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A Polar Experience

Dream By Gatrasz Incorporated.

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Episode 30 - [Chapitre 8] | 28 février 2008

LE FEU AUX POUDRES... (2ème partie)

Mes doigts glissèrent sur le manche du poignard scotché contre ma cheville, et se refermèrent sur la crosse de l'automatique muni d'un silencieux glissé dans la poche intérieure de ma veste. C'est alors qu'une voix, calme, s'éleva dans la nuit :

« Vous ne devriez pas faire ça, Horowitz...

Je me retins de faire un bond gigantesque ; cette voix... Non, ça n'était pas possible ! Je me retournai, aussi lentement que possible pour ne pas prendre un coup ou une balle si par hasard je m'étais trompé. L'homme se tenait devant moi, debout dans l'ombre et droit comme un « i », les mains dans les poches de sa gabardine ; un rayon de lune tombant en plein sur lui éclairait son visage sans qu'une erreur fût admissible. C'était lui.

_Hunter ?! C'est bien vous ?
_Oui, mon vieux. C'est bien moi, aussi vivant qu'on peut l'être ; ravi de voir que vous aussi, vous vous en êtes tiré.
_Vous parlez de l'éboulement ? Mais...c'est vous qui êtes tombé, que je sache ! Moi je suis resté accroché à mon buisson, désespérément.

Il baissa le nez et regarda le sol ; sa voix se fit plus sombre, pensive :
_Ils m'avaient dit que vous étiez mort. En fait, quand les ouvriers m'ont amené ici je ne valais guère mieux ; j'ai passé vingt-quatre heures au lit avant de retrouver mes forces. Mais on m'a dit encore ce matin qu'on avait trouvé des vêtements à vous dans la boue près du lac, et que votre sort ne faisait plus guère de doute...
_Quelques affaires que j'ai abandonné là ; pour faire croire à ma mort, justement. Je suis désolé, je ne pouvais pas savoir que je vous tromperais aussi...

Dan Hunter releva la tête et sourit.
_Peu importe ; nous sommes tous deux vivants, c'est tout ce qui compte. »

Nous marchâmes vers un coin plus abrité, mesurant nos pas pour ne pas trop faire crisser le gravier. Puis je saisis le bras d'Hunter :
« Au fait...comment se fait-il que vous vous baladiez ici au beau milieu de la nuit ? Ils vous laissent libre ?
_Bien sûr,
me répondit-il avec un air joyeux ; ils savent bien que je ne peux pas m'enfuir, puisque le pont est gardé jour et nuit par des hommes armés.
_Hum...j'ai bien réussi à entrer, moi ; alors nous pouvons bien sortir de même.
_C'est juste ! Vous êtes précieux, Horowitz. Comment avez-vous fait ?
_Il y a un petit embarcadère, par ici,
dis-je en indiquant la direction d'où je venais. Et il n'est pas gardé... Vous venez ?
_Volontiers, je vous suis ! Oh, la tête qu'ils feront demain, en découvrant que j'ai disparu malgré leurs précautions... Heureusement que je vous ai trouvé, pendant ma promenade nocturne dans la cour ! A propos, qu'étiez-vous donc en train de faire, accroupi comme un voleur ?
_Je posais des charges,
répondis-je fièrement ; dans quelques heures, peu avant l'aube, cela devrait nous faire un joli feu d'artifice...

Il me regarda soudain, horrifié :
_Vous...vous voulez faire sauter tout ça ? Vous êtes fou !!
Je le dévisageai froidement, un peu vexé.
_Qu'est-ce que vous pensiez ? Je ne suis pas venu jusqu'ici pour rien... Toujours votre satanée éthique, hein, cette fichue position d'observateur ? Vous savez, si je pouvais je ferais subir le même sort aux entrepôts où ces pourris entreposent la drogue qu'ils écoulent à travers nos frontières. Malheureusement, ce n'est pas tout à fait aussi simple. On fait ce qu'on peut, hein... Notez que je vous ai sorti de là, au passage ; sans quoi...
_Merci bien ! Mais...
_...je sais ce que vous allez me dire. Ce droit, je le prends ; et je suis bien sûr que personne à part vous - et, à la rigueur, ceux qui ont le mauvais goût de prendre part à ce commerce - ne me le contestera.
»

J'entraînai mon ami résolument vers l'extérieur du château, sans lui laisser le temps de trouver d'autres arguments. Il fallait franchir de nouveau le lac au plus vite ; je me disais qu'une fois de l'autre côté, Hunter serait bien en difficulté pour me faire la morale ou même tâcher de me convaincre de changer d'avis. Qu'il essaie, pensais-je ; du moment que nous sommes de l'autre côté... Le précédant, je m'arrêtai sur les rochers glissants ; et je m'apprêtais à me mettre à l'eau lorsque sa main se crispa sur mon bras, manquant de me faire trébucher :
« Où...où est votre embarcation ?
Je grognai :
_Quelle embarcation ? Je vous ai parlé d'une embarcation, moi ?
Sa silhouette vacilla tout à coup sur les rochers humides.
_Mon Dieu, murmura-t-il, se forçant visiblement à ne pas élever la voix ; ne me dîtes pas que vous êtes venu...à...à la nage ?! »

Je n'eus même pas besoin de lui répondre ; la situation et surtout mon silence étaient d'une éloquence imparable. Dan Hunter eut un haut-le-cœur ; puis son étreinte se fit plus faible sur mon bras, son corps s'affaissa soudain et je le sentis basculer en arrière...



Publié par Experiment.Gat à 14:35:13 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

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Ceci est une expérience, une petite tentative de polar en épisodes pas sérieux du tout (juste un peu), parfois onirique, parfois improvisé... A forte teneur en caféine, comme de bien entendu :)

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