Qui vous a autorisé à entrer ici ?
Personne, et c'est tant mieux.
J'ai un autre blogg. J'y ai des amis. J'y tiens beaucoup.
Mais celui-ci est à moi. Je viens de le retrouver, j'ai changé son nom. On commence une nouvelle histoire.
Personne à part vous, lecteur intrigué, curieux, sans gêne et donc sans préjugé, n'en connait l'adresse.
Merci d'être venu par hasard.
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C'est plus possible là. Faut qu'il se calme.
Je pars.
Tu peux plus rien y faire, tu le sens bien.
Partir à Paris.
Je croyais que c'était à moi que ça faisait peur. J'comprenais pas ma réaction, parce que j'en avais tellement envie, de cet envol.
Mais putain on le sait, quand on fait un gosse, qu'il aura 18 ans un jour.
Tout prévoir, tout prévenir, tout noter sur un p'tit quart de papier A4, pour ne pas oublier.
Tu m'as refilé ta peur de l'amnésie, je garderai ça dans mes gènes, mais j'en ai fait un truc + baroque. J'écris en multicolore et au feutre noir dans de grands cahiers dès que mes pieds tapotent une terre neuve. (Oui j'aime pas trop les chiens, je vous ai dit ou pas ?)
Elle, elle dit rien. Avant j'me disais que si ça se trouve, elle s'en foutait. Mais non. Elle me protège. Peut-être que dans le fond, elle me connaît mieux que toi.
Nan mais bon, je comprends que ça te fasse peur hein. Tu m'as toujours tout fait donc tu sais pas que j'sais me débrouiller. Tu m'as jamais vue vivre seule.
T'aimes pas ça, hein, l'idée que j'aie ma propre adresse ? Donc c'est toi qu'a choisi la ville, l'appart' et même le concierge c'est ton pote. Ok, ça me va, j'le trouve sympa aussi. Si ça peut te tranquilliser, j'peux bien faire ça pour toi.
Enfin bon, va peut-être falloir poser des limites nan ? Ou justement ne pas se contenter d'une petite borne sur le coin du chemin. Couper les ponts, tu vois le genre ? Je pars mon grand, même si je reviendrai. Oui parce que j'vous aime quand même, vous allez me manquer certaines jours. Déjà faut pas te plaindre, j'aurais pu être appelée plus loin. Quoi qu'il en soit, faudra t'y faire, c'est plus toi qui recevra mon courrier. Tu me diras pas que j'vais être en retard et je penserai à ma carte vitale toute seule. Si si jte jure.
Evidemment ça sera pas l'éclate totale tous les jours, au début j'vais galérer, comme tout le monde. Mais j'en ai besoin, tu peux le comprendre ça ? Besoin d'être comme tout le monde, c'est-à-dire principalement seule. Besoin de faire des conneries plus ou moins regrettables, histoire d'avoir de quoi rire quand j'aurai ton âge.
C'est gentil de t'inquiéter. Mais tu sais, j'ai appris à faire mes lacets en grande section. Et même si on n'achète pas le rideau de douche cette semaine, c'est pas grave. Dans le pire des cas (oh my God) je l'achèterai moi même une fois là bas.
"Allez viens vite manger, on a bientôt fini l'entrée." Manquerait plus que je meures de faim, hein ? Ah c'est parce que j'vais "la" revoir cet aprèm que t'es comme ça ? Oh bah tout s'explique, je croyais que c'était à cause du rendez-vous chez le conseiller financier pour l'ouverture de mon compte. Mais tu sais, si j'y vais, c'est pas tellement parce que je vais mal. C'est plutôt pour accepter que ça soit inévitable de t'en faire, du mal.
Publié par SwA à 13:25:29 dans Il fait un triste temps, il fait une nuit noire A ne pas mettre un aveugle dehors | Commentaires (0) | Permaliens
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