Ce blog présente les élucubrations de deux amis d'enfance. Contes et légendes farfelus, écris à deux mains, de l'espace ou d'ailleurs.
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« Garock le puissant, Souverain de landes maritimes,
L'homme le plus instruit, le plus fort
et le moins vantard de tous les hémisphères de la planète ».
Passage de l'autobiographie de Garock le souverain.
« - Que pensez-vous de Garock le puissant ?
- Garock ? Garock le puissant ? J'me marre ! »
Extrait d'une interview d'un paysan.
« Personnellement je pense, sans vouloir aucunement
influencer votre avis personnel, que Garock se surestime »
Extrait d'une interview d'un prêtre.
« Garock ne se prend pas pour une merde ! »
Passage de la biographie de Garock
Par Michel Grebin Le Sage.
Dans le sublime palais au cœur d'une forteresse bâtit sous de règne de Heslem le Grand, Garock, descendant de Scrash le Froussard, lisait paisiblement un roman du célèbre auteur Garcon. Garock appréciait les romans de Garcon car ils comptaient toujours beaucoup d'image, ce qui contribuait fortement à leur succès. L'auteur Garcon avait compris le gros problème que posait l'analphabétisme (la popularité des romans de Garcon ne fut que plus grande encore lorsque le bruit se répandit qu'après quelques démêlés avec le roi il le tua sans que personne ne le sache jamais. Garcon après un bref exil s'était fait tuer à son tour par les gardes du roi, il y avait maintenant quelques années de ça).
Garock referma le livre car la seule image était sur la couverture. Puis il se remit à la dure tâche de l'écriture de sa seconde autobiographie. Il y travaillait depuis maintenant un an, depuis que le peuple avait supplié sous la menace d'avoir une suite. Garock dicta au mage ; « Au cours de la treizième année Garock le magnifique fut sacré chevalier par l'archiprêtre Aegidius, pour avoir vaillamment défendu ses terres au combat ». Épuisé par tant d'effort intellectuels Garock déclara que cela suffirait pour ce mois-ci. Le mage Aegidius, autrefois archiprêtre rangea la feuille puis reçu sa pièce d'or, rituel qu'ils répétaient depuis qu'il avait rendu un certain service à Garock une dizaine d'année auparavant.
Garock sorti de son palais et passa devant son champs de tomates préféré, qu'il avait défendu contre une invasion d'insecte, voila plus de dix ans, avec l'aide d'une centaine d'hommes. « Ah ! Que de souvenir héroïque ! », Pensa-t-il, mais dans un style nettement inférieur.
Il marcha seul, ignorant les risques, à l'intérieur des remparts. Plongé dans l'ambiance palpitante de ce voyage dangereux, Garock pensa « tiens, tiens ! Je trouve que Garock le magnifique sonne mieux que Garock le puissant. Il faudra que je convoque Aegidius ».
Plus tard Garock et Aegidius parlèrent :
-« Cher mage, acceptes-tu d'avoir l'honneur de changer publiquement mon surnom ? »
-« Ben... voyez-vous ma réputation et la vôtre... ne me... ne peuvent pas me permettre de... passer publiquement... en... »
-« Bon, mon brave, voilà une petite bourse bien rempli »
Sur le visage jusqu'alors inquiet d'Aegidius apparut un sourire.
-« bien, j'y vais ».
-« attendez, prenez ce parchemin sur lequel est écrit tout le discours que vous aurez à faire ».
-« mais... je pensez que vous ne saviez pas... écrire ? ».
-« Oh ! Oh ! Ne me sous-estimez pas » répondit Garock en pensant à son scribe.
Aegidius se dirigea vers l'estrade comme il l'avait onze fois lors de Garock le Fort,
Le Méchant,
Le Surhomme,
L'Exemple,
Le Courageux,
Le Téméraire,
Le Grand,
Le Clément,
L'actif,
Le Judicieux,
Le Puissant.
Une fois sur l'estrade il lança quelque coup de sifflet pour rassembler les villageois. Lorsque ce fut chose faite il entama sa longue déclaration :
« Avis à la population ! Garock le puissant à désormais décidé de se nommer Garock le magnifique (rires) et il estime avoir largement mérité ce surnom (rires aux éclats). De plus il pense avoir le droit de se renouveler un peu, chose qu'il n'a pas faite depuis longtemps (hurlements de rire). Garock vous averti que ceux qui ne le nommeront pas ainsi seront sévèrement châtiés (silence inquiet) ; ils n'auront pas le droit de lire sa nouvelle autobiographie (pleurs de rires) et il vous méprisera (trois mort de rire). J'ajoute personnellement que cela fait plus de dix ans que je détourne 30% de vos impôts et que vous n'y avez vu que du feu, tas de dégénérés mental ! (silence glacial)».
Aegidius blêmit, puis bredouilla sur l'estrade qu'il ne comprenait pas le sens du texte. Le peuple lui pardonna et ainsi mourut Aegidius le mage, pour la plus grande joie du scribe qui convoitait sa place depuis des années.
Le scribe avait réussi son coup et fut doublement content lorsque le roi vint lui proposer une bonne paye en échange d'un petit service. Le scribe farceur devint le successeur d'Aegidius et Garock le magnifique l'invita à le rejoindre pour « avoir l'honneur d'écrire son roman ». Garock entreprit de lui dicter les extraordinaires exploits qu'il aurait pu faire. Pour briser la monotonie lors des « dictations » le scribe pris l'habitude de parsemer par-ci par-là de ses « farces » la seconde autobiographie de Garock.
Le livre avançait bien, à la satisfaction du roi, jusqu'à ce qu'un paysan viennent le voir... Le paysan se plaignait d'un seigneur lointain qui martyrisait son peuple. Lui-même avait reçu un frigo sur la tête alors qu'il labourait son champ sans faire d'histoire et le roi s'était par la suite débarrassé de son beau-frère. De surcroit le tyran avait fait de lui son bouffon, et il le surnomma « le bouffon à la large bouche ». Ce bouffon était fort en humour noir.
Garock le magnifique gérait bien son royaume mais il ne s'en occupait pas vraiment. Le peuple était affamé, surtout vers 13h30.
Garock décida qu'il était temps d'achever son deuxième livre, comptant regonfler le trésor avec ses droits d'auteur. Il fit venir le scribe et lui dicta le dernier chapitre : « ce matin je m'ai fait mal en me cognant mon orteil sur le mur qu'était très dur, hi !hi !hi ! Il faut que t'arrange un peu ». Alors le scribe retranscrivit : « Garock après des heures de combat, épuisé, se fit briser le pied par un énorme rocher lancé par une catapulte. Garock éclata de rire, puis se jeta à nouveau dans la bataille à cloche-pied ».
La seconde autobiographie finie, Garock et le scribe devenue milliardaire, on fit rehausser les remparts du fort. La vie devint paisible et les villageois commençaient fichtrement à s'ennuyer. Les spectacles du bouffon au frigo qui mimait les aventures au château de Duvanal les divertissaient tout de même. Le scribe Marantus devint bientôt le plus proche conseiller de Garock. Après une récolte catastrophique le moral des paysans tomba si bas qu'il y eu 11 suicide en une semaine ; un record qui resta inégalé (même chez Heslem on avait jamais vu ça). Le fin conseiller qu'était Marantus eu alors l'idée de convoquer toute la cité pour changer publiquement le surnom de Garock le magnifique en celui de Garock le modeste. Les résultats furent surprenant ; on eu dit que tous les citadins étaient tombés dans une marmite de gaité !
L'année suivante Garock le modeste se maria avec une superbe fille du Comte Warlow. C'est au cours de ce mariage qu'il posa cette question resté célèbre ; « Bouffon, qu'a tu de drôle à nous faire rire ? ».
Cinq ans s'était écoulés depuis l'édition de sa deuxième autobiographie lorsque les citadins en réclamèrent une troisième. Garock se mit à l'ouvrage, fier qu'on le lui demande sans qu'il soit besoin de les forcer.
EPISODE VI
Garock contre-attaque
Three weeks later, à l'aube de la naissance du troisième tome...
Garock ouvrit la porte avec violence. Elle se referma avec violence sans qu'il eu le temps de la franchir. Il la rouvrit tenant royalement un kleenex sur son nez. Il referma avec autorité la porte, abimé au niveau de la tête, et s'élança légèrement sans qu'aucun tumulte ne vienne couvrir le bruit de sa chute. Marantus le trouva en train de se débattre pour décoincer la cape de sous la porte. Il le dégagea (après avoir empoché 5 pièces d'or) en ouvrant brutalement la porte. Une fois relevé Garock repris ses allures impériales mais sa honte contenu fit éclater Marantus de rire. Le roi, encore plus vexé, lui donna un texte à lire en public (qu'il avait dicté au prêtre de la cité).
Le peuple ne pardonna pas à Marantus, à la grande joie de Garock le Vengeur. Ainsi Marantus le Farceur périt de la même façon que son prédécesseur.
Depuis quelques temps un personnage excitait la curiosité de Garock ; un dénommé Froussard le Valeureux qui aurait servit sous les ordres du héros Heslem (le chevalier Froussard aurait inventé la catapulte à pierre inspiré par le héros). Garock l'invita au château.
Le jour-dit Garock attendit Froussard devant la porte de son palais ; du haut des marches, appuyé sur une colonne de marbre, sa cape blanche agité par les rafales de vent, il avait vraiment l'air de se faire chier. Une silhouette apparut soudain, chevauchant une cheval noir ; elle sauta aisément de la monture et se dirigea à grand pas en direction de Garock. Ils se saluèrent, puis toujours à l'entrée du palais engagèrent une superbe discussion ;
-« c'est donc toi le chevalier Froussard ! »
-« non, non. Et vous ? »
-« moi non plus ».
Dans l'ombre d'un grand bâtiment un vagabond titubait, se dirigeant approximativement vers Garock. L'homme gravit l'escalier, salua le roi et lui parla du temps qu'il allait faire ; Garock sauta de joie aux nouvelles que lui annonçait Froussard, mais le vent rabattit la cape sous lui, il glissa dessus et le tumulte de la fête commença à son grand soulagement. Froussard accepta le poste de chef de l'armée puis releva Garock le Modeste. Le soir même Froussard le Valeureux entra en fonction. Il était chargé de surveiller l'horizon du haut des remparts. Il était fatigué, épuisé même, mais il lui fallait continuer de se reposer.
Le lendemain, dès l'aube Garock était déjà levé. Sa silhouette se découpait sur le ciel pâle ; pendant qu'il vivait les minutes émouvantes d'un jour naissant et que les citadins déjeuner, il se laissait aller à ses pensées ; « Je suis vraiment génial non ? Sans vouloir me vanter, ni faire de fausse modestie, je suis pas génial ? De plus quelle ironie du sort que mon valeureux chevalier s'appelle Froussard... moi je trouve que Garock le Modeste colle bien à ma personnalité ! ».
Il fronça soudain les sourcils ; de la fumée se dégageait au loin dans la plaine déserte. Il rassembla son courage et hurla ; « AU FEU ! AU SECOURS ! AU FEU ! »
Les soldats arrivèrent en courant et Garock leur fit un croche-pattes car il n'y avait aucune raison qu'il soit le seul à tomber de temps en temps. Après avoir ramassé ses dents le capitaine de la garde observa la plaine puis dit ; « Fe n'est pas un feu, feigneur... f'est une armée qui fe dirive vers nous ! »
Garock réfléchit un moment puis il s'exclama ; « Peuh ! Je le savais ! C'était pour voir si vous le saviez ! AH ! AH ! AH !
-« Alors feigneur que faisons nous ? », demanda le capitaine.
-« Pourquoi déjà ? » chuchota Garock.
-« Mais Sire, nous sommes attaqués ! » répondit le soldat qui avait remboité ses dents.
-« Ou est le problème ? » rétorqua Garock qui ne comprit pas, puis il ricana avec modestie « AH ! AH ! AH ! AAAAAAAAAAAAAAH ! »
Garock redescendit dans sa cour.
Une demi-heure plus tard il comprit. « ALERTE ! Nous sommes attaqués !! Protégez-moi, je vous en supplie !!! »
Du haut des remparts un garde cria ; « Garock le Piss... euh, le Modeste ! C'est l'armée d'Ulrik, le comte au palais déplacé. Depuis que son palais a explosé il a monté une armée et... »
-« Abrège ! » hurla Garock.
-« Il nous attaque, en clair » répondit le soldat.
-« Pourquoi ? » demanda Garock après un moment.
-« Parce que... Bon, le monsieur il veut une maison et un jardin parce que les siens ils sont cassés » répondit le soldat qui savait parler au roi.
-« Aaaaaaah d'accord ! J'ai compris ! Mais alors... il faut se défendre !!! »
-« voilàààà ! » lui répondirent 353 voix.
Garock prit ses airs de souverain et lança ; « Nous ne nous laisserons pas marcher sur les mains ! A l'attaaaque ! »
L'armée ouvrit les portes et sortit du château avec Froussard à sa tête. Dehors les soldats d'Ulrik attendaient assis. Garock referma vite les portes et se précipita sur les remparts avec un gobelet de pop-corn. Une fois confortablement installé il reçu quelque chose sur les jambes. C'était la tête de Froussard. Une voix s'éleva d'en bas ; « vous aviez perdu ça ! Uh !uh !uh ! ». Garock devint blême et laissa échapper un « maman ». Il sortit par une porte dérobé à l'arrière que lui seul connaissait et qui montrait des signes d'usures. Il s'enfuit en courant dans la plaine et jamais plus personne ne le vit.
Cependant une dizaine d'année plus tard Ulrik reçu un manuscrit accompagné d'une lettre de Garock le priant de publier sa troisième autobiographie. Ulrik y consentit, la trouvant divertissante bien qu'il eu du mal à reconnaitre l'épisode de son attaque du château ; il ne se souvenait pas que Garock avait du s'enfuir succombant sous les chevaliers qui l'attaquait de toute part.
Le livre connut un succès foudroyant et bientôt tous les bouffons et troubadours du continent en eurent un exemplaire.
FIN
Villeneuve-lès-Avignon, 1994
Publié par argonautes à 11:50:04 dans Garock le Magnifique | Commentaires (0) | Permaliens
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