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homo sociologicus

La lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la remporter. W. Buffet

Ecce homo

    Récemment agrégé de Sciences économiques et sociales, plus anciennement titulaire d'un DEA de Sociologie (aujourd'hui appelé Master de recherche), j'enseigne les sciences sociales en BTS auprès de futurs travailleurs sociaux et prépare au diplôme de Conseiller en ESF. j'interviens également en tant que formateur au CNAM de Bourges, ainsi qu'à l'Institut du Travail Social de Tours et plus ponctuellement à l'Université de Tours dans le cadre du DU Médiation et gestion des conflits.


   Ce petit blog sans prétention... a quand même celle de fournir quelques pistes de réflexion et d'analyse à propos de concepts et d'auteurs essentiellement sociologiques.


 


    J'apprécie tout particulièrement vos remarques et commentaires qui sont toujours une source de lecture et de réflexion stimulantes. Alors n'hésitez-pas!


 


 


 


    Pour me contacter : tmulteau@gmail.com


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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les précurseurs de la sociologie : Montesquieu | 09 octobre 2010

Charles-Louis de Secondat, plus connu sous le titre de baron de Montesquieu peut être considéré comme l'un des premiers sociologues, bien que le terme n'existait pas encore à l'époque. Ecrivant au XVIII, il s'inscrit dans le courant de la philosophie politique  d'Aristote. Néanmoins, si  on le place généralement dans les précur

seurs de la sociologie, c'est parce qu'il a tenté de saisir la diversité des modes de gouvernements des sociétés  de manière scientifique, en cherchant avant tout à déterminer, derrière la multitude des formes, l'unité de fond qui commande à chaque type de régime.

Le terme de sociologie n'apparaître qu'au milieu du siècle suivant sous la plume de Auguste Comte.

  1. Une approche scientifique du social

Montesquieu tente d'expliquer de manière scientifique les différents types de gouvernements et de société de par le monde. Il cherche à découvrir, derrière la grande diversités des mœurs et des lois, un ordre social caché. Sa philosophie politique consi

ste à mettre de l'ordre là où semble régner le désordre, à rendre cohérent et intelligible un monde en apparence désordonné. « J'ai d'abord examiné les hommes et j'ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n'étaient pas uniquement conduits par leur fantaisie. »

Il est le premier intellectuel à tenter de saisir les causes de l'organisation politique des sociétés de manière rationnelle. L'intention scientifique de sa démarche dans la compréhension du social fait de lui l'un des précurseurs de ce qui deviendra la sociologie. C'est dans son œuvre majeure L'esprit des lois qu'il expose sa théorie.

Dans cet ouvrage, Montesquieu observe la grande variabilité du donné historique, que ce soit en termes de mœurs, de lois, de coutumes, d'institutions. Il va chercher à saisir de grands principes derrière cette multiplicité apparente du social. Pour cela, son raisonnement repose sur deux idées centrales :

  • derrière l'événement accidentel, il existe toujours des causes plus profondes. L'ex

    plication conjoncturelle ne vaut pas toujours. L'accident n'est pas toujours le fait du hasard. S'il s'est produit, c'est parce que des causes plus obscures ont conduit à ce qu'il se produise.

  • En outre, la diversité des mœurs et des idées peuvent s'organiser à l'intérieur d'un petit nombre de types. La variabilité apparente du social peut se réduire à un nombre réduit de modèles.

L'esprit des lois se décompose en trois grandes parties :

- une première partie où Montesquieu expose ces différents types de gouvernements

- une deuxième partie où il tente de saisir les causes physiques (climatiques, géographiques) des modes de gouvernements

- une troisième partie où il tente de définir les causes sociales des types de gouvernements.

 

2. Une sociologie politique des types de gouvernements

Nous pouvons représenter la théorie des types de régime politique de Montesquieu sous la forme d'un schéma.

 

 

Types de régimes politiques

Régime républicain

Régime monarchique

Régime despotique

Principe de Gvt

Vertu politique

honneur

peur

Sentiment collectif

Amour de la loi,

dévouement au collectif

Maintien du rang, « petite » vertu

 

peur

Type d'organisation politique

Souveraineté du peuple et légalité

Gouvernement autoritaire et légalité

Gouvernement autoritaire et arbitraire

Formes de relations interpersonnelles

Honnête, libre et égalitaire

Hiérarchisées et libres

Douteuse, contrôlée mais égalitaire

 

La vertu politique qui gouverne aux sociétés démocratiques (républicaines), repose sur un esprit collectif dans lequel les citoyens sont demandeurs de lois, et avec elles d'égalité dans leur application et leur sanction. La vertu politique consiste à voir que l'intérêt personnel doit toujours s'ancrer dans l'intérêt collectif, le particulier est inséré dans le tout.

A partir de ce triptyque des modes de gouvernements, Montesquieu tente de comprendre et de repérer la cause de la diversité des sociétés. Selon lui, plusieurs causes peuvent expliquer la grande variabilité des sociétés et des types de régimes.

La première cause est le climat, le territoire, la géographie d'une société. La taille d'une société a un rôle essentiel sur son mode d'organisation politique. Plus les sociétés sont grandes, plus elles doivent être despotiques pour se maintenir. L'esprit collectif est d'autant plus unitaire qu'il est contraint et que le régime repose sur la peur. En revanche, les sociétés de petite taille sont plus facilement démocratiques.

De même, le climat et le relief détermine un type de développement économique et démographique. Or, le nombre des habitants d'une société détermine à son tour l'état des techniques de cette société. Plus les individus y sont nombreux, plus le travail aura tendance à être divisé et l'innovation à s'y développer (Marx, Smith, Durkheim).

Les causes physiques ont donc un impact important sur le mode d'organisation économique, sociale et politique d'une société.

En outre, les « mœurs et manières » (corrélatives à ce qu'on appellerait aujourd'hui les valeurs et les normes) ont également un rôle primordial dans la détermination d'un certain type d'esprit collectif. Le gouvernement républicain repose sur une certaine conception des relations aux autres, basées sur la liberté et l'égalité. Ces valeurs détermine à leur tour un mode de fonctionnement du politique.

Pour Montesquieu, il existe des causes plus déterminantes que d'autres dans le mode de régime politique d'une société, expliquant la grande diversité des situations historiques. D'une manière générale, les sociétés traditionnelles sont davantage influencées par les causes physiques/climatiques que les sociétés complexes, où les mœurs ont un rôle plus essentiels.

Pour autant, au-delà des impacts plus ou moins prononcés de certaines causalité (physiques, sociales, politiques), ce qui détermine in fine le mode d'organisation d'une société c'est plus globalement, l'esprit général d'une nation. Ce qu'il appelle ainsi correspond au manière d'être, d'agir, de penser et de sentir d'une collectivité particulière, telle que l'on faite la géographie et l'histoire. Ainsi, derrière la variabilité des sociétés, Montesquieu cherche à saisir ce qui détermine les types de sociétés, et le trouve dans l'esprit général d'une nation, sorte de concept résultant de la confluence de causalités morphologiques et climatiques, sociales, morales et politiques. Partant de la diversification sociale, il tente de percer l'unité sous-jacente des sociétés.

À l'inverse, Auguste Comte, père de l'école positive française, partira de l'unité humaine posée comme postulat pour essayer in fine de retrouver la diversité.

 

Publié par deusexmachina à 14:16:19 dans fragments | Commentaires (1) |

19-10-2010  18:32  19-10-2010 18:32
En fait, je ne le connais pas  De  jOas  Sujet:  En fait, je ne le connais pas Url: [Liens]
Je crois que j'ai du lire les Lettres Persanes... Je ne m'en souviens plus...

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