions que monter la garde. Ils ont raconté à Fidel ce qui s'y passait. Une nuit, nous sommes entrés clandestinement dans le camp, dans un de ces hamacs pour voir comment les prisonniers étaient traités. Les prisonniers dormaient dans des hamacs. Ils étaient fouettés avec les étuis des sabres s'ils ne se levaient pas. Les gardiens coupaient les cordes de leurs hamacs. Lorsqu'un garde a levé son sabre, il s'est retrouvé face-à-face avec Fidel. Il est pratiquement tombé raide mort." Le jeune homme décrivit d'autres abus constatés par Fidel. "Ca, c'est encore un exploit de Fidel," dit-il. "Fidel est l'homme des visites inattendues."
Castro, raconte le milicien à Cardenal, "supprima" les camps. "Mais personne n'en parle."
Un autre jeune qui a servi dans un camp explique que malgré l'expérience, "nous qui étions à l'intérieur de l'UMAP avons découvert que l'UMAP était dissociable de la Révolution. Nous nous sommes dits : nous n'allons pas quitter Cuba, nous allons rester et corriger ce qui ne va pas. Au bout de trois ans, et après un discours de Fidel, l'UMAP fut fermée."
Un "jeune révolutionnaire marxiste" raconta une histoire à Cardenal. "On confisqua la carte d'identité et tout autre élément d'identification à cent jeunes militants de la Jeunesse Communiste qui furent ensuite envoyés comme prisonniers à l'UMAP, pour voir comment ils seraient traités. C'était un programme très secret. Même leurs familles n'étaient pas au courant du plan. Après, les jeunes ont raconté ce qu'ils ont vu. Et ils ont fait fermer l'UMAP."
"Nous considérons que l'UMAP représente un chapitre noir de l'histoire cubaine," déclara Monika Krause, une des premières sexologues de Cuba révolutionnaire, à la revue "Gay Community News" de Boston en 1984. "C'était l'expression d'une ignorance et d'une aversion irraisonnée envers l'homosexualité - nous pensions qu'il était du devoir de notre système de corriger les attitudes qui ont abouti à la création de l'UMAP. Parce que nous sommes une société socialiste, il ne peut y avoir de discrimination."
LA "REVOLUTION SEXUELLE" D'ARENAS
En contraste, Arenas affirme dans le film que son groupe combattait la répression par "le sexe". Dans son livre, il décrit une conversation avec un compagnon - après un voyage à l'île des Pins, où il prétend avoir entretenu des relations sexuelles avec "tout un régiment" - où les deux "font l'inventaire du nombre d'hommes avec lesquels ils avaient couché ; c'était en 1968. Je suis arrivé à la conclusion, après des calculs mathématiques compliqués, que j'avais eu des relations avec environ cinq mille hommes." Son partenaire arriva à un chiffre similaire. Ils n'étaient pas les seuls à être "emportés par cette rage érotique, tout le monde l'était ; les recrues (des forces armées) qui passaient des mois dans l'abstinence, et tout la population" (et tout ceci alors qu'un soi-disant pogrom anti-homosexuel balayait l'île de Cuba.)
"Je pense", écrivit Arenas, "que le révolution sexuelle surgit en riposte à la répression sexuelle." Par une telle phrase, Arenas lance une pique politique. Le fait est qu'elle est fausse à tous points de vue.
L'EMANCIPATION DES FEMMES
La révolution sexuelle à Cuba débuta avec la lutte pour l'émancipation des femmes après des siècles d'oppression, d'exploitation et d'arriération générées par le colonialisme et la dépendance du pays au métropole impérial. Le point de départ de ce processus fut l'effort déployé pour incorporer les femmes dans la vie active ; le travail des femmes jusqu'en 1959 se résumait principalement au travail domestique ou à la prostitution dans les salles de jeux et les bordels tenus par des investisseurs états-uniens et la Mafia. L'indépendance économique des femmes commençait par leur libération du mariage obligatoire et leur isolement et oppression au foyer, lieu de travail "gratuit".
Dans ce contexte, le nouveau gouvernement abolit le commerce du sexe, ferma les bordels et inaugura un programme spécial pour éduquer et former les prostituées cubaines à un véritable métier. La pornographie fut bannie et l'est encore aujourd'hui. Le divorce fut facilité et le contrôle des naissances (comme la médecine en général) devint gratuit. De plus en plus de couples concubins se formaient en parallèle aux couples mariés et le gouvernement traitaient leurs enfants - comme ceux des familles monoparentales - à égalité. Aujourd'hui, aucun enfant ne naît à Cuba avec une étiquette "né hors des liens du mariage". Ce concept réactionnaire fut remplacé par celui d'une responsabilité sociale de prendre soin des enfants, accompagnée par des conditions matérielles et une conscience qui abolirent l'idée que la femme, l'épouse et les enfants étaient la propriété des mâles.
Le regain de confiance des femmes cubaines était illustré par leur participation croissante aux missions internationalistes, depuis les cours d'alphabétisation dans les montagnes du Nicaragua face aux menaces de la "contra" jusqu'aux combats en Afrique contre les troupes de l'Apartheid. Aujourd'hui, les femmes composent plus de la moitié des 1.1 millions membres des Milices Territoriales, l'organisation de défense nationale de Cuba. Les anciennes structures inhibitrices et stéréotypées ont commencé ainsi à s'effondrer. De fait, les actes de violence contre les femmes, basés sur des siècles d'oppression, telles que les viols et les violences physiques, ont baissé et sont nettement inférieurs que dans n'importe quel autre pays.
La lutte pour l'égalité des femmes est appuyée par la révolution et menée dans le contexte de l'émergence d'une nouvelle éthique de solidarité humaine dans la construction d'une société libre. Elle constitue un sous-ensemble, une extension, de la lutte qui a démarré dans les montagnes de la Sierra Maestra et qui vise à la libération du pays et à l'émancipation des hommes et des femmes. Cet effort permanent fut accompagné par la science et l'éducation dans son combat contre les préjugés - y compris dans le domaine sexuel.
Dans leur lutte pour l'égalité, les femmes cubaines et leurs alliés se sont inévitablement confrontés à une résistance sur des questions allant de l'emploi dans des postes traditionnellement réservés aux hommes et le "double fardeau" du travail et des tâches ménagères, jusqu'aux libertés sexuelles. "La participation des femmes à la révolution était une révolution dans la révolution", déclara Fidel Castro lors d'une réunion de la Fédération des Femmes Cubaines en 1966, "et si on nous demandait quelle était l'aspect le plus révolutionnaire de cette révolution, nous répondrions que c'est précisément cela - la révolution des femmes dans ce pays."
Au sein de tant de luttes et de mobilisations politiques, de nouvelles valeurs se forgeaient dans le processus de transformation de la société - objectif déclaré des dirigeants de la révolution. Il en résulta l'émergence d'une morale qui surpasse largement "l'éthique" qui gouverne les relations humaines dans d'autres pays. C'est sont les avancées accomplies sur ces principes fondamentaux qui serviront de base à l'élargissement des droits des gays. (De nombreux défis relevés par les femmes et réalisés au début de la révolution sont décrits dans le livre "Women and the Cuban Révolution - Les Femmes et la Révolution Cubaine" d'Elizabeth Stone, qui présente de nombreux discours et documents, et "Cuban Women Now - les Femmes Cubaines Aujourd'hui", par Margaret Randall, qui présente un ensemble de témoignages personnels.) Il est évident que la lutte pour l'émancipation des femmes n'est pas terminée. Mais elle est menée par un peuple doté d'un niveau de conscience plus élevé que dans n'importe quel autre pays au monde.
LA PROMISCUITE CONTRE L'EGOISME
Pour Arenas, la lutte pour la libération des femmes n'a jamais existé. D'innombrables relations sexuelles (dans son cas, entre hommes) - avec comme seul critère la quantité - est une idée souvent défendue par les autoproclamés avocats de la "révolution sexuelle". Une telle définition vide le concept du toute substance historique et ramène son aspect social révolutionnaire à une recherche permanente d'assouvissement sexuel individuel comme un but essentiel dans la vie. Il n'y a rien de progressiste là-dedans - il s'agit d'une simple réponse d'ordre pornographique à une répression sexuelle qui déshumanise à la fois les hommes et les femmes, hétérosexuels ou non. Contrairement au poète William Blake, le "chemin de l'excès" ne mène pas "au royaume de la sagesse". Les conséquences d'une telle attitude sont décrits par l'émouvant documentaire de Randy Shilt sur la pandémie du SIDA, "And the Band Played On".
Le credo sexuel d'Arenas était aux antipodes de l'élément central que la révolution tentait d'inculquer aux hommes et femmes libres qui découvraient leurs talents et leurs capacités à résoudre des problèmes complexes - de l'égoïsme. La libération sexuelle, libérée des entraves posées par des normes répressives, doit d'abord s'affranchir de l'aliénation et du fétichisme exagéré qui définissent le sexe et la sexualité.
LES ORIGINES DE L'IDEOLOGIE SEXISTE
L'idéologie patriarcale, imposée pendant des millénaires, trouve ses origines dans le triomphe des hommes sur les femmes dans la bataille pour le surplus produit par la société. Cette défaite historique de la matriarchie plaça la famille au centre du développement de la propriété privée et de l'état - comme le décrit Friedrich Engels dans "L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'État".
"(Donc, ce que) nous pouvons conjecturer aujourd'hui de la manière dont s'ordonneront les rapports sexuels après l'imminent coup de balai à la production capitaliste est surtout de caractère négatif, et se borne principalement à ce qui disparaîtra, " écrivit Engels. " Mais quels éléments nouveaux viendront s'y agréger ? Cela se décidera quand aura grandi une génération nouvelle : génération d'hommes qui, jamais de leur vie, n'auront été à même d'acheter par de l'argent ou par d'autres moyens de puissance sociale l'abandon d'une femme ; génération de femmes qui jamais n'auront été à même de se donner à un homme pour quelque autre motif que l'amour véritable, ou de se refuser à celui qu'elles aiment par crainte des suites économiques de cet abandon. Quand ces gens-là existeront, du diable s'ils se soucieront de ce qu'on pense aujourd'hui qu'ils devraient faire ; ils se forgeront à eux-mêmes leur propre pratique et créeront l'opinion publique adéquate selon laquelle -ils jugeront le comportement de chacun - un point, c'est tout."
[ NDT : j'ai rien compris. Traduction extraite de l'adresse suivante http://www.marxfaq.org/francais/eng...
Le mariage renud obligatoire pour des raisons économiques, la réduction du rôle de la femme dans le travail domestique non rémunéré et les tâches "matériels", et sa domination par le patriarche constituent la base concrète de l'idéologie sexiste - une idéologie qui fait obligatoirement fi de l'homosexualité. C'est le degré de conscience sur ces questions et la manière de les confronter qui déterminent le degré d'émancipation de la "révolution sexuelle" qui émergera inévitablement d'une lutte plus large et plus décisive pour renverser le capitalisme et commencer la construction du socialisme.
ARENAS REINVENTE
"La vie et la mort de Reinaldo Arenas furent guidées par trois passions," écrivit avec emphase l'écrivain anticommuniste Guillermo Cabrera Infante dans le quotidien espagnol El Pais, dans une critique du livre "Avant la Nuit". Ce sont "la littérature (non pas comme un jeu, mais comme un feu intérieur), le sexe passif, et le militantisme (active politics). Des trois, la passion dominante était évidemment le sexe. Non seulement dans sa vie, mais aussi dans son travail. Il était le chroniqueur d'un pays gouverné non pas par le déjà impuissant Fidel Castro, mais par le sexe - il vécut une vie dont le début ressemblait à la fin : dès le début, un long et permanent acte sexuel." Comme d'autres qui rejettent Cuba, Cabrera Infante fait une fixation sur la personnalité de Fidel Castro pour nier la base populaire de la révolution sans qui Fidel, et les autres dirigeants, auraient été renversés il y a bien longtemps. Interviewé dans le film "Conducta Impropria" , il affirma que le sort réservé aux gays à Cuba était comparable à l'extermination des Juifs par les Nazis à Auschwitz.
Mais tandis qu'Arenas se complaisait à vanter ses exploits sexuels, Schnabel, conscient des critiques qu'un tel comportement pouvait attirer, se livre à une pirouette de mise en scène pour embellir le comportement d'Arenas. Il remplace les relations frénétiques et anonymes de l'écrivain par une jolie sensualité torride teintée d'innocence rurale.
ARENAS COMME ECRIVAIN
En 1963 fût publié le roman primé d'Arenas, "Le Puits" [ NDT - en anglais " Singing from the Well " ; en espagnol "Cantando en el poso" (1982), originalement publié sous le titre "Celestino antes del alba (1967)" selon Wikipedia ]. Ce livre est encore disponible à Cuba. Son livre avait été favorablement acueilli par Alejo Carpentier, figure clé à l'époque d'une école littéraire émergente appelée "réalisme magique", dont l'oeuvre influença et annonça Gabriel García Márquez. Mais contrairement à Carpentier, Arenas se positionna dans un trajectoire de confrontation directe non seulement avec les erreurs de la révolution, mais aussi avec la lutte de libération du peuple Cubain qui pouvait corriger ces erreurs. Si Arenas avait été capable de s'intégrer dans ce processus complexe, son talent - démontré dans des ouvres telles que "Rosa", qui rappelle le jeune García Márquez et l'exceptionnel romancier portugais José Saramago - aurait pu être vacciné contre le poison de l'amertume obsessive qui imprégnera et déformera ses ouvres futures. Il était incapable de comprendre que, comme l'a déclaré le jeune cubain à Ernesto Cardenal, "l'UMAP était dissociable de la Révolution. Nous nous sommes dits : nous n'allons pas quitter Cuba, nous allons rester et corriger ce qui ne va pas".
EXEMPLES DE RESISTANCES ET D'ABANDONS
La vie et le statut de José Lezama Lima, auteur de ce qui est probablement le plus grand roman cubain, "Paradiso", et qui fut vilipendé par certains en 1960 pour "dissidence", et l'homosexualité lyrique sous-jacente de l'ouvre, constitue une alternative à Arenas, malgré les efforts du film pour le décrire comme un cosmopolite ennemi de la révolution. Lezama Lima, qui était gay, défendit le gouvernement Cubain et Castro devant Ernesto Cardenal en 1970, tout en expliquant qu'il n'était pas un "animal politique". Il demeura à la Havane jusqu'à sa mort. Un jeune membre du Ministère des Relations Extérieures de Cuba m'a raconté l'année dernière qu'il avait lu, en compagnie d'autres étudiants en littérature cubaine, le livre de Lezama au lycée. "C'est mon roman préféré", m'a-t-il dit.
Paradiso "n'a jamais été censuré," a déclaré le cinéaste cubain Tomás Gutiérrez Alea à la revue Cineaste en 1995. "Ce qui s'est passé après la publication du livre fut que celui-ci fût retiré parce qu'il y avait un chapitre entier contenant des références à l'homosexualité. Un tel acte de censure était idiot. Néanmoins, le livre a finalement été remis en circulation."
Pablo Armando Fernández, qui "confessa" ses déviations idéologiques durant l'affaire Padilla, et qui fut privé pour un temps du droit de publier sa poésie - il dut se convertir au métier d'imprimeur pour survivre - refusa lui aussi d'abandonner le navire. Aujourd'hui, il est le lauréat des plus hautes récompenses de poésie à Cuba, et il défend la souveraineté de son pays dans les conférences qu'il donne aux Etats-Unis.
D'un autre côté, Padilla émigra aux Etats-Unis en 1979 et devint la marionnette des propagandistes anti-cubains. Ceci inclut sa participation à "Conducta impropria" . Dans ce film, Padilla va jusqu'à se ridiculiser en accusant "les dirigeants cubains" qui, tout en persécutant les "hommes gays", évitaient de harceler les lesbiennes parce qu'elles "les excitent. Rien n'excite plus le cerveau primitif d'un cubain que deux femmes au lit."
IDENTIFIER ET ANALYSER LES ERREURS
Malgré le départ de Padilla et son virage à droite, les mauvais traitements dont il a fait l'objet - comme pour d'autres intellectuels et artistes - furent condamnés par les dirigeants cubains. Abel Prieto, dans une interview accordée à la revue cubaine "Contrapunto" alors qu'il était le président de l'UNEAC (le syndicat des artistes et écrivains) et le plus jeune membre du Politburo du Parti Communiste, s'exprima en ces termes : "Je suis convaincu que l'affaire Padilla fut une erreur," et qualifia l'exilé de "bon poète".
"La fameuse autocritique de Padilla fut un piège ridicule dans lequel sont tombés les camarades impliqués dans cette affaire. Il y eut des gens très courageux, révolutionnaires et intellectuels qui ont cru à cette mise en scène, cette autocritique," souligna Prieto. En parlant d'un documentaire tourné à l'époque sur ces événements, et qui saluait ces confessions, Prieto qualifia le film de "très triste, parce que c'était une sorte de caricature des procès de Moscou". Le mot clé ici est "caricature". En effet, si un régime "à la Moscovite" avait réellement existé à la Havane, Cuba serait aujourd'hui une Bulgarie tropicale et l'Histoire aurait été tout à fait différente, et le monde dans une situation plus difficile. Le film, souligna Prieto, était en réalité l'expression d'une " bouffonnerie ". C'était un étalage de mesures imposées par un secteur bureaucratique sans scrupules et réactionnaire déterminé à éloigner les travailleurs de la politique et consolider leurs propres vies confortables en abandonnant la solidarité internationale. C'est précisément parce que Cuba n'a jamais été une "satellite" de l'URSS - au grand dam de Washington - que sa direction fut capable de mener la lutte contre les déviations et ramener la révolution sur son chemin initial.
Prieto est actuellement le Ministre de la Culture à Cuba.
Dans le film "Avant la Nuit", une voix "off" s'exprime - censée être celle de Fidel Castro - pour justifier les mauvais traitements. Le narrateur anonyme récite les paroles d'un discours de Castro, devant des intellectuels Cubains de l'époque, et dit "dans la révolution, tout ; hors de la révolution, rien." En fait, le dirigeant Cubain a dit quelque chose de bien différent : "contre la révolution, rien."
Cette dernière idée a toujours fait l'objet d'une constante élaboration, de mise en pratique et de débat - le tout dans un environnement d'hostilité permanente de la part des Etats-Unis qui n'a jamais faibli avec le temps.
UN PAS EN ARRIERE
En 1970, trois ans après le meurtre de Che Guevara en Bolivie et le déclin du mouvement révolutionnaire en Amérique latine qui en résulta, la direction centrale de Cuba était incapable de remplir sa promesse de mobiliser suffisamment la population pour obtenir une récolte de sucre de 10 millions de tonnes, chiffre qui s'est révélé utopique. Ce revers pour le régime modifia l'équilibre politique en défaveur de ceux menés par Fidel Castro et en faveur de ceux qui préconisaient l'établissement de relations économiques privilégiées avec Moscou. Cette décision, et tout ce qui découlait de cette relation sur le plan politique et culturelle, eut des conséquences inattendues. Peu après, Cuba abandonna son plan d'autosuffisance alimentaire pour intégrer le Conseil d'Assistance Economique Mutuelle, qui fédérait les plans économiques de l'URSS et des pays du pacte de Varsovie.
C'est dans ce contexte que s'est tenu en 1971 le premier Congrès National sur l'Education et la Culture et que se produisit - ce n'est pas un hasard - l'arrestation de Heberto Padilla. A l'extérieur de Cuba, des partisans de la révolution protestèrent, comme Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez et Jean-Paul Sartre. Ceux-là se démarquèrent d'autres intellectuels et écrivains qui invoquèrent l'injustice commise pour rompre avec la révolution.
Dans sa résolution la plus marquante, le Congrès déclara "le caractère pathologique social des déviations homosexuelles est reconnu. Il est convenu que toutes les manifestations de déviations homosexuelles doivent être fermement rejetées et leur expression limitée." Cette proclamation encouragea la négation aux gays de tout emploi dans une institution qui pouvait influencer les jeunes. De même, le Congrès déclara que les gays ne pouvaient pas "représenter Cuba" à l'étranger.
Cette prise de position provoqua des protestations d'artistes, d'écrivains et d'autres Cubains ainsi que des partisans de Cuba à l'étranger dont le caractère révolutionnaire ne pouvait être mis en doute. Joseph Hensen, dirigeant vétéran du Socialist Workers Party ( Etats-Unis ) qui dès le début diffusait assidûment des informations sur le déroulement de la révolution et lutta pour renforcer la solidarité, écrivit que "la mise au pilori des homosexuels" était "un mauvais signe" sur l'existence de problèmes plus profonds mais pas insurmontables. (introduction à son recueil d'essais de 1978, The Dynamics of the Cuban Revolution : A Marxist Appreciation)
Un jour, je me promenais dans les rues de la Havane par une journée torride du mois d'août. J'ai cherché à me protéger de l'humidité étouffante en me réfugiant dans le hall d'entrée climatisé de l'ambassade Tchécoslovaque. En entrant, je suis tombé nez à nez avec un étalage de "déviationnisme idéologique" - une formule effrayante créée par la bureaucratie Soviétique et qui consistait à faire des amalgames, à stigmatiser et à mettre hors la loi toute une panoplie d'ennemis, à la fois réels et imaginaires. Devant moi, dans un présentoir vitré, se trouvaient les preuves, fournies par le Ministère de l'Intérieur Cubain : une copie de "la Révolution Trahie" de Trotski, un magazine d'érotisme homosexuel, et un tract Sioniste. Malgré la fraîcheur du hall d'entrée, j'étais seul.
A l'extérieur, de nombreux Cubains étaient préoccupés par les menaces répétées de Moscou à l'égard de mouvement polonais Solidarité. "Nous sommes contre une intervention", m'ont dit de nombreux cubains, préoccupés par l'éventualité de représailles étasuniennes.
LE TRAJECTOIRE D'ARENA
Le deuxième roman d'Arenas, malgré les louanges décernées par l'UNEAC, fut interdit de publication, sauf si les références à l'homosexualité étaient expurgées. Arenas refusa et commença à sortir ses livres clandestinement de Cuba. En 1973, il fut arrêté pour atteinte à la pudeur envers un mineur, qu'il nia.
Dans le film, cet événement est décrit sans aucun fondement comme un piège tendu contre le chaste Arenas. Cependant, dans ses mémoires, Arenas parle d'une occasion où lui et ses amis "eurent des relations sexuelles avec des jeunes." Il est emprisonné, mais il s'évade et se retrouve fugitif. Les proclamations d'Arenas, qui deviennent de plus en plus antirévolutionnaires, ainsi que ses relations avec des ambassades étrangères par lesquelles il fait passer ses manuscrits à l'étranger amènent le gouvernement cubain à le déclarer comme un agent au service des Etats-Unis.
Il est arrêté de nouveau. Son emprisonnement est montré dans le film dans un décor imaginé par Hieronymus Bosch. Arenas signe des aveux - grâce à la persuasion de Johnny Depp - et se retrouve libre. Ensuite, le film passe rapidement en revue sa vie dans un squat, en compagnie d'autres Cubains mécontents, jusqu'en 1980 et l'exode de Mariel où quelques 125.000 cubains partirent pour les Etats-Unis. Dans le film, les dix années suivantes sont résumées en quelques secondes.
L'arrivée d'Arenas et ses expériences à Miami - brièvement racontées dans le livre - sont entièrement absents du film. Peut-être parce qu'il pensait que la ville était "une caricature de Cuba, du pire de Cuba". Pour lui, si Cuba était un "enfer", Miami était un "purgatoire". Ddes propos qui, en plus de son homosexualité déclarée, ne lui attiraient pas les sympathies de l'extrême droite du Sud de la Floride. Arenas se servira de cette antipathie pour répandre le mythe qu'il n'était "ni de gauche, ni de droite", comme si ses préférences sexuelles lui permettaient de transcender tout jugement basé sur le contenu politique de ses actes.
Après s'être installé à New York, Arenas se lança dans l'organisation d'actions contre la révolution cubaine. Ses propres conférences en font partie, sa collaboration avec Nestor Almendros dans "Conducta Impropria" et sa participation à des campagnes de pétitions dénonçant la "dictature Castriste". Toutes ces actions, largement décrites dans ses mémoires, sont absentes du film.
Son roman The Brightest Star ["l'étoile la plus brillante" ] fut publié en anglais en 1984. Il est dédié à son ami, Nelson Rodríguez Leyva qui, en 1971, dégoupilla une grenade qui n'a pas explosé dans un avion de ligne Cubain en vol vers les Etats-Unis. Arrêté, celui-ci fut jugé et exécuté. Arenas salua son action armée. "Je pense souvent à ce moment où, grenade à la main, au dessus de cette île avec ses camps de concentration et ses prisons, Nelson, dans le ciel, se sentait enfin libre, peut-être pour la première fois dans sa courte vie." écrivit Arenas, en parlant de son ami.
FIN TRAGIQUE
L'auteur Arenas fait un rapide compte-rendu des dix dernières années de sa vie aux Etats-Unis, une répétition malheureuse de celle qu'il a vécue à Cuba : d'innombrables relations sexuelles anonymes, des rencontres imaginaires avec des "sorcières", des diatribes obsessionnelles contre Fidel Castro, une dérision sans relâche contre les figures de la littérature internationale - ses plus célèbres rivaux - qui défendaient Cuba. Carlos Fuentes, dit-il, cinglant, se comporte "comme un ordinateur - l'exact contraire de ce que je considère comme un véritable écrivain." Eduardo Galeano est "un homme de main de Castro". Gabriel Garcia Marquez est "un opportuniste né. Son ouvre, qui a malgré tout des qualités, est imprégnée d'un populisme de bazar".
Surtout, Arenas devint politiquement paranoïaque et voyait des "agents de Castro" partout. Les origines de cette phobie n'étaient pas dûes à leur existence, mais au fait qu'Arenas rencontrait souvent des partisans de Cuba lors de ses interventions. Face à de tels contradicteurs, il imaginait recevoir "des menaces de mort de la part de la sécurité d'état Cubaine" et affirmait qu'il était la cible de tentatives d'assassinats, de cambriolages et d'opérations clandestines.
Rien de tout cela, à l'exception d'une allusion rapide à l'activité sexuelle d'Arenas, n'est raconté dans le film. Le film conclut rapidement sur la tragédie solitaire de sa mort, exacerbé par des effets de mise en scène. Il est expulsé d'un appartement. Affaibli par le SIDA, il est hospitalisé mais, sans couverture sociale, il est libéré et retourne à sa nouvelle demeure au confort spartiate. Bien sûr, il s'agit là d'une mise critique des conditions de vie aux Etats-Unis (et renforce par là la crédibilité du film auprès des progressistes). Ces "souffrances de l' exil", écrivit Arenas dans sa "lettre d'adieu", ainsi que "les maladies contractées - n'auraient probablement jamais eu lieu si j'avais pu vivre en liberté dans mon propre pays."
Arenas s'est tué. Mais le metteur en scène Schnabel, apparemment pour tenter de renforcer la sympathie pour le personnage, transforme le suicide en un acte d'euthanasie effectué par un ami proche, Lazaro Gomez.
La prédiction d'Arenas, sur son lit de mort en 1990, que Cuba "sera libre" faisait écho aux espoirs des milieux cubano-américains de pouvoir fêter leur prochain Noël (le premier après la chute de l'URSS), à la Havane. Mais sa prédiction se révéla être aussi creuse que sa vie était devenue.
* * * *
En 1975, la Cour Suprême Cubaine annula le Résolution numéro 3 du Conseil de la Culture, prédécesseur du Ministère de la Culture. Ce jugement fût invoqué pour inspirer les déclarations anti-gay du congrès culturel de 1971 et qui fixaient les "paramètres" pour restreindre l'emploi des homosexuels dans les métiers de l'art et de l'éducation.
En 1975 aussi, après d'intenses débats et discussions populaires, Cuba adopta le Code de la Famille. Parmi d'autres changements importants, le code prônait l'égalité des sexes en matière d'éducation des enfants et des tâches ménagères, renforçant l'égalité des sexes en tant qu'objectif de la nouvelle société.
En 1979, le nouveau Code Pénal cubain dépénalisa l'homosexualité.
En 1981, "En défense de l'Amour", par le Dr Sigfried Schnabl, devint un best-seller à Cuba grâce à son traitement franc et objectif de la sexualité humaine. L'Homosexualité, écrivit Schnabl, "n'est pas une maladie, mais une variante de la sexualité humaine."
"Il n'y a pas de normes morales ou sentimentales "naturelles" chez l'homme." expliqua-t-elle. "La seule tendance naturelle est le désir sexuel lui-même. Les us et coutumes par lesquels les gens satisfont leurs désirs et tout ce qui s'instaure entre les sexes est le produit d'une culture." Ainsi, la bigoterie anti-gay de la culture héritée par la révolution Cubaine devait être rejetée. "Ce serait une erreur que de rejeter un homosexuel à cause de ses préférences sexuelles ou de considérer son homosexualité comme une tare, comme beaucoup le font, malheureusement, à cause de leur ignorance, leur incompréhension, et leurs préjugés."
Peu après, le Ministère de la Culture cubaine republia le livre populaire de Schnabl, "L'Homme et la Femme dans l'intimité", qui consacre un chapitre entier à l'homosexualité. Le livre fut publié pour la première fois en 1979. Il énumère et réfute une série de superstitions qui tentent d'expliquer les causes supposées de l'homosexualité. "Toutes ces "théories" - qui jusqu'à une date récente étaient défendues par certains spécialistes," écrivit Schnabl, "n'ont pas le moindre fondement scientifique."
CONTRE LA DISCRIMINATION ANTI-GAY
Les gays "ne souffrent pas de leur homosexualité," expliqua Schnabl, "mais plutôt des difficultés que leur condition engendre dans la vie de tous les jours," à savoir les préjugés anti-gays. Elle s'opposa explicitement, dans ce livre publié par le gouvernement, à toutes sanctions contre les gays. "Ce que font des adultes consentants en privé ne porte pas atteinte aux valeurs morales d'une société et il n'y a donc pas lieu de prendre une quelconque action à leur encontre. Les Homosexuels, comme tous les citoyens, ont droit au respect et à la reconnaissance pour leurs actions concrètes et leur comportement," déclara Schnabl.
En citant ces passages, et d'autres aussi, dans le quotidien du Parti Communiste Cubain, Granma, Tomás Gutiérrez Alea souligna, dans une réaction en 1984 à Conducta Impropria, que "cela ne signifie pas que la publication d'un seul livre, tout "officiel" qu'il soit, fera automatiquement disparaître le phénomène social profondément enraciné par des siècles d'un passé catholique et espagnol. Cependant, un tel livre où, entre autres, apparaissent les derniers critères scientifiques sur l'homosexualité est, sans nul doute, un outil précieux délivré par l'état Cubain à tous ceux qui défendent la cause de tous ceux qui sont victimes de discriminations, qui sont marginalisés et qui souffrent des préjugés et d'oppressiond de toutes sortes."
Les critiques formulées par Gutierrez contre Almendros, qui a volontairement falsifié son "documentaire" sur la durée et la nature de l'UMAP, pourrait aussi être appliquées à Schnable. "Almendros sait parfaitement que des mensonges éhontés peuvent être fabriqués à partir de demi vérités," écrivit Gutiérrez. "Il sait, par exemple, que l'UMAP, les camps de travail où de nombreux homosexuels furent envoyés pour y effectuer leur service militaire, était une erreur et déclencha un scandale qui heureusement aboutit à leur disparition et une politique de rectification." Le magazine (US) Village Voice et le quotidien (US) Militant reproduisirent l'article du légendaire metteur en scène cubain peu de temps après sa publication à Cuba.
LA RECTIFICATION
En 1986, le Parti Communiste Cubain, mené par Fidel Castro, entreprit un profond processus de critiques, de débats et d'échanges destiné à dépasser la politique économique et l'organisation du travail inspirées des Soviétiques. Fidel expliqua que les valeurs révolutionnaires cubaines avaient été tellement érodées par la bureaucratie, la corruption, et l'inertie générée par de telles méthodes que la révolution avaient commencé à "déraper". La Parti lui-même, déclara-t-il au Comité Central, avait commencé à "se perdre".
Cette profonde "campagne de rectification des erreurs et des tendances négatives" devint réellement, comme le dirigeant cubain l'a affirmé, "une révolution dans la révolution." Son objectif n'était pas de "simplement rectifier les erreurs commises ces dix dernières années," précisa Castro, "ou les erreurs commises depuis le début de la révolution. La rectification, c'est de trouver des solutions à des problèmes qui perdurent depuis des siècles." (deux discours clés qui expliquent le processus de rectification sont toujours disponibles dans le magazine New International, à 410 West St., N.Y., N.Y. 10014, USA).
L'étendue de ce projet sans précédent - particulièrement lorsque les militants révolutionnaires cubains s'en saisirent - déclencha de nombreux débats sur les méthodes économiques qui avaient fait dévier la révolution ainsi qu'aux politiques appliquées dans le domaine de la culture, des arts et des relations sociales.
Un des résultats de ce processus fut de découvrir que, en dépit de l'arme de l'immigration utilisée par les Etats-Unis contre une Cuba soumise à un embargo économique, des départs plus récents (comme ceux de Mariel) touchaient des milliers de citoyens (dont des gays ) qui avaient souffert de discriminations ou avaient été réprimés selon des pratiques erronées exercées au nom de la révolution.
Il y a plus de dix ans, j'ai interviewé un jeune travailleur Cubain, dont l'homosexualité était connue chez ses collègues de travail, qui avait quitté Cuba lors de l'exode de Mariel, "juste pour vivre une aventure," dit il. Roberto réalisa rapidement tout ce qu'il avait abandonné. Il vécut des expériences qui ont fini par le faire adhérer à la Brigade Antonio Maceo, un groupe de jeunes cubains prorévolutionnaires à Miami et New Jersey. Il retourna visiter Cuba plein processus de rectification et rendit visite à l'usine où il travaillait avant pour prendre la parole devant 700 de ses anciens collègues. Lorsqu'il monta sur l'estrade, ils se levèrent pour lui faire une ovation.
DES TABOUS QUI DISPARAISSENT
Un effet secondaire de la catastrophe économique qui secoua Cuba lorsque l'URSS et ses régimes alliés s'effondrèrent (entraînant une chute de 85% du commerce de l'île) fut la disparition de l'influence sociale et culturelle soviétique dans le corps politique de la révolution cubaine - les canons de "l'orthodoxie" soviétique et du "réalisme socialiste" qui n'ont jamais fait partie de l'esprit rebelle de la rév
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Première Gay Pride à Porto suite au meurtre d'un transsexuel Lisbonne
Quelque 200 personnes, certaines masquées, ont défilé samedi pour la première Gay Pride jamais organisée à Porto, dans le nord du Portugal, afin de commémorer le meurtre sauvage d'un transsexuel dans cette ville, ont annoncé les organisateurs.
Les défenseurs des droits des homosexuels ont déclaré qu'ils avaient décidé ce défilé en raison de la mort de Gisberta Salce, un transsexuel sans abri de 46 ans battu, lapidé et noyé. Quatorze adolescents de Porto sont accusés de ce meurtre.
Treize de ces adolescents, âgés de 13 à 15 ans, ont comparu la semaine dernière devant un tribunal pour enfants. Le quatorzième, âgé de 16 ans, sera jugé par un tribunal pour adultes.
Les adolescents sont accusé d'avoir battu et lapidé Gisberta Salce pendant plusieurs jours avant de la jeter dans une fosse profonde de 10 mètres remplie d'eau dans un garage abandonné, où elle est morte noyée.
La plupart des accusés dépendaient d'une institution catholique qui s'occupe d'orphelins ou de jeunes perturbés.
«Ce crime a rendu vraiment évident qu'il est nécessaire de faire prendre conscience au public des problèmes que les gays, les lesbiennes, les bisexuels et les transgenres rencontrent dans cette ville», a déclaré l'un des organisateurs du défilé, Paula Valente, à la radio publique RDP.
La marche, partie du lieu où le corps de Gisberta Salce avait été découvert, a traversé le centre historique de Porto, deuxième ville du Portugal.
Certains des participants avaient le visage masqué et portaient des T-shirts sur lesquels était écrit: «Je n'ai pas peur de la discrimination, mais mes parents en ont peur», selon l'agence de presse portugaise Lusa.
A Lisbonne, la capitale du Portugal, une Gay Pride a lieu chaque année depuis 1997 pendant le troisième week-end de juin. Elle attire moins de mille participants.
La société portugaise est largement conservatrice, particulièrement dans le nord du pays où se trouve Porto.
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