Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Je n'avais pas oublié le 24 novembre. Ce poème là, à lire dans tous ces détails est bien plus profond que ce qui aurait pu être dit. Et regarder ce qui n'existe pas...
D'une femme qui fut rencontre fugitive
je conserve le nom bien enfermé : c'est un coffret :
j'en élève parfois les syllabes rouillées
qui grincent tels de vieux pianos désaccordés :
de la pluie surgissent aussitôt les arbres de l'époque,
les jasmins, les deux nattes victorieuses
d'une femme au corps disparu, perdue,
noyée dans le temps comme dans les lentes eaux d'un lac :
ses yeux s'y sont éteints comme charbons en cendre.
Il existe pourtant dans ce qui se dissout
un parfum mort, des veines enterrées
ou simplement la vie au milieu d'autres vies.
Tourner la tête vers - et seulement -
vers la pureté, fleure bon :
tâter le pouls du zénith torrentiel
de notre jeunesse amoindrie :
envoyer rouler une bague dans le vide,
pousser des hauts cris en plein ciel.
Le temps, à grand regret, me manque pour mes vies,
la minime, le souvenir laissé dans un compartiment,
dans une chambre ou bien en quelque brasserie
comme un parapluie laissé sous l'averse :
ces lèvres qu'on ne voit pourraient bien être celles
que l'on entend soudain comme une rumeur marine,
dans une inadvertance du chemin.
C'est pourquoi Irène ou Rosa, Maria ou Leonor,
vides coffrets, fleurs sèches dans un livre
appellent du fond de l'esseulement :
alors il faut ouvrir, écouter ce qui est
sans voix, et regarder ce qui n'existe pas.
Publié par kristo à 17:19:51 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (2) | Permaliens
03-12-2007 20:27
De kristo
Sujet:
C'est vrai, Url: [Liens]
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj