Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Ouahhhhh! C'est beau non ? Empli de vie!
Integraciones
Después de todo te amaré
Como si fuera siempre antes
Como si de tanto esperar
Sin que te viera ni llegaras
Estuvieras eternamente
Respirando cerca de mí.
Cerca de mí con tus costumbres
Con tu color y tu guitarra
Como están juntos los países
En las lecciones escolares
Y dos comarcas se confunden
Y hay un río cerca de un río
Y dos volcanes crecen juntos.
Cerca de ti es cerca de mí
Y lejos de todo es tu ausencia
Y es color de arcilla la luna
En la noche del terremoto
Cuando en el terror de la tierra
Se juntan las raíces
Y se oye sonar el silencio
Con la música del espanto.
El miedo es también un camino.
Y entre sus piedras pavorosas
Puede marchar con cuatro pies
Y cuatro labios, la ternura.
Porque sin salir del presente
Que es un anillo delicado
Tocamos la arena de ayer
Y en el mar enseña el amor
Un arrebato repetido.
Fusions
Après tout je t'aimerai
Comme si c'était toujours avant
Comme si à force d'attendre
Sans te voir sans que tu viennes
Tu étais éternellement
En train de respirer près de moi.
Près de moi avec tes habitudes
Avec ta couleur et ta guitare
Comme sont ensemble les pays
Dans les leçons de l'école
Et deux contrées se confondent
Et il y a un fleuve près d'un fleuve
Et deux volcans s'élèvent ensemble.
Près de toi c'est près de moi
Et loin de tout est ton absence
Et la lune est couleur d'argile
Dans la nuit du tremblement
Quand dans la terreur de la terre
S'assemblent les racines
Et l'on entend tinter le silence
Avec le son de l'épouvante.
La peur est aussi un chemin.
Et entre ses pierres effrayantes
La tendresse peut marcher
à quatre pieds et quatre lèvres.
Car sans s'éloigner du présent
Qui est une bague délicate
Nous touchons le sable d'hier
Et dans la mer l'amour évoque
Une fureur incessante.
Pablo Neruda (extrait de Le coeur jaune)
Publié par kristo à 12:07:31 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (0) | Permaliens
Quand l'écrivain s'interroge sur lui-même et que c'est Cendrars qui le fait :
Au début, en 1917, quand je m'éloignais pour cacher ma joie de vivre car mon amour était tel, Raymone, que je craignais de tomber foudroyé, je ne poussais pas plus loin que la forêt des Landes. Ce n'est que petit à petit et par une longue pratique de l'automobile, au fur et à mesure que les voitures se perfectionnaient, quand on put enfin faire de la vitesse, de la vitesse pure, que je compris que je me dépouillais insensiblement de tout en fonçant dans l'inconnu car à quoi peut-on comparer la vitesse sinon à la poussée lente de la pensée qui progresse sur un plan métaphysique, pénétrant, isolant, analysant, décomposant tout, réduisant le monde à un petit tas de cendres aérodynamisées... et reconstruisant magiquement l'univers par une formule fulgurante... cette illumination qui redonne vie : Le monde est ma représentation ».
« Ce que tu m'as dit de ta nuit, du ciel, de la lune, du paysage, du silence a dû ranimer en moi des réminiscences similaires... Et alors, j'ai pris feu dans ma solitude car écrire c'est se consumer... L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d'idées et qui fait flamber des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres. »
Publié par kristo à 17:36:44 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (1) | Permaliens
Je me souviens que le canapé rouge était installé au bord de la piste, dans un tournant, et que je m'arrêtai pile tellement cette rencontre était inattendue. Le bruit de mes engrenages n'était pas encore apaisé ni le nuage de poussière que ma vieille Ford avait soulevé, retombé que je vis la femme qui me tenait en joue abaisser son arme et je l'entendis me dire émerveillée :
- ... ô, j'ai tout de suite compris qu'il n'était pas un bandit de grand chemin quand j'ai vu une si belle voiture...
J'étais éberlué.
Dans un coin du canapé, une négresse toute réjouie, qui avait un mauvais fusil de chasse entre les genoux, donnait le sein à un magnifique négrillon nu, qui pouvait avoir dans les quatre ans et qui tétait comme un glouton. A côté d'elle, trois fillettes, six, huit et dix ans, revêtues d'une longue chemise blanche, sages comme des images mais mourant de vergogne, me dévoraient des yeux à travers leurs doigts écartés, les mains plaquées sur le visage. Autour de ces innocentes sur leur canapé rouge, la solitude, la menace d'une clairière tropicale.
- ... ô, le Monsieur est le premier à passer. Est-ce qu'ils ont terminé la route, les hommes ?...
- Mais... mais... qu'est-ce que vous faites là, donzella ? lui demandai-je en retrouvant mes esprits.
- O, on nous a promis une route, et depuis la fin de la saison des pluies je viens ici voir passer la route avec mes chérubins à qui j'ai promis de leur montrer des merveilles. Est-ce que la route arrive bientôt ? C'est long...
En effet, une route était jalonnée quelque part, du côté de Santa-Rita, à 300 kilomètres de là, et seule ma vieille Ford, qui en avait vu bien d'autres durant mes vagabondages au Brésil, avait pu franchir les embûches et les mauvais pas de la piste qui m'avait mené bon premier dans cette clairière.
- Mais où habitez-vous, grand Dieu ?
- O, par là, me répondit la négresse, en pointant son pouce derrière son dos, par là-bas, de l'autre côté de la corne du bois, dans les collines d'Arraraquâra. C'est à six lieues d'ici, mais on s'ennuie...
- Et votre mari ?
- O, mon homme ? Il y a deux ans que nous l'attendons, les chérubins et moi. Il travaille à la route et c'est la route qui va nous le ramener. Avant, il travaillait au pont...
- Quel pont ?
- O, le pont, le pont qui lui a donné le canapompé, pas vrai mes chérubins ? il est beau, rouge, hein Monsieur ?
- Il est très beau.
- O, c'est moi qui l'ai installé là et nous sommes bien, là, avec mes chérubins pour voir venir cette route et toutes les belles choses qu'elle doit nous apporter... Alors, cette route, elle est loin d'ici, elle flâne, oui, elle se repose ?... O la vilaine qui fait du chagrin au petit cœur de mes chérubins !... Mais vous êtes bien venu, vous, le premier, et c'est gentil !
Publié par kristo à 18:46:51 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (2) | Permaliens
Je me souviens que le canapé rouge était installé au bord de la piste, dans un tournant, et que je m'arrêtai pile tellement cette rencontre était inattendue. Le bruit de mes engrenages n'était pas encore apaisé ni le nuage de poussière que ma vieille Ford avait soulevé, retombé que je vis la femme qui me tenait en joue abaisser son arme et je l'entendis me dire émerveillée :
- ... ô, j'ai tout de suite compris qu'il n'était pas un bandit de grand chemin quand j'ai vu une si belle voiture...
J'étais éberlué.
Dans un coin du canapé, une négresse toute réjouie, qui avait un mauvais fusil de chasse entre les genoux, donnait le sein à un magnifique négrillon nu, qui pouvait avoir dans les quatre ans et qui tétait comme un glouton. A côté d'elle, trois fillettes, six, huit et dix ans, revêtues d'une longue chemise blanche, sages comme des images mais mourant de vergogne, me dévoraient des yeux à travers leurs doigts écartés, les mains plaquées sur le visage. Autour de ces innocentes sur leur canapé rouge, la solitude, la menace d'une clairière tropicale.
- ... ô, le Monsieur est le premier à passer. Est-ce qu'ils ont terminé la route, les hommes ?...
- Mais... mais... qu'est-ce que vous faites là, donzella ? lui demandai-je en retrouvant mes esprits.
- O, on nous a promis une route, et depuis la fin de la saison des pluies je viens ici voir passer la route avec mes chérubins à qui j'ai promis de leur montrer des merveilles. Est-ce que la route arrive bientôt ? C'est long...
En effet, une route était jalonnée quelque part, du côté de Santa-Rita, à 300 kilomètres de là, et seule ma vieille Ford, qui en avait vu bien d'autres durant mes vagabondages au Brésil, avait pu franchir les embûches et les mauvais pas de la piste qui m'avait mené bon premier dans cette clairière.
- Mais où habitez-vous, grand Dieu ?
- O, par là, me répondit la négresse, en pointant son pouce derrière son dos, par là-bas, de l'autre côté de la corne du bois, dans les collines d'Arraraquâra. C'est à six lieues d'ici, mais on s'ennuie...
- Et votre mari ?
- O, mon homme ? Il y a deux ans que nous l'attendons, les chérubins et moi. Il travaille à la route et c'est la route qui va nous le ramener. Avant, il travaillait au pont...
- Quel pont ?
- O, le pont, le pont qui lui a donné le canapompé, pas vrai mes chérubins ? il est beau, rouge, hein Monsieur ?
- Il est très beau.
- O, c'est moi qui l'ai installé là et nous sommes bien, là, avec mes chérubins pour voir venir cette route et toutes les belles choses qu'elle doit nous apporter... Alors, cette route, elle est loin d'ici, elle flâne, oui, elle se repose ?... O la vilaine qui fait du chagrin au petit cœur de mes chérubins !... Mais vous êtes bien venu, vous, le premier, et c'est gentil !
Publié par kristo à 12:13:00 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (0) | Permaliens
Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !
La terre ardente et fière est plus superbe encor
Et la vie éveillée est d'un parfum si fort
Que tout l'être s'en grise et bondit vers la joie.
Soyez remerciés, mes yeux,
D'être restés si clairs, sous mon front déjà vieux,
Pour voir au loin bouger et vibrer la lumière ;
Et vous, mes mains, de tressaillir dans le soleil ;
Et vous, mes doigts, de vous dorer aux fruits vermeils
Pendus au long du mur, près des roses trémières.
Soyez remercié, mon corps,
D'être ferme, rapide, et frémissant encor
Au toucher des vents prompts ou des brises profondes ;
Et vous, mon torse droit et mes larges poumons,
De respirer, au long des mers ou sur les monts,
L'air radieux et vif qui baigne et mord les mondes,
Oh ces matins de fête et de calme beauté !
Roses dont la rosée orne les purs, visages,
Oiseaux venus vers nous, comme de blancs présages,
Jardins d'ombre massive ou de frêle clarté !
A l'heure où l'ample été tiédit les avenues,
Je vous aime, chemins, par où s'en est venue
Celle qui recelait, entre ses mains, mon sort ;
Je vous aime, lointains marais et bois austères,
Et sous mes pieds, jusqu'au tréfonds, j'aime la terre
Où reposent mes morts.
J'existe en tout ce qui m'entoure et me pénètre.
Gazons épais, sentiers perdus, massifs de hêtres,
Eau lucide que nulle ombre ne vient ternir,
Vous devenez moi-même étant mon souvenir.
Ma vie, infiniment, en vous tous se prolonge,
Je forme et je deviens tout ce qui fut mon songe ;
Dans le vaste horizon dont s'éblouit mon oeil,
Arbres frissonnants d'or, vous êtes mon orgueil ;
Ma volonté, pareille aux nœuds dans votre écorce,
Aux jours de travail ferme et sain, durcit ma force.
Quand vous frôlez mon front, roses des jardins clairs,
De vrais baisers de flamme illuminent ma chair ;
Tout m'est caresse, ardeur, beauté, frisson, folie,
Je suis ivre du monde et je me multiplie
Si fort en tout ce qui rayonne et m'éblouit
Que mon cœur en défaille et se délivre en cris.
Oh ces bonds de ferveur, profonds, puissants et tendres
Comme si quelque aile immense te soulevait,
Si tu les as sentis vers l'infini te tendre,
Homme, ne te plains pas, même en des temps mauvais ;
Quel que soit le malheur qui te prenne pour proie,
Dis-toi, qu'un jour, en un suprême instant,
Tu as goûté quand même, à cœur battant,
La douce et formidable joie,
Et que ton âme, hallucinant tes yeux
Jusqu'à mêler ton être aux forces unanimes,
Pendant ce jour unique et cette heure sublime,
T'a fait semblable aux Dieux.
Publié par kristo à 11:26:48 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (1) | Permaliens
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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