Qui vous a autorisé à entrer ici ?
Personne, et c'est tant mieux.
J'ai un autre blogg. J'y ai des amis. J'y tiens beaucoup.
Mais celui-ci est à moi. Je viens de le retrouver, j'ai changé son nom. On commence une nouvelle histoire.
Personne à part vous, lecteur intrigué, curieux, sans gêne et donc sans préjugé, n'en connait l'adresse.
Merci d'être venu par hasard.
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Tout compte fait, c'est vraiment mieux comme ça.
"T'as pas changé".
Encore heureux.
Mon temps m'appartient. Le temps c'est ce qui fait qu'on existe, ce qui nous mène vers la mort, et notre mort c'est ce qui nous concerne de + près, on n'en a qu'une et personne ne peut nous la prendre comme dit le prof de philo.
Ce n'est pas une maigre parole culpabilisante qui me fera "changer".
Le temps m'obsède, je ne suis pas sûre d'en saisir toutes les raisons (à quoi bon tenter d'empoigner l'insaisissable ?).
Le temps nous appartient, on le consacre à qui on veut, mais cela reste un don, l'obligation lui va si mal.
La colère. La rancoeur. La douleur. Les questions. Les reproches. Les désaccords. D'accord.
"T'as pas changé". Non. Pathétique dépit offensé. Non.
Ou bien arrêtons nos fréquentations.
Publié par SwA à 20:27:00 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (0) | Permaliens
J'aime pas les lundi soir.
Le lundi, la fin est loin et déjà quatre absurdes heures à attendre, sans pouvoir vraiment faire quoi que ce soit.
Mais surtout je rentre avec elles.
La voiture déjà. Une micra, rouge, "citadine", minuscule, inconfortable, la musique trop fort le haut-parleur dans l'oreille, n'importe quelle radio "jeune" pour faire la mère qu'a une fille lycéenne mais qu'est pas vielle quand même, qui "nous" comprend. Sheryfa Luna à fond, mais elle zappe quand on arrive à "Putain de maison" parce que "ça fait vulgaire". Tu t'es regardée ma grande ? Une voiture de pouffe qu'a peur de grandir.
L'allure de la mère. Qui s'acharne à se dissoudre les cheveux en jaune, qui met des bottes à talon qui lui tordent les chevilles, qui se maquille jusqu'en haut du sourcil. Tout est dans le raffinement. Le plus triste, c'est qu'elle pourrait être belle.
La voiture + la mère. Conduit par à-coups, oublie régulièrement son clignotant, ne connaît pas les prénoms des amis de sa fille mais nous salue d'un "Salut les pétasses" jovial quand elle s'arrête à moitié sur nos Converse. Conversation de ce soir "Ton frère a eu son bulletin : il a 16,1. Ils ont été obligés de lui mettre les félicitations. Tu sais, ils les mettent que à partir de 16, au premier trimestre il avait que 15,8 mais là, seize VIRGULE UN ! J'lui ai dit C'est bien Bobo, tu les as bien niqués !" Quand on sait qu'elle est infirmière psychiatrique, ça fait peur.
La fille. Je la connais par coeur, depuis la maternelle j'ai eu le temps. Ma meilleure amie jusqu'au lycée, par défaut. L'opportunisme faite crécelle. Plus fausse tu tombes amoureuse d'Hitler, son occupation favorite étant de cerner qui sont les personnes que déteste son interlocuteur pour en dire le + de mal possible. Ce qui ne l'empêche pas de se jeter à leur coup pour leur faire la bise le lendemain matin "Saluuut ! ça vaaa ??" [et elle attrape une mèche de cheveux de devant pour la ramener derrière en contorsionnant son bras derrière son cou. Et elle sourit. Toujours. Puis demande qui a fait ses devoirs.]
Cette fille m'agace parce que les gens répondent à ses démonstrations d'affection et font semblant d'y croire alors que l'illusion tient rarement plus d'un mois. C'est de la pure jalousie, certes, mais voir mes propres amis se "taper des délires" avec elle tout en concluant qu'elle est "immature" et qu'elle ne fait que "suivre le groupe", c'est plutôt pénible. Ses longues déclarations d'amour à mes amis ne me font plus mal parce que je sais qu'elles sont éphémères, mais je ne l'ai pas toujours pris avec tant de distance. Et j'évite d'imiter sa tendance à magnifier le passé "Qu'est-ce que c'était bien le collège, on rigolait trop, tu te souviens ? ça te manque pas toi ?" Oh ça, ça risque pas.
Je ne demande à personne d'être sérieux tout le temps, tout le monde sait que c'est chiant. Mais "sincère" par moment, c'est pas du luxe.
C'est pour ça que je déteste le lundi soir. Ces soirs-là, c'est la fille + la voiture. Qui klaxonne en agitant la main vers des gens qu'elle critique à longueur de journée, mais "olala on tripe trop ensemble, un truc de malade !". Aucun commentaire à faire sur sa façon de conduire, je suis mal placée puisque j'ai même pas mon code, mais sa mère se gêne pas. Elle épie. Le moindre geste maladroit, la moindre erreur d'appréciation, la moindre inattention. "Mais fais attention, tu vas jamais l'avoir ton permis ! Qu'est-ce que tu fous là, ça sert à rien d'accélérer, tu vois bien que tu vas devoir t'arrêter ! Mais redémarre ! T'es toute raide, regarde sur les côtés, décolle toi de ton siège ! Et puis magne-toi, on n'a pas qu'ça à foutre là ! Regarde, là t'avais largement le temps de passer ! Mais pas si vite, tu vas lui rentrer dedans !"
Je me méfie de cette fille parce qu'il est dangereux de lui faire confiance, mais sa mère est tellement pire. Elle ne tient pas 30 secondes sans la rabaisser, surtout quand ya du public.
J'en ai marre de faire le public.
Publié par SwA à 20:08:04 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (0) | Permaliens
Et là tu sais pas pourquoi, ça s'effondre.
T'avais pris ton courage dans le creux de tes mains, tu l'avais pressé fort pour avoir un peu de chaleur. T'avais peur, mais tu t'es dit que ça irait mieux après.
Coup de bol; il te tend la perche. Tu la saisis, tu t'accroches, tu sers plus fort et ton ventre perd le souffle.
Pas besoin de dire quoi que ce soit, il a compris tout seul. Il a compris depuis 5 mois.
Voilà c'est fait. Ou presque.
Voilà.
Et puis là, il se passe un truc imprévu. Il pleure, mais tu pleures avec lui.
Et tu sais plus.
Ce matin, tu prévoyais d'être soulagée. T'es broyée. Par ses bras, qui ne peuvent accepter.
Et tu entends le futur qui bifurque au milieu de ses larmes.
Pendant que tu te préparais, il se projetait.
Maintenant t'es devant l'ordi et t'as encore les larmes aux yeux. T'as passé la journée à pleurer. Et tu te détestes, et tu te trouves conne. Tu savais que ça serait pas drôle, mais tu pensais retrouver ta liberté.
Sauf que t'as jamais été libre, tu questionnes pour te rassurer et tu finis par obéir, comme ça tu peux en vouloir aux autres, après. T'as jamais été libre et tu détestes ça, dans le fond. Etre libre, c'est être responsable. Et tu supportes pas d'être responsable de ça.
Alors tu te dis que c'est pas une raison pour refuser la confrontation, et tu lui parles.
Et là, tu te rends compte que c'était pas ce que tu pensais. Que même sa façon de souffrir ne te plais pas. Tu laisses passer l'orage, puisqu'il faut qu'il tue ton souvenir. Mais tu te dis que finalement, tu ne perds pas grand chose, face à ce flot de violence.
Tu vas beaucoup mieux alors que c'était pas prévu, t'as raconté la moitié de ta vie à une inconnue et tu t'es pris quelques vérités hallucinantes dans la gueule.
Tu sais plus comment finir ton propos, t'es passée par tous les sentiments humainement concevables en l'écrivant. Il a perdu, dit-il.
Publié par SwA à 00:14:34 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (1) | Permaliens
J'ai monté le volume jusqu'à ce que ça vibre quand je pose la main sur le bureau.
S'abandonner aux basses.
Plus l'envie de rire. De rien.
Rejeter la pensée rationnelle au lion.
Lapsus calami.
S'emmitoufler dans la sensation de spleen. L'entortiller au bout de la langue et la mordiller du bout des doigts. S'en souvenir. Cent souvenirs.
[Il m'ennuie tellement. Je préfèrerais être à sa place. S'offrir l'espoir de souffrir. Et pas souffrir de s'offrir. Perdre le sentiment de perdre son temps.]
Nobody said it was easy...
Open up your eyes... Just open up your eyes...
Choisir les mots.
Qu'est-ce qui me retient ? Pourquoi ne pas lui reprendre mes heures solitaires, mes repas partagés à trente, ma liberté provisoire ?
Et pour quoi le faire ?
Dire ma volonté lui fera plus de mal que ne me fera heureuse.
Malgré l'ennui.
Publié par SwA à 20:27:48 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (0) | Permaliens
Concours général de Philosophie le 26 mars. A quoi ça sert ?
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'autres choses inutiles.
J'ai reçu la convocation aujourd'hui.
En pleine révision du bac blanc.
Et des questions.
Ils m'ont dit de ne pas m'en faire. Ils ont voulu me donner confiance en moi. Croire en moi ?
Tu as le temps.
Sois ambitieuse.
Tu en as les capacités.
Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais si je peux te donner un conseil...
Ils n'ont pas compris.
Pourtant je leur ai dit.
Mais ils s'en foutent des arts appliqués, du graphisme et des mots alambiqués. La Typographie.
Eux voient les sigles, signes de sérieux. HK IEP B/L MLV L1... Moi de même, mais j'ajoute MANAA.
Je les ai convaincus mais ils n'ont rien compris.
Je remplis le dossier et c'est moi qui doute.
Tu sais, c'est normal qu'ils s'inquiètent, avec ce genre d'études... débouchés... peu d'élus...
Je sais, oui, merci, je sais depuis que j'ai 5 ans et que la maîtresse félicitait mes parents "Elle dessine vraiment bien."
Par contre. Je ne sais pas ce que ça veut dire. "Elle dessine bien."
Vous avez déjà entendu quelqu'un dire après avoir regardé l'une de vos créations "Tu dessines mal, ça pique les yeux, c'est plat et superficiel" ?
Non, c'est pas ça le problème.
Je... C'est peut-être pas une bonne idée, ce dossier.
Image totalement idéalisée de la prestigieuse école parisienne sélective, j'en ai conscience. Avec l'idée que c'est mal seule chance. Si je suis pas prise là-bas, j'arrête tout [ce qui concerne l'art]. Intransigeance absurde.
Mais passion ruisselante quand j'ose en parler. Transfiguration. Le ventre qui frémit.
Passion. Voilà le problème. Où débute l'aveuglement ? Y a-t-il un semblant de rationalité ? On ne joue pas son avenir sur un amour de jeunesse, si ?
Est-ce que je doute parce qu'ils ne me soutiennent pas ? Ou est-ce que je m'accroche pour leur prouver qu'ils se trompent ?
Si cette passion semble autonome et authentique, n'est-ce pas la preuve que c'est une simple obsession de désobéir ?
Ne pas envoyer le dossier, pour ne pas risquer la déception.
Puis, toute sa vie, se dire "Si seulement..."
Surtout pas.
Envoyer le dossier et ne pas être prise.
Voilà ce que je veux.
Comme ça j'ai tenté ma chance, pas moyen de s'en vouloir, on me dit seulement "tu n'as pas ta place là-bas, tente ta chance ailleurs".
Parce qu'ailleurs, je veux aussi y aller. Parce qu'ailleurs, le rêve se mêle à la fierté, à la confiance, à l'assurance. Et à l'intelligence.
Oui mais si je suis prise.
Et c'est de là que vient le doute : où est-ce mieux ? On n'a qu'une vie, on ne peut pas savoir. On n'a qu'un aller simple et des correspondances, stupides antonymes de leur signification : les routes des carrefours ne se croisent pas ailleurs qu'au centre, elles ne se ressemblent en rien, ne correspondent à rien.
Alors il faut choisir, faire des paris.
Et hurler de douleur.
Je peux bien passer ma nuit à écrire ces hésitations, ces tentations ces illusions. S'il faut choisir je sais déjà. Par peur de décevoir, par manque de confiance et surtout par amour pour eux. Je serai sage. Et ces dizaines de crétins m'assureront que j'ai bien fait. Pauvres cons, vous n'avez rien compris.
Le pire ce sera le silence de ceux qui comprendront. Ceux qui savent le fusain, le souffle court et le grand carton vert piqueté de noir, ce qui meurtrit les doigts. Ceux qui connaissent les longues délibérations, la raison et la savoureuse difficulté de réfléchir, ce qui empêche de dormir.
...
Ne pas envoyer le dossier, pour ne pas risquer le choix.
Puis, toute sa vie, se dire "Si seulement...".
L'envoyer ou ne pas l'envoyer ?
Publié par SwA à 00:51:04 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (2) | Permaliens
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