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Space Hérésie

Contes et Récits Farfelus des Argonautes de l'Espace

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Ce blog présente les élucubrations de deux amis d'enfance. Contes et légendes farfelus, écris à deux mains, de l'espace ou d'ailleurs.

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Amytéglise, la maison du diable | 24 janvier 2007

              Alfrid le bon prêtre sortit du confessionnal ou le concierge l'avait enfermé par mégarde deux jours plus tôt. Il réprimanda le concierge, dans le respect de Dieu, d'un mini-crucifix dans l'œil. Puis il se rua sur une boite d'Hostie qu'il dévora (la boite passa mal) en arrosant le tout de vin de messe. Son petit creux comblé il se calma et reprit ses exercices d'apnée dans le bénitier.

Dans son bénitier il pensait. Cette journée était plutôt banale mais la simplicité de sa vie le rendait heureux. Le sommeil commençait à l'envahir. Il se sentait reposé pourtant, il était calme, heureux... très heureux... Ah ! Cette fraicheur de l'église, cet air pur... Il inspira profondément.
L'eau bénite le fit tousser si bruyamment que les vielles dames qui se recueillait se retournèrent et le virent la tête trempée prés du bénitier. « Hum ! J'étais en train de bénir l'eau... lorsque je... me suis endormi... veuillez m'excuser mesdames ». Un paysan très rustre qui était restait derrière une colonne, se leva et lui refit bénir l'eau puis s'enfuit rapidement, laissant Alfrid expliquer ses nouvelles quintes de toux à une robuste paysanne, Monique.
Monique Tamaire, fière paysanne, s'expliqua poliment avec lui et c'est depuis cet entretien qu'Alfrid fut connu dans tout l'archevêché comme étant le prêtre qui bu un bénitier par les narines.

Alfrid, remit de ses émotions prit sa bicyclette pour faire sa tournée de visite matinale en cette belle journée de décembre 1851, ce qui était toujours très sportif car chaque matin des enfants plaisantins accrochaient des cadenas dans ses roues. Comme chaque matin (sauf celui d'hier puisqu'il était enfermé) Alfrid mit sa bicyclette en bandoulière et partit en courant dans la rue quand une calèche arriva en trombe.
Il hurla « seigneur pitié ! Un miracle, je ne veux pas mourir maintenant ! ». Comme par miracle Alfrid remarqua une bouche d'égout ouverte à deux pas de lui. Il se rua vers elle et y sauta dedans juste au moment ou les chevaux arrivaient sur lui. Alfrid comprit trop tard qu'il venait de sauter dans le puits du village qui faisait 25 mètres de profondeur. En tombant il fit sa prière favorite pour le saint roi Henrate.
Alfrid qui voyait toujours le coté positif des choses se dit que finalement cette chute lui avait permis d'apprendre des choses fascinantes. Par exemple Alfrid ne savait pas qu'il pouvait y avoir des requins blancs au fond des puits. Alfrid ne savait pas non plus qu'un être humain était capable de rester suspendu par les mains à une bicyclette coincée à travers un puits pendant deux jours.

Alfrid avait froid, car en plein cœur d'un village d'Angleterre, en décembre, au fond d'un puits il fait rarement chaud. Il était en train de priait Dieu lorsqu'il entendit les pas de quelqu'un à coté du puits. Il aurait volontiers appelait au secours mais le requin dormait et il ne pouvait pas laissait pendre se jambes lorsque le requin guettait. Soudain il entendit un sifflement caractéristique de quelque chose de lourd qui fend l'air en chutant. Il ne put esquiver le sceau que venait d'envoyer Monique. La douleur le fit lâcher prise, il but la tasse mais réussi à se retenir de tousser car il avait le nez collé à celui du requin qui dormait encore. Le sot venait de se remplir et commençait à remonter. Alfrid s'y agrippa. Et entendit Monique se lamenter sur la lourdeur du sot.
Quand Monique aperçut Alfrid accroché au seau elle lâcha la corde de surprise mais eut quand même le temps de lui mettre une beigne. Alfrid reprit le long cheminement vers la gueule grande ouverte du requin qui était maintenant bien réveillé s'étant pris la bicyclette dans la tronche.
Il écarta de justesse la gueule du requin qui claqua vainement dans l'air puis il nagea jusqu'à ce qu'il soit en dessous de la bête. Le requin ouvrait de grands yeux ahuris ; sa proie avait subitement disparue ! Peut-être l'avait-il croqué ? Alfrid était très content de s'être entrainé en apnée. Le requin finit par se lasser et se dit qu'un petit somme serait le bienvenu. Alfrid put remonter à la surface pour respirer.
Le père Alfrid n'était pas homme à se laisser abattre mais là il commençait quand même à perdre espoir. On ne peut pas tenir longtemps dans un puits en compagnie d'un requin affamé et dans une eau avoisinant les zéro degré. Soudain le sifflement se fit à nouveau entendre. Alfrid lutta pour réprimer un hurlement de douleur. Il s'accrocha au seau à moitié assommé et commença la lente remontée vers la lumière.
Georgette, une paysanne, elle aussi se lamentait. Mais cette-fois dès qu'Alfrid fut en haut il s'agrippa au parapet, de sorte qu'il n'eut que la beigne. En fait, les beignes. Alfrid tenu bon.

Alfrid bénit Georgette et la poussa dans le puits. Il repartit à pied sans sa bicyclette, décidé à ne pas laisser sa tournée matinale être gâchée par ce petit contretemps, et rendit visite au premier fidèle de sa paroisse ; Mr Grodin.
 
TOC TOC ! TOC !
DRiiNG ! DRiiiiNG ! DRiNG !
TOC ! TOC ! TOC ! TOC ! DRiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNG !
HOOOOOOO !!!!
DRiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNG !

Alfrid se rappela que Mr Grodin était sourd et ouvrit la porte. Heureusement Mr Grodin savait lire sur les lèvres et n'était pas muet, de telle sorte que l'on pouvait converser avec lui. Alfrid longea le couloir qui menait au salon de son ouaille. Thierry Grodin était assis dans un fauteuil au centre de la pièce, il lui tournait le dos et lisait un livre.
« Salut Thierry ! »
« ...... »
Alfrid lui tapota le dos. Thierry sursauta se retourna et s'exclama :
« Père Alfrid ! Quelle joie !!!!! ».
Alfrid, courbé en deux, les mains collé sur les oreilles, lui hurla :
« Moins fort ! T'es sourd ou quoi
 ? Oh ! Pardon ».

Thierry était sourd mais susceptible. Thierry Grodin était musclé. Le père Alfrid savait encaisser. Ainsi ils conversèrent dans le meilleur des mondes. Le seule qui put s'en plaindre fut la fenêtre du premier étage que traversa Alfrid, qui poursuivi sa chute dans le puits du jardin. Alors qu'il tombait à grande vitesse vers le fond, Alfrid fut soulagé d'apercevoir des échelons. Il eut peur un moment qu'un requin ne l'attende au fond mais il fut vite rassurer : le puits était sec.
Mais pas vide à en juger tous les tessons de bouteilles. « SCRATCH ! KRUNCH ! SPLOTCH ! PISSSSSSSSS ! (n'étant pas doué pour les onomatopées, l'auteur tient à préciser que là Alfrid s'est d'abord empalé sur une bouteille cassé et qu'ensuite il a commencé à pisser le sang). La blessure était au niveau de l'estomac et Alfrid ne savait pas où faire le garrot. Il remonta vite par l'échelle et fonça chez le rebouteux du village. Il frappa à la porte, le rebouteux ouvrit, vit l'ampleur des dégâts et s'évanouit. Alors Alfrid se dit qu'il ferait mieux d'aller voir un médecin. Ce qu'il fit.

Il sonna, attendit, resonna, attendit encore et se rappela que le médecin aussi était sourd. Il entra dans la maison et là quelle ne fut pas sa stupéfaction en voyant que le médecin n'était plus sourd ! En effet le médecin était mort, une pierre attaché autour du coup, la tête la première dans son aquarium. Alfrid pria Dieu de le laisser en vie jusqu'à l'hôpital. A l'hôpital il ne se passa rien d'exceptionnel, si ce n'est qu'il entendit un hurlement lorsqu'on le descendit en ascenseur au bloc opératoire. Sorti de l'hôpital avec ses point de sutures tout neuf, Alfrid reprit sa tournée matinale là ou il l'avait laissé et se dirigea vers la maison de... Mme Vérolin !

Il marchait lentement en sifflotant et arriva finalement en vue de la grande maison blanche de style colonial de Mme Vérolin. Il sonna et aussitôt la porte s'ouvrit. Il entra, se retourna, mais... personne. Courant d'air ? Hallucination ? Ou fait paranormal ?                                 
Mme Vérolin arriva en se précipitant et en pleurnichant vers lui :
« Ah ! Sniff... vous êtes enfin venu... sniff... quelle maison horrible ! C'est l'horreur ! J'ai peur... »
« Je sais, je sais... » Reprit le père Alfrid, « moi-même lorsque j'ai sonné j'ai vu de mes propres yeux la porte s'ouvrir toute seule ! »
« Ah ! Mais non, ça c'est un installation de mon mari ; quand on sonne, la porte s'ouvre ».
Alfrid toussa un peu dans sa soutane, rouge de honte. Il reprit ;
« Eh bien ! Madame Vérolin, que se passe-t-il d'anormal ? »
« Ma maison est hanté ! »
« Que se passe-t-il ? Apparition ? Poltergeist ? Démon ? Voix satanique ? »
« Non, non, architecturalement elle est en T ! »
« ... »
« J'aimerais bien que vous l'exorcisiez, une amie m'a dit qu'il fallait toujours faire exorciser une maison en T par un prêtre ! »
« T bien ! AH ! AH ! AH ! T bien... très bien... en T... Ah ! Ah ! Jeu de mots... non ? »
« Écoutez père Alfrid, c'est sérieux ! Déjà que vous ne venez plus depuis trois ou quatre matin...et que vous n'avez certainement aucun excuse valables, je vous prie de faire votre boulot correctement ! »
« Écoutez, c'est que je suis tombé dans un puits infesté de requins et que la mère Monique m'en voulait... j'avais sauté dans le puits pour éviter une calèche ».
« Dites père Alfrid, vous vous foutez de moi ? Cessez de plaisanter je vous prie ! L'heure est grave, ma maison est en T ! »
« Excusez-moi, je n'étais pas conscient de la gravité de la situation ».
« Bon, avez-vous besoin de quelque chose pour votre séance de spiritisme ? »
Alfrid n'avait pas mangé depuis quatre jours.
« Oh ! Il me faudrait une bible, de l'eau à bénir (deux ou trois litres), de la farine, des œufs, du sucre en poudre et des pommes de terre qui serviront à la fabrication d'hostie anti-maison en T, et du pain. De plus il faut que vous me laissiez seul dans la cuisine. Ne me dérangez sous aucun prétexte ».
« Vos désirs sont des ordres ».
« Des ordres/ désordres ! Ah !ah ! »
« Pardon ? »
« Non, rien ».
 
Une fois rassasiez, Alfrid vint trouver Mme Vérolin pour lui dire que tout était rentré dans l'ordre.

Alfrid décida que cela suffirait pour sa ballade matinale. Il rentra à pied vers sa petite paroisse, a travers les sombres ruelles de la petite ville enneigé. Il y avait beaucoup de misère dans les rues et Alfrid ne put s'empêcher de faire une bonne bataille de boule de neiges avec les clodos, qui très vite cessèrent de s'amuser quand Alfrid truffa ses boules de cailloux. Ils lui exprimèrent son mécontentement et c'est depuis ce jour que les détracteurs d'Alfrid l'appellent « pelle à neige ».
Il arriva à l'église pile pour l'heure de la messe. Il entra avec assurance et traversa avec élégance la nef pleine de monde. Il se fit plus petit lorsqu'il aperçut Monique, GEORGETTE, Mr Grodin, Mme Vérolin et le paysan rustre dans la foule. Il monta dans sa chaire pour le sermon, oublia la quatrième marche bancale, remonta dans sa chaire et commença son discours :
« Un peu de silence s'il vous plait... nous sommes le second dimanche de décembre, Noël approche. Si nous sommes réunis ce matin, c'est pour partager nos prières habituelles... patati patata... blablabla...que le seigneur soit avec vous ! »
« Et avec votre esprit ! » répondirent en chœur les fidèles.
« Entamons le chant de la page 13 du livret 1 »
« G zut est né !
G zut est mort !
G zut est ressuscité ! »
«  Et G zut rompit le pain avec son couteau, le partagea avec ses zapôtres. Ils se saoulèrent la gueule. Et G zut était tellement bourré qu'il dit « buvez », en désignant le vin, « car ceci est mon sang ! AH ! AH ! AH ! ». Jean le célèbre zapôtre lui répondit « et le pain c'est quoi ? Ta chair pendant qu'on y est ! ». Ils rirent beaucoup.
« À présent prenons le chant de la page 18 »
« Je veux voir Dieu,
Le voir de mes yeux,
Joie sans fin du bienheureux
Qui peuuuuuut voir dieuuuuuu ! »
« Et G zut marcha sur l'eau sans se casser la gueule. Il dit à ses zapôtres « venez, c'est trop fastoche ! », et ils marchèrent tous sur l'eau sauf Judas qui nageait. G zut dit avec compassion « Judas ! Mais qu'est-ce que tu fous bordel de dieu ! Marches sur l'eau ! », Mais Judas prisonnier de sa fourberie répliqua « t'es malade ? Elle est trop bonne ! »
« Chant de la page 74 ! »
« Bénis sois-tu Satan, dieu du mal !
Ton règne viendra,
Tu enferm... »
« Arrêtez ! heum... prenez la page 174 ! »
« Bénis sois-tu seigneur, dieu du bien !
Ton règne viendra,
Tu enfermeras le mauvais dans une boite au fond d'un gouffre
Pendant 1000 ans ».

Soudain une femme se rua vers l'autel, se jeta à genoux et pleura, pleura, pleura. Alfrid qui en avait ras la carotte lui dit « mais vous allez vous la fermer ! »
« Pardon ? »
Alfrid qui sentait peser sur lui le regard lourd de nombreuses paysanne, répéta sans se faire prier « Mais vous allez tout me raconter ! »
La femme : « bonjour. Moi c'est jacqueline et c't y pas qu'c'est mon mari qu'y est envouté ! »
La foule : « ôôôôôôôôôh ! »
Alfrid : « est-ce un envoutement partiel et périodique ou un envoutement total à phase anti-biblico-religieuse ? »
La foule : « ??? »
La femme : « ni l'un ni l'autre, c'est un dédoublement de personnalité avec des phases de violence incontrôlable et inconsciente, parfois accompagné par de puissant phénomène extérieur à l'enveloppe corporelle et plutôt paranormaux ».
La foule : « ... »
Alfrid : « Je vois, je vois... Ecoutez jacqueline, pourriez vous attendre un instant ? Je me prépare ».

Alfrid quitta l'autel d'un air profond et impénétrable, démarche ambitieuse et fière qui prit fin à la quatrième marche. Il se releva immédiatement après une roulade avant contrôlée qui fut stoppé net par le piédestal de la vierge Marie. Il rejeta en arrière son capuchon, épousseta sa soutane et repartit en boitillant imperceptiblement. Il accéléra l'allure, se prit les pieds dans les fils du micro, se releva en boitillant visiblement et entra dans la pièce « interdite ».
Il referma la porte, se débarrassa de sa soutane, jeta ses mocassins et enfila un treillis, mis ses rangers, glissa une croix affuté dans une de ses chaussures.
Il mit une casquette kaki et des lunettes noires puis passa une mitraillette autour du coup avec des cartouches d'eau bénite en bandoulière. Il sortit de la pièce et traversa l'église sous les yeux médusé de la foule qui fixait le bras de ce prêtre timide sur lequel était tatoué « born to kill ». Il s'arrêta devant jacqueline, cracha par terre, s'essuya le menton, et dit ; « femme ! Montrez-moi ou se trouve votre malheureux époux que je puisse faire reculer Satan devant la force de Dieu ».

Jacqueline l'amena chez elle. Devant la porte d'entrée Alfrid entendit des hurlements atroces venant de la maison. Il dit à Jacqueline : « mon Dieu ! Il est puissamment envouté par le démon ou alors j'y connais rien, fois d'Alfrid ! »
« Ah non, là il crit parce que je lui ai coincé un orteil sous l'armoire normande pour pas qui s'échappe ».
« ...très bien... vous pouvez disposer ».
« Attend l'curé... là j'crois qu'j'ai pas bien pigé... »
« Bon. C'est pourtant simple ; TU TE CASSE ! Et tu... Aïe ! Aïe ! »
Jacqueline de son bras musclé cognait Alfrid sur le mur.
« Non mais j'vais t'y apprendre moi à causer aux dames !!! »
Une fois redescendu Alfrid reprit un air grave et fort. Puis, désignant du doigt une porte entrouverte « il est là ? »
« Oui ».
« Bien, à présent auriez vous l'obligeance de bien vouloir me laisser entrez seul, s'il vous plait ? »
« Ouaip !!! »
Alfrid entra, referma la porte... l'homme était là, appuyé contre l'armoire, habillé de noir. Alfrid remarque de suite que la température était étrangement basse. L'homme tourna son visage pâle vers le prêtre... il ricanât ; un vent qui venait d'on ne sait où agitait ses cheveux. Alfrid alla refermer la fenêtre et demanda à l'homme :
« Qui es-tu ? »
L'homme d'une voix rauque et caverneuse répondit :
« LEUUU DEMON !!! AH ! AH ! »
Alfrid ravala sa salive et remarqua que le démon souffrait d'une conjonctivite aiguë.
Le vent repris, accompagné du froid, la chemise du démon se gonfla, ses cheveux volaient dans tous les sens et ses yeux rouges fixaient le prêtre.
« Mais tu vas arrêter d'ouvrir cette fenêtre ! » cria Alfrid. Il fut soudain projeté en arrière contre le mur. Il se releva, cracha au sol et sorti sa bible... « Que le mal quitte ton corps ! », de sa main droite il brandissait une croix de fer.
« Qui es-tu ? »
« LEUU DEM
enageur ! Ah ! Ah ! »
« Ciel ! Un démon farceur ! »
Il tira une rafale d'eau bénite sur le démon et hurla ;
« QUI ES-TU ? »
«  LEUUU DEMO...GRAPHE ! »
Alfrid s'empara du crucifix d'argent glissé dans sa ranger et le lança. Le crucifix passa à coté mais emporta quand même l'oreille gauche du démon. Alfrid l'avait raté à cause de l'obscurité. « D'ailleurs... il fait étrangement sombre pour cet heure de la journée... », Pensa-t-il. Puis il comprit et retira ses lunettes noires.
Le démon leva sa main droite et l'armoire se souleva, libérant ainsi son orteil.
« Mais qui es-tu ? »
« Des monts ! Ah !ah ! »
Le démon abaissa la main et grimaça de douleur.
« Je ne te crois pas ! Qui es-tu ? »
« Le pape ! »
« Oh pardon très saint père ! » s'exclama Alfrid en se jetant aux genoux du pape. Au moment ou il allait embrasser la main du pape celui-ci lui envoya une sacré beigne. Alfrid compris qu'il avait été victime d'une ruse.
« Non ! Tu n'es pas le pape ! Rusé démon ! »
Un vent terrible se leva, des feuilles tourbillonnait dans la pièce, les deux hommes secouaient par les rafales se regardaient intensément. Le démon poussa un rugissement de lion et sauta sur Alfrid. Il s'effondra à ses pieds. Il leva la main, dégagea son orteil, se releva et chargea le prêtre. Alfrid lança un coup de pied retourné, le mal vola dans le mur, grogna et s'élança de nouveaux vers Alfrid. Ils se roulèrent par terre, s'étranglèrent, puis Alfrid sorti son couteau suisse et l'enfonça dans le ventre du diable qui mugit, et mourut.

La porte s'ouvrit sur jacqueline qui vit Alfrid au-dessus du corps sans vie de son mari qui baignait dans le sang. Alfrid, le couteau à la main ne put que dire ; « le coup est parti tout seul... ».
La rafale de beigne de jacqueline parti toute seule, elle aussi. Puis elle s'effondra en larme « bouhouou ! Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Moi, une pauvre femme si fragile ! » 
« Oui fé fa ! bien fur ! »
Une seconde rafale parti.
Lorsqu'Alfrid reprit connaissance il vit une jacqueline verte de rage s'approcher avec une hache à la main. Il contempla un instant la hache puis sorti du cirage et bondit en haut de l'armoire. Le corps sans vie du mari rouvrit un œil rouge, bougea un peu la tête, et leva brusquement la main droite. Le corps rabaissa la main, jacqueline hurla ; « haaaaaaaaaaa ! Mon armoire salaud ! » Et elle trancha la tête de son mari. Alfrid, que ses multiples fractures faisait beaucoup souffrir, prit bien garde de ne pas crier et sorti en catimini par la fenêtre pendant que Jacqueline découpait le cadavre en petit morceau. Ce faisant il avait oublié qu'il était au premier étage.
Mais le plus embêtant c'était le puits construit en bas au pied du mur. Il eu peur un instant d'y rencontrer un requin mais fut à nouveau rassurer ; ce puits aussi était sec.
Cependant il apprit encore une chose fascinante... les crocodiles du Nil peuvent s'acclimater au climat froid.

 Fin
  
Villeneuve-lès-Avignon, 1995

Publié par argonautes à 10:20:13 dans Le prêtre Alfrid | Commentaires (2) |

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