Ici, c'est la paix. Il n'y a ni bruit, ni pollution, ni klaxons des automobilistes, ni crissements de pneus, ni cris bruyants des enfants à la sortie de l'école ou dans les cages d'escaliers, ni sirènes hurlantes des ambulances et des voitures de la police et des pompiers.
Ici, les seuls "bruits" qu'on entend sont les doux chants des oiseaux, le frottement des feuilles d'arbres, les brindilles craquant sous vos pieds, les battements de votre cœur et votre respiration. Une virée matinale quotidienne à travers ses sentiers, il n y a pas mieux pour éviter de rendre visite au toubib.
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« La vérité amazigh s'imposera et triomphera dans son pays... ». Ammar Negadi fut l'un des rares membres Chaouis de l'Académie berbère créée en France 1965. Il est peut-être le premier militant de la cause amazigh originaire des Aurès. il a été un militant de première heure de la cause Berbère. Il est décédé le 1er décembre à Paris. Son enterrement : jeudi 11 décembre 2008 dans sa ville natale de Mérouana, dans les Aurès (Algérie).
Voici deux témoignages glanés d'un forum internet consacré à son décès.
Décès de mon ami
Ammar NEGADI - Condoléances
Il est des moments dans la vie d'un homme où une halte s'impose pour tenter de
comrpendre l'ampleur de sa douleur. Celle de réaliser la perte d'un ami cher
fauché par la maladie contre laquelle il a mené un farouche combat.
Je suis profondément attristé rien qu'à l'idée de qualifier de dernier souvenir
notre dernière rencontre. Il n'y en aura plus d'autres. Et, c'est encore plus
triste !
Ammar NEGADI est parti dans la dignité. L'authentique fils de Tamezgha, de
l'Aurès, de Merouana vient de nous quitter en ce 1er décembre 2008 dans un
hôpital parisien.
Un grand homme à l'intégrité sans faille et à la conviction intacte. Un grand
ami. Un combattant infatigable pour la cause amazighe. Un membre fondateur de
l'académie berbère à paris.
En ce moment, toutes mes pensées et ma compassion vont vers les tiens accablés
par ta disparition et le vide que tu laisse parmi eux. Parmi nous.
Repose en paix mon ami.
Abderrahmane.
Cet Aurèsien que seule la mort a vaincu
Aucun mot, aucun acte ne réussira à nous consoler de la perte de notre ami, cet
ami qui méprisait les singeries humaines et les honneurs qui les accompagnent,
l'unique mot qu'il aimait et qui lui ressemblait : l'authenticité !
Oui, Amar est vaincu mais sa lignée et ses valeurs vivent à travers ses quatre
enfants et continueront chez leurs descendants.
Oui, l'Algérie va recevoir, sans trompette, ni clairon l'un de ses meilleurs
représentant à l'étranger, cette Algérie du 1er Novembre 1954 pour laquelle il
n'a cessé de militer jusqu'à son dernier souffle.
Oui, l'Aurès va accueillir la dépouille de son enfant qui a porté, très haut et
pendant des décennies, ses valeurs ancestrales fondamentales, valeurs
aujourd'hui disparues et qui avaient pour nom : respect de soi et des autres,
honneur et solidarité...
Oui, la France perd un habitant qui savait demeurer fidèle aux messages et
mémoires de ses Ancêtres et aussi acquérir le patrimoine du Siècle des Lumières
donc de sa devise républicaine : « Liberté, égalité et fraternité », cette
devise Amar la pratiquait, quotidiennement, dans sa vie privée autant que dans
sa vie publique !
Oui, Amar savait qu'un être cultivé ne pouvait pas tomber sous les griffes de
n'importe quel gourou, voilà pourquoi il rêvait de créer une bibliothèque dans
les Aurès. Hélas, en ces temps d'inculture, de prostitutions et de corruptions
son rêve est demeuré une utopie pour lui et une immense perte pour les
Aurèsiens !
Oui, Amar fut un militant au sens noble du terme car qu'importe l'idée, le lieu
et l'époque dès que l'opportunisme et la trahison se profilaient à l'horizon
Amar se dépêchait de fuir afin de conserver son intégrité morale, les parvenus
et les courtisans ne lui inspiraient que du mépris. Celles et ceux qui
instrumentalisent les idéaux et les COMBATS des humbles pour obtenir avantages
matériels ou postes ministériels lui donnaient la nausée au sens propre comme
au sens figuré !
Oui, ce digne héritier du serment du 1er Novembre 1954 savait très vite peser
et soupeser « le qui veut quoi, pour qui et pourquoi », nul ne pouvait lui
faire confondre intérêts privés et intérêt général, nous, ses amis nous pouvons
en témoigner !
Oui, Amar ton départ est une immense perte pour tes deux compères et les visiteurs
de ce site mais nous tenterons de continuer notre travail commun ainsi tu seras
toujours « le troisième homme » du lieu !
Djemaâ DJOGHLAL
Publié par arez à 01:25:34 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) | Permaliens
Mohia
Abdellah revient cette semaine. Les 3ème journées théâtrales de Tizi Ouzou, en
Kabylie (
Au programme de cette manifestation, des témoignages sur la vie et l'œuvre de Mohia, décédé le 7 décembre 2004.
Témoignage
Voici un témoignage du grand poète kabyle Ben Mohamed, publié le 13 décembre 2004, quelques jours après le décès de Mohia, dans le quotidien Liberté. Ben Mohamed fut l'un de ses plus proches amis.
Mohia était la rigueur personnifiée. Il était sans concession tant dans sa vie quotidienne que dans sa poésie, son théâtre, son enseignement ou ses relations.Dur avec lui-même, il l'était parfois avec les autres aussi. Il ne supportait pas l'hypocrisie. Le forgeron de mots qu'il était, n'acceptait pas les paroles truquées, celles qui n'étaient pas à leur place ou qui étaient déviées de leur sens. En mathématicien pratique, il ne supportait pas que l'on privilégie l'accessoire pour délaisser l'essentiel.
C'est ce Mohia qui refusait de réduire la berbérité à la seule exhibition du signe Z de amazigh ou du seul salut par le mot azul. Pour lui, la berbérité est un art de vivre selon un certain nombre de valeurs. Comme il faisait une lucide distinction entre valeurs et traditions, entre militantisme et manipulation, il réagissait de manière parfois violente contre toute forme de suivisme irréfléchi. Ce qui déroutait beaucoup de nos militants berbéristes exaltés.
En fait, toute la vie et l'œuvre de Mohia ont consisté à démystifier et à démythifier. À un jeune venu lui dire qu'il était prêt à mourir pour tamazight, Mohia répond :Tu seras un Homme quand tu sauras vivre pour tamazight. Un soir, en rentrant chez lui, il voit un livre dans une poubelle, il le ramasse, car la place du livre n'est pas dans une poubelle. C'était un livre de Platon. C'est ainsi que Mohia découvre une œuvre sur laquelle il travaillera le reste de sa vie. Il constitue un atelier de jeunes et moins jeunes auxquels il ouvre la voie vers cette fabuleuse source du savoir.
Il me confia un jour que les philosophes grecs ont tout dit. Pour comprendre le monde, il nous suffit donc de revisiter ces œuvres anciennes. C'était bien après qu'il eut fait parler en kabyle Jean-Paul Sartre, Brecht, Lu Xun, Samuel Beckett et bien d'autres encore.
Le génie de Mohia est de nous amener à oublier que ses œuvres sont des adaptations. Sous sa plume, elles passent allègrement pour des œuvres kabyles authentiques. Parfois même, on se laisse aller jusqu'à croire que leurs auteurs nous ont spoliés de nos œuvres comme cela se fait encore, aujourd'hui, pour les peintures rupestres de notre Tassili.
Aujourd'hui on te pleure, mais je sais que tu ne seras fier de nous que le jour où nous saurons distinguer l'essentiel de l'accessoire.
Et en attendant, repose en paix Mohia !
Paris, le 11 décembre 2004
Par Ben Mohamed
Publié par arez à 14:43:45 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) | Permaliens
Après avoir tourné « Yura di twenza »,
premier feuilleton en kabyle, Ahmed Djenadi récidive avec un premier film
policier projeté en avant-première, jeudi, à la maison de la culture Taous Amrouche
de Béjaïa (en Kabylie, 260 km à l'est d'Alger).
Synopsis : un jeune délinquant est renvoyé de France par son paternel. Au
village, il s'installe chez son oncle. Désœuvrement et spleen. Le boulot de
chantier s'avère vite une corvée insupportable pour notre héros. Les chants de
belles sirènes villageoises ne transforment pas la bête en belle. Avec un
fonctionnaire licencié et un type du milieu, il fonde un gang qui ne tarde pas
à semer la terreur aux alentours. Du fil à retordre pour le commissaire (joué par
Ahmed Djenadi lui-même) et son jeune adjoint (joué par le chanteur Yacine
Zouaoui).
Le film s'écoule en un torrent rapide qui accentue la violence des situations. Les hold-up et autres faux barrages sont
violemment crédibles. La direction photo est admirable avec de saisissants
tableaux de la Kabylie rurale. On est dans le thriller psychologique, même si
Ahmed Djenadi semble quelque peu s'emmêler les pinceaux vers la fin où il
introduits des séquences qui jurent avec le réalisme qui accompagne l'intrigue.
Même si les comédiens sur-jouent un peu, l'interprétation est plutôt correcte.
L'égypto-kabyle Abdelghani Shehata campe à merveille le rôle du jeune Beur et
Toufik Guelati semble être né pour le métier de dur à cuire. Sa présence timide
en salle donne toute la mesure de la composition à laquelle il s'est astreint.
Acteur fétiche de Djenadi, Saïd Bennatsou s'avère très à l'aise dans le rôle de gibier de potence.
Avec de très petits moyens, Ahmed Djenadi arrive à faire un film correct. Il
prouve, si besoin est, qu'il est capable de faire de grandes choses si jamais
il pouvait disposer de budgets conséquents. Il ne faut surtout pas le répéter :
le film a coûté moins de 50 millions de centimes (moins de 5.000 euros). Ceux
qui iront le voir auront, c'est garanti, beaucoup plus que pour leur argent !
M. Bessa, in La Dépêche de Kabylie
Publié par arez à 22:27:37 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) | Permaliens
La production
cinématographique amazighe (berbère) vient de s'enrichir d'un nouveau titre. Il
s'agit d'un long métrage intitulé « daawessou » (la malédiction)
produit par les éditions Cié Kabyle du producteur-éditeur Mourad Bouchafa.
Ce film distribué sous forme de DVD de 110 minutes relate
une histoire d'amour entre un garçon et une fille... qui ne se termine pas par un
mariage, car le père du garçon a choisi une autre jeune fille pour son fils.
Le film est réalisé et produit par Saïd Bellili. Les éditions Ciné Kabyle,
créées en 2004, ont édité jusqu'ici six films, dont « Ma mère m'a dit » qui a connu
un grand succès. « daawessou »
a été tourné en Kabylie et en France.
Publié par arez à 22:18:50 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) | Permaliens
Les Grecs ont inventé le théâtre, mais pas l'art dramatique qui, lui, a pris sa source dans le Sahara algérien, selon un chercheur et critique du 4e art, Kamel Bendimered.
Se référant en cela à une étude sur les gravures rupestres du Tassili n'Ajjer, menée par le chercheur suédois George Cristéa, de l'Institut d'art dramatique de Stockholm, ce journaliste et chercheur tlemcénien affirme que ce dernier, qui a mené pour les besoins de son étude «trois expéditions» (en 1974, 1983 et 1984) au Tassili, «plus grand musée à ciel ouvert du monde», a été aidé par des universitaires de Constantine.
Au cours d'une conférence qu'il a donnée mercredi soir au Théâtre régional de Constantine, en marge de la semaine culturelle de Tlemcen dans la ville du Vieux rocher, devant un auditoire tout ouïe, Kamel Bendimered a fait une présentation et une lecture originales d'une expérience menée depuis une quinzaine d'années par Ali Abdoun et l'association El Aâfsa, à Tlemcen, qui ont eu l'idée de réhabiliter un héritage culturel ancestral portant le nom de «ayrad». Un legs qu'il présente ici comme un «heureux exemple de synthèse entre modernité et tradition» et de «création authentique ancrée dans un patrimoine aux racines profondes».
L'«ayrad», qui tire son appellation du nom du lion en tamazight (berbère), est un spectacle qui tient autant du carnaval que du théâtre de rue. Il est célébré depuis des temps immémoriaux dans la région des Beni Senous (wilaya de Tlemcen) à l'occasion de la fête de «yennayer» (12 janvier, jour de l'an berbère).
Ce spectacle dramatique et festif, qui participe, selon le conférencier, d'un fonds culturel commun aux peuples méditerranéens et africains, est qualifié de «théâtre total», car le comédien doit pouvoir «tout y faire». Relevant au départ du rituel cultuel païen, il a acquis au fil des ans une dimension sociale chargée d'enjeux politiques, à travers une symbolique mettant en scène des personnages animaliers et humains typés.
Préparé dans le secret et précédé d'une préparation psychologique de la population pour le recevoir, le spectacle, porté par des personnages masqués, s'organise en procession populaire et se déploie à travers de nombreux sites de la cité d'El Khemis, accompagné par un chœur de chants et de danses en déferlante rythmique d'instruments à percussions et à vent (bendirs et ghaïtas) pour marquer une halte à mi-chemin pour vivre le cérémonial de l'accouchement d'une « l'bya » (lionne), puis d'une confrontation entre lions d'où sortira le plus grand, une sorte de «roi lion» qui affirmera son leadership et sa paternité sur le lionceau fraîchement venu au monde.
Exemple rare de mémoire collective «qui n'a pas failli en assurant la transmission d'un patrimoine plurimillénaire d'autant plus précieux qu'il semble avoir disparu ailleurs», la guerre des lions racontée par «ayrad» fait selon toute vraisemblance référence, dira Bendimered, à la guerre sans merci que se livrèrent les frères ennemis des royaumes de l'Est et de l'Ouest, Massinissa et Syphax, épris de la même femme, Sophonisbe, et instrumentalisés l'un et l'autre par les Romains et les Carthaginois.
A travers le travail de réhabilitation de ce patrimoine, Ali Abdoun et l'association Aâfsa ont enclenché un mouvement culturel «en ondes continues» et caressent le rêve de pouvoir monter un jour une œuvre dramatique de salle, de bonne facture professionnelle, à partir de ce spectacle de plein air.
De même que les «senoucis», ainsi sensibilisés à la possibilité de moderniser ce patrimoine ancestral, ambitionnent d'en faire un levier de développement de l'action culturelle locale et un festival favorisant le développement touristique de la région, rapporte Kamel Bendimered.
Source: aps
Publié par arez à 00:59:08 dans AINSI VA LA VIE | Commentaires (0) | Permaliens
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