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homo sociologicus

La lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la remporter. W. Buffet

Ecce homo

    Récemment agrégé de Sciences économiques et sociales, plus anciennement titulaire d'un DEA de Sociologie (aujourd'hui appelé Master de recherche), j'enseigne les sciences sociales en BTS auprès de futurs travailleurs sociaux et prépare au diplôme de Conseiller en ESF. j'interviens également en tant que formateur au CNAM de Bourges, ainsi qu'à l'Institut du Travail Social de Tours et plus ponctuellement à l'Université de Tours dans le cadre du DU Médiation et gestion des conflits.


   Ce petit blog sans prétention... a quand même celle de fournir quelques pistes de réflexion et d'analyse à propos de concepts et d'auteurs essentiellement sociologiques.


 


    J'apprécie tout particulièrement vos remarques et commentaires qui sont toujours une source de lecture et de réflexion stimulantes. Alors n'hésitez-pas!


 


 


 


    Pour me contacter : tmulteau@gmail.com


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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Auguste Comte et le positivisme | 05 octobre 2010

La sociologie de Comte

suite et fin de la pensée de Comte. Aujourd'hui, sa définition de ce qu'est la sociologie, son objet d'étude, sa méthode et du travail du sociologue, grand prophète de la Nouvelle Religion Positive (rien de moins!)

 

Pour Comte, comprendre un phénomène nécessite de le resituer dans la globalité à laquelle il appartient. Il est impossible de comprendre l'état d'un phénomène social si on ne le replace pas dans le tout social auquel il participe, souligne t-il. Ce qui vaut pour un fait social vaut a fortiori pour l'histoire. Tout moment historique ne peut être compris que replacé dans un passé, un présent et un devenir historique. Ainsi, le moment historique doit être pensé dans un continuum, dans le tout de l'histoire.

Comte développe une pensée synthétique et non analytique. Les objets étudiés ne doivent pas être observés indépendamment du milieu duquel ils sont prélevés. Ce qui vaut pour les choses ne vaut pas pour les êtres vivants. C'est pourquoi la biologie constitue le moment de rupture dans les sciences. Un organe doit être étudié et pensé non pas en lui-même, sans quoi il est un organe mort, mais dans sa fonction au sein de l'ensemble du corps humain. C'est identique pour l'histoire.

La sociologie, en tant que science synthétique, est donc aux yeux de Comte la science de l'histoire de l'espèce humaine, en tant qu'unité et continuité. Il faut accorder la priorité au tout sur les parties. « science du tout historique, elle détermine en effet non pas seulement ce qui a été et ce qui est, mais ce qui sera, au sens de la nécessité du déterminisme1. » C'est une approche holiste du social2.

La sociologie aura donc pour but de mettre à jour les lois de l'évolution du progrès humain.

A. Comte écrit au XIX, époque très marquée par les découvertes en biologie et en physique. Le déterminisme est à la mode. Pour Comte les sciences comme les mathématiques, ou la physique sont des sciences positives, abouties qui sont uniquement basées sur la raison et l'ordre. Les sciences sociales et humaines doivent à leur tour devenir des sciences positives, dégager des lois universelles et se baser sur la raison. L'essentiel de son projet consiste à réduire l'ensemble des connaissances humaines en un principe d'unité.

Ainsi, sa pensée repose sur trois grands idées :

- la société industrielle naissante a un caractère exemplaire et va devenir le modèle universel.

- la pensée scientifique a un caractère doublement universel :

- elle va conquérir l'ensemble du monde par la véracité de ses propos (lois infaillibles)

- elle va se diffuser à l'ensemble des sciences (psycho, socio, économie, morale) qui permettront de découvrir les grandes lois du fonctionnement de l'esprit

- Enfin, il est convaincu de l'unité de l'ordre social : toutes les sociétés sont unifiées derrière leur diversité au travers de cette dynamique sociale universelle. L'Humanité remplace Dieu, et les sociologues les prêtres dans cette vision.


Le travail du sociologue

Sa sociologie repose en fait sur une approche statique et dynamique du social, où la statique l'emporte.

La statique sociale consiste en une vision de l'état social à un moment donné d'une société, en tant que totalité. La statique sociale comprend à la fois l'analyse des éléments organiques d'une société (ses parties) et des éléments essentiels qui déterminent l'ordre social (le bon fonctionnement du tout). La question posée par la statique sociale est : quels sont les organes essentiels au bon fonctionnement du tout? Qu'est-ce qui permet le consensus social d'une société donnée au-delà de la diversité historique?

La dynamique sociale en revanche, consiste à relever les différentes étapes de la marche d'une société vers sa fin. Par quelles étapes successives sont passées les sociétés humaines? Quels sont les éléments essentiels qui gouvernent au devenir historique? La dynamique sociale a pour but de parcourir les différentes étapes nécessaires du devenir de l'esprit humain.

Si bien que ce qui domine chez Comte, c'est la société comme tout organisé, nécessairement orienté vers le développement de l'esprit positif. Ainsi, l'ordre social est contenu dès le début de l'histoire de l'humanité. La statique sociale prime sur la dynamique. La dynamique sociale n'est que le moyen de la statique. Ce qui domine c'est l'ordre (la statique). La dynamique représente le progrès de l'histoire. Mais c'est toujours à partir de l'ordre que l'on peut comprendre le déploiement de l'histoire. D'où la devise du positivisme, que l'on retrouve sur l'étendard brésilien : « le progrès est le développement de l'ordre ».

En outre, pour que l'ordre social soit harmonieux et les sociétés bien intégrées, Comte réfute les idéaux d'individualisme et de liberté nés des Lumières et de la Révolution. Pour lui, seul l'altruisme peut maintenir une société intégrée. Et la vraie liberté ne procède que de l'ordre. D'ailleurs, Ordre et Progrès sont les maîtres mots de la morale positiviste.

Pour lui, le travail du sociologue est avant tout de se poser comme le savant du devenir humain, comme celui qui sait ce que sera demain et qui a donc un rôle de conseil avisé et d'instruction des avantages de l'organisation sociale positive. Le sociologue est une sorte de prophète qui sait l'avenir et qui doit tout mettre en œuvre pour le faire advenir. Comte a le désir de transformer la façon de penser des hommes en diffusant la science positive. Le sociologue est une sorte de prophète pacifique3 qui instruit les esprits pour leur indiquer la voie à suivre.

 

Conclusion

Pour Comte, la sociologie est la nouvelle religion sociale qui doit s'imposer (la Religion de l'Humanité en 1847), par l'observation des faits. C'est une science qui se doit d'être positive : c'est-à-dire rigoureuse et scientifique, fondée sur la foi et non le doute. Elle doit tirer des lois, mettre à jour des déterminismes historiques. La sociologie a vocation a devenir une science au même titre que la physique, la biologie ou les mathématiques → Durkheim en sera son digne successeur. Censée partir des faits, elle doit, par une méthode rigoureuse et scientifique être en mesure de prédire l'action des hommes et de l'organiser au mieux. C'est une pensée de l'ordre social. Basée sur une approche déterministe et évolutionniste de l'histoire humaine.

 

 

1 Raymond Aron, Les étapes de la pensée sociologique, Paris, Gallimard, 1967, p. 84.

2 Approche que l'on retrouvera chez celui qui est considéré comme le véritable père de la sociologie en France, Emile Durkheim.

3 A la différence de Marx, il est contre l'utilisation de la violence pour imposer le nouvel ordre harmonieux (positif) du monde.

 

Publié par deusexmachina à 17:15:20 dans fragments | Commentaires (0) |

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