Pont de Montvert | 22 février 2007
« Avec ses maisons, ses ruelles, son lit de rivière étincelant, le Pont de Montvert avait un air méridional indescriptible », déclarait Stevenson. Ceux qui y vivent peuvent confirmer l'influence méditerranéenne sur le climat et les pluies diluviennes de l'automne. Le village aux 3 ponts sur les 3 rivières : le Tarn, le Rieumalet et le Martinet comptait 1500 habitants en 1860, et maintenant 300 âmes sont recensées. Pourtant, le touriste pourrait être surpris par de tels chiffres tellement les rues sont noires de monde en été. Il faut dire que les habitants ont réalisé des structures d'accueil et de découverte dont l'Ecomusée dans la « maison du Mont Lozère » et des sentiers de découverte...
Pont de Montvert a été le théâtre de l'assassinat de l'Abbé du Chayla, le représentant du pape dans ce pays protestant, le 24 juillet 1702. Une soixantaine de personnes descendent vers Pont de Montvert et demandent de délivrer leurs frères retenus prisonniers par l'Abbé. Ils défoncent la porte et quelques prisonniers s'échappent. Puis, la maison est mise à feu et les Camisards tuent l'Abbé sur le pont. Les troupes poursuivent les Camisards, en capturent certains (dont Esprit Séguier) et les exécutent sur ce même pont. C'st ainsi que commence la guerre des Camisards, laquelle durera deux ans. Stevenson en connaissait l'histoire, ce qui l'attirait dans les Cévennes, le lieu de cette guerre
Publié par guib. à 07:21:45 dans Le Chemin de Stevenson
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Permaliens
De Bleymard à Pont de Montvert (8) | 18 février 2007
Je quitte le gîte de l'Escoutal et Bleymard (1069m) et commence la montée vers le sommet du Mont Lozère (1699m). Stevenson ne s'arrêta pas à Bleymard, il dormit à la belle étoile sous les pins avant de continuer son chemin le lendemain vers le sommet en suivant les montjoies et les chemins de transhumance (drailles) et descendre au village de Finiels (1220m) puis vers Le Pont de Montvert (875m).
Nous, nous arrêterons au village de Finiels pour y trouver le gîte et le couvert chez Jacqueline Galzin et Mario Pantel. Maison de granit, grande cheminée du XVIè, excellent dîner de produits locaux, accueil des plus sympathiques en présence d'autres randonneurs qui font leur marche en « étoile » à partir du gîte.
Cette étape d'une quinzaine de kilomètres restera gravée dans ma mémoire pour l'effort physique, pour les paysages magnifiques sous un ciel d'un bleu intense, pour la vue sur les Cévennes, pour les espaces couverts de violettes et de genêts et pour mieux sentir les traces de Stevenson et ses pensées.
Voici quelques extraits de son journal :
A propos de sa nuit sous les pins : « ... La nuit sous un toit est un temps mort et monotone, mais, à ciel ouvert, elle passe légère, avec ses étoiles, sa rosée et ses effluves de parfum, et les heures sont marquées par des changements sur le visage de la Nature. Ce qui paraît être une sorte de mort temporelle à ceux qui étouffent entre des murs et des rideaux n'est qu'un sommeil léger et animé pour qui dort à la belle étoile. Il peut toute la nuit entendre la nature respirer librement et profondément... » En remerciement à la nature, Stevenson dépose dans l'herbe quelques pièces de monnaie pour « payer » sa nuit sous les pins.
A propos de ce qu'il voit du sommet du Mont Lozère : « ...Tel le vaillant Cortez quand, avec des yeux d'aigle, il fixa le Pacifique, je pris possession, en mon nom, d'une nouvelle partie du monde. Car voici que ... s'offraient à moi une échappée sur l'air brumeux du ciel et un labyrinthe de collines bleues à nos pieds... »
A propos du vent : « A peine avais-je commencé ma marche, j'avais eu les oreilles remplies d'un bruit sourd et puissant, comme d'une houle lointaine ; je fus à certains moments tenté de croire au voisinage d'une cascade et à d'autres, je l'attribuai à l'effet tout subjectif du silence absolu de la colline. Mais à mesure que j'avançai, le bruit augmenta ... et au même moment, des bouffées d'air frais commencèrent à me parvenir depuis le sommet. Je finis par comprendre ; cela soufflait très fort du sud sur l'autre versant du mont Lozère, et, à chaque pas, je me rapprochais du vent... »
Publié par guib. à 09:31:09 dans Le Chemin de Stevenson
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Permaliens
A Bleymard (1069m) | 16 février 2007
Nous logerons dans un gîte, accueillis chaleureusement par Nathalie B., dans un superbe coin de montagne à Bonnetés (1237m), au cœur de la forêt du Goulet, à 2 kilomètres de Bleymard. A découvrir sur le site de Nathalie : http://www.gr70.com/bleymard.htm
Agréable nuit en chambre d'hôtes. C'est aussi un gîte d'étape à proximité des Gr 70, Gr 7 et Gr de Pays, une table d'hôtes et un lieu de balades et découvertes floristiques multiples et variées.
Publié par guib. à 07:36:36 dans Le Chemin de Stevenson
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Permaliens
De la Bastide -Puylaurent à Bleymard (7) | 14 février 2007
Cette étape longue de 26 km, fut des plus magnifiques : paysages très variés, belles et grandioses forêts, ravins, landes, prairies herbeuses envahies de genêts, la source du Lot, des villages typiques autour de belles églises et le viaduc de Mirandol près de Chasseradès.
Ce viaduc passe à 1215 mètres d'altitude, presque un record. Stevenson a partagé une chambre à l'auberge de Chasseradès, le 27 septembre 1878, avec des hommes occupés à faire des relevés en vue de la construction de ce viaduc, mais la ligne ne fut inaugurée que 24 ans plus tard.
Voici ce qu'écrit Stevenson de son étape après Chasseradès :
« Ma route passait d'abord par le plateau et soudain plongeait dans le ravin de Chassezac. C'est un petit ruban vert de prairies, bien dissimulé loin du monde par ses rives abruptes, avec, de ça et là, un village enfoui dont les fumées montaient parmi les genêts. Soudain, après un pont, la route quittait ce creux charmant et se mettait vigoureusement à gravir la montagne du Goulet. Elle montait en lacets à travers l'Estampe le long des champs sur le plateau et des bois de hêtres et de bouleaux, et, à chaque tournant, elle m'offrait un intérêt nouveau... ».
Et il continue plus loin en montant vers le col du Goulet (1413m) :
«...tous ces jolis bruits intéressants me remplirent le cœur d'une attente inhabituelle et il me sembla qu'une fois cette crête franchie, je descendrais dans un éden de vergers roses et printaniers, de paisibles ruisseaux et d'ailes de moulins à vent qui tourneraient dans un ciel rouge d'éternel couchant. Je ne fus pas trompé, car j'en avais fini désormais avec les pluies, les vents et un pays froid... »
Stevenson avançait vers la lumière, en réalité et symboliquement... comme souvent le marcheur !!
Publié par guib. à 10:15:13 dans Le Chemin de Stevenson
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