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FOCUS ALGERIE

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Tahar Ouattar persiste et signe | 23 octobre 2007


Aujourd'hui je vais déroger à la règle.

Je reprends un article d'El Watan du 23 octobre sur une conférence-débat de Tahar Ouattar au Centre culturel français (CCF) à Alger. L'écrivain persistait à dire que l'assassinat de Tahar Djaout par les islamistes armés était « une perte pour la France ».
Je publie plus bas un extrait d'une interview inédite de Tahar Djaout sur l'Intellectuel avec un grand « I » et l'intellectuel avec un petit « i ».
Tout commentaire est superflu.



Voici le texte intégral de l'article d'El Watan


A propos de l'assassinat de Tahar Djaout : Tahar Ouettar persiste et signe.

C'est lors de la conférence-débat qu'il a donnée hier au Centre culturel français que l'auteur du roman Ez-zilzel, après une présentation sommaire de cette œuvre publiée en 1973, s'est prêté aux questions de l'assistance constituée d'universitaires, d'enseignants, d'hommes de culture et d'étudiants.
Le débat qui prenait de la hauteur a complètement chauffé et ce, après que Tahar Ouettar, sans en démordre aucunement, a confirmé devant les présents avoir bien déclaré ce qu'il lui a été prêté à la suite de l'assassinat de Taher Djaout. Le ton a vite fait de monter, vu que la réaction de certains présents ne pouvait déboucher que sur une fiévreuse polémique, n'était l'intervention d'un responsable du CCF, les choses auraient dégénéré. Tahar Ouettar indiquera : « J'avais dit à une journaliste étrangère à propos de l'assassinat de Tahar Djaout que c'était une perte pour la France. » Pour se justifier, il ajoutera : « Il y a eu à l'époque de l'incident une levée de boucliers contre moi par les Kabyles qui avaient tous des journaux ».
A la fin de la conférence, l'auteur n'a pas assisté au buffet auquel il a été convié, ceux qui étaient là ont fait état de leur réprobation à propos de telles déclarations, certains ont même qualifié les dires de l'auteur d'« indignes d'un être humain et encore plus indignes quand il s'agit d'un écrivain ».


Voici l'extrait d'une interview inédite de Tahar Djaout sur le rôle et la place de l'Intellectuel. L'interview a été réalisée le 23 mai 1993, quelques jours avant son assassinat.

Q)
– Pourquoi les intellectuels algériens observent-ils le silence sur ce qui se passe en Algérie ? On l'impression qu'ils ne sont pas concernés par la répression, le processus démocratique en cours et les violences armés.

R) – A vrai dire, les intellectuels algériens n'ont jamais été silencieux qu'on le prétend parfois. Le problème qu'il faudrait soulever, c'est peut être celui du peu de moyens dont disposent les intellectuels pour s'exprimer et celui d'un fossé qui s'est creusé entre les intellectuels et le reste de la société. Fossé dû notamment à la qualité de l'école algérienne et qui n'a pas permis une relève au niveau intellectuel. Donc une école qui produit une jeunesse coupée des intellectuels, une jeunesse qui n'a pas d'outils d'analyse, qui a peu de moyens d'appréhender la réalité sous l'angle de l'intelligence, sous l'angle de l'analyse.
Les intellectuels à vrai dire s'expriment, pas tous mais pour quelques uns, par les moyens qui leur sont donnés, c'est-à-dire les livres qui n'ont pas, hélas, la répercussion voulue, des interventions dans la presse. Je crois que c'est déjà suffisant pour un intellectuel. Parce qu'un intellectuel ne dispose pas forcément de tribunes importantes comme les tribunes politiques, il ne dispose pas d'adhérents, d'une foule qui le soutient, qui lui permet de tenir des meetings.
Donc, je crois que l'intellectuel algérien -- et je parle encore ici d'un certain profil d'intellectuel qui prend ses responsabilités – donc l'intellectuel algérien s'exprime avec les moyens qui sont les siens.
Mais c'est vrai aussi qu'il y a eu l'intellectuel officiel, le prototype de l'intellectuel qui était là pendant le parti unique, qui était le porte-parole du pouvoir qui, avec la démocratie, se découvre soudain l'âme de démocrate et qui, lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilités, lorsque les jeux ne sont pas clairs, cet intellectuel généralement se terre chez lui en attendant que les choses s'éclaircissent pour qu'il puisse s'exprimer sans prendre aucun risque. Mais peut-on appeler intellectuel ce genre de personnage ?
 

 

Publié par arez à 01:13:59 dans FOCUS ALGERIE - Des nouvelles - de tout un peu | Commentaires (0) |

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