Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Bonne année... Je me sens toujours mal à l'aise lorsque viennent les temps au cours desquels il est convenu d'exprimer ces deux mots. Attention, il ne s'agit pas d'une rébellion à deux sous, d'un refus adolescent des formes et des conventions. Bien sur que je comprend ce rite social. Bien sur qu'il est honorable et certainement pacificateur de relations. Après tout, cela amène les gens à se parler. Cela force le discours et les bons sentiments. C'est un peu le pendant annuel du « comment ça va ? » quotidien. On le dit sans y penser vraiment, sans attendre de réponse comme l'on souhaite la bonne année sans plus s'en soucier jusqu'à l'année suivante. Il est quelquefois aussi tartignolle que les cartes de voeux emplies de paillettes et de strass.
Les textos de minuit, la corvée d'écriture et les bisous sont là pour se soulager du poids de l'entretien des relations. Plus qu'un véritable souhait pour l'autre, notre « bonne année » est là pour le rassurer. Hors de question de le surprendre. Par ce vœu, je suis au milieu des autres, similaires à eux, partageant cet ensemble de valeurs qui nous placent eux et moi en terrain connu, au sein de notre tribu. Je marque ma place et celle des autres. Cela a donc un intérêt social.
Je regrette cependant, le manque de profondeur dans le souhait exprimé parce que je pense que la volonté consciente est un acte de création, de réalisation du temps, de changement positif. C'est souvent le problème engendré par un rituel incompris, réalisé inconsciemment, à la manière des pratiquants religieux se rassurant de prières et de mots pour lesquels ils n'entrevoient ni de sens ni de pouvoir. Bref, il est trop souvent question de satisfaire à l'idée que l'on se fait de la notion de mérite plutôt que d'accomplir un acte de foi sincère.
Parfois pourtant, trop rarement, un « bonne année » vous est offert et vous touche au cœur. Il n'est pas forcément éloquent ni jovial. Il arrive à votre âme simplement parce que celui ou celle qui l'exprime le pense. Le moyen de le reconnaître est souvent parce qu'il vous laisse penaud, idiot. Le donneur et le receveur se regardent bêtement. Le sang s'écoule plus vite dans les artères. Parfois, comme les mots ne viennent plus et que l'on voudrait aller un peu plus loin, c'est une caresse, un effleurement. Un bras ou une épaule serrée plus longuement, un regard plus profond. Et vous sentez que ce vœu, à ce moment là, vous rempli d'énergie et de force. C'est de l'amour. Pas du flamboyant, pas du théâtral. Non, juste un acte conscient, une volonté radicale, un moment vrai.
Alors ce « bonne année » là, je vous jure qu'il est vraiment capable de faire ce qu'il exprime.
Bonne année !
Publié par kristo à 13:17:02 dans Humeurs | Commentaires (3) | Permaliens
02-01-2008 21:36
De libou
Sujet:
Et tu oses Url: [Liens]
02-01-2008 15:50
De futur ex 2006 Sujet:
bonjour ici
02-01-2008 15:30
De Marie Sujet:
...
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj