Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Auto 24

FOCUS ALGERIE

DE TOUT UN PEU

Présentation

Ici, c'est la paix. Il n'y a ni bruit, ni pollution, ni klaxons des automobilistes, ni crissements de pneus, ni cris bruyants des enfants à la sortie de l'école ou dans les cages d'escaliers, ni sirènes hurlantes des ambulances et des voitures de la police et des pompiers.
Ici, les seuls "bruits" qu'on entend sont les doux chants des oiseaux, le frottement des feuilles d'arbres, les brindilles craquant sous vos pieds, les battements de votre cœur et votre respiration. Une virée matinale quotidienne à travers ses sentiers, il n y a pas mieux pour éviter de rendre visite au toubib. 


 


 


 


Contact:


verkmouche@hotmail.com


 


 


Blogs amis:


http://www.ait-bouyahia.com/


http://amedyaz-amsebrid.blogspot.com/


 


 


 


 


 


 

Rechercher

Compteur

Depuis le 28-01-2007 :
102615 visiteurs
Depuis le début du mois :
4208 visiteurs
Billets :
224 billets

Grand prix international de la radio : la chaîne II (berbère) de la radio algérienne parmi les lauréats | 04 décembre 2008



La chaîne II (berbère) de la radio algérienne figure parmi les lauréats du 20ème Grand prix international de la radio. Elle a reçu une mention spéciale, décernée par un jury international composé de 14 personnalités du monde l'audiovisuel représentant 11 pays, pour l'émission intitulée « La mort plutôt que le bagne de Cayenne » réalisée par Hamid Bousbaci et Saïd Merriche.

Les deux producteurs se déplaceront à Paris le 8 décembre 2008 pour recevoir la distinction. L'émission primée est consacrée à un témoignage, rare, d'un rescapé du bagne de Cayenne, « véritable mouroir vers lequel l'administration française expédiait tous les rebelles et les contestataires de l'ordre colonial établi », après l'invasion de l'Algérie en 1830 par l'armée française.

Les résistants, notamment les chefs de la résistance contre l'invasion et l'occupation de l'Algérie par la France coloniale, avaient été déportés vers les bagnes de la Nouvelle Calédonie. Il y avait 500 déportés établis à Bouraïl en 1885. Leur descendance est estimée à plus de 15.000 aujourd'hui.  L'histoire de la déportation des Algériens reste à écrire.

« Si l'Algérie n'ouvre pas le dossier des déportés, il ne s'ouvrira pas en Nouvelle Calédonie parce qu'il n'y a pas de spécialistes qui s'intéressent à cette question », estime-t-elle Mme Mélica Ouennoughi, anthropologue, auteur d'un récent ouvrage intitulé « Algériens et Maghrébins en Nouvelle Calédonie de 1864 à nos jours ».

Publié par arez à 22:01:44 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) |

Train Alger-Oran : sécurité et tranquillité garanties | 24 novembre 2008


Par Mohamed Arezki Himeur

Le CAP, bimensuel du 01 au 15 Novembre 2008, Alger

« Les voyageurs à destination d'Oran..., attention au départ », lance à travers un haut parleur une agréable voix féminine. Le train se réveille, frétille, fait quelques bruits et s'ébranle avant de prendre son élan 200 ou 300 mètres plus loin. Il s'éloigne lentement, comme pour ne pas réveiller les habitants du quartier, du quai n° 3 de la gare Agha d'Alger.  Il est 07H45. Les passagers, nombreux, ont déjà pris leurs places. Certains wagons affichent complets : des couples avec enfants, des femmes accompagnaient de leurs enfants, des vieux et des jeunes. La ligne Alger-Oran a aujourd'hui 149 ans. Elle a été ouverte en décembre 1859, un peu plus de 2 ans et demi après l'ouverture de la ligne Alger-Blida (avril 1857).
Des agents des chemins de fer, reconnaissables à leurs tenues et casquettes, se déplacent, font des « va-et-vient »  à travers  les allées des wagons. Une présence qui met en confiance les voyageurs, surtout ceux qui reprennent le train après l'avoir déserté pendant de nombreuses années, voire des décennies. Premier arrêt : El Harrach, dans la banlieue est d'Alger. Des dizaines de voyageurs prennent d'assaut les wagons. Commence alors la traversée de la riche pleine agricole de la  Mitidja. Des fermes verdoyantes à pertes de vues, sur des dizaines de kilomètres, délimitées par des haies de pin, de pinèdes et par d'autres espèces d'arbres.
« Lorsqu'on contemple cette vaste étendue de terre, toutes ces fermes, on comprend pourquoi la France et ses colons ne voulaient pas lâcher prise », dit d'une voie à peine audible un sexagénaire. La Mitidja a beaucoup perdu de sa splendeur. Elle est défigurée par le béton. Elle a été aussi durement affectée par le terrorisme pendant les années 90.
Durant tout le trajet, le train Alger-Oran fait de nombreuses haltes : des voyageurs en descendent, d'autres y montent. Une fausse note : aucune voix n'annonce le nom de la ville ou du village du prochain arrêt. Un étranger à la région « a toutes les chances » de rater son arrêt, dira un jeune trabendiste blidéen, qui était en route pour Maghnia et Tlemcen afin de s'approvisionner en produits à vendre à l'occasion de la fête l'Aïd el-fitr.
Les plaques devant être placées à l'entrée des gares sont dans la plupart des cas invisibles, voire inexistantes. Ce qui ne facile pas le voyage pour quelqu'un qui prend le train pour la première fois. Ce problème ne se pose pas pour le rapide Alger-Oran. Celui-ci ne s'arrête qu'une seule fois à Chlef, presque à mi-distance entre la capitale et la métropole de l'ouest. Mais il a été « supprimé » pendant le mois de ramadan. Il reprendra sa course vraisemblablement la veille de l'Aïd el-fitr.
Une image quelque peu insolite : les voyageurs dans leur majorité dormaient. Certains profondément, assommés par le ramadan. Le manque de sommeil se lisait sur tous les visages : les traits tirés, les yeux cernés et les lèvres asséchées. Certains, habitant loin d'Alger, ont du se lever très tôt pour pouvoir prendre ce train.

 
Alger-Oran en 4 heures
 
Oued Djer. La zone, qui avait été le théâtre d'innombrables attentats et attaques du GIA durant les années 90, ne fait plus peur aujourd'hui. Les automobilistes la traversent même en pleine nuit, alors que pendant la « décennie rouge » rares étaient des automobilistes et véhicules de transports publics qui l'empruntait au-delà de 17 ou 18H00. Du train, on peut voir une partie du travail accompli par les Chinois sur le tronçon Oued Djer-El Hoceinia, sur une longueur de 25 km, de l'autoroute Est-Ouest : viaducs, ouvrages d'arts... Le GIA a été laminé, mais les militaires sont toujours là. Leur présence est plus discrète. Ils continuent de veiller au grain. Ils surveillent, à partir des guérites et campements installés sur les collines surplombant les villages, la route et la voie ferrée.
« La voie ferrée restera, comme partout dans le monde, le meilleur, le moins cher et le plus efficace moyen de transport de voyageurs et de marchandises », estime Mouloud, enseignant à l'université d'Oran.
Beaucoup n'ont découvert ou renouer avec le train que depuis le lancement, début 2008, du train rapide qui rallie Alger-Oran, sur une distance de 432 km, en quatre heures. C'est le cas de Dris. Originaire de l'ouest algérien, cet homme, installé à Alger depuis le début des années 60, n'était plus monté dans un train depuis une quarantaine d'années. Il faisait, jusqu'ici, ses déplacements en avion ou en voiture.
« Ce fut un voyage agréable, confortable. Il y avait la sécurité à bord des wagons », dira-t-il au lendemain de son déplacement à Oran pour assister, en août dernier, à la cérémonie de mariage d'un enfant de l'un des ses amis. « A partir de maintenant, je ferai mes déplacements à Oran en train. Je ne prendrai ma voiture que lorsqu'il s'agira de me rendre vers d'autres villes de l'ouest algérien », a-t-il ajouté. D'ailleurs, le problème de transport par voie ferrée est résolu pour certaines villes, comme Ain Témouchent, Sidi Bel Abbès et Tlemcen, désormais desservies par un autorail flambant neuf.
Brahim est un habitué du trajet Alger-Oran. Il le faisait jusqu'ici en voiture. Mais depuis avril 2008, il emprunte le train. « C'est vraiment agréable. En 4 heures, tu rallies les deux villes. Tu arrives moins fatigué, moins stressé à destination », dira-t-il. Brahim fait le déplacement en voiture de Tizi Ouzou jusqu'à Alger ou il laisse sa voiture chez un ami avant de poursuivre sa route vers Oran en train.

Un moyen de transport sûr et moins cher

A 09H45, le train entre en gare d'Aïn Defla. Changement de décor. Les images des fermes verdoyantes de la Mitidja cèdent la place à un autre paysage. De grandes étendues de terres agricoles donnant l'impression d'être abandonnées. Certaines n'ont pas été labourées depuis des années « faute de moyens financiers et de main d'œuvre », selon Si Bachir.
 « Les banques sont réticentes lorsqu'il s'agit d'accorder des crédits aux paysans. Il faut de la +tchippa+ pour pouvoir obtenir quelques sous. Beaucoup de ceux qui bénéficient actuellement de prêts n'ont rien à voir avec la terre et l'agriculture. Ce sont des trabendiste agricoles », ajoute-t-il avec le sourire en coin.
Si Bachir se dirige vers Oran en vue rencontrer un industriel pour tenter de le convaincre de s'associer à un projet de production agricole. « Moi j'ai la terre et le savoir faire, et lui l'argent. Je pense qu'on peut arriver à un accord », estime-t-il. Il avait déjà abordé le sujet avec son interlocuteur. Le terrain pour un éventuel partenariat est donc déblayé. Il reste à peaufiner le projet.
Le train poursuit son chemin sous un soleil de plomb. La climatisation à l'intérieur des wagons fonctionne à merveille, alors que dehors la température a grimpé au dessus des 40°, selon radio. La situation s'était empirée l'après-midi avec une chaleur torride accompagnée d'un vent de sable chaud, étouffant, obligeant des habitants à se cloîtrer chez eux. « Ici même les trottoirs rentrent à la maison », relève Hamid en plaisantant. Par contre, les Chinois sont fidèles au poste. Ils continuent à travailler sous un soleil torride sur un tronçon de l'autoroute Est-Ouest. Du train, on peut voir, au loin, courant dans tous les sens comme des fourmis, les gros camions et engins de travaux publics utilisés par les Chinois. Ils ont installé plusieurs base-vie dans la région.
« Rien ne les arrête. Ni la chaleur étouffante de l'été, ni le froid et les pluies de l'hiver. C'est un peuple de travailleurs », lâhe Abdellah. Il était jusqu'ici complètement plongé dans un volumineux livre de quelques 500 pages. Il n'a pas levé la tête depuis le départ de la gare Agha à Alger. Il était absorbé par la lecture de l'ouvrage intitulé « Le cartel Bush ou l'itinéraire d'un fils privilégié » et, en sous titre, « comment fabrique-t-on un Président des Etats-Unis » écrit par James Hatfield.
Abdellah se déplace régulièrement entre Alger et Oran. Et il le fait uniquement en train. « C'est le moyen le plus sûr et le moins cher par rapport aux taxis collectifs et aux autobus. Le train rapide fait le parcours en 4 heures, tandis que +le train normal+ le fait en 5 heures environ. Par contre, en taxi collectif et en autobus les 432 km séparant Alger-Oran nécessitent entre 6 et 7 heures, parfois plus lorsqu'il fait mauvais temps, quand il y a des accidents et des embouteillages », dit-il. C'est vérifié. Au retour le même jour d'Oran sur Alger, nous avons passé près de 7H00, entrecoupées par deux courts arrêts : le premier pour faire le plein d'essence, le deuxième pour avaler sur le pouce, à Oued Djer, une chorba après la rupture du jeûne.

 
La « bataille du rail » ne fait que commencer

 « Le train est l'avenir de l'Algérie », pour paraphraser Aragon. « Le chemin de fer devra reprendre sa véritable place de locomotive du développement et retrouver ses lettres de noblesse », avait déclaré en avril 2005 l'ancien ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui, à l'occasion d'une conférence sur le développement et la modernisation du secteur des chemins de fer organisée à Alger. 
Force est de constater, aujourd'hui, que le secteur ferroviaire accuse un grand retard. Lors du dernier « test vitesse » effectué le 13 février 2008 par le rapide Alger-Oran, la SNTF avait crié victoire. Parce que, disait-elle, « elle avait réussi un nouveau meilleur temps de parcours tout à faire remarquable de 4H00, contre 4H30 auparavant ». Le gain de temps de 30 minutes est présenté comme un exploit. Il vrai que ce résultat a nécessité de nombreux travaux sur la voie ferrée et l'acquisition de nouvelles locomotives atteignant 160 km/h.
L'objectif est de réduire encore de 30 minutes supplémentaires, à l'horizon 2012, le temps de parcours entre la capitale et la métropole de l'ouest algérien, selon la SNTF. Pour cela, il est prévu le dédoublement de la voie et l'électrification de la ligne. Les travaux sont en cours.
La SNTF a bénéficié, à partir du milieu de la décade en cours, d'une enveloppe financière de 18 milliards de dollars. Ce montant est destiné à développer et améliorer le réseau ferroviaire existant et à créer de nouvelles lignes. L'entreprise avait été saignée à blanc durant la « décennie rouge » de 90. Ses infrastructures (locomotives, wagons, voies ferrées et bâtiments) furent l'une des cibles privilégiées des groupes armés islamistes. Les dégâts sont estimés à près de 30 milliards de dinars. Les attentats et attaques répétés contre les trains avaient fait fuir aussi les voyageurs vers d'autres moyens de transports : les autobus, l'avion et les taxis collectifs.
La SNTF avait commandé 30 locomotives Diesel électriques (16 pour le transport des marchandises et 14 pour le transport des voyageurs) et 17 autorails pour le transport de voyageurs. Elle dispose actuellement de quelque 10.000 wagons tous types et capacités confondus. Le programme de modernisation du réseau ferroviaire en cours devrait lui permettre d'atteindre, l'horizon 2010, 80 millions de voyageurs/an contre un peu plus de 27 millions en 2005. Le transport de marchandises devrait connaître, lui aussi, une nettement évolution. Il devrait passer de 8,3 millions à 15 millions de tonnes/an au cours de la même période.
C'est dire que « la bataille du rail » ne fait que commencer en Algérie. La SNTF a du pain sur la planche. Le réseau ferroviaire doit être considéré, comme partout à travers le monde, comme un secteur vital pour le développement du pays.

Publié par arez à 22:47:01 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) |

Kamel Hamadi : 55 ans au service de la chanson. | 09 novembre 2008


Par Mohamed Arezki Himeur
Le Cap, bimensuel, Alger

Son plus grand souhait, son vœu le plus cher serait de monter un jour, peut-être, une opérette en Kabylie, avec un grand chorégraphe et un excellent ballet, qui se produira dans de nombreux pays, comme l'Egypte, la Turquie ou, pourquoi pas, le pays de l'Oncle Sam. « On a nos propres rythmes, nos propres mélodies et nos propres accords. On peut monter une belle opérette ou un opéra, avec des chants en Kabyle, qui fera le tour du monde. On a tout ce qu'il faut, au plan artistique, pour réaliser un tel projet. C'est mon rêve ».
L'auteur de ces mots, c'est Kamal Hamadi, compositeur, producteur radio, ancien chanteur, dramaturge et comédien à l'occasion, dans ses pièces de théâtre radiophoniques. Un optimiste jusqu'au bout des ongles. Certains de ses rêves des années 50 sont devenus réalité aujourd'hui, comme celui de voir réaliser des films en Kabyle. C'est chose faite. Des films ont vu le jour dans sa langue maternelle, les derniers en date étant H'nifa de Ramrane Iftini et Mimezrane d'Ali Mouzaoui.
A 72 ans, le 22 décembre prochain, Kamel Hamadi est débordant d'énergie. Il travaille sans relâche. Il continue encore, comme à ses débuts dans la carrière artistique qu'il a épousé depuis plus d'un demi siècle, à écrire des chansons, des opérettes et des pièces de théâtre radiophonique. « Il est toujours jeune, vif et entreprenant », nous chuchotera à l'oreille son ami l'écrivain Abdelkader Bendameche, lors de la soirée de la clôture du dernier festival chaabi organisé durant le mois de ramadhan à Alger.
C'est cela Kamel Hamadi. Il est constamment à l'écoute de ce qui se fait et se produit dans le domaine de la chanson. A Alger, Paris ou ailleurs, il hante les lieux ou vit la musique. Il suit de très près les pulsions de la chanson algérienne dans son ensemble. Il s'intéresse à tous les genres. Il est au courant de tout ce qui se fait aussi bien en Algérie qu'en France. Il est en mesure de vous donner la dernière chanson mise sur le marché la veille.
Kamel Hamadi, de son vrai nom Larbi Zeggane, est né le 22 décembre 1936 à Ath Daoud, dans la commune de Yatafen, sur le flanc du majestueux Djurdjura. Il était encore adolescent lorsqu'il a quitté son village natal pour aller chercher pitance en ville. Car les montagneuses de Kabylie, hier comme aujourd'hui, n'ont jamais nourris leurs enfants. Elles ont de tout temps été pourvoyeuses d'émigrants. C'était au début des années 50. Après s'être rendu dans quelques villes du pays, notamment Oran, il a décidé de jeter l'ancre, de s'installer à Alger où il a travaillé comme apprenti couturier. Un métier qui l'a certainement aidé à toujours chercher le mot précis, juste pour ses chansons, ses opérettes et pièces de théâtre radiophonique dès ses débuts en 1953.

Un couturier de la chanson

L'inégalable Slimane Azem a été pour beaucoup dans la décision de Kamel Hamadi d'embrasser la carrière artistique. « Il nous a inoculé le vers (dduda) de la chanson dans les veines. On voulait tous devenir des chanteurs comme lui », dira Kamel Hamadi, qui n'a jamais raté, à l'époque, un des galas de son idole à Alger. Slimane Azem avait donné une impulsion, un coup de fouet à la chanson  Kabyle, souligne-t-il.
Montagnard qui sait ce que « dire » signifie, Kamel Hamadi a le verbe facile et imagé, qui sait mettre le mot qu'il faut à la place qu'il faut. Bien sûr, il a été aidé et encouragé par certains artistes à ces débuts, notamment  par Abdelkader Fethi (aujourd'hui gravement malade et oublié), Rabie Boualem et Arab Ouzellague. C'était cette bande de copains, amoureux de la musique, qui l'a d'ailleurs introduit à la radio. Abdelkader Fethi a été le premier interprète de ses chansons. Celui-ci dirigeait à l'époque un orchestre à la radio. « Il me demandait chaque semaine un texte à chanter », nous a confié Kamel Hamadi. Il a ensuite composé des chansons pour Karim Tahar, Rabie Boualem, Moh Akli, Arabe Ouzellague et bien d'autres. Ils se rencontraient tous les dimanche, jour de repos de Kamel Hamadi, pour discuter, échanger des idées, entre autres sur de la poésie, la musique et de la chanson.
Les chanteurs, à l'époque, se produisaient en direct à la radio. L'unique studio de la rue Berthezène servait à la fois pour les répétitions et la diffusion en direct des émissions. Malgré cette promiscuité, les artistes produisaient. Il y avait une émulation et une entraide entre eux. « Ce qui fait défaut aujourd'hui », déplore M. Hamadi.
L'apprenti couturier était un amoureux fou des films égyptiens. Il allait chaque soir, après le travail, voir un film au Dounyazed ou à Djamila, deux salles de cinéma d'Alger spécialisées dans la programmation des productions cinématographiques du pays du Nil. « Est-ce que nous arriverons un jour à réaliser un film en Kabylie ? », s'interrogeait-il souvent à la sortie du cinéma.
Un beau jour, il décide de passer à l'action. Il prend un cahier d'écolier et un stylo et s'est mis  s'initier à l'écriture. Il rédige ce qu'il croyait être un scénario d'un film, en incorporant des chansons de Slimane Azem, dont « A Moh à Moh » et « Atas i-savragh » entre autres.  « Mais c'est une opérette ! », s'exclama Rabie Boualem en parcourant le texte. « C'est quoi une opérette ? », demanda, surpris, Kamel Hamadi. « Une comédie musicale », répondit-il. Comme M. Jourdin avec la prose, Kamel Hamadi venait d'écrire une opérette sans le savoir. La mouture présentait à direction de la radio comprenait ses propres chansons. Elle a été acceptée et diffusée sous le titre de « D rrayik a si Méziane » (c'est de ta faute, M. Méziane) sous le pseudonyme de Kamel Hamadi. C'était en 1954.


De la chanson au théâtre radiophonique

Le petit apprenti couturier d'Ath Daoud était aux anges. Il était aussi subjugué par les pièces de théâtre radiophonique de Mohamed Hilmi, Ali Abdoun, Mhidine Ath Menguellat entre autres. Il a été surtout marqué par la pièce « Nnesva thila » de Slimane Azem. Ce qui l'a guidé à produire, lui aussi, des pièces pour la radio. Dans le même temps, il se lance dans la chanson en se produisant, passage obligé, dans la fameuse émission « les chanteurs amateurs » qu'animait à l'époque Cheikh Noureddine. Il a rejoint plus tard l'orchestre d'Abdelkader Fethi. Son incursion dans le domaine de l'interprétation a duré en tout 6 ou 7 ans, avec comme première chanson « yidem, yidem ». L'une de ses plus belles chansons est celle intitulée « Radhlaghd lhaq n-rekva (j'ai emprunté le coût du voyage) qui raconte les déceptions, l'amère réalité et les mauvaises conditions de vie de l'émigré. Elle est d'actualité encore aujourd'hui avec l'apparition du phénomène « harga » (immigration clandestine).
La chanson sur la fuite des cerveaux « Ma ghaven wid izawren » est un chef d'œuvre. Elle est, elle aussi, encore d'actualité plus de 40 ans après sa sortie au lendemain de l'indépendance. Kamel Hamadi a ensuite cessé de chanter. « Je voulais être un bon compositeur qu'un chanteur moyen », nous a-t-il confié.
Presque à la même période, il bifurque vers la radio, en produisant et animant, à partir de 1957, de très belles émissions telles que « lesrar n-ddunit » (les trésors de la vie) qui a vécu plus d'une quinzaine d'années, entre Alger et Paris. Certains poèmes écrits pour les besoins de cette émission ont été chantées, des années plus tard, par des chanteurs tels que Lounis Aït Menguellat (kraghd bdagh d-ilemzi) et Slimani (yir zwadj). Il avait aussi produit et animé « Poème et mélodie » (de 1956 à 1958), « Iferrahen » et « Music-hall si radio ».
Comme tous les artistes de l'époque, Larbi Zeggane a pris le pseudonyme de Kamel Hamadi, formé à partir de deux noms d'artistes égyptiens qu'il admirait, Kamel Echennaoui et Imad Hamdi. Jusqu'aux années 60 et 70, l'artiste était mal vue, évité, voir méprisé, dans la société conservatrice kabyle. Ce qui n'est plus le cas de nos jours ou l'artiste, le vrai s'entend, jouit d'un grand respect.
L'enfant d'Ath Daoud a, aujourd'hui, à son actif quelques 2.000 œuvres en kabyle mais aussi en arabe interprétées par une centaine de chanteurs de plusieurs générations, dont certains ont marqué la chanson algérienne de leur emprunte, à l'image de cheikh El Hadj M'hamed El Anka, Youcef Abdjaoui, Karim Tahar, Abdelkader Fethi, Boudjema ElAnkis, Hsissen, Lounis Aït Menguellat et bien d'autres.

« Cassure » entre anciens et nouveaux chanteurs

La nouvelle cuvée de chanteurs navigue à vue, sans prendre conseils des « anciens ». Il y a une sorte de cassure entre les nouveaux et les anciens. Chaque chanteur travaille dans son petit coin. Pourtant, « ce n'est pas une honte de se retrouver à 4 ou 5 pour écrire, composer une chanson. Elle n'en sera que plus belle », dit M. Hamadi. L'explosion que connaissent les moyens de communications exige de l'artiste une excellente maîtrise de son travail. « Les choses ont changé. Avant, on ne pouvait voir que la télévision algérienne. Maintenant, les gens disposent chez eux de l'Internet qui diffuse à profusion tous les genres de musiques et de chansons, dans toutes les langues. Le dernier d'entre nous peut capter, voir et écouter, grâce à la parabole, des centaines de chaînes de télévision et de radio émettant à travers le monde. Les mélomanes et les téléspectateur peuvent voir la différence et conclure que l'Algérie est à la traîne dans domaine artistique », estime Kamel Hamadi. « On ne doit pas stagner. Si nos médecins sont excellents, nos professeurs sont bons, il faudra que notre chanson le soit aussi », souligne-t-il.
Pour relever ce défi, l'entraide et la collaboration entre paroliers, compositeurs, arrangeurs et interprètes sont nécessaires. « Ce jour-là, notre chanson pourrait réellement franchir les frontières pour être écoutée en Inde ou en Turquie », dira M. Hamadi. « Malheureusement, chez nous, le chanteur veut tout faire lui-même : le texte, la musique, l'arrangement et l'interprétation. C'est une maladie », déplore-t-il.
Ce n'est pas non plus en plagiant ou en reprenant les anciennes œuvres célèbres qu'on pourra aspirer atteindre cet objectif : celui de hisser la chanson algérienne. Ces phénomènes (reprises et plagiat) font sortir Kamel Hamadi de son calme habituel. Il les dénonce, comme l'ont fait d'autres chanteurs et poètes tels que Ben Mohamed, Lounis Aït Menguellat, Hacène Ahrès et Slimane Chabi. Certains « repreneurs » vont encore plus loin. Ils s'approprient carrément, sans honte, les œuvres d'autres chanteurs disparus ou vivants. Pis encore, les œuvres reprises sont dans la majorité des cas mal interprétées. Elles sont plutôt « mâchées » que chantées, dira M. Hamadi.
« La reprise d'une chanson exige une autorisation du compositeur ou de ses ayants droits. De plus, la chanson doit être reprise telle quelle, en respectant et le texte et la musique. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Les +repreneurs+ font du n'importe quoi. Ils massacrent les œuvres reprises », constate avec amertume Kamel Hamadi. « Pour eux, l'objectif est de vendre. Le mercantilisme a tué la chanson algérienne », relève-t-il. Et si, par malheur, « tu oses protester contre la reprise de ta chanson, le +repreneur+ t'accusera, sans honte et sans gène, de vouloir le saboter. Donc, on ferme les yeux, on bouche nos oreilles et on se tait », ajoute-t-il.

Chants anciens : la « fawdha » de la reprise

Trois organismes peuvent et auraient du intervenir pour mettre le holà à cette « fawdha ». Il s'agit de l'Office national des droits d'auteurs (ONDA), de la radio algérienne et de la Télévision. L'une des missions de l'ONDA est de défendre les artistes et de protéger leurs œuvres. Lorsqu'on voit ces milliers de CD de chansons piratées vendus sur les marchés, dans certaines boutiques des grandes villes comme Alger, ou à même le trottoir et au vu et au su de tous, on se pose la question : que fait l'ONDA ?
La radio et la télévision, elles aussi, ont un rôle à jouer. Elles peuvent participer au « nettoyage » de la scène artistique de ces prétendus « artistes », qui ont bâti leur éphémère « carrière » sur la reprise des œuvres de chanteurs célèbres et respectés. Des chanteurs qui ont tout donné à la chanson sans rien avoir au retour. Elles peuvent contribuer en interdisant, pourquoi pas, la diffusion des reprises.
Les studios d'enregistrements et les éditeurs eux aussi sont concernés. Ils se doivent de participer à la lutte contre le plagiat et les reprises. Ces phénomènes tuent la création, selon bon nombre de chanteurs et paroliers. Et l'absence de création met en danger de mort aussi leur activité. Des chanteurs rapportent que certains éditeurs encouragent les reprises.
Mais le vent commence à tourner. La situation évolue dans le bon sens. Les reprises régressent. Elles n'ont plus le vent en poupe. Parce qu'il y a moins d'acheteurs. De plus, les auditeurs et amateurs de la bonne chanson sont de plus nombreux à protester, à fustiger les auteurs des reprises, estime M. Hamadi. « C'est vraiment un crime de tuer, en mâchant le texte, l'âme d'une belle chanson d'un Slimane Azem, cheikh El Hasnaoui ou Matoub Lounès », relève-t-il.
Kamel Hamadi a toujours été aux côtés des jeunes chanteurs. Il en a aidé beaucoup à enregistrer, en les présentant aux « maisons de disques » (éditeurs). Certains d'entre eux sont devenus aujourd'hui des vedettes tels que Idir, Ferhat Imazighen Imoula, Djamel Allem, Noureddine Chenoud pour ne citer que ceux-là. « J'ai fais ce que je pouvais faire. Je les ai aidé à obtenir ce que moi je n'ai pas pu atteindre à mes débuts », dit-il. C'est cela Kamel Hamadi. Hier comme aujourd'hui, il affiche toujours sa disponibilité à mettre ses 55 années d'expérience au service des jeunes chanteuses et chanteurs. Il le fait déjà avec certains d'entre eux.

 

Publié par arez à 15:54:05 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) |

Plage Franco : un site mythique qui draine une foule de baigneurs | 19 octobre 2008



Ceux qui l'ont connue, fréquentée, foulée son sable fin, marché sur sa jetée, plongé dans son eau, « bu la tasse », en parlent avec amour, une pointe de nostalgie et, parfois, avec petit pincement au cœur.

La plage Franco de Raïs Hamidou (ex-Pointe Pescade), sur le littoral ouest de la capitale, fait chaque jour le plein. Elle fait partie des plages mythiques de l'Algérois. Ceux qui l'ont connue, fréquentée, foulé son sable fin, marché sur sa jetée, plongé dans son eau, « bu la tasse », en parlent avec amour, une pointe de nostalgie et, parfois, avec petit pincement de cœur. Parce que l'endroit a subi quelques dégradations. L'homme et les inondations sont passés par là. Mais elle demeure toujours, et certainement pour très longtemps encore, une plage qui draine des estivants et autres amoureux de la grande bleue.
La plage Franco a constitué pour des générations d'enfants d'Alger et de sa périphérie la « seconde étape » de leur « vie marine ». C'est ici qu'ils venaient après avoir, tout petits, accompli leur premier baptême de l'eau et fréquenté El Kettani (ex-Padovani) et R'mila à Bab El-oued, deux autres plages mythiques de l'Algérois.

Aujourd'hui encore, la plage Franco est très fréquentée. Elle attire, chaque jour pendant la saisons estivale, des centaines d'estivants d'Alger et de ses quartiers et localités limitrophes. Certains jours, notamment les week-ends, la plage est bondée de monde. Les parasols et les serviettes sont collés les uns aux autres tellement l'affluence est forte. Les femmes et les jeunes filles qui ont disparu de Franco durant les années rouges de 90, sont revenues. Elles sont généralement accompagnées par des enfants ou l'époux.

La plage Franco est propre, mais seulement le matin. Elle est nettoyage chaque jour, avant l'arrivée des estivants, par des agents de l'APPL. Mais le manque de civisme fait que le site devient, dès le début de l'après-midi, une sorte de porcherie. Le mot est juste. Des sachets, des bouteilles en plastique, des boites de fromage vides, du papier d'emballage, des cannettes, des gobelets en plastique sont abandonnés sur les lieux par des estivants. C'est affligeant ! « Le plus rigollot dans tout ça, c'est que les mêmes personnes qui ont abandonné ces déchets viendront quelques heures plus tard ou le lendemain vous balancer, sans rire, à la figure que la plage est sale », dira un employé de l'APPL rencontré sur les lieux. « Pourtant, ajoute-t-il, des poubelles sont installées sur tout la longueur de la plage ».

Des policiers en short et puls blancs et des agents de la protection civile portant la même tenue mais de couleur rouge, ce qui distinguent les uns et des autres, sont présents en permanence à Franco. Ils ont leurs quartiers sur place pour la durée de la saison estivale. Ils sillonnent la plage pour assurer la sécurité des estivants. En dépit de quelques « fausses notes », telle que les déchets semer sur le sable, l'ambiance est conviviale. Les estivants donnent l'impression de se connaître. A force de fréquenter cette plage, depuis parfois plusieurs années, ils ont fini par nouer des liens d'amitié. « J'aime bien cet endroit. J'habite Télemly, mais je viens ici chaque fois que j'ai un peu de temps libre pour me détendre, me balader sur la jetée et échanger quelques mots avec les pêcheurs et les badauds », nous confie Si Ouali, un retraité d'un peu plus d'une soixantaine d'années. « On étouffe à Alger. La vie est devenue insupportable à cause des bruits de toutes sortes », relève-t-il. « Les retraités sont maltraités », ajoute-t-il avec une pointe d'humour.

C'est vrai qu'il n'y a pas que des estivants qu'on rencontre à Franco. Certains viennent juste pour passer le temps en contemplant le bleu azur de la Méditerranée, à partir de la jetée ou de l'artère surplombant Franco. La plage, qui a la forme d'une baie, dispose d'une surface de 2.184 m2, sur une longueur de 114 mètres et une largeur de 21 mètres. Elle peut accueillir au même moment près de 600 estivants, selon l'Agence pour la promotion et la protection de littoral algérois (APPL).
La jetée qui lui fait face est l'endroit préféré et apprécié par les garçons et les adolescents. L'eau y'est plus propre et profonde, donc idéal pour la plongée. D'autres enfants optent pour les quatre imposants piliers plantés en file indienne en prolongement de la petite plage mitoyenne de La Rascasse. Ces gros blocs servaient, autrefois, de supports pour la voie ferrée du train de la cimenterie. Car, jusqu'aux années 50, le ciment était transportait par voie maritime. Aujourd'hui, ces pilastres, rongés par les vagues, servent de plongeoirs pour les baigneurs.

« On enregistre de temps à autre de graves accidents dans cette zone. En plongeant du haut de ces piliers, des baigneurs courent le risque de se cogner la tête contre les rochers qui tapissent les profondeurs de la plage », selon Malek, un enfant de Raïs Hamidou. « Il y a en réalité trois plages dans cette zone. Il y a Franco, la plus connue, mais aussi La Rascade et la plage du Club nautique », dit-il. Ces deux dernières plages, séparées par les fameux les piliers de l'ex-voie ferrée, sont interdites à la baignade, parce que pollution. La première par des eaux des rivières descendant des monts de Bouzaréah et la deuxième par des déchets de la cimenterie. Elles sont faiblement fréquentées par les baigneurs. La plage du Club nautique était déserte lors de notre passage. Il y'avait tout juste six adolescents en train de jouer une partie de football.

« L'eau n'est pas propre ici. Elle est polluée », dit l'un d'eux, en pointant un index sur une rigole d'eau blanchâtre provenant de la cimenterie. L'eau des rivages de la plage est de la même couleur et s'étend sur au moins deux mètres de large le long de la plage.
Par contre, de l'autre côte de la jetée de la plage Franco, du côté des rochers, le décor est tout autre. « Regardez cette eau. Elle est tellement limpide et propre qu'on peut voir les poissons danser à plusieurs mètres de profondeur », dit Kamel, un enfant de Bologhine, étudiant à l'université de Bab Ezzouar. « La mer, c'est l'avenir de l'Algérie. Le pays, avec ses 1.200 km de côtes, peut vivre à l'aise du secteur du tourisme et des richesses de la mer. Dommage que les responsables continuent de tourner le dos à l'un (la mer) et aux autres (ses richesses). Résultat : des Algériens passent leurs vacances en Tunisie ou ailleurs et nos poissons meurent de vieillesse faute d'une véritable flotte de pêche », constate-t-il.

La mer c'est le dada, la spécialité de Djamel Chaouch, qui enseigne, depuis de longues années, la plongée sous-marine, le secourisme et le sauvetage en mer. Il est aussi secrétaire général de Cœur Bleu d'Alger, une association scientifique fondée début août pour protéger l'écosystème, développer l'activité subaquatique, aider les scientifiques à découvrir le milieu marin et réaliser des documentaires sur ce milieu afin de sensibiliser la population sur les dangers de pollution de la mer.

Des déchets non biodégradables

Le 8 août, cette association avait organisé une opération de nettoyage à la plage Franco. Les plongeurs ont retiré de la mer, en l'espace de 45 minutes, l'équivalent de deux camions de déchets composés entre autres de pneus, de bouteilles, de cannettes, de sachets et jerricans en plastique etc. « Ca fait mal au cœur de voir ça », dira M. Chaouch. Les déchets retirés du ventre de la mer ne sont pas tous biodégradables. Il nous apprend que le petit sachet en plastique de quelques grammes fournit par les marchands de fruits et légumes met près de 400 ans – oui, 4 siècles – pour disparaître, se dissoudre. « Ce sachet détruit la faune et la flore sur un rayon de 4 mètres, parce qu'il dégage des toxines. Ce n'est pas gentil de le dire, mais la mer est devenu une poubelle », selon M. Chaouch.

La côte algéroise est touchée par la pollution. « Il faut la protéger », souligne-t-il. Aujourd'hui, cette protection est assurée par une planté marine qui lui procure plus de 70% de l'oxygénation. « C'est grâce à cette plante que certaines espèces de la faune et de la flore survivent. Le poisson a diminué, y compris la sardine, ce n'est plus comme avant », selon lui. Pour M. Chaouch, la protection du milieu marin « est une obligation morale ».

Lors du nettoyage à la plage Franco, de nombreux jeunes venus pour se baigner ont mis la main à la patte. « Ils ont participé à l'opération, ramassé avec nous les déchets. C'est le côté positif de l'opération. C'est encourageant », estime-t-il. Le Cœur bleu d'Alger envisage de multiplier les activités autour de la mer et de sa protection. « Les Algériens on tendance à tourner le dos à la mer », admet-il. « Si tu demandes à une maman si son enfant peut faire du judo, du football, elle dira oui sans trop réfléchir. Mais si tu lui parles de sport nautique, là elle refuse. Parce que dans sa tête, +lebhar yeblaâ+, la mer engloutie », ajoute M. Chaouch. La belle chanson d'El Badji illustre bien l'image qu'on se fait de la mer.

M. Chaouch a embarqué sa fille et son fils dans son amour pour la Méditerranée.  Sa fille a délaissé le judo et la natation qu'elle pratiquait jusqu'à l'âge de 12 ans pour la plongée sous-marine qu'elle pratique depuis 9 ans sous l'influence indirecte de son père. Elle est « fasciné » par la mer qui lui permet de vivre des  moments d'« évasion » et d'oublier « les tracas de la ville ». Elle étudie et pratique la plongée sous marine au Chabab riyadhi de Raïs Hamidou (CRRH) dont le siège se trouve sur la plage Franco. L'école enseigne la plongée sous marine, la chasse sous marine, le sauvetage, le secourisme et la nage avec palmes. Un vaste programme, mais les moyens font défaut. Le matériel nécessaire aux activités aquatiques exige un solide budget. Il faut au bas mot 120.000 dinars pour équiper, avec un matériel bas de gamme, un seul plongeur.

La formation théorique et pratique est assurée pour la somme de 7.000 dinars pour chacun des trois paliers. Elle est sanctionnée par un diplôme. Le CRRH propose deux formules : une bloquée et une autre le week-end. « Ce n'est pas évident pour un stagiaire de débourser une telle somme », dira Abdellah Allaf, trésorier de la section subaquatique du CRRH. Ce qui contraint les dirigeants du club à accepter la formule de « facilité de paiement » en deux ou trois versements. « Ailleurs, le coût de la formation est plus cher », dira-t-il. En dépit du coût, considéré élevé, les activités subaquatiques attirent de nombreux amateurs. Mais les moyens pédagogiques et matériels du CRRH sont limités. Les futurs élèves sont donc inscrits sur la liste d'attente.

Trait-d'union

L'attente, elle est aussi du côté du Club nautique. Ce restaurant est un lieu historique. Il est géré depuis 1963 par Ammi Kouider, un homme affable de 83 ans. Ammi Kouider est la mémoire vivante de ce lieu et des plages environnantes de Franco et de la Rascasse. Il a vu défilé dans le Club des dizaines de personnalités du monde de la culture : des écrivains, des poètes, des artistes, des hommes de théâtres et de cinéma. Le Club nautique était fréquenté par Kateb Yacine, Jean Senac, Mustapha Kateb, Sid Ali Kouiret, Rouiched et bien d'autres encore. Ils venaient soit pour se baigner, se restaurer, jouer une partie de football sur la plage ou tout simplement se détendre et bavarder entre amis.

Aujourd'hui, le Club dépérit. Les cabines réservées aux baigneurs ont disparu, emportées par les inondations. Les murs ont oublié ce qu'est une couche de peinture. Ils n'ont pas été caressés par le pinceau depuis des lustres. Les fenêtres de la belle terrasse, avec une vue imprenable sur la Méditerranée, n'ont plus de carreaux. Il ne fait pas de doute que la restauration du Club nautique pourrait donner un plus aux plages et petit port de Raïs Hamidou. S'il tient encore debout, c'est grâce aux habitués du quartier, des hommes âgés pour la plupart, qui viennent régulièrement pour siroter un café, un thé à la menthe ou une boisson gazeuse tout en admirant le beau tableau bleu azur qu'offre la Méditerranée.

Il est 20H00. La plage Franco commence à changer de décor et d'ambiance. Des familles entières débarquent sur la plage pour prendre le frais. D'autres baigneurs, des hommes, des adolescents et des enfants, ont pris le relais de ceux du jour. « Cette ambiance durera jusqu'aux environs de minuit. Tous les gens que tu vois habitent près de la plage. La plupart se connaissent. Tout le monde se connaît d'ailleurs ici, car Raïs Hamidou est une petite localité », dira un jeune plagiste. Et la plage Franco constitue, peut-on ajouter, un trait d'union pour raffermir les liens entre eux.

Mohamed Arezki Himeur

Le Cap, bimensuel, Alger

Publié par arez à 02:19:34 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) |

Etrangers en Algérie: une vie difficile | 07 octobre 2008


Par Mohamed Arezki Himeur

 (
Le Cap, bimensuel – Alger)

La vie n'est pas commode pour les étrangers en Algérie. Surtout pour les ressortissant européens et nord-américains. Beaucoup d'entre eux, présents dans le pays parfois depuis quelques années, ne connaissent de l'Algérie que certains quartiers d'Alger et de sa périphérie, ainsi qu'une poignée de villes qu'ils ont traversées à la dérobée, furtivement, à bord de véhicules de service. Il est vrai que les intérêts des pays de certains d'entre eux figurent parmi les cibles des menaces de la branche d'Al-Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), nouvelle appellation du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a rallié avec armes et bagages l'organisation terroriste internationale de Ben Laden.


Hormis les ressortissants des pays arabes et, dans une moindre mesure africains, les seuls étrangers qu'on rencontre de temps à autre dans les artères de nos grandes villes sont des Chinois. Ils représentent, avec plus de 19 000 personnes, la plus importante communauté étrangère travaillant et vivant en Algérie. Quelques-uns se sont installés à leur compte en ouvrant des boutiques. Les autres vivent dans une totale discrétion, presque dans la clandestinité, pour cause d'insécurité liée aux groupes armés islamistes.

Les Européens qu'on aperçoit parfois à la rue Didouche Mourad, la principale artère de la capitale, nos Champs-Elysées ou Oxford Street, se déplacent discrètement, généralement en voiture, et par nécessité. Pour une mission, un travail bien précis ou pour acheter un cadeau souvenir à envoyer ou à emmener aux enfants ou aux amis à la prochaine visite à la famille, ou au prochain retour définitif au pays. La prudence est de mise pour tous.

Pas de vie sociale      


Certains sites Internet d'ambassades ne cessent de le recommander à leurs ressortissants, à chaque attentat terrorise retentissant. Résultat : les Européens évitent au maximum tout déplacement sans objet, toute sortie diurne ou nocturne afin de prendre de l'air ou flâner au bord de la Méditerranée. Ils ne s'aventurent jamais du côté de Belcourt, Bab El-Oued, Hussein-Dey, Kouba et des autres quartiers populaires d'Alger. Certains n'y ont jamais mis les pieds. Lorsqu'un jour de repos ou un week-end ils se décident à sortir, à quitter momentanément leur tanière, c'est pour se rendre à Tipaza — toujours la même direction — afin d'effectuer une visite éclair des ruines romaines.

«C'est très pénible. Il n'y a aucune vie sociale pour les étrangers en Algérie, y compris à Alger, la vitrine du pays. Pour les employés, c'est boulot dodo, pour leurs épouses et leurs enfants, c'est la maison», dit Nicole, femme d'un cadre d'une filiale d'une société française installée à Alger, rencontrée devant une boutique de produits artisanaux près de la Fac centrale à Alger. Elle était accompagnée d'un couple algérien.

Pour rompre l'isolement, les expatriés européens, qu'ils soient employés de sociétés ou fonctionnaires d'ambassades et d'organisations internationales organisent des rencontres, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, pour discuter, passer une agréable soirée «autour d'un verre» ou une «bouffe partie». Des Algériens, généralement des collègues de travail ou des relations d'affaires, sont invités à ces rencontres.

«Je crois que sans ces rencontres, les Euro-péennes, dans leur majorité, ne tiendront pas longtemps ici, ils plieront bagages peu de temps après leur arrivée en Algérie», estime Clara. Cette espagnole est l'une des rares étrangères à se rendre régulièrement au marché pour faire ses emplettes. Les derniers attentats suicide perpétrés à Alger avaient incité certaines sociétés à rapatrier des familles de leurs personnels expatriés.

Le physique de Clara, son teint et ses cheveux noirs lui sont d'un grand secours. Ils l'aident à se fondre facilement dans la foule, parmi les Algériennes, sans susciter le moindre soupçon sur son origine. «En réalité, je ne suis pas la seule à me rendre au marché. Il y a des Européennes, surtout des épouses de personnels de sociétés, qui font, comme moi, leur marché au moins une fois toutes les deux semaines, mais toujours accompagnées par des ami(e)s algériens».

Au niveau des représentations diplomatiques, les consignes de prudence sont scrupuleusement respectées. Le moindre écart risque de porter préjudice à la carrière de son auteur. Ce n'est pas demain la veille qu'un ressortissant européen, prendra son courage à deux mains, pour aller déguster de délicieuses brochettes « sur les rayons de bicyclettes » à Hamdania. C'est dans ce petit village de montagne situé à la sortie des Gorges de la Chiffa, en allant de Blida et Médéa, qu'on trouve de succulentes brochettes de viande, peut-être meilleures que celles d'El Achir, sur la route de Sétif.

32 000 étrangers


Le secteur de la restauration est certainement celui qui permet d'avoir une idée sur la vie que mènent les ressortissants européens en Algérie. Les établissements les plus fréquentés sont principalement ceux des grands hôtels. Ceux-là, font de très bonnes recettes. Ils sont fréquentés par des diplomates et de hauts fonctionnaires des organisations internationales. Parce qu'ils sont sécurisés.

Par contre, en ville et dans la périphérie ouest et est d'Alger, le constat est différent ; les restaurants drainant des étrangers, toutes nationalités confondues, se comptent sur les doigts d'une main. Ils sont fréquentés par des employés européens d'entreprises algériennes ou de sociétés étrangères, mais aussi et surtout par des «missionnaires», des employés de firmes étrangères en mission pour quelques jours, voire quelques semaines, en Algérie. Ces derniers sont moins «intoxiqués» par le climat de l'insécurité ambiante, entretenue, parfois amplifiée, par les uns et les autres. Certains, dont des Algériens, pour éloigner les éventuels concurrents qui rodent dans le pays, les autres, des fonctionnaires d'ambassades et des cadres de sociétés étrangères, pour maintenir élevée la «prime de risque» perçue en venant en Algérie.

Les statistiques sur le nombre d'étrangers travaillant en Algérie varient d'une source à une autre. Elles tournent entre 23 000 et 32 000 personnes, représentant une centaine de nationalités. Ces chiffres concernent les étrangers munis d'un permis de travail. Ils ne semblent pas prendre en ligne de compte les fonctionnaires et les personnels des représentations diplomatiques et des organisations internationales, ainsi que leurs familles (épouses et enfants). Qu'importe, quels que soient les chiffres, force est de constater que la présence des étrangers en Algérie est insignifiante par rapport au plus de 34 millions d'habitants que compte le pays.

Il est difficile d'obtenir un chiffre précis exact sur le nombre d'étrangers, notamment Européens et Nord-Américains présents en Algérie. Les sociétés, les représentations diplomatiques et les organismes internationaux sont, pour des raisons sécuritaires ou autres, avares en confidences sur ce chapitre.

Pas de bousculade


Il est vrai que l'Algérie ne figure pas parmi les destinations prisées par les expatriés étrangers. La réticence persiste chez des candidats potentiels. Des entreprises éprouvent des difficultés à trouver parmi leur personnel des candidats pour l'Algérie. Tout récemment, un important organisme français a affiché un poste de chef de bureau à pourvoir à Alger. Un seul candidat a postulé, alors qu'autrefois, au sein ce même organisme, les candidats se bousculaient pour tenter de décrocher le poste d'Alger. Autre temps, autre situation, autres mœurs.

Certaines entreprises européennes ont trouvé la parade. Elles font appel aux binationaux et à des cadres algériens établis en Europe pour pallier le manque d'intérêt ou la crainte de leurs ressortissants à s'expatrier en Algérie. Cette crainte est renforcée, confortée par les images, négatives, renvoyées par le pays. La fermeture de certaines artères proches des commissariats de police et autres postes des forces de sécurité à la circulation automobile et parfois aux piétons, la «bunkerisation» des bâtiments officiels transformés en forteresses et le nombre élevé de barrages sur les axes routiers sont, peut-être, des mesures nécessaires, utiles. Mais, elles renvoient des signaux négatifs, laissant croire que le terrorisme est encore dangereux et qu'il dispose d'une grande force de frappe. C'est la lecture que fera tout quidam à la vue de ces images. Dans ce cas, il ne faudra pas s'étonner, ou s'offusquer, de voir les représentations diplomatiques conseiller à leurs ressortissants d'éviter de se rendre en Algérie et à ceux qui sont sur place de restreindre leurs mouvements dans le pays.

M. A. H.

Publié par arez à 01:04:55 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (2) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| >>