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Etoiles et tubes ?

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<< Le silence demeure | Jeremiah Johnson | MONOLOGUE >>

Jeremiah Johnson | 08 février 2007


Un vieux western écolo des années 70 qui n'est plus édité en vidéo que par un éditeur Canadien. Du grand Pollack et du Redfordissime !

Pour ceux qui aiment les quêtes initiatiques sur fond de grands espaces enneigés. Pour moi, c'est une merveille

 

Le début du film: voix off  

 


Son nom était Jeremiah Johnson. On dit qu'il voulait vivre dans les montagnes. Selon l'histoire, c'était un homme avisé, d'esprit aventureux et bien fait pour la montagne. Personne ne sait d'où il venait mais cela semble de peu d'importance. C'était un homme jeune et les légendes qui courraient sur le haut pays ne l'effrayaient pas. Il cherchait un fusil Hawkin cal.50 au moins. Il se contenta d'un .30 mais c'était un véritable Hawkin. On ne pouvait pas trouver mieux. Il s'acheta un bon cheval, des pièges et des ustensiles utiles à un homme de la montagne et il dit au revoir à la vie d'en bas.


Evidemment, on se doute que Jeremiah, à ce moment du film, est un être désabusé par le monde, revenant d'une guerre qui a vraisemblablement laissé des traces et des cicatrices sur le cœur planqué au fond de la cage thoracique qu'on imagine velue (en fait on le sait puisque c'est Robert Redford qui incarne notre héro) de cet homme mûr en pleine recherche d'identité.

Donc, le voilà parti, bon citadin peu habitué à la montagne, faire le trappeur au fin fond d'un monde hostile et inhabité mais superbement sauvage et majestueusement filmé par le réalisateur Malick. Evidemment, il se plante : ses pièges ne fonctionnent pas, il manque tout le gibier qui passe à sa portée, son cheval meure, il rencontre des Indiens...

 

 

 

 

Mais il s'obstine encore car il est déterminé Jeremiah ! En fait, on sent qu'il ne peut faire marche arrière, qu'il a fait un vrai choix d'homme et en homme qu'il est, il est prêt à affronter la mort plutôt que de retourner à la civilisation qu'il a fuit. Il y a, bien sur, de grands messages dés le début de cette réalisation mais ils restent simples et rudes à l'image de tout le film qui, à mon sens, ne devient jamais prétentieux ni moraliste. Au contraire, une pointe de dérision et d'humour vient souvent ponctuer les rares dialogues.
Bref, c'est crevant de faim et de froid, n'ayant rencontré personne depuis 2 mois qu'il fait la connaissance impromptue de Grislap, le vieux de la vieille des rares trappeurs qui courent ces forêts.

 

 RENCONTRE ENTRE GRISLAP ET JEREMIAH

 

 


Tout est donc en place pour une relation maître élève dans la plus pure tradition du genre. Jeremiah va apprendre la montagne, les Indiens, la nature tout simplement et affiner sa détermination.

DISCUSSION ENTRE GRISLAP ET JEREMIAH DANS LA CABANE

- Pas plus loin Pèlerin !
- Vous êtes où ?
- Vous faites une belle cible Pèlerin Lâchez c'que vous avez dans les mains !
- Ca fait déjà 2 grands mois que j'n'ai vu âme qui vive.
- Je suis Griffe d'Ours Grislap, parent de cet ours Grizzli qui a mordu Jim Gringer aux fesses. Vous chambardez ma chasse !
- Heuh.....
- Oh, je sais qui vous êtes ! Vous êtes ce même pèlerin stupide que j'entends depuis 20 jours et que je flaire depuis 3... Curieux qu'personne vous ait scalpé !.. Alors, pas eu d'chance hein ?
- Non.
- Tout c'qui a pu être piègé ici l'a été depuis 25 ;
- Alors ? Vous faites quoi ici ?
- Je chasse surtout le Grizz.
- Le Grizz ?
- Un ours pèlerin, méchante bête. Je collectionne ses griffes. Y'en avait un que je venais d'débusquer d'ce côté. Y m'restait plus qu'à l'ajuster quand vous vous êtes pointé ici.
- Oh, j'suis bien désolé.
- Oh, vous avez l'air désolé... ! Et le ventre creux hein ? Allez, venez.
- Tu sais dépouiller un Grizzli ?
- Un grizzli et à peu près n'importe quoi.
- Oh, t'es bien hâbleur pour un homme qui crève de faim pèlerin.
 

 

 

- Oh, j'ai encore dû manquer une guerre en bas. 

 

 

- Vous n'avez rien manqué du tout.
- Si j'vais à l'Ouest demain matin, j'peux trouver un bon coin pour piéger ?
- Si tu vas dans l'ouest ou ailleurs, avant une semaine, tu s'ras un pauv' pèlerin mort de faim. T'en rencontreras pas des flopés des bonnes natures comme moi.

 

 

- Hum... 

 

 - La montagne a ses lois pèlerin.
- Quoi ?
- Tiens, attrapes ça pèlerin si tu tiens à garder tes doigts... C'que t'a appris en bas te servira à rien par ici. Tu vas avoir du travail.


Evidemment, cette première période du film sera l'occasion de voir posées un certain nombre de questions assez philosophiques sur la vie, le passé et le choix.


DIALOGUE LE SOIR AVANT DE SE COUCHER

- Vous vous ennuyez jamais ?
- De quoi ?
- D'une femme.
- Une femme pour toutes les nuits ?
- Ouaip.
- OOhh, j'ai jamais trouvé une voie dans le cœur d'une femme. J'ai trimballé une Squaw 10 ans pèlerin. Cheyenne qu'elle était. C'était la pire femelle que l'diable ai fait sortir de l'enfer. Je l'ai finalement échangé à Dead Wolf Creek contre un fusil Hawkin ! Mais attention pèlerin, te trompe pas, j'aime les femmes. Mais j'te jure, y'a pas pierre ni roc qui soit plus dur que l'cœur d'une femme sur toute la terre ! J'y ai jamais trouvé aucun signe.


DIALOGUE DANS LA MONTAGNE

- J'arrive pas à comprendre les gens d'en bas. Ils mangent du cochon quand ils pourraient manger d'l'élan... Ca t'disait rien hein, en bas ?
- Ca aurait du être différent.
- Plus d'un gars est venu jusqu'ici pour trouver c'différent. Chercher dans la montagne des façons qu'existent seulement ici. Ca sert à rien. On n'triche pas avec la montagne. Personne ne gagne.


DIALOGUE D'ADIEU

- T'as bien appris pèlerin, tu iras loin à condition de n'pas être brûlé tout vif ou scalpé... Tu peux aussi couper du bois et l'mettre sur l'bord d'la Judith. Les capitaines des bateaux du fleuve te rempliront ta bourse d'or si tu en laisse une. C'est bon à savoir ça si les temps d'viennent durs... Et veille à tes ch'veux pèlerin.
- Oui ! Vous aussi.

 

 

Bref, il quitte Grislap prêt à affronter seul (le vrai Trappeur avec un grand « T » est toujours seul !) la nouvelle vie qu'il a choisi. S'en suivent des péripéties que je ne raconterais pas si ce n'est que notre solitaire se voit obligé de prendre en charge un gamin. 

 

 

 

Rencontre avec un autre trappeur, Delgway, que Jeremiah tire d'un bien mauvais pas où l'avait laissé des indiens en maraude. 

 

 DIALOGUE RENCONTRE AVEC DELGWAY


- Bonjour, ça va bien ?
- Ouaip. J'ai un bon ch'val en dessous d'moi. Pfff ! J'ai une de leur plume dans l'nez.
- Tachez d'éternuer, ça finira par sortir.
- Oui...
- Avez-vous vu quelqu'un passer près d'vous ces dernières heures ?
- Non, personne n'est passé d'vans et derrière, j'regrette mais j'pourrais pas dire.
- Qui vous a mis là, les indiens ?
- Eh, pas les Mormonts ! Un chef appelé par ici « Loup Fou », un gentil gars qu'est pas câlin. Eh, vous auriez pas un chapeau en trop ? J'en connais un qu'ça réjouirait. Dans c'coin, c'qui est rare, c'est l'ombrage.

 

 - Vous avez l'crâne rasé, pourquoi ?
- Parce que « loup fou » dit comme les autres indiens que j'connais qu'ce serait un scalp que voudrait pas un seul guerrier pour l'accrocher à son poteau. Et c'est comme ça qu'j'ai pu protéger ma tête des quantités de fois. Mon nom, c'est Delgway, avec un « D ».


Jeremiah décide alors d'aider Delgway

DIALOGUE JEREMIAH DECIDE D' AIDER DELGWAY

 - Est-ce que vous m'aiderez à r'trouver mes peaux ?
- J'laisserais jamais un gars sans son ch'val et sans armes.
- C'est l'fusil de Jacques la Hachette que vous avez là.
- Oui.
- Comment vous l'avez eu ?
- J'lai trouvé gelé contre un arbre.
- Bon sang ! Ce Jacques la Hachette, c'était un vrai sauvage. Avec une panthère femelle qui vivait. 2 ans dans une caverne près du pic de la coquille et jamais elle s'est habituée à lui.


Autres péripéties qui conduiront notre héros à entrevoir une vie (un peu d'amour, un peu de stabilité, un peu de confort...) qui le séduit mais que la montagne, les blancs et les indiens ne lui permettront pas de poursuivre. Seul il a commencé, seul il continuera.


UN DES DERNIERS DIALOGUES DU FILM

- Où est cette buse écumante qui peut faire des trous dans l'cul et qui secoue sa tête dans son dos. Où est ce loup bavant dans la prairie onduleuse ? Ici, c'est le vieil ours grizzly Brown qui peut dénuder un gommier d'son écorce. C'est un homme pour toi, Jeremiah Johnson. Je suis à moitié ch'val et à moitié alligator avec un rien d'ouragan. J'ai les plus belles filles, les ch'vaux les plus rapides, le chien le plus laid d'ce côté de l'enfer. Je saute et je courre bien mieux, je jette à terre et je traîne de panse n'importe quel gars du Kentucky....... Comment ça a été Jeremiah ?
- Toujours en vie Den!N'est-ce pas des ch'veux qu'je vois sur ta tête ?
- Tu vois juste. Jeremiah, j'ai décidé qu'je n'voulais pas quitter ce monde sans laisser quelque chose de moi-même si c'est qu'un scalp sur un poteau d'totem Indien.
- Ca semble sage. Où te diriges tu ?
- Au même endroit qu'toi Jeremiah, jusqu'en enfer.

(C'est pas un beau dialogue ça ?!!!!!!)

 


Bon STOP sinon y a plus de SUSPENS!

 

Voilà, si vous n'avez jamais vu ce film, remédiez vite à ce manquement grave et vous prendrez dans les narines un grand moment de nature et une belle histoire d'homme. La morale que vous y trouverez ne concerne que vous mais il y a matière à réflexion.



 


 


 

 

Publié par kristo à 17:04:24 dans Mes films préférés | Commentaires (0) |

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