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HAINE, PEINE, PARSEME LE DILEMME

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Indulgence 03 | 04 février 2009

C'est curieux mais lorsque l'on ne connait pas une personne et qu'elle commence à vous raconter sa vie, on prend tout argent comptant.

Que ce soit une femme qui arrive dans le voisinage et qui vous dit qu'elle a voulu changer de carrière en déménageant avec ses deux enfants dans un deux pièces presque insalubre à l'homme ivre qui vous raconte comment sa vie a été brisée par un petit chef qui n'en voulait qu'à lui, à chaque fois on prend ça comme on nous le dit. Simplement. Sans arrière-pensée. Après tout, c'est bien la première des politesses.Et puis, pour une première fois, la nana va pas me conter comment elle s'est faite rembarrée par son Jules quand il l'a chopée chevilles derrière les oreilles avec une vague connaissance. Pareil pour l'ivrogne, il va pas débiter toutes ces petites saloperies qu'il a pu faire à son petit chef et qui, à force, ont eu raison de sa patience.Mais avec elle, ce n'était pas pareil. La première fois que je l'ai vue dans ce café, commander son allongé du matin, une vague trace de larme sur la joue, j'ai été ému. Pas de sa condition. Des femmes en larmes, quand j'étais flic, c'était un peu le lot commun. C'était logique, à situation dramatique, comportement dramatique. C'était pareil pour les gonzes d'ailleurs, la libération de la femme a eu cette grandeur de libérer l'homme et quelques flots lacrymaux.Non là, c'était la détresse qui était imprégnée dans son visage qui avait su m'émouvoir.

Comme elle se tenait à côté de moi, j'avais eu un mot rassurant à la con d'une voix grave et paternaliste. Mot qui n'appelait pas de réponse en soi mais auquel elle répondit immédiatement. C'est ce contreton qui m'a interpellé. Je me souviens de ses premiers mots, prononcés d'une voix douce : "On ne trahit pas impunément, vous savez." auquel je n'ai pu m'empêcher de répondre que le contraire me paraissait bien plus sensé. J'eus l'heurt de la faire sourire.

Peut-être en récompense, en tout cas en signe de sollicitude, elle me déballa toute son histoire. Une vie non pas triste mais monotone. Mariée à un connard dont elle fut la midinette au lycée, elle avait réalisé un peu tard que l'abruti se contenterait d'en faire le minimum en essayant de récolter le maximum. Elle tomba dans les bras d'un plus jeune, fougueux, plein d'ardeur, qui fit moins le malin avec deux coups de tuyaux à travers la gueule fournis en direct par le cocu. Une histoire simple en fait. Mais justement racontée avec une telle lucidité que cela en faisait tout le charme.Je ne sais pas si cela tenait à mon détachement, à ma disponibilité, à mon allure bonhomme ou à mon écharpe d'élu, mais nous fûmes rapidement sous nos charmes réciproques, sous nos draps et dans nos vies. Le sentiment que deux îles, au fil de tectoniques étranges, avaient fini par se toucher.

Publié par Swannn à 19:00:44 dans Swannn | Commentaires (3) |

04-02-2009  20:35  04-02-2009 20:35
D'ac avec Inno  De  didurban identité certifiée Sujet:  D'ac avec Inno Url: [Liens]
ça se lit comme une bonne binouze sans faux-col…
04-02-2009  19:31  04-02-2009 19:31
Oui d'accord  De  Swannn identité certifiée Sujet:  Oui d'accord Url: [Liens]
merci, mais le deuxième est nécessaire pour comprendre le 3ème...
04-02-2009  19:20  04-02-2009 19:20
Nice, vraiment  De  Inno  Sujet:  Nice, vraiment
A la hauteur du premier, et bien mieux donc que le deuxième. Si maintenant tu pouvais avoir un rythme un peu plus fréquent de publication (oui bon...)

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