François Bayrou, premier opposant à la privatisation des autoroutes, a demandé en vain que le Parlement se prononce, comme la loi le prévoit pour la privatisation d'entreprises appartenant à l'État. Quand le PDG de Vinci, M. Zacharias, a demandé une prime de 8 millions d'euros pour avoir racheté les Autoroutes du Sud de la France, c'est devenu évident pour tous : la France avait, comme le disait François Bayrou, « bradé ses bijoux de famille ».
« La privatisation des sociétés d'autoroute est illégitime. S'agissant de biens appartenant au peuple français, seuls les représentants du peuple français peuvent décider de les aliéner. Le Parlement avait consacré à la question un grand débat fin 2004, sous l'impulsion de Gilles de Robien, le ministre de l'équipement de l'époque : tous les groupes s'étaient exprimés contre la privatisation. »
Mais six mois plus tard, le gouvernement suivant « sacrifie l'avenir au présent. Les sociétés autoroutières sont un des seuls biens de la nation dont les revenus sont garantis et croissent dans le temps. Elles sont le bien national qui rapporte le plus à l'État. L'affaire est si attrayante que dix-huit grands groupes européens ont fait acte de candidature !
D'ici à 2032, durée de la concession des autoroutes, on estime que ces sociétés auront engrangé 40 milliards d'euros de bénéfices. Ces revenus auraient dû servir à financer les grands équipements dont la France a besoin dans le domaine du transport, dans le cadre d'une politique du développement durable : les trains à grande vitesse, le ferroutage, les voies fluviales et maritimes, pour lutter en particulier contre l'effet de serre et doter notre pays de l'équipement qu'il mérite.
Ce gouvernement a sacrifié l'avenir au présent. Tout l'argent de la privatisation des autoroutes va disparaître dans le "tonneau des Danaïdes" du déficit public. Il n'en restera plus rien dans quelques mois. Selon les enquêtes d'opinion, les Français sont opposés à ce bradage, à plus de 70 %.
Cette affaire concentre tous les visages du mal français : gestion imprévoyante, revirements constants, gaspillage, oubli de l'intérêt général pour le plus grand bénéfice d'intérêts privés, mépris du Parlement et désinvolture à l'égard de la loi. C'est une preuve de plus qu'il faut changer les choses en profondeur. »
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.(article 2 de la Décalaration des droits de lhomme et du citoyen )
Article XXXV - Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793)
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