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| Ma première fois | Contretemps >>
Je me rappellerai toujours ma première fois.
Je la surveillais depuis quelques jours pour savoir comment m'y prendre avec elle. Devais-je l'aborder directement ? Lui faire du " rentre dedans " ? Devais-je être plus subtil et la laisser venir à moi ?
Se jeter à l'eau est sans conteste le plus difficile. C'est ce moment où on sait qu'on ne peut plus reculer et qu'il faut trouver quelque chose à dire.
Quelque chose de rassurant, la mettant en confiance, qu'elle ne sache pas ce que je veux qu'elle me donne.
Heureusement, elle était célibataire et sans enfant. Au moins, ce serait plus simple.
Aucun obstacle.
C'était il y a 3 ans. Elle s'appelait Karine et avait 33 ans. Une jeune biochimiste employée par un grand groupe pharmaceutique basé en Suisse.
Je l'ai abordée un soir dans un bar, le Dell'Arte, une semaine après l'y avoir vu pour la première fois . Je savais que le mercredi soir, elle y venait se détendre devant un verre de Martini. Ma boisson préférée. C'était déjà ça.
C'était étrange l'effet que lui procurait cet environnement. Une lumière tamisée teintée de rouge. Une tapisserie tissée rouge sombre. De gros fauteuils en cuir remarquablement confortables. Quelques divans où se vautraient de jeunes gens à l'allure faussement bourgeoise.
Mais ce soir là, contrairement à son habitude, elle alla s'installer dans un de ces fauteuils au fond du bar. D'habitude, elle restait au comptoir. Elle terminait son verre et rentrait chez elle.
Ce changement d'habitude ne signifiait qu'une chose : un stress à évacuer, une pression plus forte à relâcher. C'était le bon moment. Il fallait profiter de cette faiblesse.
_Bonsoir. Je vous observe depuis tout à l'heure et j'aimerais m'installer face à vous pour discuter. Vous semblez toute aussi stressée que moi et je me disais qu'on pouvait le partager.
Vraiment, on ne fait pas aussi mauvais comme approche, mais cela la fît quand même rire.
_On a déjà fait mieux comme tactique de drague mais pourquoi pas, me dit-elle.
La machine était lancée. Il ne restait plus qu'à manœuvrer correctement pour ne pas tout foirer.
_ Je m'appelle Marcus. Son sourcil gauche se soulève très légèrement. Elle a visiblement fait tout son possible pour que je ne vois pas sa surprise face à ce prénom si peu courant. " Mais Marc ira très bien et puis c'est plus habituel ".
_ Entendu, Marc. Je m'appelle Karine. Elle me tendit une main chaude que j'empoigna avec délicatesse.
La discussion était très agréable. Les traits de son visage se détendaient, son sourire était honnête et la veste de son tailleur s'est assez rapidement retrouvée ouverte montrant avec bien être elle vivait l'instant et surtout montrant ses tétons dressés sous son chemisier malgré la douce chaleur régnante.
Nous parlâmes de son travail et des problèmes qui en découlaient. De la difficulté de gérer une équipe de chercheurs, de la pression due aux concurrents et aux clients, des résultats qu'elle devait obtenir.
Je ne pouvait que jouer au " psy ", plaçant les bonnes remarques au bon moment.
Au bout de 3 heures de conversation, elle se leva pour rentrer chez elle car une dure journée l'attendait. Une réunion importante avec des clients.
J'aimerais vous revoir, lui dis-je. Est-ce possible ? Son sourire fût la réponse attendue. Elle me griffonnât son adresse sur un bout de papier et me le tendit. Vendredi, passez me prendre à 22 heures chez moi et j'aime beaucoup la lotte à l'américaine.
Nous ne sommes jamais allés au restaurant.
Le vendredi soir, j'arrivais chez elle, sans avoir eu besoin de chercher sur un plan. A 22 heures exactement, je sonnais. Elle était encore plus belle que d'habitude. Une robe moulante avec un magnifique décolleté plongeant épousait ses si parfaites formes.
J'entrais, sortant ainsi de l'ombre, attendant sa réaction. Ses yeux s'enflammèrent, balayant rapidement mon corps de haut en bas avec une presque imperceptible pause au niveau de la ceinture et sa gorge frémit légèrement.
Cette femme est maître de ses émotions mais les détails ne m'échappent jamais. La soirée s'annonçait bonne.
Elle m'offrit une coupe de Don Pérignon 1988. Nous étions si proches et ses yeux ne me lâchaient pas. Sa main droite se posa sur mon torse et elle m'embrassa.
Lorsque la deuxième bretelle glissa de son épaule et que sa robe glissait le long de son corps, je constatais qu'elle ne portait aucune lingerie. Je n'eus pas le temps de l'admirer que les boutons de ma chemise sautaient et les dents de Karine mordaient mon ventre.
Visiblement, et je le savais déjà, cette femme n'a couché avec aucun homme depuis très longtemps. Mais je ne m'attendais pas une telle réaction. D'abord, parce que je n'en ai pas l'habitude et ensuite je ne pensais pas qu'elle brûlait à ce point.
Après avoir fait l'amour une bonne partie de la nuit, elle dormait profondément. Je restais éveillé la regardant, me délectant de ma première victoire.
Je me levais, descendis dans le vestibule où se trouvait ma serviette. Une fois remonté dans la chambre, je la regardais une dernière fois, le cœur triste. Ce regard fût le plus long, les minutes s'écoulèrent. Elle semblait heureuse.
Je sortis de mon rêve éveillé et je pressais la détente trois fois.
Trois balles dans la tête. Elle ne s'est rendue compte de rien. Elle est morte dans son sommeil sans souffrir. Seul le sang qui glissait hors des impacts de balle montrait l'absence de vie.
Ma cible vendait des informations " top secret " à des clients officieux ce qui devait, cette fois, lui permettre d'empocher 10 millions d'euros en liquide.
Ce n'était qu'un contrat, mais c'était le premier. Le plus difficile selon les Anciens, d'autant plus difficile que la cible était belle et séduisante.
Lui ôter la vie ne fût pas dur. Il suffit d'appuyer. Cela aurait été plus difficile si j'avais mis plus de temps à l'aborder ou à passer à l'action.
Ne jamais tomber amoureux d'une cible ou on devient la cible.
Publié par TAG à 09:36:35 dans Profession... | Commentaires (7) | Permaliens
18-01-2007 11:18
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18-01-2007 10:39
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