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Etoiles et tubes ?

Un monde, des mondes, des contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube (pourquoi pas ?), l'étoile.

Vos avis m'intéressent !

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Blaise Cendrars - extrait des Rhapsodies gitanes | 26 juin 2007

Je me souviens que le canapé rouge était installé au bord de la piste, dans un tournant, et que je m'arrêtai pile tellement cette rencontre était inattendue. Le bruit de mes engrenages n'était pas encore apaisé ni le nuage de poussière que ma vieille Ford avait soulevé, retombé que je vis la femme qui me tenait en joue abaisser son arme et je l'entendis me dire émerveillée :

 

-          ... ô, j'ai tout de suite compris qu'il n'était pas un bandit de grand chemin quand j'ai vu une si belle voiture...

 

J'étais éberlué.

 

Dans un coin du canapé, une négresse toute réjouie, qui avait un mauvais fusil de chasse entre les genoux, donnait le sein à un magnifique négrillon nu, qui pouvait avoir dans les quatre ans et qui tétait comme un glouton. A côté d'elle, trois fillettes, six, huit et dix ans, revêtues d'une longue chemise blanche, sages comme des images mais mourant de vergogne, me dévoraient des yeux à travers leurs doigts écartés, les mains plaquées sur le visage. Autour de ces innocentes sur leur canapé rouge, la solitude, la menace d'une clairière tropicale.

 

-          ... ô, le Monsieur est le premier à passer. Est-ce qu'ils ont terminé la route, les hommes ?...

 

-          Mais... mais... qu'est-ce que vous faites là, donzella ? lui demandai-je en retrouvant mes esprits.

 

-          O, on nous a promis une route, et depuis la fin de la saison des pluies je viens ici voir passer la route avec mes chérubins à qui j'ai promis de leur montrer des merveilles. Est-ce que la route arrive bientôt ? C'est long...

 

En effet, une route était jalonnée quelque part, du côté de Santa-Rita, à 300 kilomètres de là, et seule ma vieille Ford, qui en avait vu bien d'autres durant mes vagabondages au Brésil, avait pu franchir les embûches et les mauvais pas de la piste qui m'avait mené bon premier dans cette clairière.

 

-          Mais où habitez-vous, grand Dieu ?

 

-          O, par là, me répondit la négresse, en pointant son pouce derrière son dos, par là-bas, de l'autre côté de la corne du bois, dans les collines d'Arraraquâra. C'est à six lieues d'ici, mais on s'ennuie...

 

-          Et votre mari ?

 

-          O, mon homme ? Il y a deux ans que nous l'attendons, les chérubins et moi. Il travaille à la route et c'est la route qui va nous le ramener. Avant, il travaillait au pont...

 

-          Quel pont ?

 

-          O, le pont, le pont qui lui a donné le canapompé, pas vrai mes chérubins ? il est beau, rouge, hein Monsieur ?

 

-          Il est très beau.

 

-          O, c'est moi qui l'ai installé là et nous sommes bien, là, avec mes chérubins pour voir venir cette route et toutes les belles choses qu'elle doit nous apporter... Alors, cette route, elle est loin d'ici, elle flâne, oui, elle se repose ?... O la vilaine qui fait du chagrin au petit cœur de mes chérubins !... Mais vous êtes bien venu, vous, le premier, et c'est gentil !

 

EN SAVOIR+

Publié par kristo à 12:13:00 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (0) |

Création, conscience, choix... | 25 juin 2007

Post de libou à lire sur son blog : le blog de René-Claude Emery

 

... Il paraîtrait que nous ne soyons conscients que d'une goutte de l'océan de stimulants dans lequel nous baignons. Dans ce sens il serait bien vrai que nous sommes les créateurs de nos vies. Non en en animant les ingrédients mais selon ceux sur lesquels se fixe notre attention. ...

 

Nos neurones vont fumer ! C'est, sans blagues, une question qui me turlupine depuis un moment. Le choix, la création : l'homme créateur... OK. Mais, créateur parce que se concentrant sur un ingrédient particulier de la vie... Voilà qui est interessant et qui pourrait rejoindre deux notions auxquelles je suis attaché : « ein soph » (qui est parce qu'il est) et « en conscience ». Parce que finalement, c'est en se concentrant qu'on mobilise sa conscience, que l'on a conscience d'être conscient... NOUS VOILA BIEN! Les commentaires seront les bienvenus!

 

Cela peut nous renvoyer au point de vue de Bergson qui ewprime les choses si logiquement dans cet extrait de « l'énergie spirituelle » donné au bac philo :

 

    " Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique? la conscience s'en retire. Dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et implique un choix; puis a mesure que ces mouvements s'enchaîne davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns les autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît. Quels sont, d'autre part, les moments ou notre conscience atteint le plus de vivacité? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure ou nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, ou nous sentons que notre avenir sera ce que nous l'auront fait? les variations d'intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix, ou si vous voulez, de création, que nous distribuons sur notre conduite. Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général. Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. "

Publié par kristo à 15:56:58 dans Humeurs | Commentaires (4) |

Jeunes/vieux Houps ! (Chéri, on est chez AGF ?) | 25 juin 2007

Vu sur le site « l'agitateur ».  

EDITORIAL MARS 1999 lundi 1er mars 1999

 

Les jeunes vieux et les vieux jeunes.

par Jean-Michel Pinon

Les jeunes sont de plus en plus vieux. J'en connais plein, qui, il y a peu de temps encore, s'éclataient, brûlaient des bagnoles, chouravaient dans les grandes surfaces, et qui aujourd'hui, peu à peu, se font récupérer, deviennent raisonnables, et ne volent que des produits ou il est inscrit « zéro pour cent de matière grasse ».

Je les vois bien les petits mecs du centre ville : tous des bourgeois. A force d'entendre les hommes politiques dans 7 sur 7, ou de lire les articles convenus d'énarques ratés reconvertis dans le journalisme, ils en viennent à avoir le même langage, le même discours, citent machin ou tartempion, et sont finalement incapables de réfléchir pas eux même. De véritables machines à ingurgiter les discours bien pensants. Ils se croient ainsi sans doute plus malins, voire plus intelligents.

Certains veulent même me faire la morale : « non, la violence c'est pas bien, oui la police c'est bien, non critiquer les dérives mafieuses des petits notables minables de Bourges c'est pas bien, non, c'est pas bien de dire du mal du BR ou de la NR même s'il est vrai que ce sont des journaux de merde, oui, il faut croire en la justice ». Et pourquoi pas au Père Noël ?

Plus je les entend, plus je me dis que même si l'on a le même âge, on ne vit pas tous dans la même dimension. Tout le monde n'a pas les moyens d'être utopiste. Moi, je ne suis pas un pure produit du lycée Sainte Marie. C'est facile d'avoir confiance en notre belle société libérale et pseudo démocratique lorsque l'on a un papa avocat et une maman médecin. « Tu as une vision manichéenne de la société » m'a un jour dit une prof de Français . C'est ce que disent en général les gens qui n'ont jamais bouffés de la vache enragée. Parce qu'elle n'est pas manichéenne cette société ? Ayez le malheur de dire à un flic qu'il pue du derche et vous vous retrouvez illico avec un cépro au luc. Par contre, si vous vous faites traiter de sale petit con par un keuf de mes deux, comme cela m'est arrivé il y a quelques années au cours d'une manif lycéenne, inutile de jouer la vierge folle effarouchée : votre plainte pour injure sera classée sans suite. De toutes façons, je ne suis pas du genre à aller chialer auprès d'un juge pédophile (pléonasme), contrairement à certains prétendus défenseurs de la liberté d'expression qui sont plus procéduriers que le Front National que j'encule au passage. Y'a pas d'mal à s'faire du bien.

Bon, où j'en étais ? Ah oui ! Les jeunes sont des vieux cons. Donc. Moi, je lis Le Monde Diplomatique, j'écoute NTM, je suis pour la guérilla urbaine, je n'aime ni les flics ni les curés, j'adore Zola, déteste Flaubert et je vous emmerde. Eux regardent le journal télévisé de 20h00, écoutent Céline Dion, sont favorables à la baisse des impôts, n'aiment ni les homosexuels ni les lesbiennes, adorent la série Friends, détestent le journal de Karl Zéro et sont prêts à vous lécher le cul si vous êtes président de ceci ou responsable de cela, ou si vous connaissez le député bidule, ou le juge perlimpinpin. Je n'ose même pas les imaginer dans dix ans. Votant Front National, plantés devant la téloche avec leur bible Télé Z sur les genoux, et leurs quinze mioches obtenus par insémination artificielle (ou conçus en laboratoire pour ne pas faire grossir le ventre de maman), jouant à des jeux vidéos non violents. Plutôt la mort que ça ! Oh ! Mon Diable ! Enlevez-moi cette odieuse vision de l'esprit !

A côté de cela, je rencontre aussi des vieux de 35, 40, 50 ou 60 ans qui sont de véritable fous furieux. Même les femmes, disons, d'âge mûr, sont plus rigolotes que des donzelles à la chair fraîche certes, mais qui n'apprécient ni la sodomie, ni les partouses, ni ma spécialité : le coup du pivert cuit aux petits ognons. C'est à peine si elles veulent bien vous toucher le zizi avec les doigts, ou se faire brouter la pelouse du Stade de France sans se désinfecter ensuite à l'eau de javel. Décidément, je crois que je deviens gérontophile à mesure que je vieilli.

Publié par kristo à 12:17:00 dans Humeurs | Commentaires (1) |

Barber - Agnus Dei | 25 juin 2007

Hier, en écoutant l'Agnus Dei (pour chorale) de Barber...

 

Je ne connais pas assez la musique sacrée. Peut être que je l'associe à la solennité, à une grandeur inaccessible. Sans doute cette musique me fait elle peur, au fond, tant elle hante, tant elle se confond avec l'aspiration au divin, tant elle orchestre ma propre théologie, celle à laquelle je n'ai pas accès. Ou alors, il faudrait avoir dans l'esprit, un cloître illuminé, le calme et la paix nécessaires pour que s'ouvre en soi une église.

Publié par kristo à 11:45:59 dans La musique que j'aime (non exhaustif) | Commentaires (0) |

VERHAEREN – La joie (Extrait -La multiple splendeur) | 25 juin 2007

 

Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !

La terre ardente et fière est plus superbe encor

Et la vie éveillée est d'un parfum si fort

Que tout l'être s'en grise et bondit vers la joie.

 

Soyez remerciés, mes yeux,

D'être restés si clairs, sous mon front déjà vieux,

Pour voir au loin bouger et vibrer la lumière ;

Et vous, mes mains, de tressaillir dans le soleil ;

Et vous, mes doigts, de vous dorer aux fruits vermeils

Pendus au long du mur, près des roses trémières.

 

Soyez remercié, mon corps,

D'être ferme, rapide, et frémissant encor

Au toucher des vents prompts ou des brises profondes ;

Et vous, mon torse droit et mes larges poumons,

De respirer, au long des mers ou sur les monts,

L'air radieux et vif qui baigne et mord les mondes,

 

Oh ces matins de fête et de calme beauté !

Roses dont la rosée orne les purs, visages,

Oiseaux venus vers nous, comme de blancs présages,

Jardins d'ombre massive ou de frêle clarté !

 

A l'heure où l'ample été tiédit les avenues,

Je vous aime, chemins, par où s'en est venue

Celle qui recelait, entre ses mains, mon sort ;

Je vous aime, lointains marais et bois austères,

Et sous mes pieds, jusqu'au tréfonds, j'aime la terre

Où reposent mes morts.

 

J'existe en tout ce qui m'entoure et me pénètre.

Gazons épais, sentiers perdus, massifs de hêtres,

Eau lucide que nulle ombre ne vient ternir,

Vous devenez moi-même étant mon souvenir.

 

Ma vie, infiniment, en vous tous se prolonge,

Je forme et je deviens tout ce qui fut mon songe ;

Dans le vaste horizon dont s'éblouit mon oeil,

Arbres frissonnants d'or, vous êtes mon orgueil ;

Ma volonté, pareille aux nœuds dans votre écorce,

Aux jours de travail ferme et sain, durcit ma force.

 

Quand vous frôlez mon front, roses des jardins clairs,

De vrais baisers de flamme illuminent ma chair ;

Tout m'est caresse, ardeur, beauté, frisson, folie,

Je suis ivre du monde et je me multiplie

Si fort en tout ce qui rayonne et m'éblouit

Que mon cœur en défaille et se délivre en cris.

 

Oh ces bonds de ferveur, profonds, puissants et tendres

Comme si quelque aile immense te soulevait,

Si tu les as sentis vers l'infini te tendre,

Homme, ne te plains pas, même en des temps mauvais ;

Quel que soit le malheur qui te prenne pour proie,

Dis-toi, qu'un jour, en un suprême instant,

Tu as goûté quand même, à cœur battant,

La douce et formidable joie,

Et que ton âme, hallucinant tes yeux

Jusqu'à mêler ton être aux forces unanimes,

Pendant ce jour unique et cette heure sublime,

T'a fait semblable aux Dieux.

Publié par kristo à 11:26:48 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (1) |

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