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De Bleymard à Pont de Montvert (8) | 18 février 2007

Je quitte le gîte de l'Escoutal et Bleymard (1069m) et commence la montée vers le sommet du Mont Lozère (1699m). Stevenson ne s'arrêta pas à Bleymard, il dormit à la belle étoile sous les pins avant de continuer son chemin le lendemain vers le sommet en suivant les montjoies et les chemins de transhumance (drailles) et descendre au village de  Finiels (1220m) puis vers  Le Pont de Montvert (875m).
Nous, nous arrêterons au village de Finiels pour y trouver le gîte et le couvert chez Jacqueline Galzin et Mario Pantel. Maison de granit, grande cheminée du XVIè, excellent dîner de produits locaux, accueil des plus sympathiques en présence d'autres randonneurs qui font leur marche en « étoile » à partir du gîte.
 Cette étape d'une quinzaine de kilomètres restera gravée dans ma mémoire pour l'effort physique, pour les paysages magnifiques sous un ciel d'un bleu intense, pour la vue sur les Cévennes, pour les espaces couverts de violettes et de genêts et pour mieux sentir les traces de Stevenson et ses pensées.
Voici quelques extraits de son journal :
A propos de sa nuit sous les pins : « ... La nuit sous un toit est un temps mort et monotone, mais, à ciel ouvert, elle passe légère, avec ses étoiles, sa rosée et ses effluves de parfum, et les heures sont marquées par des changements sur le visage de la Nature. Ce qui paraît être une sorte de mort temporelle à ceux qui étouffent entre des murs et des rideaux n'est qu'un sommeil léger et animé pour qui dort à la belle étoile. Il peut toute la nuit entendre la nature respirer librement et profondément... » En remerciement à la nature, Stevenson dépose dans l'herbe quelques pièces de monnaie pour « payer » sa nuit sous les pins.
A propos de ce qu'il voit du sommet du Mont Lozère : «  ...Tel le vaillant Cortez quand, avec des yeux d'aigle, il fixa le Pacifique, je pris possession, en mon nom, d'une nouvelle partie du monde. Car voici que ... s'offraient à moi une échappée sur l'air brumeux du ciel et un labyrinthe de collines bleues à nos pieds... »
A propos du vent : «  A peine avais-je commencé ma marche, j'avais eu les oreilles remplies d'un bruit sourd et puissant, comme d'une houle lointaine ; je fus à certains moments tenté de croire au voisinage d'une cascade et à d'autres, je l'attribuai à l'effet tout subjectif du silence absolu de la colline. Mais à mesure que j'avançai, le bruit augmenta ... et au même moment, des bouffées d'air frais commencèrent à me parvenir depuis le sommet. Je finis par comprendre ; cela soufflait très fort du sud sur l'autre versant du mont Lozère, et, à chaque pas, je me rapprochais du vent... »

Publié par guib. à 09:31:09 dans Le Chemin de Stevenson | Commentaires (0) |

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